Madame Cavé, née Marie-Élisabeth Blavot à Paris en 1806 et morte à Neuilly-sur-Seine le , est une artiste peintre et enseignante de dessin française.
Elle épousa son cousin le peintre Clément Boulanger qui mourut en 1842, puis le directeur des arts Edmond Cavé, dont elle resta veuve en 1852.
Connue pendant la monarchie de Juillet comme Madame Cavé à cause des fonctions officielles de son mari, elle entretenait de bons rapports tant avec les néoclassiques admirateurs d'Ingres qu'avec les romantiques qui se reconnaissaient en Eugène Delacroix, dont elle était amie. Elle enseigna le dessin aux jeunes filles à partir de 1836 et publia sous le second Empire deux plaquettes didactiques sur le dessin et la couleur, et, plus tard, des réflexions sur la conduite et la place des femmes dans la société.
Biographie Fille de rentiers, Marie-Élisabeth Blavot naît début 1806, dans une famille apparentée au général Leclerc, époux de Pauline Bonaparte, se fondant sur les mémoires romancés d'Alexandre Dumas père.. Élevée dans une pension de jeunes filles, ses parents étant morts en 1812 et 1813, elle apprend le dessin et l'aquarelle avec Camille Roqueplan, puis la peinture de genre avec Clément Boulanger, un élève d'Ingres, dont le maître fera son portrait vers 1830. Elle épousera Clément Boulanger en 1831 après avoir eu de lui un fils, Albert, né à Rome en 1830Correspondances de Delacroix.. Dans sa jeunesse, elle se fait aussi appeler Marie Monchablon, du nom de sa mère.
Elle mène une carrière de peintre ininterrompue jusqu'en 1855. Elle obtient une médaille de classe au Salon en 1836. La même année, elle donne des cours de dessin et de peinture dans une école de jeunes filles.
En 1833, elle rencontre Eugène Delacroix à un bal. Il lui offre en 1837 un petit tableau, Charles Quint au monastère de Yuste (). Ils voyagent en Flandre en 1839. Ils resteront proches jusqu'à la mort du peintre.
Après la mort de Clément Boulanger, à Magnésie en Turquie où il avait obtenu un poste d'artiste au service de la mission archéologique dirigée par Charles Texier, le , elle se remarie à Edmond Cavé, son aîné d'une dizaine d'années, en 1843Archives de Paris acte de mariage Cavé / Blavot dressé le 04/11/1843, vue 8 / 44 (état civil reconstitué). Elle publie en 1850 sa méthode d'apprentissage du dessin, Le dessin sans maître, et ouvre son propre cours de dessin la même année, citant ..
Veuve en 1852, elle poursuit son activité d'enseignement et ses publications sous le nom de Madame Cavé, et obtenant plusieurs commandes officielles pour des peintures d'église.
Marie-Élisabeth Cavé est présente au Salon et appréciée par la critique avant son mariage au Directeur des Beaux-arts Cavé, et sa carrière, ainsi que les commandes officielles, se poursuivent après que la révolution de 1848 a coûté à son mari son poste, et après la mort de celui-ci. D'autres auteurs attribuent la notoriété de Madame Cavé à ses relations intimes avec Delacroix. Marie-Élisabeth Blavot, puis Boulanger, puis Cavé fut en relation avec tout le milieu artistique parisien de son époque.
Peinture Elle paraît plusieurs fois au Salon, avec une critique assez favorable, qui la loue de ne pas être sortie de son rôle et de son talent de femme. Elle-même écrira dans son Le dessin sans maître de 1850 : . En 1847, elle présente des tableaux montrant des enfants ; .
En 1863, elle expose des à l'exposition permanente organisée à partir de cette année..
Pédagogie vignette|Satire du titre Le dessin sans maître par Gustave Doré dans ses « Annonces illustrées » du Le Journal pour rire de Philippon du 5 mars 1852. Elle écrit d'abord un ouvrage d'enseignement artistique, Le dessin sans maître (1850), qui expose la Méthode Cavé, qu'elle dit avoir mis au point dans son enseignement depuis 1847. Il s'agit d'exercer la mémoire visuelle, aptitude de base pour le dessin en utilisant l'écran de gaze qu'avait proposé l'artiste lyonnais Amaranthe Roulliet. Eugène Delacroix écrit une critique favorable dans la Revue des Deux Mondes de . Une commission officielle approuvera sa méthode en 1850, ainsi que celle de Lecoq de Boisbaudran, très différente, bien qu'appuyée sur le même argument. Le ministère de l'Instruction publique mit la méthode Cavé à l'essai dans les écoles normales primaires de Caen et de Douai en 1862, et, plus tard la même année, à celle de Chartres., avec des résultats jugés assez satisfaisants pour en recommander l'adoption dans les autres écoles normales..
Madame Cavé écrit ensuite L'aquarelle sans maître, où elle traite de la couleur. Ces deux petits livres mêlent une méthode d'apprentissage, des conseils pratiques, des réflexions d'ordre théorique sur l'art et les métiers artistiques, et des moralités sur la place des femmes dans la société. Les ouvrages qu'elle publie ensuite ne contiendront plus que des considérations morales.
Œuvres sociales Passé la soixantaine, veuve, toujours connue comme Madame Cavé, elle semble avoir abandonné la peinture. Elle fonde en 1866 une société dont le but est de permettre aux femmes tombées dans la pauvreté et qui de vivre de leur travail, la « Corporation des abeilles ». Elles pouvaient y apporter des « ouvrages de dame » vendues ensuite à des personnes de la société ; Mme Cavé, Beauté physique de la femme, 1868 ; ..
Personnage de roman Alexandre Dumas (père) en fait un personnage dans un chapitre de ses mémoires, publiés entre 1852 et 1856, où s'entremêlent des faits qui concordent avec la documentation historique, d'autres qui la contredisent ou sont incohérents, et pour la plus grande partie invérifiables. Elle y apparaît comme la folle jeunesse romantique, artiste épouse et cousine de son premier mari, Clément Boulanger, auquel le chapitre, initialement publié dans le journal d'Alexandre Dumas Le Mousquetaire le Le Mousquetaire, ., puis dans la revue L'Artiste en 1856, est consacré.
Œuvres
Peinture
La Conversation auprès du lit (attribution), dessin aquarellé, Dijon, musée Magnin. Les Derniers Moments (attribution), dessin aquarellé, Dijon, musée Magnin. La Bataille d'Ivry, aquarelle, Paris, musée du Louvre. Louis XIII, vainqueur d'un tournoi au Louvre, aquarelle, Paris, musée du Louvre. La Vision de la Vierge, peinture, Rouen, musée des Beaux-Arts. Le Sommeil de la Vierge, peinture, Rouen, musée des Beaux-Arts.
Illustrations .
Publications Cours de dessin sans maître, Paris, [], In-fol. Le Dessin sans maître, méthode pour apprendre à dessiner de mémoire, Paris : Susse frères, 1850, in-8°, VIII-, front. et pl. gravés ; Paris : Aubert 1852, Paris : Aubert 1852 ; Paris : bureau du Journal amusant, 1857, , ; Abrégé de la méthode Cavé pour apprendre à dessiner, Paris : H. Plon, (1860), in-12°, ; Abrégé de la méthode Cavé pour apprendre à dessiner… précédé des rapports de l'inspecteur général des beaux-arts (F. Cottereau) et de , Paris : H. Plon, (1862), in-12°, L'Aquarelle sans maître, méthode pour apprendre l'harmonie des couleurs ( du Dessin sans maître), Paris : impr. de N. Chaix, 1851, , XIII-, front. et pl. gravés ; Paris : Philippon fils, 1856, in-8°, , fig ; titrée La Couleur (), Paris : H. Plon, 1863 lire en ligne. La Religion dans le monde, conseils à ma filleule, Paris : H. Plon, 1855, in-12°, et pl. ; , 1862. La Femme aujourd'hui, la femme autrefois, Paris : H. Plon, 1863, , VI- et front. gravé. Beauté physique de la femme, Paris : P. Leloup, (1868), in-32°, Drawing from memory, traduit de la du Dessin sans maître, New York : Putnam & son, 1869 lire en ligne. La Vierge Marie et la femme, Paris : C. Dillet, 1875.
Notes et références
Annexes
Bibliographie . . Alexandre Dumas, Mémoires, chapitre CCXXVI Clément Boulanger (lire en ligne). .
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