Le temple d'Apollon Palatin (en latin : Templum, AedesProperce, Élégies, II, 31, 19 ou Delubrum Apollinis in PalatioAuguste, Res Gestae, IV, 19) est le deuxième temple de Rome dédié à Apollon, construit sur le Palatin par Auguste. Il s'intègre dans un complexe plus vaste étroitement lié à la résidence d'Auguste et de Livie, lArea Apollinis, qui comprend également un portique, une bibliothèque et un arc de triomphe.
Localisation La localisation précise du temple sur le Palatin demeure encore incertaine. Selon une première hypothèse, il pourrait avoir occupé le site connu aujourd'hui sous le nom de Vigna Barberini, au nord-est de la colline. La zone a en effet été occupée par un édifice majeur, un temple entouré d'un portique à colonnade qui pourrait correspondre à la description que les auteurs antiques font du temple d'Apollon mais qui est plus couramment identifié au temple d'Élagabal. Une deuxième hypothèse, plus populaire auprès des archéologues et des historiens, situe le temple entre la Domus Augustana et les Scalae Caci, ce qui laisse juste l'espace nécessaire à la construction.
Fonction Il s'agit du deuxième temple consacré à Apollon à Rome, après le temple d'Apollon Medicus, mais le premier qui soit construit dans le pomerium. En effet, Apollon étant une divinité étrangère, son culte a jusque-là été exclu des limites sacrées de la ville. Les Livres sibyllins sont transférés dans ce nouveau temple depuis le temple de Jupiter Capitolin et placés dans le piédestal de la statue cultuelle d'Apollon, 3. Le Sénat se réunit assez fréquemment dans le temple ou dans la bibliothèque attenante durant le règne d'Auguste, signe que le pouvoir est passé entre les mains du princeps. La cérémonie des ludi saeculares, réinstaurée et développée par Auguste à partir de , se déroule en partie dans le temple.
Dans les textes antiques, le culte d'Apollon porte l'épithète Palatinus relatif à sa localisation mais aussi NavalisProperce, Élégies, IV, 1, 3, ActiusProperce, Élégies, IV, 6, 67 ou ActiacusOvide, Métamorphoses, XIII, 715, épithètes relatifs à la nature des vœux d'Auguste. Après sa construction, le temple devient un ex-voto de la victoire sur Marc Antoine. On trouve également l'épithète RhamnusiusRégionnaires de Rome, X qui peut s'expliquer par le fait que la statue cultuelle réalisée par Scopas provienne de Rhamnonte.
Histoire Antiquité Le temple est voué par Octavien en , 2, 5, durant sa campagne contre Sextus Pompée. Il promet d'ériger un temple dédié à Apollon si ce dernier lui permet de sortir victorieux de la bataille navale de Nauloque. Il aurait voué ce temple une deuxième fois avant la bataille d'Actium, nouvelle bataille navale, en
Le lieu choisi pour la construction qui commence dès se trouve sur le Palatin, à proximité de la résidence d'Auguste, sur un terrain frappé par la foudre, 3, miracle attribué à Apollon lui-même, et par conséquent rendu public. Le temple est achevé et dédié le , 3.
Lors du sac de Séleucie du Tigre, le temple est incendié et la grande statue d'Apollon est ramenée à Rome et déposée dans le temple d'Apollon Palatin. Lors du triomphe de Lucius Aurelius Verus, les Romains font le lien entre le pillage de la statue du dieu et l'épidémie qui les atteint en .
Le temple est détruit lors d'un incendie le , mais les Livres sibyllins sont sauvésAmmien Marcellin, Res Gestae, XXIII, 3, 3.
Fouilles archéologiques
En 1865, des fouilles archéologiques dirigées par Pietro Rosa permettent la mise au jour des vestiges d'un podium de temple en ciment augustéen près de la Domus Augusti, ainsi qu'une série de volées de marches successives au sud-ouest permettant d'y accéder, escalier baptisé Gradus Celsi<ref group=a>Ovide, Tristes, III, 1, 59</ref>. Les fouilles se poursuivent en 1870, en 1937 sous la direction d'Alfonso Bartoli et en 1956 sous la direction de Gianfilippo Carettoni et Giuseppe Lugli. Depuis 1968, on a découvert à proximité du temple des fragments de plaques de terre cuite décorées de reliefs qui devaient être fixées à l'architrave, comme pour les anciens temples étrusques. Les reliefs montrent des motifs qui se répètent, des figures de divinités ou de canéphores, avec des traces de pigments violets, roses et turquoise.
Si l'identification du temple avec les ruines qui se trouvent immédiatement au sud de la Domus Augusti est correcte, il reste en plus du podium une partie du sol en marbre encore apparent par endroits. Près du temple ont également été retrouvés les fragments d'une colonne et d'un chapiteau d'ordre corinthien.
La découverte sous le temple de traces de maisons aux sols ornés de mosaïques datant de la République confirme la datation augustéenne du temple et invalide une hypothèse de Lanciani qui l'identifiait au temple de Jupiter daté de (Aedes Iovis Propugnator in Palatio).
Description
Description des auteurs antiques Lors de son inauguration, le temple est considéré comme le plus somptueux et magnifique des édifices de la première période augustéenneVelleius Paterculus, Histoire romaine, II, 81, 3. Dans ses Élégies, Properce laisse une description très admirative du temple.
Architecture extérieure L'architecture générale du temple qui occupe la partie nord de la terrasse de lArea Apollinis n'est pas connue avec exactitude. Il est peut-être prostyle hexastyle, périptère octastyle ou encore hexastyle pseudo-périptère. Il est construit avec de grands blocs de marbre blanc de LuniServius, Ad Aeneid, VIII, 720. Il se dresse sur un haut podium fait de blocs de tuf et de travertin. Si les fragments de colonnes retrouvés sur le site appartiennent bien à ce temple, on peut le reconstituer comme hexastyle pseudo-périptère avec un pronaos profond de trois colonnes. Sept colonnes sont à demi-engagées dans les longs murs extérieurs de la cella. Les colonnes corinthiennes portent . Elles sont hautes de et ont un diamètre de . Le temple est peut-être diastyle, c'est-à-dire que l'espace entre les colonnes est égal au triple de leur diamètreVitruve, De architectura, III, 3, 4.
L'acrotère supérieur est orné d'un char conduit par le Soleil tandis que sur les acrotères latéraux se dressent des groupes statuaires réalisés par Boupalos et Athénis. Les portes de la cella sont décorées avec des bas-reliefs en ivoire représentant l'expulsion de Delphes des Galates et la destinée des NiobidesProperce, Élégies, II, 31, 12-16.
En avant du temple se dresse une statue de marbre d'Apollon placée sur un piédestal orné de béliers et un autel entouré de quatre génisses en bronze de MyronProperce, Élégies, II, 31, 5-8 rapportées d'Athènes par Auguste. Une statue d'Hercule, copie d'une œuvre de Lysippe, l'accompagne. Les statues de Myron sont transférées au temple de la Paix après sa construction sous VespasienHarold Mattingly, Coins of the Roman Empire in the British Museum, XXXVIII.
Décoration intérieure À l'intérieur de la cella presque carrée de ont été placées trois statues de culte, une d'Apollon, une de Diane et une de Latone. Apollon est représenté jouant de la lyre (Apollo Citharoedus''), œuvre attribuée au sculpteur Scopas, rapportée de Rhamnonte en Attique. La statue de Diane-Artémis a été réalisée par Timothéos mais la tête a été retravaillée par Caius Avianus Evandre. La statue de Latone a été réalisée par Céphisodote. Le temple est une sorte de musée : on peut y admirer les statues des neuf muses, peut-être des copies de celles présentes dans le temple d'Apollon Sosianus sur le Champ de Mars, et une collection d'objets précieux dont des gemmes taillées dédiées à Marcellus, des trépieds d'or dédiés par Auguste et un lustre rapporté du temple d'Apollon de Cymé.
Notes et références Sources modernes :
Autres sources modernes :
Sources antiques:
Bibliographie
Ouvrages généraux
Ouvrages sur le temple
Liens externes « Le temple d'Apollon » et « images virtuelles » sur le Plan de Rome, université de Caen Les Nocturnes du Plan de Rome - 3D - Les origines de Rome (03 février 16)
Apollon Palatin Catégorie:Mont Palatin Catégorie:Rome R. X Campitelli Catégorie:Temple solaire Catégorie:Auguste Catégorie:Architecture religieuse au Ier siècle av. J.-C. Rome