Le matériel à très longue portée, abrégé TLP, est un système d'artillerie français étudié à partir de 1918, face à la panique provoquée lors des bombardements de Paris par le Pariser Kanonen.
Conception et fabrication L'étude du matériel à très longue portée (TLP) est lancée en 1918 par le gouvernement français pour répondre au Pariser Kanonen de de portée. La fabrication ne peut être réalisée avant le . Contrairement aux pièces allemandes, les TLP sont mobiles, en étant installés sur un affût ferroviaire ou affût-truck à glissement. La conception est indépendante des pièces d'artillerie allemandes, dont la documentation a été détruite par l'armée impériale. Le développement se déroule en plusieurs étapes.
Des canons d'essais de calibre à très long allongement (110 et 160 calibres) et de à 60 calibres sont testés pour cerner les spécificités balistiques. Plusieurs projets de canons sont étudiés, dont le , les 340/210 et à 65, 100 et 150 calibres et le à 160 calibresBénédicte Discepoli et Emmanuel Crespin, Canon de de 160 calibres 1918 – 1921 Calibre , et Affût-truck à voie normale pour canon de modèle 1875-1879 de 28,5 calibres. Modifications pour permettre le pointage à + 50° du canon de de 160 calibres monté dans le canon de modèle 1875-1879 R.1889 . Calibre n° 115 ; MINISTÈRE DE LA DÉFENSE. SERVICE HISTORIQUE DE LA DÉFENSE. Centre des archives de l’armement et du personnel. SÉRIE 2 I 7. Fonds de la direction des constructions navales de Ruelle. DIRECTION DES CONSTRUCTIONS NAVALES RUELLE, ARTILLERIE DE MARINE, PLANS DE CANONS ET DE NAVIRES 1866 – 1951. Répertoire numérique . Châtellerault, septembre 2009.
Les restrictions de crédits à la suite de l'armistice de 1918 limitent les réalisations.
Matériel LP de 340/240 de 65 calibres
Ce programme est mené par la commission ALVF (Artillerie lourde sur voie ferrée). Les pièces sont construites en 1920. Un tube de marine de de diamètre retubé à est installé sur un affût ferroviaire à glissement Schneider de 340. Les essais menés de 1924 à 1929 donnent des tirs à . La portée théorique maximale est de à 50° d'élévation, ce qui apparaît comme décevant par rapport aux pièces allemandes.
Matériel TLP 340/224 de 100 calibres
Ce prototype est un affût ferroviaire à glissement Schneider de 340. Il supporte un tube de marine de de diamètre, retubé à , long de 100 calibres et s'élevant à 50°. Les tirs réalisés à partir de 1923 sont des échecs, les obus basculent au cours de leur trajectoire. Le tube est réalésé à de diamètre et des obus à fausse ogive sont mis au point. Au cours des tirs en 1927, les portées atteignent puis en .
Des problèmes de surpressions provoquèrent la réforme de ce matériel en 1931. Par ailleurs, cette pièce d'artillerie était trop haute pour circuler sur le réseau ferré, ce qui rendait nécessaire de longs travaux de montage et démontage peu compatibles avec le service de guerre.
Matériel TLP de 340/224 de 150 calibres
La firme Schneider propose en 1919 un canon de , retubé à , allongé à et s'élevant à 50°. Le canon de de diamètre est long de et prolongé par un tube lisse de . Un système de soutien formé de colliers et de haubans évite à la pièce de se courber. L'ensemble s'approche des techniques développées pour le Pariser Kanonen. Par ailleurs, le matériel est conçu pour limiter sa hauteur et les travaux de montage et démontage nécessaires pour se déplacer sur les voies de chemin de fer. Le tube de de long est en deux parties pour le transport.
Les essais de tirs de ce canon nommé « canon de 340 224 de à rallonge lisse, monté sur affût- truck Schneider n° - avec affût oscillant et berceau » ou simplement 340/224TLP débutent le et se succèdent jusqu'au . Les portées augmentent de 107 à , avec des types d'obus différents.
Le tir d'un obus de modèle 1929, de , à une vitesse initiale de à une distance de le est le record absolu de portée obtenue par un matériel d'artillerie français...
Le tube est usé à la suite de , ce qui ne permet pas d'envisager son emploi de guerre lors de la Seconde Guerre mondiale.
Utilisation et développements
Les différents prototypes effectuèrent plusieurs dizaines de tirs d'essais à Saint-Pierre-Quiberon, souvent accompagnés de problèmes de surpression ou d'une usure rapide des tubes. Cette absence de fiabilité des pièces d'artillerie en limitait l'emploi comme matériel de guerre.
À la déclaration de guerre en , la production d'une vingtaine de pièces à très longue portée fut considérée ainsi que la remise en service du matériel de 150 calibres, doté d'un nouveau tube de . La défaite militaire de fit avorter ces projets.
Notes et références
Pièces à longue (LP) et très longue portée (TLP)
Voir aussi
Grosse Bertha 38 cm SK L/45 Dora (canon) Canon de 240 Modèle 1884 Canon Type 90 240 mm Artillerie lourde sur voie ferrée Artillerie lourde à grande puissance
Liens externes Les canons de l'apocalypse
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