Maurice Deixonne, né le à Curepipe (Ile Maurice) et mort le à Uriage (Isère)Biographie sur la base Sycomore, est un homme politique français.
Biographie Il est orphelin de père à sa naissance, et sa mère est frappée de troubles mentaux ; il est élevé par ses grands-parents à partir de l'âge de cinq ans, puis par une tante après leur décès, en 1914. Boursier, il suit des études brillantes qui le conduisent à l'École normale supérieure, il est reçu en 1930 à l'agrégation de philosophie, discipline qu'il enseigne au lycée de Valenciennes jusqu'en 1933. Il exerce ensuite à Aurillac, Gap, Auch et Lourdes. Il met en œuvre des méthodes d'enseignement novatrices et originales, qui lui valent une certaine méfiance de sa hiérarchie, que les excellents résultats de ses élèves aux examens tempèrent cependant.
Engagé dans l'action politique après avoir adhéré à la SFIO en 1926Jean-François Sirinelli, Génération intellectuelle. Khâgneux et Normaliens dans l'entre-deux-guerres, Fayard, 1988, avec le parrainage de Georges Lefranc et Jean Le Bail, il est l'année suivante le fondateur et le premier secrétaire de la Fédération nationale des étudiants socialistes, fonction qu'il conserve jusqu'en 1928. En 1929, il épouse Suzanne, fille de l'ancien député socialiste Georges Boully. Celle-ci fut une compagne de militantisme, à la fois dans le syndicalisme enseignant et dans l'action politique au sein de la SFIO. Elle fut, comme sont époux, victime de répression administrative, notamment en 1934, puis sous le régime de Vichy.
En 1932, il fait partie, avec notamment Georges Lefranc, Pierre Boivin, Claude Lévi-Strauss et Robert Marjolin, des auteurs de l'ouvrage Révolution constructive, qui défend les idées planistes. En 1934, secrétaire de la fédération socialiste du Cantal, il est condamné à de la prison avec sursis, ce qui implique la privation des droits civiques, pour son implication dans une bagarre ayant suivi une réunion publique à laquelle il avait participé, en avril. Son déplacement du lycée d'Aurillac à celui de Gap, à la suite de cette condamnation, provoque une forte mobilisation, et il retrouve finalement son poste en 1936.
Plusieurs fois candidat (municipales, cantonales), à Aurillac, il porte les couleurs de la SFIO lors des élections législatives de 1936, et obtient 26,2 % des voix. Il se désiste pour le sortant radical Paul Bastid, qui est réélu.
Pacifiste, il milite aux côtés de la Gauche révolutionnaire de Marceau Pivert, sans y appartenir. Après le congrès de Royan, il reste à la SFIO et défend, lors du Congrès de Nantes ( congrès national, ), une motion pacifiste "radicale", aux côtés de Ludovic Zoretti, Georges Soulès et Berthe Fouchère. Celle-ci obtient 2,4 % des mandats et se rallie à Paul Faure.
Pendant la Guerre 1939-1945 Maurice Deixonne est mobilisé du 13 avril 1940 au 4 mai 1940 dans l’infanterie de marine à Brest. Il est révoqué par le gouvernement de Vichy en décembre 1940. Il est alors contraint d'enseigner à Lourdes, dans un établissement privé laïc.
À la Libération, il est nommé inspecteur d'académie à Auch, puis proviseur du lycée d'Albi (1945-1946).
Secrétaire de la fédération socialiste, il est élu député du Tarn en juin 1946, il est ensuite constamment réélu jusqu'en 1958. Après la grève des mineurs de 1948, précédée d'un referendum auquel les mineurs étrangers avaient participé, il dépose un projet de loi avec Pierre Mazuez, député de Saône-et-Loire, pour interdire aux étrangers de voter lors des élections professionnellesMarion Fontaine, Xavier Vigna, « La grève des mineurs de l'automne 1948 en France », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 2014/1 121, 31.. À l'Assemblée nationale, il devient le spécialiste des questions scolaires et de la laïcité pour la SFIO. Il participe notamment à une négociation secrète avec le Vatican, en compagnie de Robert Lecourt, de Villot et de Wladimir d'OrmessonGilles Martinet, Une certaine idée de la gauche 1936-1997, Odile Jacob, 1998. Les tractations, momentanément interrompues, reprennent quand Guy Mollet devient chef de gouvernement : un projet de convention est établi par le directeur-adjoint de son cabinet, Louis Faucon, portant sur le régime scolaire et celui des congrégations, sur la nomination des évêques et sur l'abrogation du statut d'exception existant en Alsace-Lorraine. Cette négociation prendra fin avec la chute du gouvernement de Guy Mollet. Gilles Martinet précise : « Il semble que Pie XII ait été hostile à un tel accord et qu'il n'ait cherché qu'à faire traîner la négociation en longueur ». Il préside le groupe parlementaire socialiste en 1957 et 1958.
Le , il vote la confiance au général de Gaulle auprès duquel il a accompagné Guy Mollet le , à Colombey-les-Deux-Églises, en vue de préparer l'investiture de celui qui sera le dernier président du Conseil de la RépubliqueHistoire du drame algérien 1954-1962, ouvrage collectif présenté par Bernard Michal, Éditions de Crémille, Genève, 1971 ; Omnibus, 2012.
Battu aux législatives de 1958, il s'installe à Paris, où il est directeur d'une annexe du lycée Montaigne, puis proviseur après sa transformation en lycée (lycée Rodin). Il se consacre alors notamment à l'office central de coopération à l'école, jusqu'à sa retraite en 1965. De 1950 à 1972 il est président de la fédération Léo-Lagrange. Suite à des prises de contact du Mouvement français pour le Planning familial avec la SFIO il adhère à l'association en 1962 et devient secrétaire général adjoint du mouvement cette année-là, puis secrétaire général en 1964.
Son nom reste associé à la loi du 11 janvier 1951 relative à l'enseignement des langues et dialectes locaux.
Publications Révolution constructive, avec Georges Lefranc et Pierre Boivin, Librairie Valois, 1932 Cinq ans au service de notre école publique, 1951 La nouvelle vague cléricale, Librairie des municipalités, 1959
Archives Maurice Deixonne puis sa fille Jacqueline ont déposé son fonds d'Archives à l'Office universitaire de recherche socialiste (OURS).
Notes et références
Sources
Catégorie:Membre de l'Assemblée constituante de 1946 Catégorie:Député de la première législature de la Quatrième République Catégorie:Député de la deuxième législature de la Quatrième République Catégorie:Député de la troisième législature de la Quatrième République Catégorie:Député membre de la Section française de l'Internationale ouvrière Catégorie:Député du Tarn Catégorie:Élève de l'École normale supérieure Catégorie:Agrégé de philosophie Catégorie:Naissance en juin 1904 Catégorie:Décès en juin 1987 Catégorie:Naissance à Curepipe Catégorie:Décès en Isère Catégorie:Décès à 83 ans Catégorie:Personnalité du Planning familial