Le gros désigne à partir de la fin du un ensemble très divers de pièces de monnaie d'argent dont le poids et la valeur variaient sur l'ensemble du continent européen, et du pourtour méditerranéenDay, ..
Étymologie et variations des appellations vignette|Grosso de Lucques (argent, 1209). vignette| Gros tournois frappé sous Louis IX (argent, 1266). vignette| États italiens, maison de Savoie, Louis II de Vaud, gros à la fleur de lys, Pierre-Châtel (argent, avant 1350). Son nom est issu de l'expression latine grossus Turonensis, « gros de Tours », du nom de la ville située dans le royaume de France, là cette pièce fut frappée vers 1266, désignant littéralement un denier épais ou grand, par comparaison avec la taille standard du denier d'argent ; par ailleurs, le gros était à cette époque une unité de masse valant 3 deniers Wolfgang Pfeifer, Etymologisches Wörterbuch des Deutschen. Akademie, Berlin, 1989 – lire en ligne.. Une autre thèse explicative estime que la double croix (en latin crossus) apparaissant sur l'un des côtés de la pièce, aurait donné, par corruption, le nom grossus Arthur Suhle, Deutsche Münz- und Geldgeschichte von den Anfängen bis zum 15. Jahrhundert, Battenberg, Munich, 1964, ..
Nom que prend la pièce dans d'autres langues que le français : Albanais : grosh Allemand : Groschen (bas allemand : grosse) Amharique : gersh Anglais : groat Arabe : qirsh Grec : γρόσι (« grósi ») Hongrois : garas Italien : grosso (pluriel : grossi) Néerlandais : grōte puis groot Polonais : grosz (pluriel : groszy) Slavon d'église (langues dérivées, comme le bulgare, macédonien, russe, serbo-croate, ukrainien) : грош (groš), грош (hroš) Tchèque : groš Turc : kuruş Yiddish : גראָשן (« grošn »)
Histoire monétaire La mise en circulation de métaux précieux issus des trésors laïcs ou ecclésiastiques et l'excédent du commerce en lien avec la Péninsule italienne permit la frappe de nouvelles pièces supérieures par leur poids et leur titre aux deniers post-carolingiens : Venise à partir de 1202, suivie par d'autres républiques italiennes (Florence, Gênes, Sienne), émit des gros d'argent bientôt copiés dans toute l'Europe. En France, Saint Louis créa le gros tournois qui valait alors douze deniers. Lancé en 1300, le gros de Prague devient une référence pour toute l'Europe centrale.
Ce format se répand ensuite en Suisse (« demi-gros » en Suisse romande ou « gros pragois » en Suisse orientale). Depuis l'époque moderne, le gros ne fut plus qu'une monnaie de billon, valant trois kreuzers.
En Angleterre, le groat désigne une pièce de 4 pence, apparue en 1460 sous le règne d'Édouard IV« Groat », définition sur Etymonline.com..
Dès la fin du , la pièce de douze deniers est appelée en France un « douzain », frappée non plus en argent titré mais en billon.
En 1688, l'Empire ottoman réforme sa monnaie et institue la piastre, sur le modèle des Italiens, une grosse monnaie d'argent appelée kurûşZeynep Bilge Yildirim, « L’introduction d’une nouvelle monnaie dans l’empire ottoman au d’après les registres de justice », dans Revue européenne des sciences sociales, Genève, Droz, XLV-137 | 2007, — lire en ligne.
En 1723, les mots groch ou grochen [sic], désignent la « petite monnaie de Pologne ». En 1832, le groschen designe la « petite monnaie en usage en Allemagne et en Autriche »« Groschen », définition et étymologie du CNRTL / CNRS..
Son usage perdure en Autriche où il désigne, jusqu'à l'introduction de l'euro, la subdivision du schilling équivalant à 100 groschen, en Pologne, où le grosz désigne la centième partie du złoty, et en Turquie, où le kuruş désigne la centième partie de la livre.
Bibliographie John Day, Études d'histoire monétaire : , Presses universitaires de Lille, 1984.
Références
Voir aussi Gros blanc Gros tournois Gros de Prague Liens externes
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