L’économie de la Loire se caractérise par une implantation importante de l'industrie, notamment dans les domaines de la mécanique et de la métallurgie, du textile, ou de l'agroalimentaire par exemple. Le bassin houiller de Saint-Étienne contribua grandement à l'industrialisation du département et surtout des vallées du Furan, de l'Ondaine et du Gier à partir du . Comme le bassin du Nord-Pas-de-Calais, l'économie de la Loire se fondait sur la sidérurgie, la métallurgie, l'exploitation de la houille et le textile, notamment la rubanerie. Les emplois industriels ont longtemps été sur-représentés tandis que les emplois tertiaires se situaient à un niveau très bas.

Malgré la fin des houillères à partir des années 1950, la métallurgie et la sidérurgie a pu compenser pendant quelque temps cette destruction d'emplois massive. Mais à partir des années 1970, c'est toute l'industrie du métal et du textile qui entre en difficulté à cause de la concurrence étrangère, du manque d'investissement ou du retard quant au regroupement de certaines activités (Creusot-Loire). Le taux de chômage monte à 12,6 % en 1994Taux de chômage depuis 20 ans dans le département de la Loire: http://www.guidedesdemarches.com/REGION/CHOM42.htm, avec des pics à Saint-Étienne, Roanne, les vallées de l'Ondaine et du Gier.

Le département se tertiarise fortement à partir des années 1980 et 1990, compensant difficilement la baisse progressive d'une bonne partie de l'industrie de l'armement (GIAT Industries) et de la métallurgie. Dans le même temps l'agriculture a continué sa chute en matière d'emplois.

Aujourd'hui, le département a remonté la pente difficilement, misant sur l'innovation dans les secteurs de la mécanique, de l'optique, du design ou du textile médical pour redresser son industrie. Les services aux entreprises se sont développés, notamment dans la sous-traitance à l'industrie. Le secteur tertiaire en général continue son augmentation, illustrée par le Groupe Casino qui possède son siège social à Saint-Étienne.

Données générales

Emploi Emplois selon le secteur d'activité, Insee, en 2009Emplois selon le secteur d'activité, Insee, http://www.statistiques-locales.insee.fr/FICHES/DL/DEP/DL_DEP42.pdf:

Ensemble Nombre Pourcentage Agriculture 2,5 % Industrie 19,7 % Construction 7,6 % Commerces, transports, services divers 38,6 % Administration publique, enseignement, santé, action sociale 31,5 %

Acteurs institutionnels Organismes, clusters et pôles de compétitivité : Viaméca et MécaLoire: mécanique La Loire en chiffres, 2011: http://www.loire.fr/upload/docs/application/pdf/loirenchiffre09.pdf ALLIRA, Céréales Vallées, Organic Cluster, PEIFL, Vitagora : agroalimentaire Pôles de compétitivité et clusters, http://www.poleagroalimentaireloire.com/pages/filieres/index.php MUTEX, Techtera: textile La filière textile: http://www.loire.fr/jcms/c_46785/la-filiere-textileLa Loire en chiffres: http://www.loire.fr/upload/docs/application/pdf/loirenchiffre09.pdf Sporaltec: fédère les industries du sport et du loisir Sporaltec: présentation http://www.sporaltec.fr/rd/presentation Logistique 42

Infrastructures La Loire est un département relativement enclavé géographiquement avec différentes barrières naturelles : les monts du Forez et les monts de la Madeleine à l'ouest, les monts du Lyonnais à l'est et le massif du Pilat au sud. Plusieurs autoroutes sillonnent néanmoins le territoire. L'A47 ouvre le territoire au reste de la région Auvergne-Rhône-Alpes à travers la vallée du Gier jusqu'à l'agglomération lyonnaise. L'A72 pénètre dans la plaine du Forez à partir de Saint-Étienne pour entrer dans le Puy-de-Dôme par l'A89 à hauteur de Nervieux. Enfin, l'A89 se prolonge jusqu'à Roanne puis Lyon.

Le secteur est desservi par plusieurs lignes ferroviaires : une ligne Saint-Étienne-Lyon et Saint-Étienne-Le Puy au sud du département, une ligne Saint-Étienne-Clermont-Ferrand passant par Noirétable, enfin une ligne Roanne-Lyon et Roanne-Clermont-Ferrand dans le nord du département.

Dans le domaine aérien, l'aéroport de Saint-Étienne-Loire constitue un petit aéroport avec une fréquentation de en 2011, en forte augmentation depuis 2006Aéroport de Saint-Étienne : Présentation de l'aéroport: http://www.saint-etienne.aeroport.fr/fr/aeroport/8-Presentation/. En , il accueille ses derniers vols commerciaux des compagnies Ryanair et Pegasus. L'aéroport, concurrencé par celui de Lyon, présentait un déficit d'un million d'euros annuel, et se consacre désormais aux vols privés.

Le transport maritime est aujourd'hui uniquement plaisancier dans la Loire. Il fut pourtant utilisé auparavant pour le transport du charbon sur le fleuve LoireConseil général de la Loire, Les hommes du fleuve : métiers d'hier: http://www.loire.fr/jcms/c_235538/les-hommes-du-fleuve-metiers-d-hier et sur le canal du GierSite officiel de la commune de Rive-de-Gier, Patrimoine et histoire: http://www.rivedegier.fr/patrimoine/.

Secteur primaire : agriculture L'agriculture est essentiellement basée sur l'élevage bovin, tant pour la viande que pour le lait. Le territoire est néanmoins différencié : tandis que les monts du Forez ou du Lyonnais sont plus spécialisés dans l'élevage bovin, la plaine du Forez comprend des cultures céréalières plus importantes, bien aidée par le canal du Forez qui l'irrigue.

La Loire est le territoire qui concentre les installations de nouveaux agriculteurs, avec 100 nouveaux agriculteurs par an soit 25 % en Rhône-AlpesChambre d'Agriculture de la Loire, L'agriculture dans la Loire, Éléments de synthèses: http://www.terresdeloire.fr/fileadmin/documents/site_1/internet/PLAQUETTE_CH._AGRIC_OCT08.pdf.

Secteur secondaire: industrie

Historique La Loire est un département à forte tradition industrielle. Avec la rubanerie, l'exploitation massive de la houille à partir du fit augmenter fortement la population et constitua le houiller de France après celui du Nord-Pas-de-Calais. Le bassin houiller de la Loire employa par exemple dans les années 1930M. Perrin, Le bassin houiler de la Loire: http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_0003-4010_1930_num_39_220_10129, 1930., chiffre qui déclina rapidement après la guerre pour disparaitre d'abord de Saint-Étienne en 1973 avec la fermeture du puits Couriot, puis totalement avec la fermeture du Puits Pigeot à La Ricamarie en 1983Site de Patrimoine minier, Patrimoine industriel minier: http://www.patrimoine-minier.fr/loire/index.html.

thumb|right|Entrée de la section des usines métallurgiques de la Loire au palais des Industries diverses de l'exposition universelle de Paris (1889). La houille fut le moteur du développement industriel de Saint-Étienne et de la vallée du Gier et de l'Ondaine. En tant que source d'énergie principale à partir de la Révolution industrielle, elle permit de faire fonctionner les nombreuses usines de la région, les métiers à tisser, les forges, les fonderies. Elle permit aussi le développement de la sidérurgie ligérienne et ses grands établissements, de Firminy à Rive-de-Gier en passant par Saint-Étienne ou Saint-Chamond. Les communes de L'Horme, La Grand-Croix ou encore Lorette dans le Gier, Unieux aussi dans l'Ondaine, se développeront rapidement grâce à la sidérurgie. D'abord productrice d'acier de base, la région dut se convertir difficilement dans les aciers spéciaux et de haute qualité avec la concurrence grandissante des aciers lorrains à partir de 1880La reconversion permanente des savoir-faire au cœur du développement industriel du bassin de Saint-Étienne, L'exemple de la filière métal-mécanique: http://www.emse.fr/AVSE/reconv.htm.

La Première Guerre mondiale permet à la sidérurgie ligérienne d'apparaître comme la principale région de l'effort de guerre français, le Nord et une partie de la Lorraine étant alors sous occupation allemande. Obus, canons, plaques de blindage et véhicules blindés sont fabriqués dans la région par ces mêmes établissements sidérurgiquesRené Commère, Mémoires d'acier en Ondaine, Histoire d'un site métallurgique en région stéphanoise, 2000., et en particulier par la Compagnie des forges et aciéries de la marine et d'Homécourt à Saint-Chamond. Le temps de paix qui suit oblige les entreprises à se reconvertir dans le matériel civil, comme des tracteurs agricoles ou des locomotivesBlog de l'école Massenet-Pasteur, Historique des aciéries de la marine à Saint-Chamond: http://massenetpasteur.wordpress.com/2010/06/09/historique-des-acieries-de-la-marine-a-saint-chamond/.

Après la Seconde Guerre mondiale, la Compagnie des Ateliers et Forges de la Loire est créée par l'État : les établissements sidérurgiques du Marais à Saint-Étienne, de Firminy et d'Unieux, de Saint-Chamond et de L'Horme sont fusionnés dans ce grand groupe sidérurgique ligérien en 1953Georges Gay, La Ville industrielle, de l'exception à la banalisation : la fin des grandes usines métallurgiques de l'Ondaine et de Saint-Chamond, 1996, p. 197.

Malgré la création de Creusot-Loire en 1970 avec le rassemblement de la CAFL et des établissements sidérurgique et métallurgique du Creusot, la sidérurgie et la métallurgie ligérienne commencent à être sérieusement en difficulté. Le groupe, fort de 28 usines réunissant à sa création, ne se relèvera jamais et malgré des licenciements chroniques il est dissout en 1984, ses usines partagées entre Usinor (qui deviendra Arcelor) et Framatome avec une restructuration lourde. En 1973 le site de L'Horme est cédé pour créer Mavilor. Le site de Firminy-Unieux passe de en 1960 à en 1980René Commère, Mémoires d'acier en Ondaine, Histoire d'un site métallurgique en région stéphanoise, 2000, . Il est partagé en 1985 essentiellement dans les différentes filières d'Usinor, qui ne fera que réduire peu à peu les effectifs ainsi que dans Clextral et Rockwell, avec un total de à René Commère, Mémoires d'acier en Ondaine, Histoire d'un site métallurgique en région stéphanoise, 2000, p. 127.

Le site de Saint-Chamond est repris en 1992 par GIAT Industries, un groupe détenu par l'État destiné à la fabrication d'armement. Après le VAB, la fabrication du char Leclerc est lancée. Réussite technologique, il sera un échec commercial, seulement vendu à l'Armée française et aux Émirats arabes unis à cause d'un coût prohibitifLe char Leclerc de l'Armée de terre française: http://www.military-kits.com/sections.php?op=printpage&artid=2. Le site de GIAT Saint-Chamond ferme ses portes en 2003, ses employés étant pour la plupart soit poussés à une retraite anticipée soit dirigés vers la filiale optique de GIAT à Saint-Étienne, vers le site de Roanne ou dans le Rhône, toujours dans le Ministère de la Défense. GIAT ne conserve à Saint-Chamond qu'une filiale de fabrication de matériel NRBCSite de Nexter, Présentation NBC-Sys : http://www.nexter-group.fr/fr/filiales/nbc-sys.

Le secteur du textile représenta un important contingent ouvrier dans la région, avec la passementerie et la rubanerie à Saint-ÉtienneForez-info, Petite histoire générale de Saint-Étienne : http://www.forez-info.com/encyclopedie/histoire/172-petite-histoire-generale-de-saint-etienne.htmlLa rubanerie: http://famille.berne.free.fr/Pages/La-rubanerie-dossier-pages/La-rubanerie.html, le lacet à Saint-ChamondBlog de l'école Massenet-Pasteur, Les industries de Saint-Chamond: http://massenetpasteur.wordpress.com/2010/06/01/les-industries-de-saint-chamond/ ou la bonneterie dans le RoannaisSite de la commune de Roanne, Le textile : http://www.roanne.fr/37-le-textile.htm. Elle subit la rude concurrence du textile des pays à bas coûts après la Seconde Guerre mondiale et ses effectifs fondirent.