Les patronages du Bordelais apparaissent dès le Second Empire dans un terroir où la sociabilité gymnique est fortement enracinéeEugène Paz et Charles Cazalet, respectivement fondateur et président émérite de l’Union des sociétés de gymnastique de France puis de la Fédération internationale de gymnastique (FIG) sont eux-mêmes bordelais. Ils se fédèrent localement au tout début du et dès 1908 leur Union se rattache à la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France. Elle en devient aussitôt une composante majeure tant pour la gymnastique artistique que pour le football. En un peu plus d'un siècle cette Union des patronages du Bordelais prend trois sigles différents : Union régionale des patronages du Sud-Ouest de sa fondation à 1967, Union départementale de Gironde (1967-1998) et Comité départemental de la Gironde depuis cette date. Longtemps étroitement liée à l'archevêché et à la vie locale bordelaise elle est aussi un élément important de l'histoire de la Fédération sportive et culturelle de France.

Historique

La Flèche de Bordeaux créée en 1861 dans le quartier Saint-Michel et dont le palmarès gymnique reste remarquable semble être le plus ancien patronage paroissial de Bordeaux. Celui-ci apparaît d'abord comme société d'apprentis puis comme section de la Jeanne-d'Arc de Saint-Michel et inscrit très tôt la gymnastique et les sports à son programme éducatif. Le nom actuel n’est adopté qu’en 1904. Depuis elle est 9 fois championne fédérale (1910, 1911, 1912, 1913, 1922, 1923, 1924, 1934 et 1938) et 7 fois seconde ; elle fait partie de la délégation française aux concours de Rome en 1906 puis en 1908 et reçoit à chaque fois les félicitations du jury. Parmi ses membres Diaz, Dufauret, Pradairol et bien d’autres ont contribué à l’histoire fédérale. Citons aussi la Colombe de Bordeaux (1866) aujourd’hui disparue. Lors de la constitution de l'Union en 1902 Les Coqs rouges, L'Union Saint-Bruno, Les Jeunes du Captalat de la Teste de Buch, La Jeanne d'Arc de Cauderan, L'Union sportive des Chartrons, Les Bleus de Blanquefort, L'Honneur de Lesparre existent déjà.

L’Union régionale des patronages du Sud-ouest

thumb|Affiche annonçant la conférence du à Bordeaux en 1902|alt=Affiche noir et blanc de la conférence du à l’occasion de la grande fête sportive donnée au cirque de la Grave Après une première rencontre sportive organisée en 1901 ces associations invitent le président de la commission des patronages et de la Fédération des sociétés catholiques de gymnastique (FSCG) à donner une conférence à Bordeaux le , conférence suivie d’une nouvelle fête sportive. L'industriel Édouard Glotin, distillateur-liquoriste, reste en contact avec le président et crée en , avec quelques dirigeants locaux, un Comité catholique de la Gironde voué au développement de la gymnastique et des sports dans les patronages. Le cross-country du à Sainte-Marie de la Bastide, avec 112 participants, en est la première manifestation et cette épreuve fondatrice sera maintenue de très nombreuses années.

Le , l’organisation est déclarée en préfecture sous le titre d’Union régionale des patronages du Sud-Ouest (URPSO). Le de la même année, elle tient sa première assemblée en présence de 18 associations qui décident d’adopter les règlements de la pour toutes les rencontres à partir du . Le , le cardinal Lecot, archevêque de Bordeaux, confirme l'autorisation donnée à l'abbé Gas de se consacrer entièrement aux patronages. Un cours de moniteurs est organisé à La Flèche et, outre le cross déjà cité, l’escrime et le tir, gérés par la commission de gymnastique, un championnat régional de football est immédiatement organisé. Le comité a fort à faire dès le début pour discipliner les joueurs, les associations et parfois leurs directeurs mais les affiliations se multiplient : 32 au cours de la seule année 1908, 32 autres en date de et autant jusqu’à la déclaration de la Première Guerre mondiale où on enregistre 144 patronages affiliés pour l'ensemble des quatre départements d'Aquitaine.

Dès le début des combats, l’Union est lourdement touchée, le , par la mort du lieutenant Pierre Harlé (fils du préhistorien Édouard Harlé), membre du comité de l’, au combat de Flirey dans la Woëvre, quelques jours avant Charles Simon. Membre du comité directeur, c’est un neveu d'Édouard Glotin qui, pendant ce temps, monte lui-même un hôpital auxiliaire situé rue Calvé à Bordeaux pour la durée des hostilités. Durant cette période, l’ garde une activité très importante, une des plus fortes de la . Le tir qui dispose d’un stand installé au vélodrome devient une activité majeure et seul le coût des munitions limite son développement.

Après la guerre apparaissent des activités nouvelles : hockey sur gazon, pelote basque, tennis. Marius Pradairol s’en plaint et regrette de voir la gymnastique de plus en plus délaissée par les patronages. En 1924, Édouard Glotin, atteint d'une trop longue maladie qui l'empêche de déployer toute son activité, demande à être remplacé se proposant pour une vice présidence. Le baron de Pelleport-BurèteDescendant d'un sénateur-maire de Bordeaux, Charles de Pelleport-Burète est élu nouveau président. En 1927 est appointé à temps complet comme secrétaire administratif et assiste désormais aux séances du comité avec voix consultative. Le , ce comité prend une décision lourde de conséquences pour l’avenir fédéral : peut-être échaudé par l’expérience du football dont il doit gérer les conflits à chaque réunion, il se déclare contre l’entrée du rugby à XV et demande à la de l'écarter définitivement. Émanant d'une région où ce sport est roi, la suggestion est entendue et le rugby n'entrera jamais parmi les activités de la . En 1931 le basket-ball fait son entrée pour devenir une des premières activités de l’Union et en 1937 on relève 183 associations affiliées en Aquitaine. Le baron de Pelleport-Burète préside aux destinées de l' jusqu'au .

À cette date c'est un neveu du président fondateur, Pierre Glotin qui reprend le flambeau avec l'aval de . Directeur des établissements Marie Brizard, c'est aussi un héros de la Grande Guerre. Engagé volontaire en 1915 à l'âge de 18 ans il est, trois ans plus tard, capitaine d'artillerie, titulaire de la Croix de Guerre 1914-1918 avec citations et de la Légion d'honneur à titre militaireIl est aussi le père du R.P. Édouard Glotin. Le , Marie-Thérèse Eyquem et Armand Thibaudeau se déplacent à Bordeaux pour faciliter la fusion avec le Rayon sportif féminin (RSF), fusion imposée par le gouvernement de Vichy. Ils reviennent le accompagnés d’Olga Batany, monitrice générale de la fédération, avec comme mot d'ordre : pas de fusion avec des associations laïques, seulement entre patronages ; pas d'affiliations globales également aux fédérations uni-sport. En 1955 le et l’ ont néanmoins encore chacun leur comité spécifique et il faut attendre les années 1960 pour que le disparaisse du vocabulaire bordelais. En , on relève également la création des commissions de pelote basque, d’escrime, de tennis, de volley-ball, natation, rink hockey.

Dès , l' envisage d’étendre son rayon d'action au Lot-et-Garonne, aux Landes et aux Basses-Pyrénées. Ce vœu se trouve contrarié dès le par un projet de ligue régionale dont les constituants regroupent 248 associations selon les statistiques fédérales de 1955. Après bien des aventures, celui-ci voit le jour le sous la présidence de qui est élu au comité directeur de la Fédération sportive de France (FSF) au congrès suivant. La ligue d'Aquitaine est déclarée à la préfecture de Bordeaux sous le Journal officiel des 27/28 mai 1960. Elle regroupe alors les départements de la Dordogne, de la Gironde, des Landes et des Pyrénées-Atlantiques. L’appellation d’ perd alors son sens mais ce n’est qu’en 1967 que celle-ci consent à changer son sigle pour celui d’Union départementale de la Gironde qu’elle ne garde qu’une année.

L’Union départementale de la Gironde

La devient Fédération sportive et culturelle de France (FSCF) le . Les débuts sont laborieux pour la nouvelle union. La maladie de Louis Ratabou, président de l' depuis 1950, que personne ne veut remplacer de son vivant, les difficultés d’encadrement au niveau du , une baisse relative des activités en football et en gymnastique masculine rendent ce moment délicat. Louis Ratabou est une personnalité bordelaise : président de la foire de Bordeaux dont il dirige les travaux du nouveau parc des expositions, juge au tribunal de commerce, président de plusieurs associations professionnelles ou confessionnelles. Ses obsèques sont célébrées le en la basilique Saint-Seurin par représentant , archevêque de Bordeaux.

thumb|Le parc des expositions de Bordeaux, inauguré en 1969 peu après le décès de Louis Ratabou, président de l'|alt=Parc des expositions Bordeaux

L’assemblée générale extraordinaire convoquée le porte à la présidence Pierre Jaubert qui assurait déjà l’intérim. L'archevêché accompagne la démarche par la présence des abbés Lavergne et Marquaux et le préside la messe de rentrée de l'union départementale à la cathédrale. Une commission des foyers-clubs est rapidement créée. Les gymnastiques masculine et féminine se maintiennent mais le football subit un recul inquiétant alors que le basket connaît quelques revers ; la musique ne mobilise plus que deux sociétés et l’athlétisme se limite à l’organisation du cross. Les activités du hand-ball, du volley-ball, de la natation et du tennis restent anecdotiques. Le président Jaubert reçoit l'Ordre national du Mérite.

Le , l'union départementale organise les championnats fédéraux de natation et en 1974 salue l’apparition des majorettes qui deviendront bientôt twirling bâton. Dès l’automne 1972 une crise s’amorce en gymnastique féminine entre les « anciens » et les « modernes », atteignant parfois des paroxysmes qui provoquent des démissions et à partir de 1977 se reportent sur la gymnastique masculine. Le , le président Pierre Jaubert démissionne, officiellement pour raisons professionnelles. lui succède. Si la situation s'améliore chez les masculins elle se détériore sans cesse chez les féminines et le en présence de Guy Fournet, président d'honneur et délégué du comité centralL'instance décisionnaire de la fédération se nomme comité central avant de devenir comité-directeur de la , il laisse la place au professeur Pierre CalamelEn 1986,le professeur Pierre Calamel est nommé consul général honoraire de Monaco avec autorité sur toute l'Aquitaine. Le , il est promu au grade de commandeur de l’Ordre de Grimaldi par Rainier III.

Les répercussions de désaccords concernant la musique au niveau fédéral en 1980 ainsi que des concurrences de compétences entre l’union et la ligue ne lui facilitent pas la tâche mais le développement du twirling, de la gymnastique rythmique, de la gymnastique d’entretien avec de nombreux stages de formation au Centre régional d’éducation physique et sportive (CREPS) de Talence apporte sa part de points positifs. Le , Yvette de Lacenne lui succède. En 30 ans, l'Aquitaine a perdu les 2/3 de ses effectifs et ne compte plus que 88 associations affiliées mais la gymnastique féminine semble avoir surmonté sa crise de croissance ; en 1987 à Annecy au championnat fédéral de gymnastique féminine, l'USCRD Cenon est championne fédérale en catégorie jeunessesFédération sportive et culturelle de France, Programme fédéral de gymnastique féminine 2013, Annexes. En 1988 la fête ses 90 ans et l’Union départementale de la Gironde participe, comme toutes les unions départementales et ligues régionales de la , au pèlerinage fédéral sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, dont Bordeaux constitue un relais important. Beaucoup de patronages adoptent ensuite le statut de maisons de quartier, bien plus conforme à leur mission d’éducation populaire. En 1991, à la suite du décès de , lui succède à l’occasion de l’assemblée générale du . En 1997, l'Aquitaine a reconquis un peu de terrain et enregistre 110 associations.