, né le à Iiyama, est un journaliste, critique, essayiste et homme politique japonais.
Il est gouverneur de Tokyo à partir du , d'abord par intérim en tant que vice-gouverneur à la suite de la démission de Shintarō Ishihara, puis élu en décembre de la même année. Pris dans un scandale financier, Inose démissionne en . Troisième écrivain successif à accéder à ce poste, après Yukio Aoshima et Shintarō Ishihara, il n'a jamais occupé d'autre charge élective.
Biographie Un représentant de la génération Zenkyōtō Naoki Inose est orphelin de père à l'âge de trois ans et demi, son père étant décédé d'une angine en . Il grandit et fait toute sa scolarité dans sa ville natale de Nagano, dans le public, d'abord dans les établissements de la compagnie scolaire de l'Université Shinshū (université nationale) à l'école élémentaire et au collège, puis au lycée public préfectoral de Nagano dans le quartier d'Uematsu. Il complète ses études à l'école de commerce de la faculté des arts de l'université Shinshū à Matsumoto. Il y préside en 1969 la section locale de la , plus connu sous le nom de , le principal, le plus actif et le plus radical des syndicats étudiants. Ainsi, il est l'un des meneurs du mouvement étudiant à Nagano, connu nationalement comme la qui proteste à la fin des années 1960 contre la hausse des frais d'inscription, le système éducatif jugé élitiste, la signature de l'accord nippo-coréen du rétablissant des relations diplomatiques et une coopération avec la Corée du Sud autoritaire de Park Chung-hee ou la présence de soldats et de bases américaines sur le sol japonais. Il organise des blocages et des barricades dans son université et mène la délégation d'étudiants de Shinshū participant à la manifestation anti-guerre organisée dans l'arrondissement de Shinjuku à Tokyo le , puis à celles contre la visite du Premier ministre Eisaku Satō aux États-Unis les 16 et T. USUI, , littéralement : « Que vive le temps de la rébellion », éd. Asahi Shimbun Publications, 2010, p. 144..
Après sa sortie de l'université Shinshū, il travaille pour une maison d'édition et est diplômé en 1972 d'un master de l'école doctorale en sciences politiques et économie politique de l'université Meiji, située dans l'arrondissement de Chiyoda à Tokyo, sous la direction du politologue et historien Bunzō Hashikawa, spécialiste de l'histoire de la pensée politique au Japon, auprès duquel il recherche surtout des enseignements sur ses études des nationalismesIbid., p. 145-146..
Un écrivain engagé
Naoki Inose devient, dans les années 1980 et 1990, un essayiste connu au Japon pour ses travaux documentaires et ses analyses des sociétés japonaises modernes, dont il critique les classes dirigeantes qu'il estime hostile à toute réformeJ. WARNER, « Outlook: Japan's challenge; change in a country that's immune to it. », The Independent, 31 décembre 2003.
En 1983, il fait ses débuts littéraires avec son , littéralement « Défait dans la guerre dès l'été 1941 : prévision d'une défaite certaine dans la guerre nippo-américaine par le "Cabinet simulé" de l'Institut de recherche sur la guerre totale », publié aux éditions Sekai Bunka (réédité ensuite par Bunshun Bunko en 1986 puis Chōkō Bunko en 2010). Il y étudie l'« Institut de recherche sur la guerre totale » (), suspecté par le Tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient de 1946 d'être un groupe de pression nationaliste en faveur du conquête du monde par le Japon mais dont le rôle était celui d'un cercle de réflexion constitué par le gouvernement japonais en 1941 pour étudier les conséquences d'une entrée en guerre contre les États-Unis. Organisé comme un véritable « cabinet » (chacun de ses membres recevant un « ministère » sous le point-de-vue duquel il doit analyser les effets d'un conflit), la neutralité politique est alors recommandée pour arriver à une conclusion objective. Inose fait alors valoir que celle-ci prévoit d'ores et déjà les éléments de la défaite future : « Supposez que des attaques sont menées à la mi-décembre , et supposée qu'elles sont couronnées de succès. Parmi les évènements, des victoires dans les batailles initiales peuvent être espérées. Mais il n'y aura aucun moyen pour le Japon de gagner la guerre en raison de sa nette infériorité matérielle. La guerre se prolongera. L'Union soviétique s'immiscera, et le Japon sera défait. Donc, la marche vers la guerre avec les États-Unis doit absolument être évitée » H. SATO, « Foreseeing the future -- and ignoring it », The Japan Times, 26/01/2004. Inose attribue donc la défaite finale au gouvernement militaire qui n'a pas pris en compte ces informations. Il compare plus tard cet aveuglement à la « bureaucratie » d'État, qui serait réfractaire aux réformes en masquant ou mettant de côtés certaines données, et déclare : « Toute réforme peut être menée si la population partage des données plus précises et objectives que celles transmises par les autorités » « Follow the truth and not bureaucrats: Inose », The Japan Times, 20/07/2002. La même année, il avait aussi publié , littéralement : « La silhouette de l'empereur », édité par l’Asahi Shimbun.
Un autre ouvrage sur l'empereur, , littéralement : « Le portrait du Mikado » ou « Mikado : Un portrait », publié en 1986 aux éditions Shōgakukan et dans lequel il étudie l'évolution de l'image et de la conceptualisation à travers l'histoire mondiale du système impérial moderne (notamment comment il a été défini, maintenu, approprié et représenté au Japon comme en Occident), reçoit l'année suivante le prix du livre documentaire Sōichi Ōya ainsi que le prix de la Société pour l'étude du japonisme. Il y développe trois thèmes tout particulièrement : d'abord comment, après la Seconde Guerre mondiale, le groupe Seibu a pu s'approprier des terres impériales pour y développer les activités de sa chaîne des Prince Hôtels ; puis il étudie la perception du système impérial dans le monde à travers l'opérette anglaise The Mikado ; et enfin il souhaite comprendre pourquoi le portrait impérial de Meiji Tennō à les attributs d'un Occidental « The Mikado: A Portrait », site de The Nippon Foundation for social innovation. Il se fait également connaître pour ses biographies de plusieurs écrivains représentatifs de la littérature japonaise du : aux éditions Bungei Shunjū en 1995 (littéralement « Persona : Biographie de Yukio Mishima », traduit en anglais en 2012 par Hiroaki Satō) ; aux éditions Shōgakukan en 2000 (littéralement « Picaresque - biographie d'Osamu Dazai ») ; aux éditions Bungei Shunjū en 2004 (littéralement « Le royaume du cœur. Kan Kikuchi et la naissance de Bungei Shunjū »). À travers ces personnages, il étudie tout particulièrement leur rôle social ainsi que la modernité japonaise dans son ensemble. Son , publié par Shōgakukan en 1993 (littéralement « Le siècle des navires noirs. Histoire militaire future du pays du Mikado ») et publié en anglais en 2009 sous le titre The Century of Black Ships: Chronicles of War between Japan and America, fait ressortir de la littérature japonaise du et du début du l'anxiété d'un conflit avec les États-Unis The Century of Black Ships: Chronicles of War between Japan and America, présentation par Amazon.com.
Mais son engagement politique ressort surtout dans , soit littéralement « Une étude du Japon », aux éditions Bungei Shunjū et qui lui vaut le prix des lecteurs du magazine Bungei Shunjū en 1996. Il y décrit et critique les Corporations publiques japonaises et leur influence, parlant d'un triangle de pouvoir unissant « Toranomon » (quartier de Tokyo où se trouvent de nombreux sièges de ces corporations), « Kasumigaseki » (quartier des ministères et nom donné à la haute-administration d'État) et Nagatachō (district où se trouvent la Diète du Japon et la résidence du Premier ministre et nom désignant la classe politique) et appelant à des réformes structurelles Profil de Naoki Inose sur son site officiel.
Conseiller de Koizumi
Naoki Tanose devient l'un des experts ou représentants de la société civile dont Jun'ichirō Koizumi, Premier ministre de 2001 à 2006 élu sur un programme visant à de profondes transformations des manières de faire de la politique et de l'organisation de l'État, s'entoure pour théoriser, planifier et organiser ses réformes structurelles visant à réduire le poids de l'administration centrale par la décentralisation, la déconcentration, la dérégulation et la privatisation « New politics, old politicians », The Economist, 06/10/2005. Il est ainsi nommé en 2001 au nouvellement créé Conseil de mise en place des réformes administratives (unité consultative placée auprès du ministre d'État chargé des Réformes administratives, Nobuteru Ishihara) et de la commission des Taxes. Il est également membre du Centre de recherche international pour les études japonaises de 2001 à 2003. En 2006 il devient aussi professeur auprès du Centre pour la civilisation mondiale de l'Université de Technologie de Tokyo.
Mais surtout, défenseur ardu d'une privatisation des corporations routières (jugées comme un des emblèmes de l'ancien « triangle de fer », au cœur du système de l'« État construction », modèle japonais de l'État providence développé depuis 1945 basé sur la construction de grandes infrastructures et critiqué par ses opposants comme source de gaspillage, de corruption et de clientélisme), il est nommé l'année suivante au sein de la commission pour la privatisation des quatre corporations publiques routières (à savoir celle des autoroutes du Japon dite Nihon Dōro Kōdan ou JH, celle des autoroutes de la capitale, celle des autoroutes du Hanshin et celle des ponts de Shikoku-Kyūshū). Son positionnement concernant une baisse des dépenses de fonctionnement était si fort que plusieurs cadres issues de ces entreprises ont refusé de siéger à ses côtés dans la commission. Il joue ainsi un rôle de premier plan dans ce processus de privatisation, qui est finalisé le . Puis, la décentralisation étant un autre de ses chevaux de bataille, il est nommé à sa création en au sein de la commission pour une « vision du » de la décentralisation présidée par Heizō Takenaka (alors ministre des Affaires intérieures et autre « expert » réformateur libéral entourant depuis 2001 Jun'ichirō Koizumi) « The 21st Century Vision for Decentralization Committee's Challenge », Fujitsu Research Institute, 28/02/2006 puis dans celle, le , de promotion de la réforme de la décentralisation auprès du Bureau du Cabinet (dirigée pour sa part par le dirigeant de la compagnie Itōchu Uichirō Niwa). Mais il devient surtout la même année vice-gouverneur de Tokyo.
Au gouvernement métropolitain de Tokyo
Vice-gouverneur
Le , le gouverneur de Tokyo Shintarō Ishihara, réélu deux mois auparavant pour un troisième mandat, annonce la nomination de Naoki Inose à l'un des quatre postes de vice-gouverneur. Il est la première personnalité issue du privée (ni fonctionnaire, ni homme politique) à être nommé à une telle fonction, et le seul des quatre à voir mentionnée comme attribution celle d'« assister aux affaires spéciales ordonnées par le gouverneur ». Ishihara, qui comme lui est un ancien écrivain et un partisan de profondes réformes structurelles, justifie son choix en mettant en avant autant les positions politiques d'Inose que ses liens tissés depuis 2001 avec la classe politique nationale, déclarant : « M. Inose est une voix influente contre le gouvernement central ainsi que pour une compréhension des dossiers entre le gouvernement métropolitain et l'État ». Naoki Inose déclare vouloir « changer le gouvernement central en commençant par Tokyo » (reprenant l'un des slogans du gouverneur), décrivant l'administration métropolitaine « plus flexible », et donc plus facile à réformer, que l'État. Il est confirmé à ce poste après la réélection pour un quatrième mandat de Shintarō Ishihara le .