Tadeusz Antoni Skowroński (Thaddée de Skowronski, Tadeu Skowronski, pseud. Ludwik Karski, Tadeu Prus), né le à Varsovie et mort le à Fribourg en Suisse, est un diplomate et essayiste polonais. Docteur ès sciences politiques et économiques de l’université de Fribourg, docteur honoris causa de l’Institut des Avocats du Brésil, il fut envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de Pologne au Brésil de 1938 à 1945.

Jeunesse et éducation Il est issu d’une famille noble aux armoiries Tępa Podkowa. Son grand-père, Antoni Skowroński, participa à l’insurrection de Janvier 1861 et fut envoyé en Sibérie après la bataille de MiechówTadeusz Skowroński, Pamiętniki 1914-1939. Student w Szwajcarii dyplomata wolnej Polski, Pruszków, Rachocki i S-ka, 1999, s. 17.. Le père de Tadeusz, Roman Skowroński, était un médecin bien connu dans le royaume de Pologne et à Varsovie, notamment sous le nom de « protecteur de Powiśle » (quartier de Varsovie). Après la fin de ses études en médecine à Varsovie et des études complémentaires à Uppsala en Suède, il fonda l’Institut de gymnastique médicale et de physiothérapie en 1893 à Varsovie et, 10 ans plus tard, l’Association d’assistance des malades non-hospitalisésRoman Skowroński (1860 lub 1861-1923), życiorys pióra Stanisława Konarskiego, Polski Słownik Biograficzny, t. XXXVIII, Warszawa-Kraków, 1997-1998, s. 325-326.. Il épousa Zofia de Budny (1870-1967), mère de Tadeusz, qui naquit le à Varsovie.

Le , Tadeusz Skowroński finit l’École polonaise secondaire de Wojciech Górski à VarsovieTadeusz Skowroński, Pamiętniki 1914-1939. Student w Szwajcarii dyplomata wolnej Polski, Pruszków, Rachocki i S-ka, 1999, s. 13. et, le , seulement quelques jours plus tard, il partit pour des vacances en Suisse avec ses parents et sa sœur Zofia. Au moment où la Première Guerre mondiale éclata, les parents de Tadeusz prirent la décision de l’inscrire à l’université de Fribourg.

Le Tadeusz fut admis comme étudiant à l’universitéTadeusz Skowroński, Pamiętniki 1914-1939. Student w Szwajcarii dyplomata wolnej Polski, Pruszków, Rachocki i S-ka, 1999, s. 78. où il obtint sa licence ès sciences économiques et juridiques en 1917 et son doctorat ès sciences politiques l’année suivante. Ces années passées à Fribourg lui permirent de rencontrer des personnages importants de la minorité polonaise alors présents en Suisse : Józef Wierusz-Kowalski, Jan Modzelewski, Józef Puzyna et Tadeusz Romer. Pendant cette période, Tadeusz fut actif au sein du Comité général de l’aide aux victimes de la guerre en PologneTadeusz Skowroński, Pamiętniki 1914-1939. Student w Szwajcarii dyplomata wolnej Polski, Pruszków, Rachocki i S-ka, 1999, s. 235.. Suivant les conseils de Jan Modzelewski, Tadeusz participa également activement à l’édition de l’encyclopédie polonaise initiée par Erazm PilzTadeusz Skowroński, Pamiętniki 1914-1939. Student w Szwajcarii dyplomata wolnej Polski, Pruszków, Rachocki i S-ka, 1999, s. 113..

Débuts de la carrière diplomatique En , Tadeusz Skowroński fut nommé secrétaire de la section économique du Comité national polonais à Paris et, deux mois plus tard, chef du bureau économique du même Comité, créé juste avant la conférence de paix organisée à Paris. En , Tadeusz partit pour Varsovie avec Konstanty Skirmunt dont il était le secrétaire et mena des négociations avec Józef PiłsudskiMaria Nowak-Kiełbikowa, Konstanty Skirmunt. Polityk i dyplomata, Warszawa, Neriton, 1998, s. 69.. À son retour à Paris, il accepta le poste de secrétaire personnel de Roman Dmowski, (signataire polonais du traité de Versailles) mais il fut envoyé à Rome en tant que de la légation de Pologne début déjàMaria Nowak-Kiełbikowa, Konstanty Skirmunt. Polityk i dyplomata, Warszawa, Neriton, 1998, s. 78.. La situation militaire difficile traversée pendant la guerre polono-bolchévique décida Skowroński à partir pour Varsovie, pour rejoindre le régiment des Uhlans en en tant que soldat volontaire. Il participa aux batailles de Ciechanów, Pułtusk, Hrubieszów, Dubne, Równe, Kostopol et Zwiahel où Skowroński termina son activité militaire à la suite de l’armisticeTadeusz Skowroński, Pamiętniki 1914-1939. Student w Szwajcarii dyplomata wolnej Polski, Pruszków, Rachocki i S-ka, 1999, ss. 387-399.. Il rentra à Rome en . Après que son supérieur Konstanty Skirmunt ait accepté le poste de ministre des Affaires étrangères, il regagna Varsovie en tant que du cabinet du ministre. En compagnie de Skirmunt (d’abord envoyé puis ministre), Skowroński participa à plusieurs missions diplomatiques : à la conférence de San Remo ; à Bruxelles pour la région de Vilno ; à Prague pour négocier un traité frontalier ; et à Belgrade en tant qu’expert à la session économique des pays de la Petite Entente. Il voyagea également à Londres, à Paris et siégea à Gênes, à la conférence économique et financière qui se tint en avril-.

Travail à la centrale du ministère des Affaires étrangères Après les démissions simultanées de Wincenty Witos du cabinet de premier ministre et de Skirmunt du poste de ministre des Affaires étrangères en Maria Nowak-Kiełbikowa, Konstanty Skirmunt. Polityk i dyplomata, Warszawa, Neriton, 1998, s. 197., Skowroński resta à Varsovie, au département de l’Europe centrale. En 1924, il prit le poste de responsable de bureau du Proche-Orient. En 1925, il fut nommé conseiller du ministère au degré professionnel. À cette époque également, en 1923 pour être précis, il fut délégué à la Conférence internationale de Lausanne et initiateur de la première Exposition industrielle polonaise à Constantinople. En , Skowroński partit pour la Perse en tant que délégué du gouvernement de la Pologne où il prit part à la cérémonie du couronnement du chah Reza PahlaviTadeusz Skowroński, Pamiętniki 1914-1939. Student w Szwajcarii dyplomata wolnej Polski, Pruszków, Rachocki i S-ka, 1999, s. 400.. En Perse, il consacra son séjour aux négociations concernant le traité commercial polono-perse ainsi que le traité d’amitié. Ce dernier sera signé à Téhéran le .

Travail au sein des représentations de la Pologne à l’étranger Le , Tadeusz Skowroński commença son activité à la légation de Pologne à Bruxelles en tant que secrétaire de légation Tadeusz Skowroński, Pamiętniki 1914-1939. Student w Szwajcarii dyplomata wolnej Polski, Pruszków, Rachocki i S-ka, 1999, s. 464.. Après une année d’activité, il rentra pour une courte période à Varsovie au début du mois de et prit le poste de premier secrétaire de la légation de Pologne à Berne en mai de la même année. À Berne, son talent diplomatique et son expérience de longue date se sont compétées. Durant ses presque six ans d’activité à ce poste, Skowroński soutint activement le développement des relations commerciales entre la Pologne et la Suisse. Le voyage qu’accomplirent des banquiers et industriels suisses en Pologne en 1929 constitue l’un des reflets de cette action. Les Suisses visitèrent des expositions à Poznań, le port de Gdynia – unique port polonais sur la mer Baltique à l’époque –, Varsovie, Cracovie, les usines de l’industrie lourde à Katowice et de l’industrie textile à Łódź. Skowroński participa également aux négociations du traité de commerce entre la Pologne et la Suisse, signé en 1933Ambassade de la République de Pologne à Berne http://www.ch19-09.pl/biografie.php?lng=3. En tant que chargé d’affaires, Tadeusz Skowroński fut aussi responsable de l’ensemble de légation polonaise pendant les multiples voyages entrepris par Jan Modzelewski, chef de la légation polonaise, pour se rendre aux sessions de la Société des Nations à Genève. Nommé conseiller de légation en , il garda cette fonction jusqu’en . Skowroński prit alors la responsabilité du consulat général de Pologne à Amsterdam. Après deux mois de cours et de formation à Varsovie, il partit pour la Hollande en . Grâce à lui, le consulat organisa trois expositions ayant pour thèmes tour à tour le bois, l’agriculture et la philatélie. Skowroński fut aussi l’initiateur de deux sessions consulaires : celle des consuls de la mer du Nord à Amsterdam en 1936 d’abord, puis de la seconde consacrée aux questions de l’approvisionnement de la Pologne en cas de guerre à Varsovie en 1937Tadeusz Skowroński, Pamiętniki 1914-1939. Student w Szwajcarii dyplomata wolnej Polski, Pruszków, Rachocki i S-ka, 1999, ss. 465-466.. La nomination au poste d’envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de la république de Pologne à Rio de Janeiro le fut la plus importante de la carrière diplomatique de Tadeusz SkowrońskiRocznik Służby Zagranicznej Rzeczypospolitej Polskiej według stanu na 1 czerwca 1939, Warszawa, Stowarzyszenie "Samopomoc urzędników Polskiej Służby Zagranicznej, 1939, s. 237.. Il mena ce travail à bien dans les conditions extrêmement difficiles de la période de la Deuxième Guerre mondiale. Skowroński dut affronter la propagande allemande, très active et disposant de fonds financiers presque inépuisables, dont le but était l’isolement diplomatique de la Pologne. La tâche était encore compliquée par la neutralité officielle du Brésil ainsi que le désintéressement et le manque de soutien de la part de deux puissances alliées de la Pologne : la France et la Grande-Bretagne. La légation ne recevait pas non plus de soutien financier ou d’instructions de la part du Gouvernement polonais en exil. Malgré toutes ces difficultés et la situation peu claire du gouvernement polonais et du président de la République – alors internés en Roumanie –, la reconnaissance du gouvernement polonais fut maintenue par le gouvernement brésilien. Et ceci, grâce aux négociations de Skowroński avec Oswaldo Aranha, le chef du ministère des Affaires étrangères du BrésilTadeusz Skowroński, Wojna polsko-niemiecka widziana z Brazylii 1939-1940, Londyn, Polska Fundacja Kulturalna, 1980, s. 72.. Depuis le premier jour de la guerre déjà, Skowroński s’employa dans une action d’information pour toute la communauté polonaise du Brésil (200’000 personnes environ). Avec des moyens assez limités, il influença la forme et le contenu des articles publiés dans la presse brésilienne sur la situation en Pologne. Ses larges contacts dans le milieu politique et ses connaissances du monde des finances lui permirent d’organiser le comité de l’aide aux victimes de la guerre en Pologne. Sa femme Chrystyna y joua un rôle très important.

L’activité en exil En , au moment où la reconnaissance du gouvernement polonais en Exil fut retirée par le gouvernement brésilien, Skowroński décida de rester à l’étrangerTadeusz Skowroński, Pamiętniki 1914-1939. Student w Szwajcarii dyplomata wolnej Polski, Pruszków, Rachocki i S-ka, 1999, s. 471.. Il obtint un poste à l’université pontificale catholique de Rio de Janeiro. Il lança également une activité commerciale. Ses premières entreprises, une confiserie / salon de thé et une société d’import-export, n’ont pas porté de fruits. Le succès vint de sa collaboration avec Alfred Jurzykowski. Tous deux ouvrirent une usine de camions Mercedes-Benz, en 1949Tadeusz Skowroński, Wojna polsko-niemiecka widziana z Brazylii 1939-1940, Londyn, Polska Fundacja Kulturalna, 1980, s. 152.. Skowroński devint aussi le représentant de la Fondation Jurzykowski au Brésil, organisation qui soutenait les scientifiques et artistes d’origine polonaise. Tadeusz Skowroński fut en outre actif dans plusieurs organisations polonaises et participa aux émissions du Centre brésilien de l’Europe libre, diffusées trois fois par semaine sur les ondes de la radio Tamaio de Rio de JaneiroZdzisław Malczewski TCh., Obecność Polaków i Polonii w Rio de Janeiro, Lublin, Oddział Lubelski Stowarzyszenia "Wspólnota Polska", 1995, s. 271..

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