Le Queen's Hall était une salle de concert située à , à Londres, qui a ouvert en 1893. Conçue par l’architecte T.E. Knightley, la salle pouvait accueillir environ . Elle devint la principale salle de concert de Londres. De 1895 à 1941, le Queen's Hall était la résidence des promenade concerts ("The Proms") créés par et Henry Wood. La salle était terne avec des sièges étroits mais avait une superbe acoustique. Elle devint connue comme le « centre musicale de l'Empire Britannique« The musical centre of the British British Empire », » et les principaux musiciens de la fin du et du début du y ont joué, Claude Debussy, Edward Elgar, Maurice Ravel ou Richard Strauss par exemple.
Dans les années 1930 la salle devient la résidence londonienne principale de deux nouveaux orchestres, le BBC Symphony Orchestra et le London Philharmonic Orchestra. Ces deux ensembles haussèrent les normes de jeu orchestral à Londres vers de nouveaux sommets, et l'orchestre du Queen's Hall, fondé en 1893, est éclipsé puis dissous 1930. Ces nouveaux orchestres attirent une nouvelle génération de musiciens d'Europe et des États-Unis dont Serge Koussevitzky, Willem Mengelberg, Arturo Toscanini, Bruno Walter ou Felix Weingartner.
En 1941, durant la Seconde Guerre mondiale, le bâtiment est détruit par une bombe incendiaire pendant le Blitz. Malgré un grand lobbying pour reconstruire la salle le gouvernement décide de ne pas le faire. Les principales fonctions musicales du Queen's Hall sont transférées au Royal Albert Hall pour les Proms et au nouveau Royal Festival Hall pour les concerts de la saison musicale.
Contexte Le site sur lequel la salle était construite était bordé par l'actuelle , Riding House Street et Great Portland StreetElkin (1944), . En 1820 le terrain est acheté par la durant le développement par John Nash de Regent Street. Entre l'achat et la construction du bâtiment, le terrain est d'abord sous-loué à un carrossier et gardien de chevaux, et en 1851 un bazar occupait le site. En 1887, le locataire, Francis Ravenscroft, négocie un contrat de construction avec la Couronne afin de lancer la construction d'une nouvelle salle de concert. Le nom du nouveau bâtiment devait être le The Victoria Concert Hall ou The Queen's Concert HallElkin (944), . Le nom finalement retenu fut The Queen's Hall peu avant l’ouverture de la salle. L'historien Robert Elkin avance que le nom de Victoria Concert Hall a été abandonné pour ne pas confondre avec le Royal Victoria Music Hall, le nom formel de l’Old VicElkin (1944), .
Cette nouvelle salle devait fournir un lieu de musique plus que nécessaire dans le centre de Londres. , juste au sud d'Oxford Circus était trop petit, souffrait de problèmes de sécurité et était trop peu ventilé. Bernard Shaw parlait dans ses critiques musicales « des éternels et monotones Steinway Hall, Hall Prince et St James's Hall » et il accueillit chaleureusement le nouveau bâtimentLaurence, .
Construction vignette|Plans de Knightley du niveau de la plate-forme de la salle Ravenscroft charge l’architecte Thomas Edward Knightley de concevoir la nouvelle salle. Se basant sur un plan de , Knightley dessine une salle de pouvant accueillir . Des journaux de l’époque commente la hauteur inhabituelle du bâtiment. La sculpture extérieure est l’œuvre de Sidney W. Elmes and Son, et le mobilier est fourni par Lapworth Brothers and Harrison. L'éclairage est au gaz et électriqueElkin (1944), ..
Le décor originel se composait de murs gris en terre cuite, de sièges , de grands abat-jour rouges suspendus au-dessus de l'orchestre, de miroirs entourant la scène et de portraits des plus grands compositeurs sur les côtés de la plate-formeElkin (1946), and (1944), .. La peinture devait être de la couleur du « ventre d'une souris londonienne, » et Knightley aurait eu dans son atelier des souris mortes afin de s'assurer de la bonne couleur. La scène avait des sièges mobiles sur « un tapis brunâtre dont la couleur se mélangeait avec celle chamois terne des murs ». Sur le plafond en arche était peint l'Opéra de Paris par Carpegat, peinture décrite par E. M. Forster comme « les Amours atténués qui entourent le plafond du Queen's Hall, s'inclinant l'un vers l’autre mièvrement, et vêtus d'un pantalon jaunâtre »Forster, E. M. Howards End 1910, Chapter 5, accessed 7 August 2011.
Au centre de la promenade se trouvait une fontaine contenant des cailloux, des poissons rouges et des nénupharsElkin (1944), . Selon le chef d'orchestre Sir Thomas Beecham, « toutes les trois ou quatre minutes une fascinante jeune femme tombait dans la fontaine et devait être sauvée par un soupirant chevaleresque. Cela devait arriver trente-cinq fois chaque soirée. Des étrangers venaient de toute l'Europe pour y assisterAyre, . » Le Queen's Small Hall, en haut du bâtiment contre le conservatoire, pouvait accueillir 500 personnes pour des récitals, des concerts de musique de chambre et autres petites représentations. En , Bernard Shaw le décrit comme « une pièce en forme de cigare avec des fenêtres au plafond, rappelant le carré d'un navire… maintenant de loin la plus confortable de nos salles de concert. » La salle de concert fournissait des installations modernes, une façade ouverte pour voitures et des espaces de stationnement, une salle de presse, des espaces publics et des barsElkin (1944), .
À l'époque, et par la suite, la salle était louée pour sa superbe acoustique, inégalée dans les autres salles de Londres. Peu après son ouverture, Shaw salue la salle comme une « réussite acoustique heureuse. » Knightley suivit l'exemple de bâtiments antérieurs réputés pour leur bonne acoustique ; les murs de l'auditorium étaient couverts de bois fixé sur des lattes épaisses et de grosses toiles étaient tendues sur le bois et ensuite fixées et décorées. Il calcula que la surface continue et le revêtement en bois devaient être comme « le corps d'un violon -résonnant. » The Observer notait que le bâtiment « ressemblait à un violon dans sa structure et dans sa forme. »
Peu avant l'ouverture, Ravenscroft embauche Robert Newman comme manager. Newman avait déjà eu trois différentes carrières, comme , comme soliste basse et comme agent de concertElkin (1944), . Le reste de sa carrière sera associé au Queen's HallCox, , et son nom et celui de la salle deviendront synonymesWood, .
Premières années Le Queen's Hall ouvre pour la première fois ses portes le . Newman organise une fête pour les enfants l'après-midi et sont invitées pour la représentation du soir décrite par Elkin comme « une sorte de vue privée, » avec des morceaux populaires joués par le , et des chants et des pièces solo pour orgue ou piano interprétés par des musiciens renommés. Après la représentation les sièges sur la scène sont retirés, des rafraichissements sont servis et les invités dansentElkin (1944), .
Le un est donné par la Royal Amateur Orchestral Society, concert dont le mécène est le prince Alfred (le second fils de la Reine Victoria). Le prince de Galles Édouard VII et le prince Arthur assistent au concert. Knightley avait fait construire une loge royale dans le grand cercle mais le prince Alfred dit à Newman « mon frère ne s’assoira jamais dans çà, » et Newman fit démolir la loge. Les membres de la famille royale étaient assis dans des fauteuils devant le parterreElkin (1944), .. Le programme comprenait des œuvres orchestrales de Sullivan, Gounod, Auber, Mendelssohn et Tchaikovsky, ainsi que des solos du violoniste et du baryton Elkin (1944), ..
L'ouverture officielle a lieu le . Frederic Hymen Cowen dirige l'orchestre ; l'Hymne National est chanté par Emma Albani et un chœur de 300 voix constitué en peu de temps par Newman ; le Chant de louange de Mendelssohn suit avec Albani, Margaret Hoare et Edward Lloyd comme solistes. Dans la seconde partie du programme est joué le Concerto pour piano 5 de Beethoven avec Frederick Dawson au piano. Les autres morceaux dans le désordre de la seconde partie sont "Sweet Bird" d'Handel (Albani), "Absence" et "Parted Presence" de Cowen (Hoare) et la marche de la Reine de Saba de Gounod.
À partir de l'automne 1894, le Queen's Hall est choisi pour accueillir les concerts de la saison hivernale de la Philharmonic Society of London, concerts qui avaient auparavant lieu au St James's Hall. Lors du premier concert philharmonique au Queen's Hall, Alexander Mackenzie dirigea la première anglaise de la Symphonie Pathétique de Tchaïkovski qui est si bien reçue quelle est jouée de nouveau, par acclamation populaire, lors du concert suivant. Durant la saison 1894–95 Edvard Grieg et Camille Saint-Saëns dirigent des interprétations de leurs œuvres. La Société reste au Queen's Hall jusqu'en 1941Elkin (1946), and 180..
Promenade concerts vignette|gauche|redresse|Henry Wood Pour remplir la salle durant la période chaude estivale durant laquelle les Londoniens évitent les théâtres et les salles de concert, Newman prévoit de mettre en place une saison de dix semaines de , avec des tickets à bas prix pour attirer un public plus large que durant la saison principale. Les coûts devant être baissés Newman décide d'engager un chef d'orchestre jeune et peu connu, Henry Wood, pour diriger la saisonJacobs, . Il y a eu plusieurs saisons de promenade concerts à Londres depuis 1838, avec des chefs d'orchestre comme Louis Antoine Jullien ou Arthur SullivanElkin (1944), . Les concerts de Sullivan durant les années 1870 ont rencontré un succès particulier car ils offraient au public plus que la musique légère habituelle. Il a introduit des œuvres majeures de la musique classique comme les symphonies de Beethoven normalement réservées aux concerts plus chers montés par la Philharmonic SocietyElkin (1944), . Newman visait à faire de même : « Je vais faire des concerts nocturnes et entrainer le public par étapes simples. Populaire au début, élevant régulièrement le standard jusqu'à créer un public pour la musique moderne et classiqueOrga, . »
La détermination de Newman pour rendre les promenade concerts attirants pour tout le monde le conduit à autoriser à fumer durant les concerts, ce qui ne sera plus formellement interdit durant les Proms jusqu'en 1971Orga, . Des boissons sont disponibles dans tout le bâtiment durant le concert, pas uniquement pendant les entractesJacobs, . Les prix étaient environ un cinquième de ce qu'ils étaient durant les concerts normaux : la promenade (le secteur debout) était à un shilling, le balcon deux shillings et le grand cercle (places réservées) trois et cinq shillingsOrga, .
Newman avait besoin de trouver des supports financiers pour sa première saison. George Cathcart, un riche otorhinolaryngologiste, offrit de sponsoriser à deux conditions : Wood ne dirigera pas tous les concerts et la hauteur des instruments de l’orchestre sera abaissé au standard européen. Le diapason de concert en Angleterre était presque un demi-ton plus haut que celui utilisé sur le continent et Cathcart considérait cela dommageable pour les chanteursElkin (1944), . Wood, qui était également professeur de chant, était d'accord avec celaJacobs, . Les cuivres et bois du Queen's Hall Orchestra n'étaient pas d'accord pour acheter de nouveaux instruments plus bas, Cathcart importa alors des instruments de Belgique qu'il prêta aux musiciens. Après une saison les musiciens furent d'accord pour adopter définitivement ce nouveau diapason et ils achetèrent les instruments à Cathcart.