La Providence était une usine sidérurgique installée à Réhon, dans le département de Meurthe-et-Moselle, en France. Elle se situait dans la vallée de la Chiers, rivière traversant une partie du bassin de Longwy et était l'un des maillons de l'industrie métallurgique et sidérurgique de la région.
Elle était l'un des trois sites du groupe belge Forges de la Providence.
Mise en route en 1866, elle est restée en activité jusqu'au , sa fermeture s'inscrivant dans le cadre de la crise de la sidérurgie dans le bassin lorrain.
Histoire
Durée de vie des de La ProvidenceSeuls les arrêts identifiés et de plus de 1 an ont été représentés
thumb|right|L'usine vue depuis le cimetière de Réhon en 1978.
thumb|right|Ouvriers de la Providence manœuvrant le bouchon d'argile d'un haut fourneau en 1978.
L'activité sidérurgique à Réhon, et l'origine de l'usine de la Providence, date de 1831, quand achète à Marchienne-au-Pont un terrain de au lieu-dit La Providence. Il y construit une usine sidérurgique qui démarre en 1832. Le est fondée la Société des Laminoirs, Forges, Fonderies et Usines de la Providence, qui intègre la jeune usine. Les fondateurs choisissent le nom de Providence et adoptent pour emblème l’œil au centre d’un triangle rayonnant.
En 1846 la Société des Laminoirs, Forges, Fonderies et Usines de la Providence devient la Société Anonyme des Laminoirs, Forges, Fonderies et Usines de la Providence. En 1864, le conseil d'administration émet un emprunt de de francs belges pour financer la construction de deux hauts fourneaux et, Ceux-ci sont mis à feu en 1866 et 1867, et produisent exclusivement des fontes de moulage en gueuses.
L'usine sécurise ses approvisionnements en minette lorraine en achetant, en 1881, la concession minière de Lamadelaine, puis, en 1882, les concessions de Niederkorn et Rumelange.
En 1911, l'aciérie Thomas est mise en route.
En 1914, l'usine produit de fonte. Mais entre 1914 et 1919, soit pendant , l'usine est totalement arrêtée à cause de la Première Guerre mondiale.
En 1930 une cité ouvrière voit le jour, la cité d'Heumont. Sa création a pour but de satisfaire la demande de logement importante des ouvriers travaillant à la Providence.
En 1955, les cinq hauts fourneaux ont une capacité de production de l'ordre de de fonte par an. Trois hauts fourneaux sont remis en service après modernisation en 1961 (HF4, 5 et 7), alors que le HF2 est définitivement éteint. Le HF7 connait une réfection complète en 1977 ; en 1979, la batterie se compose de quatre hauts fourneaux.
En 1966, l’usine de Réhon est spécialisée dans le en acier destiné à la fabrication des tubes (l’usine de Hautmont, dans le bassin de la Sambre, est spécialisée dans les produits longs en aciers spéciaux). Elle . Ainsi, le , les Forges de la Providence fusionnent avec la Société Cokcerill-Ougrée. La nouvelle entreprise prend le nom de Société Cockerill-Ougrée-Providence. En 1970, elle devient, à la suite d'une autre fusion, la Société Cockerill-Ougrée-Providence et Espérance-Longdoz.
Le , l'usine de Réhon est achetée par le groupe français Usinor. Elle prend alors le nom d'Usinor-Longwy-Réhon. La société des Forges de la Providence, spécialisée dans les produits longs, fait partie de la nouvelle entité dédiée à cette production et est intégrée au complexe de production de produits longs de Longwy, mais dont l'usine sidérurgique de Gandrange-Rombas en est le cœur.
Usinor restructure fortement le site. En 1980, deux nouveaux convertisseurs à l'oxygène, de chacun, sont mis en service afin de succéder à un convertisseur de et un four électrique de , qui ferment en 1981. Les hauts fourneaux 3 et 4 sont définitivement arrêtés, mais l'aciérie, modernisée, est conservée. En 1981, il y reste une chaîne d'agglomération, le haut fourneau 7, l'aciérie à l'oxygène OLP avec trois convertisseurs d'une capacité de production de , un four à arc électrique, un blooming traitant environ d’acier par an et un train à feuillard. En , est démarrée la métallurgie en poche, d'une capacité de . Cette dernière est donc nettement sous-dimensionnée vis-à-vis de la capacité de l'aciérie, mais permet la fabrication d'aciers de qualité. Cette année-là, les effectifs de l'usine passent de .
Le , l'usine est un des pôles de l'entité Unimétal qui regroupe les sites d'Usinor et de Sacilor spécialisés dans les produits longs. Le , le train à feuillard ferme. Le , elle devient un site satellite de l'usine de Gandrange.
Le , les convertisseurs LWS soufflent la dernière coulée de l'aciérie. C'est alors la dernière usine sidérurgique en fonctionnement dans le bassin de Longwy.
Le site de l'usine abrite aujourd'hui un parc.
Taille de l'usine et production
Au , un siècle après sa création, et dans l'une de ses plus fortes périodes d'activité, l'effectif de l'usine est de , répartis en , de maîtrise, , et , de même que .
Au cours de l'année 1966, la Providence Réhon produit de fonte, d'acier, de rails et de feuillards, des bobines d'acier de faibles largeurs, qui sont une spécialité de l'usine.
Raisons sociales
+ Les Forges de la Providence, puis l'usine de la Providence Réhon au fil du temps1838Société des Laminoirs, Forges, Fonderies et Usines de la Providence1846Société Anonyme des Laminoirs, Hauts-Fourneaux, Forges, Fonderies et Usines de la Providence1966Société Cockerill Ougrée Providence1970Société Cockerill Ougrée Providence et Espérance-Longdoz « Cockerill »1979Usinor Longwy-Réhon1984Unimétal (Société française des aciers longs), Unimétal-Longwy1986Unimétal Longwy-Gandrange
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Réhon Gare de Réhon Forges de la Providence Usinor Crise de la sidérurgie dans le bassin lorrain
Liens externes Photographies de l'usine Photographie d'un haut fourneau Archives audiovisuelles (INA) concernant l'usine et les manifestations dans les années 1980
Catégorie:Usine sidérurgique en France