Sauveterre-de-Rouergue est une commune française située dans le département de l'Aveyron en région Occitanie.

La commune est labellisée parmi Les Plus Beaux Villages de France.

Le patrimoine architectural de la commune comprend un immeuble protégé au titre des monuments historiques : l'église Saint-Christophe, inscrite en 1999.

Géographie Localisation Ancienne bastide royale située à de Rodez sur le tracé de la Méridienne Verte qui passe à quelques centaines de mètres du bourg (la commune a été associée à cette opération de l’an 2000), Sauveterre-de-Rouergue se situe sur les derniers contreforts du Massif central, à 466 mètres d’altitude. Le bourg est bâti sur le plateau du Ségala, largement entaillé par un réseau hydrographique dense (le pays des cent vallées).

Communes limitrophes

Géologie Sauveterre a été édifié sur le plateau du Ségala, rebord sud-ouest du Massif Central dont il laisse à découvert une des parties les plus anciennes. Il comporte une grande variété de roches métamorphiques, dérivées de produits volcaniques ou de sédiments formés de matériaux provenant de leur altération, transportés ou redéposés lors de longues périodes de temps, bien antérieures à 500 millions d'années et jusqu’à 400 millions d'annéesLe Ségala, le pays entourant Sauveterre de Rouergue. Ce socle, ultime marche au sud-ouest du Massif central, forme un vaste quadrilatère, entaillé par les cours d'eau. L’Aveyron, le Viaur, le Céor et leurs affluents ont dégagé des promontoires occupés dès le bas Moyen Âge par des ouvrages défensifs (Castelmary, Castelnau-Peyralès, Roumégous..). Leurs vallées encaissées compartimentent le pays et rendent les communications difficiles. Ce relief raviné a guidé le tracé des axes majeurs, ponctués de "baraques" (gites-étapes), sur les lignes de crête.

Pays de terroirs stériles et froids, sa mise en valeur par l'homme a été généralement tardive, sauf le long des grandes voies de communication qui le traversaient : les néolithiques n'y ont colonisé que des sites exceptionnels, les Celtes et les Gallo-romains ne l'ont que peu occupé et ce n'est qu'à partir de l'installation des grands ordres religieux, au bas Moyen Âge, que leur mise en valeur débuta réellement (abbaye de Bonnecombe, et son domaine de Bonnefon-Naucelle, etc.).

Le sous-sol siliceux maintenant l'eau en surface, les résurgences (sources) sont éparpillées et conduisent à un habitat dispersé. Les pentes accentuées et rocheuses, ainsi que les portions plates lessivées par les précipitations, ne pouvaient convenir qu'à la lande à fougère et à genêts (les châtaigneraies, très anciennement introduites par l'homme, se sont accommodées de ce sol ingrat). Dans la partie sud et la partie centrale du plateau du Ségala, où se situe Sauveterre, dominent le gneiss et le micaschiste. Ils sont visibles dans les constructions traditionnelles. Les toits de lauzes schisteuses et les murs de pierres sont grossièrement taillés dans ces roches se désagrégeant trop facilement.

Le sol, peu profond, est acide ; pendant des siècles il n'a autorisé, entre landes et châtaigneraies, que de faibles rendements pour des cultures pauvres : longtemps le seigle (d'où le toponyme Ségala), puis à partir du la pomme de terre. L'arrivée du chemin de fer a permis le chaulage intensif des terres : cet apport calcaire est à l'origine du « miracle agricole » qu'a connu le Ségala au , consacré par l'abandon du seigle au profit du blé et des cultures fourragères, et la disparition des maigres landes pâturées par de grasses prairies d'embouche. Ces dernières profitent désormais d'amendements d'origine animale (fumier) se multipliant avec l'augmentation du cheptel, contribuant à l'empoisonnement des eaux de surface (avec l'aide des fertilisants chimiques et des pesticides). De plus en plus spécialisé, le Ségala est une des premières régions françaises d'élevage bovinLa Ségala, présentation du territoire.

Les gisements métallifères, indispensables pour la fabrication d'outillage, sont rares dans la partie centrale de la région. La coutellerie de Sauveterre ne correspond donc pas à l'exploitation de ressources de son territoire, si ce n'est l'énergie hydraulique employée pour faire fonctionner les tournals et le charbon de bois produit sur place, ces ressources étant très répandues par ailleurs. Ces ateliers de couteliers utilisaient le fer en provenance de Lacaune, de Combret ou de Roquecézière échangé sur le marché de Réquista, et le charbon de terre de Carmaux. Sans fondement local particulier, cette activité ne pouvait qu'être victime de la géologie (pas de minerai) et de sa géomorphologie (communications difficiles), dès la fin du , bien avant la révolution industrielle du Sauveterre-de-Rouergue.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat océanique altéré et le climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Sud-est du Massif Central, caractérisée par une pluviométrie annuelle de à , minimale en été, maximale en automne. Elle est en outre dans la zone H2c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Tanus à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Sauveterre-de-Rouergue est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Rodez, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Toponymie

Histoire Moyen Âge

Sauveterre est fondé par Guillaume de Mâcon, sénéchal de Rouergue, représentant du roi Philippe le Hardi. Sur le modèle des bastides, l'objectif est d'en faire un centre administratif, juridique, artisanal et commercial, et une représentation du pouvoir royal sur la région. En 1280, Philippe le Hardi, par un traité de paréage, avait affirmé ses droits de suzeraineté en partage avec l’abbé de Bonnecombe sur les terres de l’abbaye. Ce traité mentionnait la fondation de la bastide de Sauveterre : l’abbé et les seigneurs voisins (abbaye de Bonnecombe, seigneur de Castelnau…) s’engagent à favoriser la création de la bastide. Ceux-ci mettent beaucoup de mauvaise volonté à aider la nouvelle fondation, à laquelle ils doivent fournir colons, terre et matériaux. Et leurs successeurs savent s'organiser pour que la ville nouvelle ne puisse étendre ses prérogatives sur les environs.

La ville est implantée sur les terres de l’ancien château de Luzeffre, cédées par le seigneur de Villelongue. Sur ce terroir qui restera trop réduit, l’activité économique de la ville devra s’orienter vers la production artisanale et les échanges commerciaux pour assurer la subsistance de ses habitants. C'est le sénéchal Pierre Bochi qui, dès 1281, assure la continuité du recrutement des familles, ainsi que le rythme soutenu de réalisation des travaux. En une quarantaine d’années, la ville atteint son extension maximale, en superficie et en population. Chaque pionnier reçoit un terrain à bâtir dans la ville, un petit jardin et une terre à l’extérieur. Un marché est mis en place, quatre consuls (un par quartier) administrent la ville. Une église est édifiée où officieront jusqu'à trente prêtres. Sauveterre obtient sa charte de franchises en 1284, qui insiste particulièrement sur les foires et les marchés. Parmi les droits octroyés figure l'exemption du droit de leude perçu sur les marchés, à condition que ces derniers se tiennent sur la place. En 1301, par autorité royale, la ville devient le siège d’une baylie, qui s’étend des rives du Viaur à celles de l’Aveyron, regroupant 21 paroisses. En 1319, la construction des tours et murailles autour de la cité est achevée, les fossés sont creusés. Durant la guerre de Cent Ans, la place-forte est cédée en 1362 aux Anglais, qui l’occupent jusqu’au rachat du départ de la garnison britannique en 1369. De 1375 à 1378, puis en 1386, les États du Rouergue se tiennent à l’abri des murs de Sauveterre, en lieu et place de Villefranche.

La longue période de paix qui suit correspond à la période de prospérité de la cité, qui se prolonge jusqu’au . La production de biens artisanaux assure la subsistance d’environ deux cents foyers. Des tisserands, forgerons-couteliers, chapeliers, drapiers, tanneurs, parcheminiers, épingliers … transforment le lin, le fer, le cuir, le pastel produits dans le Ségala ou ses confins. Beaucoup vivent dans les rues adjacentes, au-dessus de leurs ouvroirs ou échoppes. Quelques confréries (Saint-Éloi pour les couteliers, Saint-Jacques pour les chapeliers…) structurent ces métiers. Une trentaine de marchands se greffent sur leur activité, en amont et en aval. Les produits sauveterrats sont écoulés par colportage dans la région, mais aussi sur des foires parfois lointaines (Montpellier, Toulouse, Genève…). Une vingtaine d’hommes de loi (juge royal, notaires, avocats…) et une trentaine de prêtres complètent la population.

Pour 90 % des familles, la culture d’un jardin et de quelques arpents de terre est un complément indispensable à leur survie. Les bouchers et les meuniers de la ville assurent une partie de leur transformation. Quelques familles plus aisées forment la bourgeoisie locale, qui se partage les charges et les titres (consuls, administrateurs…), les honneurs (fondations pieuses…). Ils résident pour la plupart sur la place centrale et dans les rues principales.

Temps modernes