Laffaire du viol collectif de New Delhi commence le avec le viol par six hommes, dans un autobus de New Delhi, de Jyoti Singh, une étudiante en kinésithérapie de . L'événement et l'hospitalisation consécutive de la victime, également agressée sexuellement avec une barre de fer rouillée, puis sa mort le , entraînent en Inde des réactions populaires sans précédent, qui provoquent un débat exceptionnel sur la condition des femmes. et sur l'application de la peine de mort. dans le pays (les six accusés, dont l'un s'est depuis suicidé en prison., encourent la pendaison pour meurtre). En signe de deuil, les forces armées indiennes et de nombreux établissements annulent leurs festivités du nouvel an.

Le , Navanethem Pillay, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme demande à l'Inde un sur les mesures à prendre pour faire face au que constituent les violences sexuelles, tout en estimant que ...

L'un des accusés, mineur au moment des faits, est condamné le à trois ans de prison..

Le , le tribunal chargé de l’affaire depuis les neuf derniers mois rend son verdict : les 4 accusés majeurs survivants sont reconnus coupables et sont condamnés à la peine de mort, par pendaison. Le , la peine est confirmée en appel ; le , la Cour suprême de l'Inde valide le verdict, puis le revalide le . Prévue initialement le à , la pendaison des 4 hommes est finalement reportée au suivant avant d'être une nouvelle fois repoussée. La quadruple exécution a finalement lieu à l'aube du à la prison de New Delhi.

Déroulement de l'agression Les victimes, Jyoti Singh, une femme de 23 ans interne en physiothérapie et son ami, Awindra Pandey, rentraient après être allés au cinéma dans le quartier de au sud de Delhi. Ils prennent alors un bus conduit par un joyrider vers . L'ami de la jeune femme s'inquiète lorsque le bus dévie de l'itinéraire prévu, et que les six occupants verrouillent ses portes. Alors qu'il les interroge, le groupe de six hommes se tourne vers les deux amis et leur demandent ce qu'ils faisaient dehors à une heure si tardive.

Les hommes entraînent la femme à l'arrière du bus, pour la battre et la violer pendant que le bus continue de rouler. Lorsque Awindra Pandey tente d'intervenir, il est frappé avec une barre en acier au point de perdre connaissance. Des rapports médicaux indiquent que la femme souffre de blessures graves à l'abdomen, aux intestins et aux parties génitales à la suite de l'agression, et les médecins disent que les dommages indiquent qu'un objet pointu (supposé être la barre en acier), semble avoir été utilisé pour la pénétration. Cette barre a, par la suite, été décrite par la police comme étant rouillée, en forme de L, comme celles utilisées pour les crics... Après que les coups et les viols ont pris fin, le gang a jeté les deux victimes hors du bus toujours en mouvement, et ensuite aurait fait marche arrière pour tenter d'écraser la victime. Le chauffeur du bus a plus tard nettoyé le véhicule que la police a retrouvé le jour suivant et brûlé les vêtements arrachés à la victime.

Les deux victimes ont été retrouvées par un passant vers , gisant sur la route, partiellement dénudées et inconscientes. Le passant téléphona à la police de Delhi. À la suite de quoi, les deux victimes ont été transportées à l'hôpital où la femme a reçu les soins de premiers secours et une ventilation médicalement assistée. Il ne restait plus à l'intérieur du corps de la victime que 5 % de ses intestins. Un médecin explique plus tard que la seule explication est que la barre a été insérée et retirée avec une telle force que les intestins en sont sortis. La jeune femme décède finalement de ses blessures le ..

Le compagnon de la victime a par la suite critiqué la lenteur de la réaction des policiers qui, une fois sur les lieux du drame, ont discuté sur la juridiction concernée et ont conduit la victime à un hôpital éloigné alors qu'elle saignait abondamment.

Identité de la victime Alors que l'identité de la victime n'a pas été dévoilée, au départ à sa demande et en conformité avec la section 228 (A) du code pénal indien qui interdit de révéler l'identité des victimes de certains crimes, tels que le viol Delhi gang-rape: Criminal case against Mail Today sur Indo Asian News Service, plusieurs médias en Inde lui attribuent d'abord un prénom : Nirbhaya (sans peur), Amanat ou Damini, censées refléter ses qualités morales. Un journaliste, Sandip Roy, s'interroge sur les raisons de cette attribution. Il cite un autre journaliste, Salil Tripathi, qui indique ne pas vouloir connaitre de détails sur la victime, le déroulement de l'agression, ou les hobbies des agresseursWhy does media want to give Delhi gangrape victim a name?, mais au contraire comprendre comment ils en sont arrivés là pour pouvoir en tirer les leçons.. Mais le , son père, Badri, révèle son nom à la presse : Jyoti Singh, afin de « donner du courage aux autres femmes qui ont subi de telles agressions ».

Le , Nirbhaya reçoit, à titre posthume, de John Kerry Secrétaire d'État des États-Unis, le Prix international de la femme de courage...

Les suspects La police interpelle certains des suspects dans les 24 heures à partir des indications concernant le véhicule. Six hommes dont cinq âgés de 19 à 35 ansViol collectif en Inde : cinq suspects ont été inculpés - Article de « La Parisienne » (supplément week-end féminin du journal Le Parisien), du 3 janvier 2013 sont finalement arrêtés : Ram Singh, le conducteur, et son frère, Mukesh Singh, Vinay Sharma, un professeur de gymnastique de Delhi, Pawan Gupta, un vendeur de fruits et Akshay Thakur, demandeur d'emploi, ainsi qu'un mineur de 17 ans et demiShroud on age test on sixth rape suspect From the school register, the principal gave an affidavit saying he was 17 years and six months old. If that is true, the ossification test may not matter. The Supreme Court recently said the matriculation certificate or the date-of-birth certificate issued by a school should be considered the primary evidence in determining the juvenile status of an accused : Muhammad Afroz, dit « Raju ». Une demi-heure avant les faits, le groupe avait déjà fait monter un charpentier dans le bus pour lui voler roupies avant de l'abandonner dans le sud de Delhi.

Les avocats inscrits au barreau du district de Saket ont refusé d'assurer volontairement la défense des accusés qui ne devraient alors être défendus que par des avocats commis d'office. Le , les cinq hommes majeurs sont accusés de viol, meurtre, enlèvement, et destruction de preuves India rape: Delhi court hears of forensic evidence Sur BBC, 5 janvier 2013.

Une polémique a été provoquée par l'homme politique Raj Thackeray sur le fait que ces hommes seraient, selon lui, tous originaires du Bihar, attisant une forme de xénophobie à l'encontre des personnes originaires de cette région 'Amanat' case: All these rapists are Biharis, says Raj Thackeray voir aussi You are here: Home » National » MNS chief targets Biharis once again Sur le Deccan Herald, 6 janvier 2013., parfois appelées « immigrants » quand elles viennent s'installer à New-Delhi..

Le , Ram Singh, 35 ans, soupçonné d'avoir été le meneur du groupe accusé du viol collectif, a été retrouvé pendu dans sa cellule de la prison de très haute sécurité de Tihar à New Delhi, où il était détenu depuis son arrestation.

L'actrice et productrice Leslee Udwin a interrogé en prison Mukesh Singh pour les besoins d'un film qu'elle a préparé. Ce dernier nie toute participation au viol et prétend être resté au volant du véhicule durant toute la durée du viol et des violences qui ont suivi. Il n'exprime par ailleurs aucun regret pour ce qui s'est produit et explique qu'une « fille décente ne se promènerait pas à 9 heures au soir. Une fille est bien plus responsable d'un viol qu'un garçon ». Il explique en outre que la victime a eu tort de se défendre du viol et que si elle s'était laissée faire elle n'aurait pas été blesséeDelhi rapist says victim shouldn't have fought back, Leslee Udwin, BBC News, 3 mars 2015.

Réactions et raisons de la médiatisation vignette|Manifestation devant la mairie de Bangalore le 30 décembre 2012, pour demander justice après la mort de la victime. vignette|Manifestation à Salt Lake City, Kolkata, dans le Bengale-Occidental, après la mort de la victime à Singapour.

Alors que la victime est encore en vie, puis après sa mort, cette affaire de viol provoque des manifestations exceptionnelles en Inde. L'affaire est médiatisée dans la presse internationale et donne lieu à une réaction de l'ONU. Selon Le Monde, qui s'interroge sur , la violence des réactions à cette occasion traduirait un malaise de la classe moyenne, relayé par les chaînes de télévision commerciales qui ont aussitôt multiplié les émissions, pointant , les protections dont bénéficie la classe aisée et l'abandon ressenti par le reste de la population« A New Delhi, le viol de trop », Le Monde, 22 décembre 2012 (Archives payantes). Pour le Père Walter FernandesJésuite et sociologue, fondateur et dirigeant de 2000 à 2012 du Centre de recherches sociales du Nord-Est, basé à Guwahati, en Assam (Inde), la mobilisation n'a pu survenir que parce le crime a eu lieu à Delhi, contre une membre de la classe moyenne. En pointant le nombre de cas de viols, dont sur des dalits commis dans la plus grande indifférence, même lorsqu'ils sont ponctuellement relayés par les médias locaux, il s'interroge tout comme le journaliste du Monde sur le caractère durable ou pas de la mobilisation. Il met en avant qu'aucune modification ne pourra contrer les violences faites aux femmes sans une remise en cause du système social dans son ensemble : Inde : le viol, la loi et la classe moyenne 30 décembre 2012. La juriste Ratna Kapur défend la même analyse en ce qui concerne les causes sociétales, et .

Le Chief minister de la Province du Nord (Uttar Pradesh), Akhilesh Yadav, annonce un ensemble d'aides financières de Le est le symbole de la roupie indienne (soit environ ) à la famille de la femme et offre un emploi gouvernemental à un membre de la famille.. Une réunion de cabinet présidée par le Chief minister de Delhi, Sheila Dixit, décide d'offrir une aide supplémentaire de (environ ) et un emploi gouvernemental à un autre membre de la famille..

Dans un premier temps, bien que pas assez rapidement pour l'opinion publique, le gouvernement promet un débat et des mesures décisives, sans entrer dans le détail, pendant que le premier ministre indien Manmohan-Singh tente de calmer la population.

Diverses manifestations ont lieu dans le pays pendant des semaines après l'évènement, dont le , lorsque 600 guitaristes se sont rassemblés à Darjeeling pour interpréter en concert Imagine de John LennonImagine an India for women: 600 guitarists pay tribute to Delhi rape victim Sur le [Hindustan Times]Hundreds of guitarists play "Imagine" for India rape victim Sur CBS.

En , les propos d'un guru, : « Cette tragédie ne se serait pas produite si elle (la victime) avait chanté le nom de Dieu en tombant aux pieds de ses assaillants. L'erreur n'a pas juste été commise par un camp » et « si elle avait appelé ses agresseurs des frères et s'était jetée à leurs pieds » ont soulevé un tollé en IndeInde: tollé après des propos d'un gourou stigmatisant l'étudiante violée Sur Le Parisien, 8 janvier 2013Asaram Bapu adds to shame, says victim at fault too sur le Hindustan Times, 7 janvier 2013. Malgré les nombreuses et virulentes critiques (un journaliste a considéré qu'il représentait « tout ce qui était pourri dans l'Inde masculine »Asaram Bapu symbolizes the rot in masculine India Sur le Times of India), le guru a appelé les médias des « chiens qui aboient » et déclaré que ses propos avaient été mal rapportésAsaram Bapu fuels another row, calls critics, media 'barking dogs'.