Bernard Quentin est un peintre, graveur, sculpteur et designer français né le à Doingt-Flamicourt (Somme) et mort le à Chevilly-Larue (Val-de-Marne).
Rattaché à l'École de Paris, son œuvre, en grande partie un travail sur l’écriture et la graphie, est qualifié d'« art sémiotique » ou l'« art scriptural ». Il est le mari de la réalisatrice Florence Quentin (née en 1946).
Biographie Bernard Quentin arrive à Paris vers 1940 afin d'étudier la peinture, la sculpture et l'architecture à l'École nationale supérieure des arts décoratifs et à l'École nationale supérieure des beaux-arts. Actif dans la Résistance au sein du réseau « Manipule »Galerie Pascal Polar, Bruxelles, Bernard Quentin, biographie, sur pascalpolar.be. entre 1942 et 1944, Bernard Quentin fréquente en 1945 la Maison de la pensée française où il se lie avec Pablo Picasso (le thème des Horreurs de la guerre qui constitue son envoi au Salon des moins de trente ans de 1945 se revendique, quoique d'un registre expressionniste abstrait, comme inspiré de Guernica) avant de reprendre, à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, les cours interrompus par la guerre et de simultanément s'ancrer en 1946 au quartier Saint-Germain-des-Prés. Il y connaît les milieux existentialistes et surréalistes, fréquente les peintres Wols et Camille Bryen, ainsi que le théoricien du lettrisme Isidore Isou, et fait partie de avec Jean-Paul Sartre, Maurice Merleau-Ponty, Anne-Marie Cazalis et Juliette GrécoValère-Marie Marchand, Boris Vian, le sourire créateur, Éditions de l'Archipel, 2009.. Bernard Quentin, vivant alors avec Juliette Gréco dans une chambre sous les toits du 7, rue Servandoni, se souvient : . De fait, Bertrand Dicale, Juliette Gréco, l'invention de la femme libre, Éditions Textuel, 2009..
thumb|280px|Vallée des Merveilles, gravures préhistoriques. Sa première exposition, en 1945 à la Maison de l'université à Paris, fait itinérance en Suisse en 1946. C'est à Berne que Bernard Quentin découvre avec fascination les œuvres de Paul Klee qui, conservées dans la maison du fils de ce dernier, font valoir une approche très profonde des écritures orientales et africaines. pour l'amener, par la création d'idéogrammes où déjà il énonce son intérêt pour le cunéiforme, l'écriture hiéroglyphique égyptienne, le rune scandinave , les inscriptions rupestres de la vallée des Merveilles, à rapprocher durablement sa démarche de la lettre et du signe. C'est dans ce champ d'investigation que, dans les années 1947-1950, il expose chez Aimé Maeght avec le groupe Les mains éblouies qui réunit notamment Joan Miró, Alberto Giacometti, Jean Signovert, Alexander Calder et Antoni Tàpies, et où il se lie surtout d'amitié avec Pierre Dmitrienko, François Arnal et Serge Rezvani.
En 1954, Bernard Quentin voyage en Amérique du Sud (Brésil et Pérou), en Afrique de l'Ouest (réalisant des fresques murales à Niamey et Bamako), puis, peu après, dans plusieurs capitales d'Europe de l'Est (Varsovie, Moscou, Prague).
Dans les années 1960, Bernard Quentin élargit ses investigations de la peinture à la sculpture en exécutant des statues totémiques et surtout ses premières sculptures gonflables (les Cybules, la Vénus de Chicago) qui, appelés à des interventions monumentales dans les paysages, seront vues comme annonciatrices du Land Art. Il est dans le même temps le premier designer à concevoir des sièges gonflablesConstantino Corsini, « Pneumatic design », Domus, . qui sont présentés en 1963 par la galerie Iris Clert à Paris lors d'une exposition à ambition futuriste (Le salon de l'an 2104), à la Foire internationale de New York en 1964 ensuite, puis produits en série, pour être vendus aux États-Unis et au Japon, par le groupe Adamoli à Milan en 1966 Charlotte et Peter Fiell, Plastic dreams: synthetic visions in design, Londres, Fiell editor, 2009.. Poursuivant cependant simultanément son travail sur le signe, Bernard Quentin s'est installé en 1962 et pour une durée de deux années à Milan dans le cadre d'un accord avec le Centre de recherche Olivetti, y déplaçant alors son champ de travail de la peinture vers l'informatique, offrant à Salvador Dalí de voir en lui .
En 1977, Bernard Quentin crée, avec entre autres Jesús-Rafael Soto, Jean Messagier, Jean-Pierre Raynaud, Pierre Restany et Serge Rezvani, le collectif L'Art+ qui se donne pour finalité de prolonger l'art dans des intégrations monumentales à l'environnementGalerie Michel Broomhead - Junker, Présentation de Bernard Quentin, sur bj-fineart.com..
Sur la création de son alphabet, en même temps que sur le choix de l'appeler , Bernard Quentin s'explique : Ader, Nordmann et Dominique (en collaboration avec la Galerie Loft, Paris), « Gérard Depardieu et Bernard Quentin, une amitié », Collection Gérard Depardieu, catalogue Drouot-Richelieu des 26 et 27 septembre 2023, .. Chez Bernard Quentin, la couleur des signes les situe donc grammaticalement : bleu pour les noms, vert pour les adjectifs, rouge pour les verbes, orange pour les articles et les pronoms. Système d'écriture donc , fort de , pour être de la sorte perçu par Pierre Restany comme un .
Il meurt à Chevilly-Larue le Alison Moss, « Bernard Quentin, artiste homme-orchestre », Le Quotidien de l'art, , 2 juillet 2020.
Œuvre
La Sainte-Baume., 1950, projet d'une cité pour artistes, avec Le Corbusier. Batailles, années 1950. Décors de théâtre, notamment pour la compagnie de ballets de Roland Petit, à partir de 1961. Babel 62, 1962, écriture universelle. Meubles gonflables, 1962Catherine Millet, L'art contemporain en France, Flammarion, 2005.. Cybule, 1963, sculpture pneumatique à « respiration » programmée. Les structures gonflables : premier fauteuil 100% gonflable, mur pneumatique palpitant, 1964Archives INA, L'avant-garde - Bernard Quentin et ses gonflables, 1975, film vidéo, YouTube, durée .. Poètes gonflables ambulants, 1974, rues de New York et Chicago. Rues-poèmes pour piétons, 1974, Paris, Rome. THE TIME, 1975, mots en lettres géantes gonflables, rues de New York. Vénus gonflable monumentale, 1976, (, couchée sur un plan d'eau et respirant), Foire internationale de Chicago, Bicentenaire des États-Unis. Monuments et calligraphies géantes pour caravansérail dans le désert d'Arabie saoudite, 1978-1982, béton et verre, . Voie sacrée coufique, 1983, anamorphose gigantesque d'un mot en bordure d'autoroute, Arabie Saoudite. Rue-poème en lettres géantes, 1983, Paris et Marrakech. PALLADO, 1993, mot sculpté en anamorphose sur la montagne sculptée au bulldozer, Vicence. Affiche du Festival international des programmes audiovisuels de Biarritz, Biarritz, 1994. Paix contre guerre, jeu vidéo diffusé sur écran de , , Japon, . Monuments en béton et acier découpés, 1996, Agadir, Casablanca, Matera. Labyrinthe végétal, 2013, donjon de Jouy, SancoinsLe Berry, Bernard Quentin hôte du Donjon de Jouy, ..
Œuvres dans les collections publiques
France Angers, médiathèque Toussaint : gravures pour le livre de Gustave-Arthur Dassonville, J'ai dû mourir, Paris, 1952Ancienne collection John Franklin Koenig.. Marseille, musée Cantini : Compositions sur le thème d'hommage à Claude Monet, deux techniques mixtes (encre de Chine, aquarelle et gouache) 36x53cm, 1959Musée Cantini, "Composition sur le thème d'hommage à Monet" (1) dans les collectionsMusée Cantini, "Composition sur le thème d'hommage à Monet" (2) dans les collections ; Electronic Série C , technique mixte sur toile 80x80cm, 1963Musée Cantini, "Electronic Série C " dans les collections. Nantes, musée d'Arts, Composition, lithographie 32,9x50,6cmMusée d'Arts de Nantes, Bernard Quentin dans les collections. Paris : département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France : Voies sacrées coraniques, 1978, sérigraphie. musée national d'Art moderne : Fauteuil Croissant, 1967, PVC, fauteuil gonflable jaune en forme de croissant« Fauteuil Croissant » sur centrepompidou.fr. ; 92 autres œuvresMusée national d'art moderne, Bernard Quentin dans les collections. Puteaux, Fonds national d'art contemporain, Montagne, encre de Chine 50,4x63,8cm, 1975Fonds national d'art contemporain, "Montagne" dans les collections. Maroc Agadir, Bank Al-Maghrib.
Œuvres dans des collections privées référencées
Façade en écailles de l'immeuble au 29, rue Jean-de-Beauvais à Paris (commanditaire : Jean Le Couteur, architecte), 1954 (inscrit aux monuments historiques par arrêté du )Noémie Lesquins, « Archives Jean Le Couteur », Colonnes, , octobre 1988.. Collection Robert Calle (1920-2015)Guy Boyer, « Décès du collectionneur Bob Calle », Connaissance des arts, 8 avril 2015.Dominique Poiret, « Le collectionneur d'art Robert Calle est décédé », Libération, 9 avril 2015.. Collection Élie Azagury (1918-2009), architecte, CasablancaEmmanuelle Boleau, « Hommage à Élie Azagury », Selektimmo, 26 mars 2010.. Collection Gérard Depardieu, hôtel de Chambon, 95, rue du Cherche-Midi à Paris : Hommage à Confucius, façade-poème en acier Corten ajouré aux motifs de l'art-langage de Bernard QuentinThomas Monnerais, « Gérard Depardieu , fan d'un artiste méconnu de 87 ans », Le Monde, 25 mai 2011.Serge Kaganski, « J'ai visité sa maison en chantier avec Gérard Depardieu », Les Inrocks, 16 juillet 2011.Caroline Beyer, « Depardieu vend son hôtel particulier 50 millions d'euros », Le Figaro, 13 décembre 2012.. Collection Todd Merrill, New YorkAnthony Barzilay Freund (texte) et Roger Davies (photographies), « Gold rush », Elle Décor, décembre 2009..
Contributions bibliophiliques Gustave-Arthur Dassonville, J'ai dû mourir, gravures de Bernard Quentin, édité par l'auteur, 1952. , L'avant-garde internationale de la gravure, trois volumes sous étui, 60 artistes contributeurs, chaque volume contenant 20 eaux-fortes originales (dont Bernard Quentin dans le troisième volume), 100 exemplaires numérotés, édité par la galerie Schwarz, Milan, 1962. Bernard Quentin, Connaître l'art de la démesure de Bernard Quentin, dont suite de 110 exemplaires constituant l'édition originale et enrichis d'une œuvre sur tissu signée par l'artiste, Éditions Jacques Dopagne et Michel Broomhead, Paris, 1986. Charles-Horace Pietri, Moires, dix poèmes gravés à l'eau-forte par Bernard Quentin, 1989. Jean-Loup Philippe, Le Papierha, cinq gravures de Bernard Quentin, Éditions Athmy, 2002. Pierre Grimblat, Autodidarque, poèmes précédés d'un frontispice de Bernard Quentin, Éditions Léon Scheer, 2006Éditions Léon Scheer, Pierre Grimblat - Autodidarque, présentation du livre..
Expositions Expositions personnelles Les mains éblouies, galerie Mai-Maeght, Paris, 1950 René Barotte, « Bernard Quentin », Le Figaro, 6 mars 1950.Roger van Gindertael, Michel Seuphor et Léon Degand, « Bernard Quentin à la Galerie Mai », Art Aujourd'hui, , .. Galerie Iris Clert, Paris, 1957, 1963. Falerie des 4 Saisons, Paris, 1959. Mots gonflables, Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou et Foire internationale d'art contemporain, Paris, 1977. Objets-poèmes, galerie La Dérive, Paris, 1978. thumb|250px|Maison de la culture d'Amiens Mot PAIX écrit en 20 langues par photophores, parvis du Centre Georges-Pompidou, Paris, 1980. Écritures dans la peinture, villa Arson, Nice, 1984. Galerie Michel Broomhead, Paris, 1984 (Quentin, 1948-1963), 1986. Le mot ANAMORPHOSES lu dans une suite de 17 sculptures géantes, Grand Palais, Paris, 1985. thumb|250px|Monument du millénaire de la Chine, Pékin Bernard Quentin, art maximal et néo-monumental, simultanément à la galerie Michel Broomhead (rue de Seine), galerie Rambert (rue des beaux-arts) et galerie Haïk (rue de Poitou), Galeries Broomhead, Rambert et Haîk, Art maximal et monumental, présentation de l'exposition, .. Bernard Quentin - Sculptures et calligraphies, Maison de la culture d'Amiens, 1990. Galerie Arnoux, Paris, 1991 (Écritures et foules), . Galerie B, Paris, . Villa Blanche, Paris, .