Les armes de destruction massive en Irak sont un arsenal nucléaire et des armements chimiques supposés, devenues l'argument déclencheur de l'invasion de l'Irak par les États-Unis en 2003. Ces affirmations de possessions de ces armes s’avéreront par la suite être des mensonges d'État basés sur des allégations infondées.

C'est en 2013, que Hans Blix réaffirme qu'en Irak, .. Dans un entretien en 2013, Colin Powell déclare, au sujet des armes de destruction massive en Irak, que ..

Programme nucléaire irakien

vignette|gauche|Le centre de recherche nucléaire d'Al-Tuwaitha à la sortie sud-est de Bagdad le après un bombardement américain. Durant la guerre du Golfe, 20 % du programme nucléaire irakien est neutralisé par les forces de la Coalition Tuwaitha Al Tuwaitha Nuclear Center al-Aseel / al-Diyalla Facility, GlobalSecurity.org. Le , l'URSS et l'Irak signent un accord prévoyant la construction d'une centrale nucléaire et l'établissement d'un programme nucléaire, dans le cadre de leur rapprochement diplomatique. En 1968, les Soviétiques fournissent un réacteur de recherche aux Irakiens qui pourrait être utilisé pour la production de radioisotopes. Ce réacteur est construit près de Bagdad sur le site de d'Al-Tuwaitha Development of the Al-Tuwaitha Site: What If the Public or the IAEA had Overhead Imagery?, David Albright, Corey Gay, et Khidhir Hamza, 26 avril 1999.

En 1975, lors d'une visite officielle à Moscou, Saddam Hussein demande aux Russes la construction d'un modèle de centrale nucléaire de pointe. Ceux-ci acceptent en contrepartie d'une régulation par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), contraignant l'Irak à refuser. Le programme nucléaire irakien est en revanche assisté par une variété d'entreprises et de gouvernements de par le monde What Iraq Admitted About its Chemical Weapons Program, consulté le 10 janvier 2013.

L'Irak ratifie le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) le , pour une entrée en vigueur le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, consulté le 9 janvier 2013. Dans les années 1970-80, l'Irak poursuivrait toutefois clandestinement un vaste programme d'armes biologiques et nucléaires, bien qu'aucune bombe atomique ne soit construite. Cette version est notamment appuyée par le scientifique irakien Khidir Hamza en 1998 qui contribua à ce programme avant de s'exiler aux États-Unis en 1994 après la guerre du Koweït et qui explique comment Saddam Hussein bernait l'AIEA Inside Saddam's secret nuclear program, Bulletin of the Atomic Scientists, Khidhir Hamza.

Le , Israël lance un raid aérien contre le réacteur nucléaire irakien Osirak (acheté en 1976 à la France officiellement destiné à des fins civiles et scientifiques Bennett Ramberg, Nuclear Power Plants as Weapons for the Enemy: An Unrecognized Military Peril. University of California Press, 1985) situé près de Bagdad lors de l'opération Opéra, résultant en sa destruction, tandis que l'Iran bombarde plusieurs fois le site durant la guerre Iran-Irak et que les États-Unis feront de même durant la guerre d'Irak de 2003.

En 1988, des ingénieurs allemands présentent des données de centrifugation qui auraient contribué au développement du programme nucléaire irakien.

Enrayé par Israël et l'Iran puis par l'ONU et l'AIEA, le programme nucléaire irakien est définitivement abandonné dans les années 1990 après la guerre du Golfe. Parmi les vecteurs qu'aurait pu probablement utiliser l'armée irakienne figurait le missile balistique Al Hussein d'une portée de .

En , d'uranium concentré en provenance d'Irak sont transportés par avion jusqu'à la base militaire américaine de Diego Garcia, dans l'océan Indien. Puis l'uranium est acheminé secrètement par bateau jusqu'au port de Montréal. L'uranium, acheté par la société canadienne Cameco, est ensuite envoyé à la raffinerie d'uranium de Blind River puis converti à l'usine de Port Hope en Ontario pour être utilisé comme combustible nucléaire dans les centrales américaines..

En 2010, l'Irak, partie prenante des 189 pays adhérents au traité de non-prolifération nucléaire (TNP), signe un accord sur un Moyen-Orient dénucléarisé préconisant qu'Israel s'y conforme.

Armes chimiques et biologiques en Irak

vignette|Un inspecteur de l'AIEA dans une usine de machines en Irak en mars 2002.

Les Irakiens avaient des stocks considérables d'armes biologiques : anthrax, aflatoxine, bactéries Clostridium perfringens pouvant causer la gangrène, ricine. Des recherches furent également effectuées sur la bactérie Salmonella et le choléra selon des révélations faites aux inspecteurs de l'ONU par le docteur Rihab Taha, chef du programme d'armes biologiques irakien pendant sept ans, jusqu'en 1995 Iraqi bio-scientist breaks silence, BBC News, 9 février 2003 4 Nations Thought To Possess Smallpox Iraq, N. Korea Named, Two Officials Say, The Washington Post, 5 novembre 2002.. Les Irakiens avaient également des stocks d'armes chimiques : gaz moutarde, sarin, tabun. Le cyclosarin fut également expérimenté par l'armée irakienne ; l'Irak reste le seul pays à l'avoir utilisé au combat lors de sa guerre avec l'Iran .. 52 % des équipements de fabrication d'armes chimiques irakiens est estimé être d'origine ouest-allemande et 21 % d'origine française..

Le principal des cinq sites de production d'agents toxiques dans les années 1980 est le , à Samarra, qui a produit entre autres du gaz VX à partir de 1988 qui est aussi un centre de recherche et développement avec l'apport notamment de trois sociétés françaises, Protec SA, De Dietrich et Carbone lorraine.. Les autres étant Al-Rashad à Sadr City, qui dispose d'un autre centre de R&D, et Al-Falluja I, II, et III..

L'utilisation au combat de munitions chimiques est attestée à partir de 1983. Selon Slate, des documents d'époque déclassifiés de la CIA et des interviews d'anciens responsables des renseignements américains montrent que l'Irak, avec le soutien des États-Unis, a utilisé à plusieurs reprises des armes chimiques, notamment du sarin, pendant sa guerre contre l'Iran..

D'après la CIA, en 1989, le gouvernement irakien aurait par ailleurs détruit au moins de sarin dégradé Stability of Iraq's CW stockpile, FAS.org. Après la guerre du Golfe de 1990-1991, le gouvernement irakien a déclaré, entre autres, de calibre armés de sarin pour lance-roquettes multiples et d'artillerie de calibre ..

Dans le cadre des sanctions appliquées à l'Irak, les agents de l'ONU ont localisé et détruit de grandes quantités d'armes chimiques irakiennes et d'équipement associé pour en produire tout au long des années 1990, avec divers degrés de coopération et d'obstruction de la part du gouvernement irakien What Happened to Saddam's Weapons of Mass Destruction?, Arms Control Association, en empêchant par exemple l'entrée des inspecteurs dans les quartiers-généraux du Parti Baas à Bagdad Baghdad prevents inspections at Baath party headquarters, Arabic News.com, 12 novembre 1998. .

Colin Powell présente en effet le devant le Conseil de sécurité des Nations unies un dossier mensonger sur un programme de fabrication d'arme de destruction massive. Une fois l'invasion réalisée, des inspections de l'ONU sont effectuées sur le terrain sous la direction de Hans Blix, qui indique ne pas avoir trouvé d'armes de destruction massive en Irak, et ne pouvoir confirmer la poursuite effective du programme dans les années 2000.

Entre 2003 et 2011, seulement munitions chimiques ont été découvertes par les forces d'occupation américaines.., dont certaines produites par les occidentaux. Entre l’'invasion de l'Irak en 2003 et 2011, plus de munitions chimiques pour l'artillerie et l’aviation datant d'avant 1991 ont été découvertes dans le pays ainsi que plusieurs tonnes de divers produits chimiques, la moitié environ en 2006.

Chronologie des attaques à l'arme chimique vignette|Cimetière d'Halabja où sont enterrées les victimes de l'attaque au gaz de mars 1988 menée durant l'opération Anfal.

Perpétrées par l'armée irakienne durant la guerre Iran-Irak, le génocide kurde (opération Anfal) et lors de l'insurrection en Irak de 1991 DCI Special Advisor Report on Iraq's WMD, volume I, du document pdf. Iraq’s Chemical Warfare Program, sur le site de la CIA. Consulté le 10 janvier 2013., les chiffres des victimes sont fournies par des documents de la CIA hors indications : Localisation Arme utilisée Date VictimesHaij Umran gaz moutarde moins de 100 Iraniens/KurdesPanjwin gaz moutarde octobre- Iraniens/Kurdesîle de Majnoon gaz moutarde février- IraniensBassora tabun 50 à 100 IraniensHawizah Marsh gaz moutarde et tabun Iraniensal-Fāw gaz moutarde et tabun à IraniensUm ar-Rasas gaz moutarde IraniensBassora gaz moutarde et tabun IraniensSumar/Mehran gaz moutarde et agents innervants IraniensHalabja gaz moutarde et agents innervants Entre et voir . et Kurdes/Iraniensal-Fāw gaz moutarde et agents innervants IraniensLac poisson (étendue de désert à l'ouest de Shalamcheh) gaz moutarde et agents innervants 100 à Iraniensîle de Majnoon gaz moutarde et agents innervants 100 à Iraniensfrontière sud-centrale gaz moutarde et agents innervants 100 à IraniensNadjaf - Kerbala agents innervants et cyclosarin inconnues

La position américaine Mensonges, propagande et doutes vignette|gauche|Colin Powell, secrétaire d'État des États-Unis, tenant une capsule d'anthrax, lors d'une session du Conseil de sécurité des Nations unies, prétendant que l'Irak est susceptible de posséder des armes de destruction massive, 5 février 2003. Les États-Unis et le Royaume-Uni soutiennent que l'Irak de Saddam Hussein détenait clandestinement d'importants stocks d'armes de destruction massive en 2003. La résolution 1441 du Conseil de sécurité des Nations unies qui demandait à Saddam Hussein de « coopérer activement, immédiatement et inconditionnellement » avec les inspecteurs de l'ONU et de l'AIEA de à et portant sur le désarmement de l'Irak s'est vue ignorée selon le gouvernement américain U.N.: Iraq had no WMD after 1994, USATODAY, 3 février 2004, ce qui deviendra l'un des casus belli (avec les liens supposés entre le régime de Bagdad et Oussama ben Laden) de l'opération liberté irakienne (Iraqi Freedom) en 2003 (concept de « guerre préventive ») menée par l'administration Bush afin de justifier l'invasion.

En , Dick Cheney déclare dans un discours qu'il « n’y a pas de doute que Saddam Hussein a maintenant des armes de destruction massive ». Un responsable de la CIA confie au journaliste Ron Suskind : « Où est-il allé chercher ça ? ».

En , le directeur de la CIA George Tenet et le secrétaire d'État Colin Powell affirment devant le Comité des affaires étrangères du Sénat des États-Unis que Saddam Hussein est en train d'essayer d'acheter du yellowcake au Niger. Au même moment, le gouvernement de Tony Blair prétend aussi que le dictateur irakien essaierait d'acheter de l'uranium dans un pays africain. En , le département d'État des États-Unis reprend cette accusation dans un rapport titré www.state.gov . George W. Bush déclare, dans une allocution radiophonique que « le régime irakien possède des armes biologiques et chimiques, reconstruit des installations pour en fabriquer encore plus et selon le gouvernement britannique pourrait lancer une attaque chimique ou biologique en . Ce régime cherche à avoir la bombe nucléaire et avec des matériaux fissiles pourrait en fabriquer une en un an »..