L'église Saint-Léger de Mouy est une église catholique paroissiale de style gothique située à Mouy, commune de l'Oise en région Hauts-de-France en France. Elle possède un chœur polygonal remarquable du troisième quart du , et la nef et le transept achevés avant le milieu du conservent une grande homogénéité. Le caractère trapu de ces parties de l'édifice, imputable à un rehaussement du sol et au caractère provisoire du clocher de très faible hauteur, est compensé par une disposition originale des fenêtres, et par une élévation sur trois étages au sein de la nef. Elle comporte ainsi un étage de galeries anciennement ouvertes sur les combles, mais aujourd'hui bouchées. Le portail occidental est très richement décoré, mais il a perdu son authenticité à la suite d'une restauration radicale au . L'église fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le . Son histoire reste pour sa plus grande partie dans l'ombre, toutes les archives s'étant perdues. Elle est au centre de la paroisse Sainte-Claire de Mouy.

Localisation thumb|left|Façade occidentale. thumb|left|Tympan et gâble. thumb|left|Vue depuis le sud-est.

L'église Saint-Léger se situe en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, sur la commune de Mouy, chef-lieu de canton. Un corps de bâtiments au sud-ouest de l'église empêche une vue d'ensemble des façades ouest et sud. L'église offre donc deux vues fondamentalement différentes : la façade occidentale donnant sur la place Cantrel, centre de l'activité commerciale du bourg, et la façade méridionale donne sur la place du docteur Avinin, qui est un parking se terminant au sud par la façade septentrionale de la mairie. L'abside de l'église est partiellement visible depuis cette place, notamment en s'approchant de l'église par l'est en venant du pont du Thérain ou de l'avenue du 8 mai 1945. Or, l'angle entre le croisillon nord et le chœur donnent sur un terrain privé, et la façade septentrionale de l'église ne donne que sur une étroite impasse.

Histoire

L'église est classée monument historique assez tardivement par arrêté du . Jusqu'à cette date, toute documentation historique fait défaut, et même les traces des restaurations du se sont perdues dans les archives. L'église n'a pas non plus attiré l'attention des archéologues, sans doute en raison de deux fautes esthétiques, à savoir l'appareil en petites pierres grises alors que de la bonne pierre calcaire est disponible dans les carrières des environs, et la faible hauteur de la nef et du transept. Celle-ci est dommageable à l'harmonie des proportions tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, et elle est imputable à un rehaussement du sol du fait des fréquentes crues du Thérain qui coule à proximité. L'on estime que ce rehaussement porte au moins sur un mètre ; il concerne également les abords de l'église et y est facilement visible du fait de la proximité du seuil des fenêtres avec le sol. À l'intérieur, le rehaussement a été dissimulé tant bien que mal par des nouvelles bases des piliers. Aucune datation précise de ce remaniement n'est possible, mais il n'est pas antérieur au début du .

Au Moyen Âge central, Mouy n'est qu'un château devant défendre le passage du Thérain, et un petit village constitué à l'abri du château. La première église romane a dû recevoir un nouveau chœur gothique vers 1160 / 1175, ressemblant étroitement à celui de l'église Notre-Dame de Vétheuil dans le Val-d'Oise. Ensuite, un nouveau transept est édifié quelques décennies plus tard, à la fin du ou au tout début du . La nef avec ses bas-côtés suit encore avec un certain intervalle, vers 1235 / 1250. L'ensemble de l'église s'est ainsi construit dans trois générations. Un événement de grande ampleur oblige cependant d'entreprendre des travaux au , à la limite avec le : il s'agit de l'écroulement du clocher central à la suite d'un ouragan. Les voûtes du transept doivent être reconstruites, et à l'est du croisillon nord, deux travées basses ainsi qu'une chapelle sont ajoutées. Elles remplacent peut-être des petites absidioles telles que l'on peut toujours en observer à l'est du croisillon sud (dont une transformée en sacristie). Ces transformations affichent le style de la Renaissance.

Sans doute du fait des guerres de religion qui sévissent à cette époque, le clocher n'est pas remplacé dans un premier temps. Ce n'est que vers le milieu du qu'une flèche en charpente est édifiée, comportant un étage de beffroi aux parois inclinés. Pendant le , des restaurations sont entreprises, et le gâble du portail occidental est construit de toutes pièces. Or, l'état de l'église est très alarmant à la fin des années 1930 et le chœur est interdit d'accès au moment du classement du fait du délabrement des voûtes et des lézardes dans les piliers. Des expertises sont dressées, mais la Seconde Guerre mondiale empêche l'exécution de tous les travaux nécessaires. Ils seront finalement conduits sous la direction de l'architecte en chef des monuments historiques, Jean-Pierre Paquet, à partir de 1949..

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Orientée un peu irrégulièrement nord-sud-ouest - sud-nord-est, l'église Saint-Léger se compose d'une nef de quatre travées barlongues accompagnée de deux bas-côtés de longueur identique ; d'un transept dont les croisillons comportent deux travées successives chacun ; d'une courte chapelle orientée à l'est de la première travée du croisillon sud, s'apparentant davantage à une niche (une seconde chapelle devant la seconde travée ayant été transformée en sacristie) ; d'une extension deux courtes travées prolongeant le croisillon nord vers l'est, mais pas plus élevée que les bas-côtés ; d'un chœur d'une travée droite et d'une travée comportant une abside à cinq pans ; et d'une absidiole nord au chevet à trois pans, communiquant à la fois avec l'extension du croisillon nord et la travée droite du chœur. Les bas-côtés sont recouverts de toits en appentis, et la nef et le transept présentent des pignons au nord, à l'ouest et au sud. Le clocher se dresse au-dessus de la croisée du transept, mais ne dépasse plus en hauteur le faîtage des toitures. Il est prolongé par une flèche pyramidale en charpente, dont le niveau inférieur fait office d'étage de beffroi avec des ouvertures abat-son. L'église possède deux portails, dans la façade occidentale et dans la troisième travée du bas-côté nord..

Extérieur thumb|Fenêtres et arcs-boutants de la nef, côté sud. thumb|Vue rapprochée du chœur.

La façade occidentale est subdivisée en trois parties de largeur à peu près égale : la partie centrale correspondant à la nef et s'organisant sur deux niveaux, et les parties latérales correspondant aux bas-côtés, se terminant par des demi-pignons surmontés par les premiers arcs-boutants de la nef. Les arcs-boutants à simple volée s'appuient contre les culées prolongées des contreforts des murs gouttereaux des bas-côtés, qui sont recouverts de chaperons à quatre versants. Seulement le contrefort de droite garde la partie inférieure de ce qui devait être un pinacle. Il est à noter que ces contreforts sont eux-mêmes épaulés par des contreforts plus bas du côté ouest, se terminant à mi-hauteur par des glacis fortement inclinés. Les murs occidentaux des bas-côtés sont ajourés de baies en tiers-point, avec un remplage de deux lancettes surmontées par un oculus. Ces baies sont simplement décorés par un sourcil. Directement au-dessus, court un larmier qui se poursuit sur toute la façade, y compris sur les contreforts occidentaux de la nef, et qui prend la forme d'un glacis sur la partie centrale de la façade. Il y récompense la profondeur du portail en tiers-point à triple archivolte. Ce portail est cantonné de deux petits contreforts à pinacles, et des petites niches trilobées remplissent les trumeaux entre ces petits contreforts et les grands contreforts de la nef, scandés par un second niveau de larmiers plus haut et recouverts de chaperons en bâtière. La porte elle-même est rectangulaire, mais le tympan présente une arcature décorative en anse de panier supportant une statuette de la Vierge à l'Enfant. Cette arcature et les archivoltes sont agrémentées de feuillages, et le tympan est décoré d'un quadrillage. En haut, le gâble est garni de crochets et percé d'une trèfle. Il obstrue en partie la grande fenêtre située juste derrière, se composant de quatre lancettes à tête tréflée (bouchées) surmontées de deux quatre-feuilles et d'un oculus. Un rang de billettes et un glacis séparent le mur de la nef du pignon, qui arbore une horloge entourée de moulures..

L'élévation latérale de la nef comporte des baies hautes et est marquée par les arcs-boutants déjà décrites, ainsi que les toits en appentis des bas-côtés. Le mur gouttereau se termine par un cordon de billettes, tel que déjà observé sur la façade occidentale. Les baies hautes s'inscrivent dans des arcs de décharge en tiers-point sans piédroits, mais ne remplissent que la moitié de leur largeur. Elles sont donc en arc brisé surbaissé, et pourvues d'un remplage simple composé de trois lancettes. Les fenêtres des bas-côtés adoptent une forme en tiers-point classique. Les trois premières sont à deux lancettes surmontées d'un oculus ; la quatrième est à lancette simple, le contrefort occidental du croisillon sud ne laissant pas davantage de place..

Le transept présente une décoration plus élaborée. Sur les murs pignon, le rang de billettes est remplacée par une corniche de feuillages. Les fenêtres des murs latéraux sont surmontées d'un cordon de dents de scie. Sinon, les deux croisillons sont assez différents. Le mur occidental du croisillon sud est percé d'une baie à lancette simple au-dessus du toit du bas-côté, et d'une double baie selon des dispositions identiques à sa droite. Cantonnées de fines colonnettes à chapiteaux, ces baies possèdent une archivolte torique et sont situées plus bas que les fenêtres hautes de la nef. Le mur méridional est pourvue d'une double baie semblable à la précédente, mais sans cordon en dents de scie, et avec un arc de décharge du même profil que ceux des fenêtres hautes de la nef. Le mur oriental enfin n'apparaît qu'au-dessus du toit en appentis de l'abside et de la sacristie, et ses deux baies à lancette simple sont murées. L'extrémité sud-est du croisillon est occupée par une tourelle d'escalier octogonal, qui rend les contreforts inutiles ici. Sinon, les contreforts du transept sont scandés d'un glacis au même niveau que ceux des bas-côtés, et se terminent par un long glacis au sud, mais par un chaperon (à l'instar des contreforts des bas-côtés) au nord. Le croisillon nord est éclairé latéralement par des fenêtres à lancette simple, mais sans colonnettes ni archivolte. Le mur pignon est ajouré d'une grande rosace telle que dans la façade de l'église de Champagne-sur-Oise..

Le chœur est d'une facture assez singulière et ne manque pas d'élégance, mais ses murs n'apparaissent qu'au-dessus d'un mur qui clôture l'espace tout autour. Les contreforts se distinguent par un passage à une section polygonale à mi-hauteur des fenêtres et par la complexité de leurs volumes. Les fenêtres s'ouvrent au-dessus de longs glacis fortement inclinés. Elles sont à lancette simple, cantonnées de colonnettes à chapiteaux et surmontées d'une archivolte torique et d'un rang de dents de scie. Au-dessus, s'ouvrent des oculi moulurés, sauf pour la première fenêtre à l'ouest, qui monte plus haut..

Intérieur Nef et bas-côtés thumb|upright|Vue générale intérieure. thumb|upright|Nef, vue vers l'ouest.