Cet article traite des romans, nouvelles et quelques parodies non officiels de la série James Bond n'ayant pas été approuvés par Ian Fleming Publications (Glidrose). Certains d'entre eux ont tout de même été publiés sans les droits, d'autres refusés, ou encore n'ont jamais vu le jour.

Pour les romans officiels de James Bond mais « indépendants » :

Romans Per Fine Ounce

Per Fine Ounce était le titre d'un roman inédit écrit par Geoffrey Jenkins qui devait mettre en scène James Bond. Il fut achevé en 1966 et est considéré comme perdu par les fans, car bien qu'il ait été commandé par Glidrose (Ian Fleming Publications), l'éditeur officiel des James Bond, il a été rejeté à la publication, manquant ainsi l'occasion de devenir le premier roman post-Fleming. 003½: Les Aventures de James Bond Junior, un roman écrit sous le pseudonyme RD Mascott, a été publié plus tard en 1967, mettant en scène le neveu de James Bond, et Colonel Sun écrit par Kingsley Amis a été publié en 1968, poursuivant les aventures adultes de l'agent britannique.

Après avoir remporté la Lord Kemsley Commonwealth Journalistic Scholarship en 1947, Geoffrey Jenkins s'est rendu à Londres en tant que sous-rédacteur en chef invité ; il a travaillé pour le Sunday Times et d’autres journaux du groupe Kemsley, où il a rencontrè Ian Fleming. Les deux hommes sont devenus amis et ont gardé le contact. Après la mort de Fleming en 1964, l’écrivain britannique John Pearson se met à écrire une biographie sur le créateur de James Bond. Lors de ses recherches, il écrit à Geoffrey Jenkins en 1965. Dans sa réponse, Jenkins lui révèle avoir pensé, dans les années 50, à un roman de James Bond se déroulant en Afrique du Sud et qu’il en avait même écrit un synopsis que Fleming avait beaucoup aimé. Jenkins précise également qu'il avait longuement discuté du synopsis avec Fleming et que celui-ci y avait apporté quelques modifications. Fleming avait dit qu'il viendrait faire des recherches en Afrique du Sud, mais il est mort avant. Pearson a été bien entendu très excité par cette révélation, et plus encore quand il a trouvé une partie du Bond de Jenkins dans les documents de Fleming.

Dans le même temps, Glidrose envisage l'idée de demander à d'autres auteurs de continuer les aventures de James Bond en roman. En , Geoffrey Jenkins rencontre Harry Saltzman, coproducteur des films de James Bond entre 1962 et 1974, et Charles Tyrell de Glidrose pour discuter de la possibilité de faire de son synopsis sud-africain le premier roman de « continuation ». Les négociations ont été longues, mais Jenkins a officiellement eu la permission d'écrire le livre le . Un contrat, établi le , déclarait que Jenkins aurait droit à une part des profits dans n'importe quel film réalisé à partir du roman (mais pas sur de quelconques produits dérivés).

Peu de gens ont connu le synopsis de Per Fine Ounce. Andy Lane et Paul Simpson indiquent qu'il était basé sur l’histoire sur laquelle Jenkins avait travaillé avec Fleming, qu’elle se déroulait en Afrique du Sud, traitait de trafiquants de diamants et avait quelques ressemblances avec les deux romans de Fleming, Les diamants sont éternels et Les contrebandiers du diamant. Toutefois, dans une interview au magazine Kiss Kiss Bang Bang publiée en 2005, Peter Janson-Smith, l'ancien président de Glidrose, a affirmé qu'il croyait que l'histoire était plutôt basée sur l'or, ce qui donnait plus de sens au titre. Dans les échanges épistolaires entre Pearson et Jenkins, il est fait mention de chaînes de bicyclette en or, de cercueils de baobab et du lac Fundudzi ; Jenkins a sans doute utilisé une partie ou la totalité de ces éléments dans le livre lui-même. Quatre pages du brouillon du manuscrit découvertes en 2005 nous apprennent que la section Double-0 a été fermée et que James Bond défie M sur une question de principe, démissionnant du MI6 et poursuivant seul sa mission en Afrique du Sud ; il est également question de bouteilles de gaz et d’avions transportant de l’or.

En dépit du fait que Jenkins était l’écrivain de quatre best-sellers à suspens dans le style de Fleming, que l’histoire paraissait prometteuse, et qu’il était un ami et collègue de Fleming qui avait lui-même donné sa bénédiction au projet, Glidrose a finalement rejeté le manuscrit que Jenkins lui avait soumis. Peter Janson-Smith a raconté plus tard qu'il pensait que "Per Fine Ounce" était extraordinairement mal écrit, bien qu'il ait admis que Glidrose était peut-être « plus strict qu’aujourd’hui ». Le problème du choix de l’éditeur pour "Per Fine Ounce" a peut-être également joué un rôle dans ce refus.

Une rumeur dit qu'il existerait une copie du manuscrit dans les archives de Ian Fleming Publications. Cependant, Peter Janson-Smith a déclaré qu'il ne croyait pas que Ian Fleming Publications détienne toujours une copie et qu'il était plus probable que le manuscrit ait été renvoyé pour des raisons juridiques (afin d'éviter d'éventuelles poursuites pour plagiat si un livre avec une intrigue similaire était publié). Le contrat de Jenkins avec Glidrose lui permettait de réutiliser le matériel du roman en cas de rejet, avec la condition qu'il ne pouvait pas utiliser les personnages de Fleming. Jenkins l'a peut-être fait, notamment dans son roman A Cleft Of Stars (1973) qui se déroule dans presque exactement la même zone de l'Afrique du Sud, implique des diamants et de l'or et dont un héros se cache temporairement dans un baobab, même s'il ne mentionne pas d'agents des services secrets britanniques. Il fut aussi largement spéculé qu’Harry Saltzman aurait acheté une scène du roman Opération Petite ourse (Hunter-Killer) de Jenkins pour l’inclure dans le film On ne vit que deux fois, comme modique compensation pour le rejet de "Per Fine Ounce".

En 2005, Titan Books a publié une réimpression d'une bande dessinée basée sur Colonel Sun. Dans l'introduction, il est précisé qu'Amis au milieu des années 1970 avait fait pression chez Eon Productions (producteurs de la franchise James Bond) pour produire un film basé sur son livre. Il semblerait qu'il a été dit que Harry Saltzman avait interdit n'importe quel film qui serait basé sur "Colonel Sun" du fait que Glidrose avait refusé de publier "Per Fine Ounce".

En 2010, deux pages du manuscrit perdu de Jenkins ont été dévoilées en exclusivité sur le site mi6-hq. Il s’agit de deux des quatre pages découvertes en 2005, dont l'extrait révèle un briefing entre 007 et M. Le fils de Jenkins, David, possède 18 pages de l’histoire originale, et ce qu’il est advenu des quelque 300 autres pages reste encore un mystère à ce jour…

En , un roman écrit par Peter Vollmer intitulé Per Fine Ounce a été publié. Il est précisé dans la préface du roman que celui-ci s'inspire des pages retrouvées du James Bond perdu de Jenkins, tout en changeant le nom des personnages. La publication de ce roman a été approuvée par David Jenkins et Jenkins Estate.

Take Over Ian Fleming est mort le . Six ans plus tard, en , employé de banque à la retraite que le frère de Ian Fleming, Peter, décrira comme un certain « Mr. A. », lui écrit une lettre disant qu’il a quelques des nouvelles au sujet du défunt Ian. Peter Fleming accepte avec réticence de le rencontrer et un rendez-vous est pris pour le dimanche suivant.

Mr. A. se rend au rendez-vous avec sa fille, Vera, et un manuscrit de mots intitulé : Take Over: A James Bond Thriller. L’explication qui est donnée quant à l’origine de ce manuscrit est la suivante : l’épouse de Mr. A. est morte en 1967. En , alors que sa fille Vera se remettait d’une maladie, elle regardait une photo de sa mère sur un piano et souhaitait pouvoir lui parler à nouveau. Avec un stylo dans la main Vera s’est retrouvée en train d’écrire, avec difficulté, sur le papier devant elle : « Je t’aime Vera ».

D’autres « communications extrasensorielles » ont suivi, Mme A. s’est mise transmettre de nouvelles œuvres de fiction d’auteurs décédés qui étaient désireux de poursuivre l’écriture dans l’au-delà et de prouver aux gens sur Terre que la vie continue après la mort. Dans ce consortium spirituel, il était question d’Arthur Conan Doyle, H. G. Wells, Edgar Wallace, Ruby M. Ayres, William Somerset Maugham, Bernard Shaw, et Ian Fleming.

Peter a accepté de lire le manuscrit. L’intrigue impliquait un gaz toxique qui permettrait à ses utilisateurs de dominer le monde et des éléments traditionnels pour un roman de James Bond : Miss Moneypenny, M et Universal Exports. Au fur et à mesure qu’il lisait Take Over, Peter Fleming est devenu de plus en plus sceptique, il ne pouvait pas reconnaître le style de son frère et Vera, qui était censé être en communication avec Ian, ne pouvait pas répondre correctement à toutes les questions que Peter lui posait pour vérifier sa bonne foi.

Bien que Peter pensait probablement que Ian n’était impliqué en aucune manière dans ce qu’il venait de voir et lire, il a toutefois trouvé la transcription des messages par Vera fascinante. En , peu après sa première rencontre avec Peter, Vera commence à écrire une anthologie de mots intitulée Tales of Mystery and Imagination contenant apparemment cinq histoires d’Edgar Wallace, deux de Ian Fleming, deux d’H. G. Wells, une d’Arthur Conan Doyle et une autre de W. Somerset Maugham. Peter Fleming a lu ce manuscrit et a rejeté ces histoires en les qualifiant de fadaises. Le même mois, après avoir demandé la permission de Peter, Mr. A. a soumis Take Over à Jonathan Cape (qui éditait les romans de Bond), qui sans surprise l’a rejeté.

Peter Fleming est mort d’une crise cardiaque en , il avait écrit au printemps de la même année un article intitulé : Take Over: the strange affair of the James Bond novel Ian Fleming « wrote » six years after his death, qu’il a présenté au Sunday Times et qui fut publié dans le numéro du du journal. À ce jour, Take Over n'a jamais été publié.

L'Incroyable Secret

The Killing Zone The Killing Zone est un roman de James Hatfield publié à faible tirage sous forme de livre de poche en 1985, l'année où John Gardner n'avait pas sorti de roman de James Bond. L’intérieur de la couverture comporte la mention Copyright 1985 by Glidrose Publications Limited and Jim Hatfield bien que Gildrose (Ian Fleming Publications) n'avait rien à voir avec la publication et selon toute vraisemblance, n'était pas au courant de son existence, lui conférant le statut de roman officieux. Seuls deux exemplaires sont connus ; cependant, le texte est désormais disponible en version originale, espagnole et française sur internet.

Résumé

Devant le consulat Britannique de Puerto Vallarta, au Mexique, Bill Tanner est accosté par un agent de police qui se révèle être agressif et le maîtrise. Quand il se réveille, il se retrouve dans la limousine de Klaus Doberman, son homme de main, Fuji Chen l'exécute.

L'avion de M atterrit aux îles Vierges, où James Bond a pris sa retraite à St. Thomas après avoir démissionné du service lorsque la section double-zéro ait été plus ou moins supprimée en partie à cause de coupes budgétaires. Pendant leurs retrouvailles M parle à Bond du meurtre de Bill Tanner ainsi que d'autres agents avant de lui tend un dossier sur Doberman. Celui-ci s'avère être un très gros trafiquant de drogue, borgne et homosexuel. Fils d'un ancien SS, il s'est exilé en Colombie puis au Mexique lorsqu'il a fait assassiner le ministre de la justice Colombien. M demande à 007 de retrouver Doberman et de le tuer, après hésitation, Bond accepte finalement sa nouvelle mission.

Doberman est sur son yacht, le Buenaventura, et s'apprête à recevoir les membres de son cartel pour la réunion qu'il a prévue. Celle-ci commence par un bilan financier du cartel, puis l'exécution de l'un de ses membres pour la perte d'un entrepôt (mort par barracudas), et se solde par l'évocation de l'arrivée de James Bond selon les sources de Doberman. Il ne s'en inquiète pas et explique qu'il a déjà prévu un piège en conséquence.