La chronologie du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais au est marquée par la poursuite du grappillage dans le Boulonnais, mais surtout par la découverte de la houille le par la Société Desaubois à la fosse Jeanne Colard de Fresnes-sur-Escaut. Quatorze ans plus tard, le charbon est remonté de la fosse du Pavé à Anzin. Dès lors, les tentatives et les ouvertures de puits se multiplient, les échecs restant nombreux, puis les sociétés rivales.
Face à la multitude de procès, les compagnies rivales fusionnent le , ce qui entraîne la fondation de la Compagnie des mines d'Anzin. Cette dernière se développe considérablement dans les décennies qui suivent, et prospère toujours plus. D'autres société tentent également de se développer, à l'instar de la Compagnie des mines d'Aniche vers la fin du siècle, mais qui n'a réellement commencé à prospérer que lors de la mise en service de la fosse La Renaissance à Somain, au début des années 1840.
Années 1700
thumb|upright=0.8|Pierre Mathieu. 1704 Le duc Louis-Marie-Victor d'Aumont meurt. : Pierre Mathieu naît à Lodelinsart.
Années 1710
1710 Pierre Desandrouin-Desnoëlles naît à Lodelinsart. : Augustin-Marie Le Danois naît.
1712 : Christophe Mathieu naît à Lodelinsart. : Philippe du Cavrel de Tagny, seigneur de Réty et d'Austruy, loue pour neuf ans ses exploitations à Jean Bocquet, de Guînes, à raison de quatre cents livres par an, et à charge d'acheter le stock extrait de deux mille barils moyennant .
thumb|upright=0.8|Pierre-Joseph Laurent. 1713 : Pierre-Joseph Laurent naît à Auberchicourt.
1716 juillet : les travaux de la fosse Point du jour débutent à Fresnes-sur-Escaut, en raison d'une permission spéciale, Jacques Mathieu étant venu marquer l'endroit. Les fosses du Moulin et Ponchelet sont ouvertes peu de temps après, la même année. : Jacques Mathieu part de Lodelinsart près de Charleroi pour se rendre à Fresnes-sur-Escaut avec sa famille et vingt ouvriers qu'il a engagés pour un an.
1717 : Jean-Pierre-Joseph Mathieu naît à Fresnes-sur-Escaut. : une concession est accordée à la Société Desaubois, par arrêt du Conseil d'État du roi. Ce même arrêt, établi en faveur de Nicolas Desaubois, attribue à la compagnie la somme de , remboursable dans un an en cas de réussite, ne l'étant pas en cas d'échec si la dépense est double. : les lettres patentes concernant la concession accordée le sont réalisées. La Société Desaubois est dissoute, et reformée sous le même nom. La première compagnie a alors dépensé , soit , pour épreuves. La date précise n'est pas connue, il n'y a pas d'indication pour savoir si cette nouvelle société est née avant ou après l'attribution de la concession. Les fosses Point du Jour, du Moulin et Ponchelet, comptant au total six puits, sont abandonnées à cause des venues d'eau.
1718 : Emmanuel de Croÿ-Solre naît à Condé-sur-l'Escaut. Les travaux de la fosse Jeanne Colard 1 débutent en fin d'année à Fresnes-sur-Escaut. Édouard Grar prétend qu'elle compte deux puits, alors que des sources plus récentes indiquent qu'un seul puits a été creusé en 1718, mais que deux autres, 2 et 3, l'ont été en 1723.
Années 1720
thumb|upright=2|La borne du puits Jeanne Colard 1 dans son environnement. 1720 Jean-Antoine et François-Joseph Desandrouin arrivent dans le Boulonnais. : la houille est découverte à la fosse Jeanne Colard, après dix-huit mois de travail. Il a coûté avant de trouver le charbon. : le conseil du roi accorde par arrêt une gratification de à la société, et une prorogation de privilège de cinq ans. Pierre Mathieu invente le cuvelage carré avec le picotage. : les travaux de la fosse Jeanne Colard se poursuivent, et une belle veine de charbon est découverte. Charles Cordier, chargé de la régie des fermes générales, tente sans succès de prélever un impôt sur le charbon remonté de la fosse. : une pièce du cuvelage de la fosse Jeanne Colard, faite de hêtre alors qu'elle aurait dû être en chêne, rompt, entraînant l'inondation des travaux souterrains. Deux mille livres, soit environ trois cents chariots en ont été tirés. Vingt mille livres ont été perdues, et un manque à gagner de est également à signaler, car la gratification du a été payée en billets de banque, qui ont entretemps perdu toute valeur.
1721 : le gouvernement donne par arrêt deux cents chênes de la forêt de Mormal en faveur de la Société Desaubois, afin de réparer le puits. : faute d'avoir pu réparer le puits et reprendre l'exploitation, les associés abandonnent la Société Désaubois. La fosse est ensuite comblée, et les machines, les pompes et les chevaux, vendus. septembre : Jean-Jacques Desandrouin fonde avec Pierre Taffin la Société Desandrouin-Taffin. Tandis que certains associés, dont Nicolas Desaubois, se sont retirés, Pierre Desandrouin-Desnoëlles a rejoint la société en apportant le matériel, qu'il avait racheté pour .
1722 : un arrêt du conseil subroge au droit des premiers concessionnaire Pierre Desandrouin-Desnoëlles et fait défense à ces premiers de le troubler. Jacques Richard et Jacques Mathieu sont encore présents pour cette troisième association. : Jean-Antoine Desandrouin meurt.
1723 Le duc d'Aumont, marquis de Villequier, fils du duc Louis-Marie-Victor d'Aumont décédé en 1704, meurt. François-Joseph Desandrouin acquiert du duc d'Aumont, également marquis de Villequier, puis, après la mort de ce dernier, de son frère le duc d'Humières, la jouissance des mines d'Hardinghen, et en continue l'exploitation. La Société Desandrouin-Taffin ouvre deux nouveaux puits près de la fosse Jeanne Colard 1. Bien qu'Édouard Grar les indique comme constituant la fosse Peau de Loup, des études plus récentes indiquent qu'il s'agit en fait des puits 2 et 3 de la fosse Jeanne Colard, exactement situés au sud du premier puits.
1724 C'est à partir de cette année-là que la houille est régulièrement exploitée à Fresnes-sur-Escaut, et sans interruption. : François-Joseph Desandrouin conclut avec l'exploitant sur Réty un traité commercial réglant les conditions de vente des charbons, tant sur les lieux de production qu'en un dépôt situé à Guînes. Les dirigeants de la société promeuvent le charbon en démontrant son utilité pour cuire des briques.
1725 Les avaleresses du Sars sont tentées sur la seigneurie d'Aubry, actuellement Petite-Forêt, mais abandonnées à cause des venues d'eau. Elles ont coûté . : la société Desandrouin-Taffin traite le doit d'entre-cent avec le seigneur d'Estreux pour la somme de soixante écus, soit par an. En effet, l'arrêt de 1717 accorde la concession à la condition que la compagnie paye aux seigneurs hauts-justiciers les mêmes droits qui se payent dans les dépendances du territoire de Mons. septembre : la société traite avec les seigneurs d'Oisy et d'Aubry pour cent écus, soit trois cents livres, par an à chacun pour les droits d'entre-cent.
1726 Deux puits, constituant la fosse Peau de Loup sont exécutés sur le territoire d'Odomez, au nord de la fosse Jeanne Colard. La fosse d'Estreux est entreprise à Estreux, jusqu'à la profondeur de quarante toises, mais elle est abandonnée à cause de terrains de mauvaise nature, malgré le creusement de deux galeries. Elle a coûté . : à la suite de fosses ouvertes sur le territoire de la seignerie d'Aubry, les avaleresses du Sars, quelques années après l'arrêt du , un nouvel arrêt étend la concession.
1727 Les avaleresses Peau de Loup commencées l'année précédentes sont abandonnées, de même que la fosse d'Estreux.
1728 Les deux puits de la fosse Joseph Routard sont commencés, près de la fosse Jeanne Colard. Les avaleresses Bosquiaux sont entreprises à Bruay-sur-l'Escaut, mais abandonnées à cause des venues d'eau. Elles ont coûté .
1729 Les avaleresses de Quarouble sont entreprises à Quarouble, mais abandonnées à cause des venues d'eau et de l'éboulement des terres. Elles ont coûté .
Années 1730
1730 François-Joseph Desandrouin réunit à ses exploitations celles de Réty, en vertu d'un contrat conclu avec le sieur de Contes d'Esgranges, seigneur de Bucamps, héritier de Philippe du Cavrel de Tagny par se femme, Henriette-Gertrude de Harchys, cousine germaine de ce dernier. Il a acquis ces divers privilèges moyennant une redevance une fois payée de deux mille libres pour chaque fosse creusée. Gaspard Moïse Augustin de Fontanieu, seigneur et marquis de Fiennes, acquiert la terre de Fiennes de la comtesse de Valençay. L'avaleresse de Crespin est entreprise sur le territoire de Crespin, mais abandonnée à cause des venues d'eau survenues lorsque les bois d'un cuvelage rond provenant d'un ancien puits ont été retirés. Elle a coûté . Les fosses Toussaint Carlier et Longfarva sont commencées à Fresnes-sur-Escaut.
1731 Les puits d'extraction et d'épuisement de la fosse Petites Fosses à Fresnes-sur-Escaut sont commencés, d'autres sources indiquent 1730. La fosse de la Citadelle est entreprise à Valenciennes en dehors des fortifications, non loin de la porte Notre-Dame dite porte de Paris. Trois petites veines inexploitables de houille maréchale ont été découvertes dans une galerie longue de cent toises. Elle a coûté . : François-Joseph Desandrouin meurt, son frère Jean-Pierre Desandrouin-Desnoëlles lui succède.
1732 Les puits 2 et 3 de la fosse Jeanne Colard sont décrits comme ayant été comblés à la suite de l'apparition d'une source. Les puits de la fosse Petites Fosses commencées l'année précédente sont achevées, et on y monte la première machine à vapeur connue de France, qui a coûté . Les fosses Crève-Cœur et Saint-Pierre sont commencées à Fresnes-sur-Escaut.
1733 La fosse de la Citadelle, commencée deux ans plus tôt, est abandonnée. La société traite avec l'abbé d'Hasnon, seigneur de la terre d'Anzin, pour le droit d'entre-cent, à raison de cent écus par an. : la fosse du Pavé est commencée sur le territoire d'Anzin, dans un secteur où il y avait des exploitations souterraines de craie.
1734 : la houille est découverte à la fosse du Pavé après du mois de travaux, jour et nuit. Celle-ci a été jugée convenir à tous les usages, et être plus qualitative que celle provenant de l'étranger. Édouard Grar indique que la fosse du Pavé est la douzième fosse utilement creusée. Le charbon a été extrait d'une veine dénommée la « Grande Droiteuse ».
1735 Au début de l'année, à Fresnes-sur-Escaut, Édouard Grar rapporte qu'il y a sept puits en activité dont cinq pour l'extraction : Petites Fosses, Longfarva, Routard, Toussaint Carlier et Saint-Pierre. Les sources plus récentes se contredisent, car elles indiquent que la fosse Routard aurait été fermée soit en 1736, soit en 1733. Les fosses Longfarva et Petites Fosses sont abandonnées. Dans le Boulonnais, Gaspard Moïse Augustin de Fontanieu présente une requête au roi, et entreprend plusieurs fosses, en vertu de son droit de propriétaire du sol, sur le territoire de Fiennes, et même sur le territoire d'Hardinghen, faisant ainsi concurrence à Jean-Pierre Desandrouin-Desnoëlles. Un second puits, dit du Pavé Sud, par opposition au Pavé Nord, est ajouté à la fosse du Pavé afin de développer l'exploitation. : Jean-Jacques Desandrouin et Pierre Taffin passent contrat avec la ville de Valenciennes, par lequel les magistrats, représentant la ville, consentent à l'extraction du charbon dans la banlieue, depuis Anzin jusqu'à l'Escaut, et non au-delà, moyennant une redevance annuelle de , soit . : Jean-Jacques Desandrouin et Pierre Taffin obtiennent par arrêt une prorogation de leur privilège de vingt ans, pour terminer le . Sans cela, le privilège aurait pris fin en 1740. : Emmanuel de Croÿ-Solre réclame son droit de haut-justicier pour sa seigneurie de Fresnes, par requête devant l'intendant.
1736 Les fosses Joseph Routard et Crève-Cœur sont abandonnées. Le second puits de la fosse du Pavé est achevé, et la fosse fonctionne à plein régime. Jacques Mathieu indique alors que « l'ouvrage a été mis en sa perfection ».