Le Front al-Nosra ou Jabhat al-Nosra (en , Jabhat an-nuṣrah li-ʾahl aš-šām, « Front pour la victoire des Gens du Cham »), souvent appelé al-Nosra, rebaptisé en 2016 Front Fatah al-Cham ou Jabhat Fatah al-Sham (en , Jabhat fat(a)ḥ aš-šām, « Front de la conquête du Cham »), est un groupe rebelle et terroriste, d'idéologie salafiste djihadiste, apparu en 2012 dans le contexte de la guerre civile syrienne. et affilié à Al-Qaïda de 2013 à 2016.. Principalement présent dans le nord-ouest de la Syrie., le groupe est également actif au Liban.. De à , il prend également le nom d'Al-Qaïda en Syrie ou Al-Qaïda au Levant (en , al-qāʿida fi bilād aš-šām, « al-Qaïda au pays du Cham »). et devient l'un des plus importants groupes rebelles de la guerre civile..
Le groupe est placé en sur la liste de l'ONU des organisations proches d'Al-Qaïda., liste instituée dans le cadre de la résolution 1267, datant de 1999 et visant à lutter contre le terrorisme..
Fondé et dirigé par Abou Mohammed al-Joulani., le Front al-Nosra est formé par des membres de l'État islamique d'Irak, mais il refuse en 2013 la fusion pour former l'État islamique en Irak et au Levant. L'organisation prête alors directement allégeance à Al-Qaïda, qui désigne al-Nosra comme sa branche syrienne. Le Front al-Nosra rompt avec al-Qaïda d'un commun accord le et change à ce moment de nom.
Le Front Fatah al-Cham est dissous le , date de sa fusion avec quatre groupes rebelles islamistes pour former un nouveau mouvement : Hayat Tahrir al-Cham.
Histoire Fondation Lors de la guerre civile syrienne, le Front al-Nosra annonce officiellement sa formation le ..... Il est fondé par des djihadistes envoyés en Syrie en par l'État islamique d'Irak.. Abou Mohammed al-Joulani, un djihadiste syrien ayant combattu en Irak, en prend la direction. Pour Wassim Nasr, journaliste à France 24, ce sont . Ce sont ces derniers qui formeraient le noyau dur du Front al-Nosra, auquel d’autres se rallient encore aujourd’hui ; le chef d'al-Nosra, Abou Mohammed al-Joulani, a notamment fait ses armes en Irak. Pour Jean-Pierre Filiu, le Front al-Nosra n'est alors que ..
Au cours de l'année 2012, al-Nosra change de nature en enregistrant . Selon Thomas Pierret, maître de conférences en islam contemporain à l'université d'Édimbourg, .. Il est désigné par les États-Unis comme une organisation terroriste à la fin de l'année..
En , le Los Angeles Times révèle que selon le département d'État, il est impossible de distinguer le Front al-Nosra d'al-Qaïda en Irak.. Selon Le Monde, . Mathieu Guidère, professeur d'islamologie à l'université Toulouse II-Le Mirail, contredit cette observation en déclarant en que les djihadistes étrangers y sont . Il ajoute que ces étrangers .
Rupture avec l'État islamique en 2013 Le , Abou Bakr al-Baghdadi, chef de l'État islamique d'Irak (EII), révèle le parrainage du Front al-Nosra par son organisation, caché jusqu'ici pour des raisons stratégiques et de sécurité selon lui, et le choix de Abou Mohammad Al-Joulani pour le diriger.. Le Front al-Nosra et l'EII sont alors fédérés sous l’appellation (EIIL). Mais Al-Joulani ne répond pas favorablement à l'appel d'al-Baghdadi, bien qu'il reconnaisse avoir combattu sous ses ordres en Irak, puis avoir bénéficié de son aide en Syrie. Finalement le chef d'Al-Nosra prête serment d'allégeance non pas à l'EIIL mais à Ayman al-Zawahiri, émir d'Al-Qaïda.... En , l'EII avait déjà été soupçonné d'avoir organisé des attentats à Alep, alors que le chef d'al-Qaïda Ayman Al-Zaouahiri avait soutenu la rébellion en Syrie..
Avec cet évènement, le Front al-Nosra s'est d'après l'universitaire Thomas Pierret : .
En , le chef d'Al-Qaïda Ayman al-Zaouahiri invalide , proclamé en avril par le chef de l'EIIL, Abou Bakr al-Baghdadi, et affirme que . Il demande à l'EIIL de renoncer à ses prétentions sur la Syrie.. Mais à son tour, al-Baghdadi rejette les déclarations d'al-Zawahiri.
D'après Ignace Leverrier, blogueur pour Le Monde, al-Joulani serait particulièrement attaché à un agenda syrien et à une méthode différente de l'EIIL. La fondation Quilliam, elle, parle de sources qui affirmeraient que . Enfin, pour Wassim Nasr, . Ce sont ces éléments qui expliqueraient l’allégeance au chef d’al-Qaïda Ayman al-Zaouahiri et non pas à Baghdadi.
En , Ayman al-Zaouahiri annonce finalement que le Front Al-Nosra est bien la seule branche d'Al-Qaïda en Syrie. Cette reconnaissance aboutira au déclenchement du conflit entre groupes islamistes en Syrie : l'EIIL va refuser de voir ses troupes engagées en Syrie rejoindre les rangs d'Al-Nosra et du Front Islamique..
Le , aux côtés des forces rebelles, le Front al-Nosra entre en guerre contre l'État islamique en Irak et au Levant.... Le , al-Nosra rejette la proclamation de la restauration du califat par l'État islamique.. En réaction, le , Abou Mohammad Al-Jolani annonce son intention de créer , précisant qu'il aurait des frontières avec ..
Constatant le ralliement massif des combattants étrangers à l'État islamique après la prise de Mossoul, le Front al-Nosra cherche .
Le , la chaîne Al Jazeera diffuse un entretien dans lequel le chef du groupe Abou Mohamed Al-Joulani déclare qu'il ne voit pas de solution rapide au conflit qui l'oppose à l'organisation État islamique en Syrie : « Il n'y a pas de solution entre eux et nous, aujourd'hui ou dans un avenir prévisible. Nous espérons qu'ils se repentiront devant Allah et qu'ils reviendront à la raison. Sinon, il n'y aura rien d'autre que des combats entre nous ».. La chaîne ne précise cependant pas quand cette interview a été enregistrée.
Le , le Front al-Nosra est renforcé par les derniers combattants de Jaych al-Mouhajirine wal-Ansar qui rejoignent le groupe..
Début 2016, le Front al-Nosra lance une campagne de consultations à l’intérieur de ses propres rangs et parmi les groupes d’opposition sympathisants, au sujet de la proclamation d’un émirat dans la province d'Idlib..
Rupture avec al-Qaïda et renommage en Front Fatah al-Cham en 2016 En , le Front al-Nosra fait une offre de fusion avec Ahrar al-Cham. Abou Mohammed al-Joulani propose alors de changer le nom de son groupe mais il exclut de rompre avec al-Qaïda. Cependant Ahrar al-Cham ne tient pas à se lier avec al-Qaïda et rejette l'offre, des accrochages ont même lieu entre les deux groupes à Salqin et à Harem, dans le gouvernorat d'Idlib, avant la conclusion rapide d'une trêve...
En , deux groupes du nord-est de Damas, Ansar al-Charia et Al-Muntasir Billah rallient le Front al-Nosra.. Le même mois, douze importants chefs de Jound al-Aqsa rejoignent le Front al-Nosra..
Le , le Front al-Nosra annonce qu'il rompt avec al-Qaïda et qu'il prend le nom de Front Fatah al-Cham.. Cette rupture se fait avec l'accord du chef d'al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri. Abou Mohammed al-Joulani apparaît pour la première fois à visage découvert dans un enregistrement diffusé par la chaîne al-Jazeera, il affirme que la décision s'est faite pour et pour pour viser le groupe classé par les États-Unis..
Avec cette séparation, le Front al-Nosra veut se rapprocher des autres groupes de la rébellion et se présenter comme un mouvement strictement syrien.. Selon le chercheur Ziad Majed, le Qatar et la Turquie ont également , à l'Armée de la conquête... Cependant un bon nombre des combattants étrangers du Front al-Nosra — et notamment son chef militaire, Abou Omar Saraqeb — se sont montrés hostiles à une « syrianisation » du mouvement.
Le lendemain de la création du Front Fatah al-Cham, Washington, par le biais du porte-parole du département d'État John Kirby, affirme qu'il continue et que le groupe reste considéré comme .. Cependant, à l'automne 2016, Christopher Garver, porte-parole de la coalition internationale en Irak et en Syrie, déclare : ..
La décision du Front al-Nosra de rompre avec al-Qaïda est saluée par Ahrar al-Cham. et le , des négociations s'ouvrent de nouveau entre le Front Fatah al-Cham et Ahrar al-Cham en vue d'une fusion.. Cependant le projet bloque. La question divise Ahrar al-Cham, entre d'un côté les partisans du jeu politique, favorables à des négociations et qui souhaitent garder le soutien des pays du Golfe et de la Turquie, et de l'autre ceux, plus proches des thèses d'al-Qaïda, qui privilégient l'insurrection armée. Au cours de ces négociations, le Front Fatah al-Cham comme Ahrar al-Cham font l'objet de défections de la part de leurs éléments les plus radicaux. Le , le conseil religieux d'Ahrar al-Cham annonce apporter son soutien à l'intervention militaire turque, ce qui provoque quelques tensions avec le Front Fatah al-Cham, hostile à cette intervention..
Attaqué en par Ahrar al-Cham, le groupe djihadiste Jound al-Aqsa cherche la protection du Front Fatah al-Cham, auquel il prête allégeance le ..
Dissolution en 2017 Mais en , alors que des négociations de paix s'ouvrent à Astana, la situation se dégrade dans le gouvernorat d'Idlib. Le Front Fatah al-Cham est exclu des pourparlers et subit une intensification des frappes aériennes de la coalition.. Il crie alors au complot et accuse les autres groupes rebelles de complicité avec les Américains et d'avoir conclu un accord contre lui.. Plusieurs groupes de l'Armée syrienne libre sont attaqués par les djihadistes, et décident alors de fusionner au sein d'Ahrar al-Cham pour obtenir sa protection.. Trois jours plus tard, le Front Fatah al-Cham fusionne à son tour avec quatre autres groupes — le Harakat Nour al-Din al-Zenki, le Front Ansar Dine, le Liwa al-Haq et Jaysh al-Sunna — pour former un nouveau mouvement : Hayat Tahrir al-Cham..
Idéologie et objectifs Le Front al-Nosra est un groupe salafisme djihadiste. Il prône une société reposant sur les lois de la charia. Le seul régime qu’elle prône en Syrie est le califat, et qualifie la démocratie de « religion des impies »..
Le , Abou Mohammed al-Joulani, le chef du Front al-Nosra, accorde une interview à Al Jazeera. Il affirme que le seul objectif de son groupe est la chute du régime de Bachar el-Assad, il dément l'existence du groupe Khorassan et affirme qu'Ayman al-Zaouahiri a donné des ordres pour ne pas lancer d'attaque contre l'Occident depuis la Syrie. Il confirme d'ailleurs son allégeance à ce dernier, voulant ainsi mettre fin aux rumeurs sur une éventuelle rupture entre le Front al-Nosra et Al-Qaïda central. Selon les analystes, le Front al-Nosra cherche alors à donner à l'Occident une image plus présentable et se faire passer comme une force politique légitime en Syrie, notamment en se distinguant de l'extrémisme de l'État islamique vis-à-vis des minorités religieuses chrétiennes et alaouites...
Par ailleurs, .
Critique du ralliement à Al-Qaïda Abou Bassir al-Tartousi, chef idéologique des salafistes du Front islamique syrien (FIS), dont la principale composante est Ahrar al Cham, a estimé qu'annoncer son rattachement à Al-Qaïda était une provocation qui lésait la rébellion : , texte additionnel..
Le Front islamique de libération de la Syrie (FILS), la plus importante coalition islamiste, qui comporte entre autres dans ses rangs des Frères musulmans, des indépendants et des salafistes regroupés en une vingtaine de bataillons sous l'ombrelle de l'Armée syrienne libre, a quant à lui fait savoir que : . Le communiqué du FILS s'en prend même, sans le nommer, au chef d'Al-Qaïda, en déclarant que .
Le prédicateur religieux Youssef al-Qaradâwî, proche des Frères musulmans, a de son côté appelé le Front al-Nosra à se dissocier d'al-Qaïda en Irak et à se ranger auprès de l'Armée syrienne libre..
Drapeaux
Alliances Le , le Front al-Nosra, Ahrar al-Cham et d'autres groupes rebelles se rassemblent dans une chambre d'opérations appelée l'Armée de la conquête, forte d'environ , soutenue par l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, et active principalement dans le gouvernorat d'Idlib...