thumb|upright=1.4|alt=Carte des départements français.|Localisation du gisement sur la carte des bassins houillers français.

Les Houillères d'Épinac sont des mines de charbon situées sur la commune d'Épinac et ses environs dans le département de Saône-et-Loire et la région de Bourgogne-Franche-Comté. Ces mines seront exploitées dès le milieu du sur une surface de .

Au total, seront creusés dans ce bassin minier, mais seulement une dizaine assurèrent l'extraction du charbon..

Des vestiges de ces industries (entrées de mines, terrils, voies ferrées, ruines, cité ouvrière, bâtiments reconvertis) subsistent au début du . Le territoire reste marqué économiquement, socialement, paysagèrement, écologiquement et culturellement.

Situation

vignette|gauche|redresse=1.4|Étendue du bassin houiller dans le département de Saône-et-Loire.

Le gisement est situé dans la commune même d'Épinac et ses environs, dans le nord du département de Saône-et-Loire, en région de Bourgogne-Franche-Comté, dans le Grand Est français..

Le bassin d'Épinac est directement voisin du bassin de schiste bitumineux d'Autun, les deux gisements se superposent et sont même exploités ensembles à Sully et Saint-Léger-du-Bois..

Géologie

La houille, le grès et le schiste houiller s'est formé en Stéphanien (entre , Carbonifère inférieur), recouvert par le Permien dont fait partie le schiste bitumineux d'Autun. Les couches sont inclinées suivant une orientation nord-est – sud-ouest.

Histoire Les débuts modestes Découvert au milieu du XVIIIe siècle, le gisement d’Épinac est reconnu par un « sondeur », François Rozan, qui commence son exploitation à Résille, près d’Épinac, après autorisation donnée par l’intendant de Bourgogne en 1754. Cependant, le comte de Clermont-Tonnerre, seigneur d’Épinac, fait reconnaître ses droits sur le gisement par arrêt du Conseil, le , dépossédant ainsi Rozan. Il fait alors appel à l’ingénieur des mines Mathieu qui fait construire des fours à chaux et à brique pour consommer le charbon extrait de la mine, ainsi qu’une verrerie dont la production sert à l’embouteillage des vins de la région. Mais l’affaire est mal conduite et est donnée à bail aux frères Mozer pour dix ans. Plusieurs fermiers ou directeurs de l'exploitation sont nommés pour rendre l'affaire rentable (Claudon, Schmidt, Jandart).

L'activité minière débute en 1774, dans le puits de l’Ouche. Le charbon était porté par les mineurs dans des paniers à la lumière de chandelles et de lampes à huile. Puis, des brouettes furent utilisées. La concession sera accordée en 1805..

Le comte de Clermont-Tonnerre ayant été dépossédé à son tour lors de la Révolution, la concession est attribuée pour 50 ans aux frères Mozer par décret le 25 thermidor an XIII ()2. La concession est devenue perpétuelle en vertu de la loi de 18103. Faute de ressources suffisantes, ils cèdent l’exploitation à Jacques-Nazaire Piotet, ancien maître chirurgien devenu officier de santé. Entre 1822 et 1825, l’exploitation est suspendue.

En 1826, Piotet revend à la société « Samuel Blum et fils » la concession et dépendances, la verrerie et ses dépendances ainsi que les biens meubles du château. Le est créée la « Société en commandite pour l’exploitation de la houillère d’Épinac autrement dite de Résille commune d’Épinac ». C'est le véritable démarrage de l'extraction industrielle des houillères d'Epinac, qui ne fermeront qu'en 1934..

Le développement La commune d'Épinac (parfois appelée Épinac-les-Mines) est associée à l'histoire d'un des premiers chemins de fer de France. Celui-ci est concédé en 1830 à l'initiative du propriétaire des mines d’Épinac, Samuel Blum, qui prend la suite de Jacques-Nazaire Piotet.

En 1826, les biens du comte (qui a émigré) sont vendus et acquis par Samuel Blum, maître de forges à Dijon. La « S.A. Houillères et du chemin de fer d’Épinac », est créée en 1850.

C'est en 1829 que fut créée à cet effet la Compagnie des houillères et du chemin de fer d’Épinac qui possédait quatre concessions pour un total de . Elle en restera propriétaire jusqu'à la nationalisation en 1946. : Moloy, Sully, Pauvray, Épinac.

De 1829 à 1933, soixante-dix puits seront creusés dans le bassin minier, mais une dizaine seulement extrairont le charbon.

Un chemin de fer est mis en service en 1836 pour le transport du charbon, en direction de Pont-d'Ouche afin d'être acheminé par le canal de Bourgogne.

Lors de l’arrivée de Charles Destival au poste de directeur en 1899, les houillères entrent dans une période de prospérité. Alors que la production s'élevait de en 1838, avec 150 ouvriers, elle atteindra en 1913, avec . En 1905, l’Académie des sciences morales et politiques décerne le prix AudéoudPrix Jules Audéoud à la compagnie d’Épinac pour avoir institué en 1902, la participation aux bénéfices.

En 1920, l’activité s’intensifie et le puits Saint-Charles est creusé. En 1928, la production atteint de charbon.

La crise et le déclin À partir de 1929, l’extraction du charbon devient de plus en plus difficile et la crise touche toute la production charbonnière.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la pénurie de carburants pousse le gouvernement d’alors à adopter une politique de développement de la production nationale. La Société des Schistes Bitumineux d’Autun bénéficia de l’appui de l’État et, pour pousser sa production au maximum, elle dut acquérir des droits à l’utilisation d’une mine de charbon. Dans le bassin d’Épinac, seule la mine du Moloy présentait des ressources suffisantes pour une nouvelle exploitation. Un décret du scinde la concession de Sully en deux : la partie Nord, limitrophe de la concession du Moloy, prend le nom de Saint-Léger du Bois et la partie Sud prend le nom de Veuvrottes. Les concessions de Saint-Léger du Bois et de Moloy sont cédées à la Société Minière des Schistes Bitumineux d’Autun qui a de grands besoins en combustible.

Le décret du , créant les Houillères du bassin de Blanzy, prévoit le transfert à celles-ci des biens de la société des Houillères et du chemin de fer d'Épinac.

Les puits ferment les uns après les autres. Le siège de Pauvray ferme le . La mine, non nationalisée, du Moloy ferme en 1950 et le dernier siège des Houillères d’Épinac, celui de Veuvrottes (commune de Sully), est définitivement arrêté le .

Puits d'Épinac Puits de la Garenne thumb|Le puits de la Garenne.

Le puits de la Garenne est foncé à partir de 1837, il assurera l'extraction jusqu’en 1942. vers 1880, le puits est approfondi à pour créer un quatrième étage d'exploitation. En surface, l'ancienne machine à vapeur de est remplacée par une nouvelle machine à deux cylindres verticaux de de puissance munie de sept chaudières.

Vers 1910, un incendie détruit le chevalement en bois qui est remplacé par un chevalement métallique plus haut..

Puits Saint-Charles thumb|Le puits Saint-Charles.

Le puits Saint-Charles est creusé en 1920 jusqu'à de profondeur. Il porte le nom du directeur, monsieur Destival.

Le chevalement du puits Saint-Charles a été remonté sur le terrain du musée de la mine de Blanzy. Il reste deux bâtiments bien conservés et utilisés par une entreprise..

Puits Fontaine-Bonnard thumb|Le puits Fontaine-Bonnard.

Le puits mesurait de profondeur, il fut exploité de 1826 à 1928..

Puits du Curier thumb|Le puits Curier.

Le puits du Currier est creusé en 1826 pour atteindre de profondeur. Outre l'extraction, le puits assurera également l'aérage et le service de la mine. La fosse fermera en 1942, les bâtiments subsistent toujours.

Puits Champ-Pialay vignette|Le puits Champ-Pialay.

Le puits mesurait de profondeur, il sera en activité de 1891 à 1928.

Puits Sainte-Barbe thumb|Le puits Sainte-Barbe.

Le puits Sainte-Barbe est creusé en 1832 pour atteindre la profondeur de . Il fermera ses portes un siècle plus tard, en 1932..

Dans les années 1880, le puits Sainte-Barbe devient le puits d'exhaure générale du bassin, il reçoit une nouvelle machine à vapeur identique à celle du puits de la Garenne.

Puits Hagerman thumb|Le puits Hagerman.

Le puits Hagerman est foncé en 1836 jusqu’à de profondeur. Il sera démoli après sa fermeture..

Puits Michenaux thumb|Le puits Michenaux.

Le puits mesure de profondeur, il exploitera la houille de 1837 à 1928.

Puits Lestiboudois thumb|Le puits Lestiboudois.

. Le puits est foncé au pied du château d'Épinac. Il rencontre le prolongement des couches exploitées par les puits Haggerman, de la Garenne et Micheneau à de profondeur.

Puits Hottinguer thumb|Le puits Hottinguer.

Les bâtiments du puits sont construits entre 1872 et 1876, ils abritaient un mode d’extraction par un système atmosphérique révolutionnaire : un piston se déplaçant dans un tube de de hauteur, usiné au Creusot (technique originale de l’ingénieur Zulma Blanchet) et non par câbles traditionnels qui ne permettaient pas à cette époque de descendre aussi bas (plus de 600 mètres). Après sa fermeture en 1936, il est reconverti en usine de peinture avant de se retrouver à l’abandon à la fin du à la suite d'un incendie.. Il est inscrit comme monument historique le .. La tour Malakoff et ses ailes sont en rénovation depuis fin 2012. La construction d'une centrale photovoltaïque à proximité des anciens bâtiments est prévue pour 2016..

Puits de l’Ouche L'activité du puits débute en 1774.

Puits du Château

Puits les Thibaudais

Autres puits Puits des Barbottes

Puits du Bois

Puits de Ressille thumb|Le puits de Ressille.

Puits Souachère

Un puits d'aérage.

Puits Caulet

Puits Daquin

Puits de la Forge

Puits des Fourneaux vignette|upright|Le chevalement du puits des Fourneaux.

Le puits des Fourneaux est creusé jusqu’à de profondeur par la Société des Houillères du Grand Moloy sur la commune de Saint-Léger-du-Bois. Il entre en exploitation en 1928 puis est racheté par la Société des Houillères et Chemins de fer d'Épinac. La Société Minière des Schistes Bitumeux (SMSB) rachète la mine en 1943 pour alimenter son usine de distillation d'huile de schiste avant de fermer le puits en 1950..

Puits François-Mathieu Le puits coupe la houille à de profondeur dans une zone alors inexploitée du bassin, sans perturbations géologiques.

Puits de Marvelay

Puits du Pré

Puits Caullet Le puits coupe la couche de houille à de profondeur dans une zone restée inexplorée du bassin minier, sans perturbations géologiques.

Puits Mallet .

Le puits se situe sur la commune d’Épinac, à la lisière méridionale du bassin vers le ruisseau de la Drée.. Profond de , il rencontrera la première couche de houille à de profondeur.

Descenderie Saïd

Descenderie Bathiard (site de Veuvrottes) La descenderie Bathiard, située au hameau de Veuvrottes, est le dernier siège d'extraction en activité dans le bassin minier d'Épinac ; il ferme le ..

Mémoire de la mine

Un musée de la mine est consacré aux houillères mais aussi au chemin de fer d'Épinac et à la verrerie.. Installé sous la mairie, il doit déménager dans l'ancienne gare en 2019..

Les visites guidées de la commune () permettent de découvrir le puits Hottinguer, la cité de la garenne avec la chapelle et une maison du mineur reconstituée. Enfin, le () permet de faire le tour des dix principaux puits de mine du bassin minier..

Notes et références

Références aux fiches du BRGM Le BRGM est l'organisme public français référent dans le domaine des sciences de la Terre pour la gestion des ressources et des risques du sol et du sous-sol.

Voir aussi

Articles connexes Chemin de fer d'Épinac Épinac Puits Hottinguer Mines de charbon de France Liste des bassins houillers français

Liens externes

Bibliographie

Épinac