Le massif des Bauges, ou plus communément les Bauges, est un massif montagneux calcaire des Préalpes françaises du nord, se situant à cheval sur les départements de la Savoie et de la Haute-Savoie et culminant à plus de d'altitude. Il constitue une région naturelle.

Le cœur du massif forme le pays des Bauges, façonné par l'élevage laitier traditionnel, alors que les pentes externes du massif sont influencées par l'histoire des grandes vallées environnantes. Tant par la richesse de la faune que par celle de la flore, le patrimoine naturel est remarquable et constitue l'un des atouts majeurs du parc naturel régional du Massif des Bauges créé en 1995.

Depuis les années 1990, le massif des Bauges, entouré de villes dynamiques (Annecy, Aix-les-Bains, Chambéry, Albertville), bénéficie d'investissements, attire une nouvelle population et se repeuple légèrement.

Les natifs et habitants des Bauges s'appellent les Baujus.

Toponymie Pour désigner le massif, les écrits médiévaux utilisent les formes suivantes de Bogis (1081), Boggarum (), de Bauges (1198), Bogiarium (1208), de Boges (1216), de Bogas (1225), de Bogiis (1242), Boviciarum (1438), auxquelles s'ajoutent d'autres formes Boggoe, Baugioe, Bogiarium, Bovillis, Bovicioe.. Il faut attendre le pour que la forme moderne Bauges apparaisse.

Le sens et l'origine du toponyme Bauges ne sont pas établis avec certitude par les historiens ou spécialistes. Le chanoine Laurent Morand (1889), érudit du massif, considère que l'origine de toutes ces formes serait celle du mot celte bog, qui désigne une tanière de sanglier, et plus largement un repaire de bêtes fauves (lire en ligne).. Un autre chanoine, Adolphe Gros, dans son Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie (1935), affirme que la racine boge ou bogie a une origine également celtique, mais qu'elle aurait un rapport avec l'habitat, à travers le mot bouge, qui désignerait ainsi une petite maison rustique. Le chanoine Gros précise par ailleurs que , pour lui le massif devrait porte le nom de Boges. Enfin, le chanoine Bernard Secret (1967) considère que la racine provient de bog que .. Concluant que l'évolution du mot dans la région, , a fini par désigner un mamelon, une bosse. Le toponymiste Ernest Nègre (1990) considère qu'il s'agirait du pluriel du mot francoprovençal « écurie » (Glossaire des patois francoprovençaux), dérivant du gaulois *bulga. Selon Xavier Delamarre, le mot gaulois bogio est un candidat très crédible pour expliquer les formes anciennes du nom des Bauges, telles que boges ou bogis. En fait c’est le seul mot attesté de la langue gauloise qui est constitué de la racine bog. C’est un terme guerrier signifiant « bagarreur », « briseur », « pourfendeur ». La forme boges, qui est attestée au , possède une terminaison qui est caractéristique d’un ethnonyme. La plupart des tribus gauloises portaient des noms qui se finissaient en « es ». « Boges » pourrait donc être un nom désignant un groupe de personnes qui habitaient dans le massif.

On peut trouver des indices de territoire celte dans la toponymie des Bauges, par exemple des frontières. En gaulois un des mots désignant la frontière est « morga ». À travers son travail, Xavier Delamarre a montré que ce mot s’est transformé au cours du temps pour devenir par exemple la Morge, les Marches, Margerie, Marguerite (composé de morga et ritu : le passage de la frontière). Ces noms de lieux constituent des indices de l’existence de limites de territoires Celtes. Par exemple, entre Annecy-le-Vieux et Veyrier-du-Lac, la pierre de Margeria (détachée du rocher du Biclop) marque encore aujourd’hui la frontière entre les deux communes. À Saint-Gingolph, la rivière qui marque la frontière entre la France et la Suisse s’appelle la Morge. Pour les Bauges, deux toponymes ont clairement cette forme. Le premier est Margériaz (mont Margériaz). Le second est « le chalet de Margerie » près du mont Morbier. Les deux se situent d’ailleurs sur les limites actuelles de la commune d’Aillon-le-Jeune. La toponymie suggère donc l’existence d’un territoire celte situé entre le mont Margériaz et le mont Morbier, correspondant approximativement au territoire actuel de la commune d’Aillon-le-Jeune. Cette zone est riche en toponymes celtes. On peut citer par exemple le « Penon » à Aillon-le-Jeune. En gaulois penno » est la tête ou l’extrémité d’un lieu. Le « penon » est situé à l’extrémité d’une clairière. Même chose pour le mont Peney à Saint-Jean-d'Arvey. Il marque l’extrémité avant les barres rocheuses.

Un autre aspect de la toponymie des Bauges renseigne sur les rapports que les Celtes du massif entretenaient avec leur environnement. Dans la partie orientale du massif, il y a une sur-représentation de toponymes composés d’une part du préfixe ar, d’autre part d’une racine clairement celtique : Arclusaz, Arlicot, Arces, Armène, Arpette, Arcalod. En gaulois l’est se dit « are ». Le préfixe est quasiment absent du reste du massif. Les Gaulois s’orientaient face à l’est. C’était leur point de repère. L’est était devant eux, le sud était leur droite, le nord leur gauche et l’ouest se situait derrière eux. L’Arclusaz est donc la combe fermée de l’est, l’Arlicot la pierre de l’est, l’Arcalod le sommet rocheux de l’est et l’Arpette la parcelle de terrain (le pâturage ?) de l’est.

Après la conquête romaine, le bilinguisme latin/gaulois a survécu quelque temps. La langue gauloise (et la culture celtique continentale) s’est effondrée vers le . Dans les lieux les plus reculés, la langue gauloise s’est maintenue un peu plus longtemps.

Géographie Situation vignette|gauche|upright=1.3|Partie méridionale du massif depuis la pointe de la Galoppaz. vignette|Les Bauges vues d'avion en hiver, côté combe de Savoie au sud-est. La dent d'Arclusaz (synclinal perché) est visible à droite. vignette|Les Bauges vues du lac d'Annecy (nord du massif).

Dans la succession des massifs subalpins (préalpes), les Bauges sont comprises entre, au nord-est, l'ensemble formé par la chaîne des Aravis et le massif des Bornes et, au sud-ouest, le massif de la Chartreuse. Elles sont bordées au nord par la trouée d'Annecy (qui la sépare du massif des Bornes), au nord-ouest par la plaine de l'Albanais, à l’ouest et au sud-ouest par le lac du Bourget et la cluse de Chambéry (qui les séparent du Bugey et de la Chartreuse), au sud par la trouée des Marches, au sud-est par la combe de Savoie (moyenne vallée de l'Isère) et à l'est par la basse vallée de l'Arly. Elles font face aux hauts massifs alpins que sont, au sud de la combe de Savoie, la chaîne de Belledonne et le massif de la Vanoise et, à l'est de l'Arly, le Beaufortain.

Les Bauges sont constituées de chaînons calcaires orientés nord-nord-est sud-sud-ouest, coupés transversalement par plusieurs torrents. Côté sud, les Bauges surplombent la combe de Savoie en un front difficilement pénétrable de montagnes et de falaises culminant à plus de (tout comme la Chartreuse au-dessus du Grésivaudan). Elles offrent un visage plus avenant côté nord où les chaînons viennent mourir sur les rives du lac d'Annecy, prenant, vus de profil, l'aspect de pittoresques pains de sucre. Ils se terminent au nord-ouest par l'anticlinal peu élevé (–) que forment le mont Revard, au-dessus d'Aix-les-Bains, et le Semnoz, au-dessus de l'Albanais jusqu'à Annecy. Le Châtelard, bourg principal, qui occupe une cluse centrale traversée par la rivière Chéran, marque la limite entre les « Bauges devant », au sud-est, enchâssées entre les plus hauts sommets, et les « Bauges derrière », au nord-ouest, ouvertes sur de larges plateaux.

Le massif des Bauges s'étend sur les départements de la Savoie et de la Haute-Savoie.

Les communes les plus proches de Chambéry ont intégré la communauté d'agglomération Chambéry métropole le pour Saint-Jean-d'Arvey et le pour Curienne, Les Déserts, Puygros, Thoiry et La Thuile. L'ancienne communauté de communes du Cœur des Bauges regroupait les 14 communes suivantes : Aillon-le-Jeune, Aillon-le-Vieux, Arith, Bellecombe-en-Bauges, Doucy-en-Bauges, École, Jarsy, La Compôte, La Motte-en-Bauges, Le Châtelard (chef-lieu du canton), Le Noyer, Lescheraines, Saint-François-de-Sales et Sainte-Reine. Le , Chambéry métropole et la communauté de communes du Cœur des Bauges ont fusionné pour former Grand Chambéry. Les communes proches d'Albertville font partie de la communauté d'agglomération Arlysère.

Géologie La surrection des Alpes a entraîné l'élévation et le plissement des grandes couches calcaires formées par sédimentation marine à l'ère secondaire. Les sommets des Bauges sont ainsi principalement constitués de calcaires urgoniens. Les reliefs sont typiquement de type subalpin avec des anticlinaux (le Semnoz, la montagne de Bange, etc.), des synclinaux (le col de Leschaux, le val de Tamié, etc.), des synclinaux perchés (la dent d'Arclusaz, la montagne du Charbon, etc.), des cluses (la cluse de Bange, etc.), des crêts (le mont Margériaz, le roc des Bœufs, etc.)Maurice Gidon, « Aperçu géologique d'ensemble sur le massif des Bauges », Géol-Alp..

Le karst du massif contient une ressource précieuse : une grande partie de l'eau qui alimente le lac d'Annecy, le lac du Bourget et la combe de Savoie, ce qui représente une énorme quantité d'eau potable.

Ces caractéristiques géologiques ont permis au parc naturel régional du Massif des Bauges d'être reconnu géoparc mondial UNESCO en 2011. Ce label international reconnait l'importance internationale du patrimoine géologique du territoire mais également la valorisation qui en est faite pour un développement local durable au bénéfice des populations locales.

Relief vignette|upright=1.5|Carte topographique du massif des Bauges. vignette|upright=1.5|Coupe altimétrique du massif entre Aix-Les-Bains et Albertville. vignette|Vue de la cluse du Chéran et des tours Saint-Jacques (en arrière-plan à gauche), depuis le pont de l'Abîme à Cusy, dans l'Albanais. Le Chéran, torrent local, traverse le massif du sud-est au nord-ouest, coupant perpendiculairement les lignes de crêtes et contribuant à unifier les hautes vallées autour de l'axe de cette rivière.

Le massif comprend quatorze sommets de plus de : la pointe d'Arcalod, , point culminant du massif ; la pointe de la Sambuy, ; le mont Pécloz, ; le mont Trelod, ; la pointe de Chaurionde, ; le mont d'Armenaz, ; la pointe des Arces, ; le mont de la Coche, ; la dent de Cons, ; la pointe des Arlicots, ; le mont Colombier, m ; la dent d'Arclusaz, ; Tré le Mollard, ; le Grand Parra, .

Autres montagnes remarquables : la montagne du Charbon, , située au sud de Doussard, constituée d'un bloc calcaire « posé » au-dessus d'une forêt. Ses deux sommets principaux sont la dent des Portes () et la pointe de Banc-Plat () ; les rochers de la Badaz, , au sud du mont Colombier ; le mont Margériaz, , domine le col de Plainpalais par son versant ouest aux falaises abruptes et abrite une station de ski sur les pentes modérées de son versant est ; le roc des Bœufs, et le mont Julioz, , à l'ouest de la montagne du Charbon ; la dent de Pleuven, , dans le prolongement de la montagne du Charbon et du mont Trelod ; La Belle Etoile, , sur la limite administrative entre Savoie et Haute-Savoie, dominant Albertville ; le roc Rouge ou la Négresse, , domine l'agglomération d'Albertville ; le Semnoz, , dont le sommet principal, le crêt de Châtillon, domine l'agglomération d'Annecy ; la pointe de la Galoppaz, , au sud du massif, surplombant le bassin chambérien ; le mont du Nivolet, , dont le sommet principal, surmonté par la croix du Nivolet, domine l'agglomération de Chambéry ; le mont Revard, , domine l'agglomération d'Aix-les-Bains ; la montagne de Bange, , et vallon du Mariet.

Histoire Monastères