Angela Diane James, O.C.Le sigle OC signifie Officier de l'Ordre du Canada soit le second de trois grades de la hiérarchie de l'Ordre du Canada. (née le à Toronto, dans la province de l'Ontario au Canada) est une joueuse canadienne de hockey sur glace féminin qui évoluait en position de centre et de défenseur.
Elle joue au plus haut niveau du hockey sur glace féminin sénior au cours d'une carrière qui s'étale sur vingt ans. Entre 1980 et 1998, elle joue pour plusieurs équipes de la avant de finir sa carrière en Ligue nationale de hockey féminin. Elle est désignée meilleure joueuse de sa ligue à six reprises. Sur la scène internationale, James dispute le premier championnat du monde féminin, un tournoi non sanctionné par la Fédération internationale de hockey sur glace. En 1990, elle prend part avec l'équipe du Canada au premier championnat du monde officiel, menant sa sélection au titre et établissant un record de buts inscrits avec onze réalisations. Elle joue trois autres championnats du monde en 1992, 1994 et 1997, se soldant à chaque fois avec une médaille d'or. Elle n'est cependant pas retenue pour le premier tournoi olympique féminin, disputé aux Jeux d'hiver de Nagano en 1998.
Considérée comme la première vedette du hockey féminin moderne, James est distinguée par plusieurs temples de la renommée. Elle est l'une des trois premières femmes intronisées en 2008 au Temple de la renommée de l'IIHF et l'une des deux premières au Temple de la renommée du hockey en 2010. Elle fait aussi partie du Panthéon des sports canadiens depuis 2009.. En 2022, elle devient officier de l'Ordre du Canada.
James est également arbitre, entraîneur et dirigeante dans le sport. Elle est actuellement la directrice générale du Six de Toronto de la Fédération première de hockey.
Biographie Son enfance vignette|alt=Photographie de Theo Peckham avec le maillot blanc des Oilers d'Edmonton|Theo Peckham (ici en 2010 sous les couleurs des Oilers d'Edmonton) est l'un des demi-frères d'Angela James. Angela James nait le à Toronto, dans la province de l'Ontario au Canada . Elle est la fille de Donna Barrato, une canadienne blanche de Toronto, et Leo James, un afro-américain du Mississippi ayant émigré au Canada afin de fuir la ségrégation raciale. Elle a deux demi-frères et deux demi-sœurs de par sa mère. Son père, qui travaille pour une boîte de nuit de Toronto, estime qu'elle a au moins neuf demi-frères et sœurs par lui, James étant cependant convaincue que le nombre est plus proche de quinze. Parmi eux, se trouve le joueur professionnel de hockey sur glace Theo Peckham.
Mère célibataire, Donna Barrato élève Angela et ses deux autres filles avec l'aides d'allocations sociales. Elles vivent dans une maison subventionnée dans le quartier de à Toronto. Donna travaille en tant que comptable ainsi que sur le stand de concession de la patinoire locale. Elle souffre de dépression et de troubles mentaux tandis que sa fille aînée Cindy a deux emplois à mi-temps afin d'aider la famille à répondre à ses obligations financières. Angela est plus proche de sa seconde sœur Kym bien que les deux se battent régulièrement durant leur enfance. Le père d'Angela n'a pas de place constante durant sa jeunesse et n'apporte aucune aide financière à la famille, mais reste présent si sa fille a besoin de lui. Étant l'une des rares enfants de couleur à , Angela doit souvent faire face aux insultes, en particulier sur le fait qu'elle soit une métis avec une mère et des sœurs blanches. Elle se trouve alors régulièrement impliquée dans des bagarres, développant une attitude combative qu'elle garde lorsqu'elle joue au hockey. Ses grands-parents maternels n'ont jamais accepté Angela alors qu'ils traitent bien ses deux sœurs.
Très garçon manqué, Angela James développe rapidement un intérêt pour le sport. Son parrain lui offre une batte et un gant de baseball pour sa première communion. Durant son enfance, elle excelle au hockey, au baseball et à la natation synchronisée. Sa mère souhaite qu'elle se concentre sur la natation en raison du manque d'opportunité de jouer au hockey pour les filles dans les années 1970. Sa passion réside cependant dans le hockey, jouant constamment au street-hockey avec les garçons de son quartier depuis l'école maternelle.
Carrière de joueuse D'une ligue pour garçons au premier championnat national féminin James joue pour la première fois à l'âge de huit ans de façon structurée dans une ligue locale de garçons de , et seulement après que sa mère ait menacé de poursuites judiciaires les officiels opposés à l'inclure. Elle débute dans la catégorie novice mais, étant donné son talent supérieur à ses pairs, elle est promue dans les catégories atome puis pee-weeLes termes « novice », « atome » et « pee-wee » sont des termes de hockey spécifiques au Canada désignant des catégories de jeunes joueurs de hockey. La catégorie « novice » inclut les joueurs âgés de 7,8 et 9 ans, celle « atome » regroupe ceux de 9, 10 et 11 ans, tandis que la catégorie « pee-wee » rassemble les jeunes de 11, 12 et 13 ans.. Elle mène la ligue en termes de statistiques, est nommée dans l'équipe d'étoiles et est invitée à disputer un tournoi peewee à Montréal avec l'équipe . La présence de James au sein de la ligue de se termine au cours de sa deuxième année en raison de la jalousie des parents des autres enfants. Le président, dont le fils évolue dans l'équipe de James, est offensé de voir son fils éclipser par une fille. Il ordonne un changement dans les règles de la ligue pour interdire aux filles d'y jouer.
La seule option lui permettant de jouer en équipe féminine à l'époque se trouve à , une organisation catholique située à . Ne disposant pas de véhicule, sa mère l'emmène aux matchs aux différentes patinoires en bus. Le programme de hockey pour filles est petit et nécessite que les équipes soient composées de joueuses de plusieurs catégories d'âge afin d'aligner des effectifs complets. Sautant la catégorie « » Le terme « » est un terme de hockey spécifique au Canada désignant la catégorie de joueurs de hockey âgés de 13, 14 et 15 ans. Littéralement le terme anglais « » désigne un coq nain. entièrement, James joue pour la première fois au hockey sénior à l'âge de treize ans avec les Saints de Newtonbrook, contre des femmes âgées de seize ans et plus. Les Saints sont alors une équipe de sénior C, le quatrième niveau de hockey féminin de l'époque dans la région de Toronto.
James rejoint en 1980 les de Toronto, une équipe de sénior AA de la nouvelle (souvent désignée par le sigle COWHL). Cette ligue est alors à l'époque le plus haut niveau de hockey féminin de la province, dans laquelle James s'y établit comme l'une de ses joueuses vedettes en l'espace d'une année. En 1982, James et sa coéquipière Cathy Phillips sont retenues pour renforcer les d'Agincourt, qualifiés pour représenter l'Ontario en vue du premier championnat national féminin. Lors de la finale face à l'Alberta, elle inscrit le but égalisateur au cours de la troisième période de la finale, en route vers une victoire 3-2 en prolongation pour remporter la Coupe Abby Hoffman.
Vedette en hockey et au softball pour les Scouts de Seneca College Concentrée sur le hockey, exposée aux drogues et à l'alcool et souvent impliquée dans des bagarres, James ne paye que peu d'attention à sa scolarité et abandonne presque ses études. Un directeur adjoint à , Ross Dixon, l'encourage à accorder une plus grande attention à ses études, ce qui lui permet d'obtenir un diplôme à et de passer au Seneca College de Toronto en 1982. James a du mal académiquement lors de sa première année à Seneca, en partie parce qu'elle n'a jusqu'alors jamais été responsable dans ses études, et en partie car elle joue deux sports aussi bien au niveau universitaire que local tout en travaillant à temps partiel pour aider sa famille à payer ses factures. L'entraîneur de hockey de Seneca Lee Trempe a plusieurs disputes avec elle avant qu'elle ne commence à prendre ses études sérieusement.
James est une vedette dans deux sports pour les Scouts de Seneca. Elle rejoint l'équipe de softball en 1983, évoluant dans le champ extérieur et « nettoyant » les basesAu baseball et au softball, un « nettoyeur de base », ou « en anglais», est un batteur possédant une force de frappe puissante. Généralement le quatrième dans l'ordre de frappe de son équipe, il permet à ses coéquipiers de rentrer.. Elle est nommée dans l'équipe d'étoiles de l (souvent désigné par son sigle OCAA) et mène son école au titre lors du championnat inaugural de softball féminin de l'OCAA. Elle est de nouveau nommée dans l'équipe d'étoiles de l'association en 1984 et 1985, menant Seneca à un second titre provincial puis à une deuxième place.
Bien que James évolue en tant qu'attaquante dans les ligues locales de hockey, Trempe l'assigne en défense afin qu'elle puisse mettre en place les systèmes de jeu utilisés par l'équipe et inclure ses coéquipières lors des phases offensives. Malgré ce changement de position, James réussit à terminer en tête des compteurs de la ligue, avec quinze buts et dix aides en seulement huit parties disputées. L'OCAA la désigne meilleure joueuseLe terme francophone de « meilleur joueur » correspond au terme anglais de « » - MVP., tandis que Seneca doit se contenter d'une médaille d'argent après s'être incliné en finale de l'association. Menant l'OCAA avec trente points en dix rencontres en 1983-1984, James dirige son équipe vers son premier titre de champion. Elle est nommée dans l'équipe d'étoiles et est de nouveau votée meilleure joueuse, des récompenses qu'elle remporte également la saison suivante. Seneca s'adjuge son second championnat en 1984-1985, James dominant l'OCAA. Elle termine encore en tête des marqueurs, établissant des records d'école et d'association avec cinquante buts et soixante-treize points en juste quatorze parties. Ses exploits offensifs amène un journaliste de Toronto à la surnommer la « Wayne Gretzky du hockey féminin ».
L'OCAA nomme James son athlète de l'année en 1984 et 1985 pour ses performances en hockey et en softball. Elle établit des records de carrière en OCAA avec quatre-vingt buts et cent-vingt-huit points, qui tienne jusqu'en 1989 lorsque l'OCAA arrête son programme de hockey féminin en raison d'un manque d'équipes compétitives.
Championne du Canada et du monde En parallèle de ses études, James continue de jouer au niveau sénior. Avec les cessant leurs activités en 1982, elle rejoint une équipe de Burlington, avec laquelle elle reste trois saisons. Un an plus tard, elle mène sa nouvelle équipe vers le titre national tandis que Burlington capture la première Coupe Abby Hoffman. Pour James, le championnat national devient un événement quasi annuel dont elle dispute douze éditions.
James change régulièrement d'équipes, se déplaçant pour diverses raisons. Souvent, elle change pour suivre des amies ou parce qu'elle n'est pas d'accord avec la philosophie de l'entraîneur. Quelquefois, elle bouge par nécessité, tel que lorsqu'une équipe met fin à ses activités. En 1984-1985, elle quitte Burlington pour retrouver Lee Trempe avec les d'Agincourt pour une saison, puis joue pour les Canadettes de Brampton pour une autre. En 1986-1987, elle suit de nouveau Trempe aux de Mississauga, où elle reste trois ans. Cette saison-là, elle remporte son premier de sept titres consécutifs de meilleure pointeuse de la COWHL, avant d'être prêtée pour le championnat national 1987 aux de Hamilton qu'elle mène au titre.