Lusine d'Halanzy était une usine sidérurgique belge située à Halanzy, (aujourd'hui dans la commune d'Aubange) en province de Luxembourg. Elle naît officiellement créée par des fonds privés de Joseph Descamps et Léon de Lattre, et gérée par la « société anonyme des hauts fourneaux et mines d'Halanzy ». Elle produisit de la fonte de fer sous forme de gueuses (lingots) qui alimentaient les forges gaumaises et lorraines (dans un premier temps, au moyen de chars à boeufs, ce qui en limitait la diffusion; ensuite grâce au chemin de fer). Elle fermera ses portes le par la fusion avec l'usine de Musson, voisine.

Histoire Origines L'industrialisation de la Belgique au requérait de grandes quantités de produits dérivés de la métallurgie. Dans cette optique, l'état favorisa la création d'entreprises de ce type un peu partout où cela était rentable, c'est-à-dire dans les zones où le sol était ferreux. C'était précisément le cas de la lorraine belge, au sud de la province de Luxembourg, où le sol de ses cuestas renfermait la minette lorraine qui possédait une teneur en fer d'environ 30 à 40 %, ce qui n'était pas beaucoup mais tout de même rentable vu la difficulté à transporter de grands volumes de minerai sur de longues distances en l'absence de voies d'eau à proximité. Celle-ci était déjà exploitée depuis le un peu partout dans la région et notamment à Athus, Herserange, Longwy et plus loin à l'abbaye d'Orval, Châtillon (fourneau David), Habay-la-Neuve (pont d'Oye) ou Saint-Hubert (Fourneau Saint-Michel). Ces forges était limitées dans leur développement par la faible disponibilité du minerai récolté en surface et vinrent dans un premier temps s'alimenter à la mine d'Halanzy. Le coût du transport devint alors un frein et il était moins onéreux de transporter la fonte brute, débarrassée des deux-tiers de matière inerte présente dans le minerai et produite par une usine plus efficace que les petits hauts-fourneaux alimentés au charbon de bois.

L'usine

En 1870, Joseph Descamps et Léon de Lattre obtiennent le renouvellement de leurs concessions minières autour d'Halanzy. Leur but est de faire fortune dans la sidérurgie en installant une usine de ce type à côté de leurs mines. Ce fut chose faite le lors de la première apparition de la Société Anonyme des hauts fourneaux et mines d'Halanzy. La construction du premier haut fourneau fut entamée le et il fut allumé en octobre 1882. Il mesurait de haut, de diamètre et avait une capacité de production de 100 tonnes de fonte par jour. Les installations (qui comprenaient 4 cowpers) s'étendirent alors sur 12 hectares et employaient 125 ouvriers. L'usine fut implantée le long de la ligne Athus - Meuse des chemins de fer belges (inaugurée en 1878) et de la gare d'Halanzy.

Dans les années 1880 déjà, une première crise de la demande frappe le secteur qui a du mal à vendre sa fonte. Cependant elle ne durera qu'une dizaine d'années - grâce au développement de nouveaux débouchés - et n'eut pas de conséquences graves. A tel point qu'en 1885, une autre usine métallurgique ouvre à Musson alors qu'en 1892, un deuxième haut fourneau est inauguré à Halanzy. Il avait une capacité de journalières. Dès lors, son vieux frère fut porté à cette même puissance. En 1896, la société participe à la création de la S.A. des Hauts-Fourneaux et Usines de l'Olkovaïa, Ouspensk (Donetz - Ukraine), mais la révolution russe de 1905 hypothèque cet investissement. thumb|La villa du directeur de l'usine, construite en 1909, à côté de la mairie.

En 1909 une belle villa est bâtie sur la Grand place, à côté de la mairie, pour y installer le directeur de l'usine. En 1910, le nouveau patron, Léon Thiry, fait construire une centrale électrique (alimentée par les gaz de hauts-fourneaux) pour apporter l'électricité non seulement dans l'usine, mais aussi pour le village d'Halanzy. C'est une petite révolution à l'époque. Halanzy devenant l'un des premiers villages en province de Luxembourg à être connecté à un réseau d'électricité.

Pendant la Première Guerre mondiale, Halanzy est épargné des combats de la bataille des frontières mais l'usine est arrêtée et Léon Thiry se lance dans l'humanitaire en organisant une soupe de guerre qui a pour but de nourrir les enfants locaux. Une fois celle-ci terminée en 1918, l'usine doit alors être totalement reconstruite, victime de la politique de pillage de l'occupant. Grâce au travail de la centaine d'ouvriers, le premier haut fourneau peut reprendre du service dès 1920. Il sera suivi par son jumeau l'année suivante. Cette année 1921 marque également une autre révolution locale, toujours dans le domaine de l'électricité : une nouvelle centrale électrique est bâtie. Plus puissante (4000 CV), elle vend son électricité à sa filiale société électrique de la province de Luxembourg (SODELUX) ainsi qu'au village voisin de Gorcy, en France. L'usine fabrique alors également les premiers pylônes en béton pour les lignes hautes et basses tensions, Halanzy devient pionnière dans l'électrification d'une bonne partie du Luxembourg belge.

Le , Léon Thiry décède. La Grande Dépression des années 1930 arrive alors, et au mauvais moment pour l'usine. En effet, sa reconstruction s'est faite en partie sur les dédomagements de guerre et en partie grâce à des emprunts aux banques, mais ces dettes doivent être honorées et la marchandise est de plus en plus difficilement écoulée. L'usine est reprise par la Société des Hauts Fourneaux de Saulnes de Jean Raty en 1931 et un des deux hauts fourneaux est alors éteint. À la fin de la décennie, la situation ne s'étant toujours pas améliorée, l'usine fusionne avec celle de Musson, en formant la Société Anonyme des hauts fourneaux, fonderies et mines de Musson le . Le capital fut élevé à 18 millions de francs belges et le nouveau directeur fut Lucien Boël, maître de forges à La Louvière. L'usine fut démantelée avant la seconde guerre mondiale mais ce ne fut pas la fin de l'activité du fer à Halanzy : en effet la mine, elle, resta ouverte jusqu'en 1982, soit un peu après la fermeture de l'usine d'Athus qui était son plus gros client.

Conséquences sur le village

Notes et références

Voir aussi Halanzy Usine d'Athus Usine de Musson

Bibliographie

Catégorie:Sidérurgie en province de Luxembourg Catégorie:Halanzy Catégorie:Entreprise fondée en 1881 Catégorie:Entreprise disparue en 1939