Le , parfois appelé , et surnommé localement (« gros serpent ») ou (« immeuble kilomètre »), est un immeuble d'habitation situé au sud-ouest de Rome, en Italie. Conçu par l'architecte italien Mario Fiorentino, ce bâtiment construit entre 1975 et 1982 mesure de longueur, ce qui en fait le troisième immeuble d'habitation le plus long du monde, après la barre du Lignon à Vernier, dans le canton de Genève, en Suisse () et le Mur de Fermont, dans la province de Québec, au Canada ().

Histoire Construction La conception du bâtiment s'inspire de celle des cités radieuses conçues par Le Corbusier. En particulier, on le constate dans la réservation de l'étage médian (quatrième) à des commerces et des services publics., notamment des salles de réunion. Des services publics sont également prévus à proximité (desserte bus, école, marché). La première pierre de l'édifice est posée le ., mais les premières livraisons n'interviennent qu'en 1982, à la suite de retards et de défaillances d'entreprises (dues notamment aux chocs pétroliers).

Occupation illégale du chantier vignette|gauche|Vue générale du bâtiment et de son environnement proche.

Alors que le chantier n'est pas encore achevé, en 1983, la crise importante du logement que vit alors l'Italie contraint sept cents familles à occuper illégalement l'immeuble. Le bâtiment vit alors une situation tendue dans laquelle les locataires légaux surveillent eux-mêmes leurs futurs appartements afin d'éviter qu'ils ne soient occupés par d'autres. Une partie des occupants illégaux choisissent alors de squatter le quatrième étage réservé aux commerces et services. L'occupation illégale s'organise, parasitant l'installation de tout commerce : des murs sont ouverts et des cloisons hâtivement posées pour former des appartements plus ou moins grands, équipés à la hâte en électricité prise sur le réseau, sans gaz, dont les occupants ne paient pas le loyer, mais sont pourtant officiellement recensés comme habitants du Corviale.

Vieillissement du bâtiment gauche|vignette|Une des galeries intérieures desservant les appartements.

L'occupation du quatrième étage et en conséquence son abandon pour des usages de vie en commun est la principale raison invoquée pour expliquer la dégénérescence du Corviale. Cependant, de nombreux investissements n'ont pas été réalisés, et expliquent en partie sa désaffectation : non-recrutement des concierges prévus, l'inadaptation aux personnes handicapées, les pannes des systèmes de chauffage et d'interphonie, etc.

Caractéristiques vignette|droite|Plan du Corviale et de son quartier.

L'immeuble se compose de répartis verticalement sur neuf étages (plus un sous-sol accueillant caves et garages) et horizontalement sur de longueur. Le bâtiment est organisé en cinq unités de environ chacune. Les logements mesurent entre 30 et ., et accueillent en moyenne cinq personnes ( résident dans l'immeuble).

Projets de réhabilitation Les urbanistes et les pouvoirs publics posent de manière récurrente la question de la réhabilitation ou de la destruction totale de la barre. L'école d'architecture de la Sapienza organise à partir des années 1990 des colloques sur la restructuration urbaine, où le Corviale est présenté en archétype. Des fondations privées, comme la fondation Adriano Olivetti, travaillent aussi à l'amélioration de l'image de l'immeuble. En , un concours est lancé par la municipalité de Rome pour le réaménagement du quartier, concours remporté par l'équipe de Gwendolyn Salimei. Toutefois, en , les travaux sont encore suspendus à une décision politique qui balance entre la requalification (destruction partielle et division en lots) et la démolition complète du bâtiment suivie du réaménagement complet du quartier, ainsi qu'au déblocage des fonds alloués à cette opération ..

En , un nouveau projet est présenté ; il intègre entre autres la réalisation sur le pignon méridional de l'immeuble d'un mur d'escalade de quarante mètres de hauteur, ainsi que la reprise complète de l'éclairage ; des propositions sont également faites pour améliorer l'efficacité énergétique du complexe, et accroître l'utilisation de matériaux durables..

Littérature Otto Hainzl: Corviale. Kehrer, Heidelberg 2015, .

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Articles connexes Mario Fiorentino Unité d'habitation Falowiec

Liens externes . Photographies du bâtiment à diverses époques. Le Corviale, une barre de béton devenue laboratoire contre l'exclusion. ITALIE : Corviale .

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