La Constitution camerounaise de 1960 fut rapidement élaborée après que la France eut décidé, en 1959, d'accorder l'indépendance au Cameroun. Celle-ci deviendrait effective le .

La Constitution est écrite par les conseillers français Jacques Rousseau et Paul Audat. Inspirée de la celle de la Cinquième République française, elle en accentue quelque peu le caractère présidentialiste pour concentrer l'essentiel des pouvoirs entre les mains du futur président Ahmadou Ahidjo, choisi par les autorités françaises pour diriger le nouvel État indépendant..

La Constitution entra en vigueur le . D'après cette Constitution, le Cameroun était un État unitaire avec un parlement monocaméral, dont les membres étaient élu au suffrage universel direct..

Histoire Jacques Rousseau, un administrateur civil français du ministère de l'Intérieur, a joué un rôle central dans l'élaboration de la Constitution camerounaise. Détaché auprès du gouvernement camerounais de à 1961 pour les affaires administratives et institutionnelles, il était l'un des "conseillers français" d'Ahmadou Ahidjo qui ont rédigé les Constitutions du Cameroun. Le président Ahidjo lui-même le qualifiait d'« auxiliaire précieux, dévoué et compétent ».

La Constitution, promulguée en , puis modifiée en 1961 pour la création d'une République fédérale, a été façonnée par ces conseillers français. Ce cadre légal a notamment renforcé les prérogatives du président, instaurant un régime présidentiel fort. Le juriste français Maurice Duverger, qui a relu et perfectionné le texte, a été surpris par les dispositions sécuritaires qu'il contenait, mais les a acceptées après les explications fournies par le colonel Richard, commandant de la gendarmerie française, concernant la situation troublée au Cameroun.

Le travail de la Commission met en lumière que la participation d'acteurs français comme Jacques Rousseau, et potentiellement de Michel Debré (alors Garde des Sceaux en France), à la rédaction de cette Constitution, a coïncidé avec l'instauration d'un régime autocratique et autoritaire au Cameroun. Ce soutien français à Ahmadou Ahidjo visait à consolider son pouvoir et à empêcher le Cameroun de devenir une "seconde Guinée" ou de tomber sous l'influence d'éléments "extrémistes" ou communistes, tels que l'Union des Populations du Cameroun (UPC). Bien que l'interdiction de l'UPC ait été levée en , le régime a continué à réprimer ses militants et leaders qui refusaient de se "rallier" au parti "unifié" puis "unique" imposé par Ahidjo.

Sources

Références

Bibliographie .

Compléments Articles connexes Droit camerounais Constitution camerounaise de 1961 Constitution camerounaise de 1972 Constitution camerounaise de 1984 Constitution du Cameroun

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