Michel Dugast Rouillé est un médecin, généalogiste et historien français, spécialiste du , de l’Autriche et de la noblesse française. Né le à Nantes en Loire-Atlantique, il meurt le à Saint-Nazaire.

Ses travaux généalogiques dans les années 1970 sur la noblesse française, publiés dans la collection Le Nobiliaire de France, font scandales et résonnent au-delà des frontières de l’Hexagone. Historien spécialiste de l’Autriche et de l’art baroque, il publie plusieurs ouvrages sur les Habsbourg et l’histoire de l’Europe. En 1991, paraît la première biographie en langue française de Charles de Habsbourg, le dernier empereur et roi apostolique, sur laquelle il travaillait depuis de longues années.

Biographie Jeunesse et études D’origine bretonne (Josselin, Morbihan), Michel Dugast Rouillé naît le à Nantes, sur la rive droite de la LoireMichel Dugast Rouillé, L'Ombre de Clemenceau à Mayerling, CID Éditions, 1985, couverture arrière.. Il fait ses études secondaires à l’Institution Richelieu à La Roche-sur-Yon, puis à l’externat des Enfants-Nantais à NantesWho’s Who in France, Levallois-Perret, Éditions Jacques Lafitte, , 1955-1956, à « Dugast Rouillé (Michel) »..

Il poursuit ses études à la Faculté de médecine de Paris et à l’Institut d'études politiques de Paris (section des relations internationales)Il suit les trois années d’étude, mais il ne se présente pas à l’examen final du diplôme de Science Po.. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est versé à sa demande dans l’artillerie et passe par l’École Militaire de l'Artillerie de FontainebleauNouveau dictionnaire national des contemporains, Paris, Éditions Robin, 1962, à « Michel Dugast Rouillé » ..

Le médecin En 1951, il soutient sa thèse de médecine sur la morphologie du visage, dont il publie un livre l’année suivante sous le titre de Morphologie. Prosopologie et myopsychothérapie faciale, traduit en allemand en 1956. Il se spécialise dans les questions de nutrition, de sexologie et d’esthétique, et publie plusieurs ouvrages sur ces thèmes dans les quinze années suivantes. Il est professeur à l’Institut Supérieur de l’Alimentation de Paris de 1951 à 1971Who’s Who in France, Levallois-Perret, Éditions Jacques Lafitte, , 1987-1988, à « Dugast Rouillé (Michel) »..

En 1953, le docteur Dugast Rouillé participe à la réalisation du film Les Enfants de l'amour en raison de l’autorité qu’il a acquise sur les questions morales et sexuelles par ses livres : Catholicisme et sexualité paru avec l’imprimatur de l’Archevêché de Paris et Physiologie de l’acte sexuel. Étude médicale sur la 'reservata''' paru la même année. En 1956, paraît Grossesse sans trouble, maternité heureuse, traduit en espagnol l’année suivante.

Il ouvre son cabinet de médecine à Boulogne-sur-Seine en 1956 et collabore à divers périodiques spécialisés.

À la suite du décès de sa mère, Michel Dugast Rouillé retourne aux sources et publie en 1970 un recueil de contes et légendes de Bretagne, Légendes et histoires fantastiques de ma Bretagne.

En 1986, paraît un essai sur l’héritage de Freud, La Psychanalyse devant la morale et la religion, dans lequel il prend position contre la psychanalyse à la suite de son préfacier, le docteur Baruk.

La collection du Nobiliaire de France Dès les années 1960, le docteur Dugast Rouillé travaille sur une œuvre monumentale de généalogie : réunir, pour la première fois dans une même publication, tous les éléments concernant les familles actuelles de la noblesse française, c’est-à-dire l’origine des familles, leur nom patronymique et les personnes elles-mêmesDr. M. Dugast Rouillé, Le Nobiliaire de France, Tome I [A-K], , Nantes, 1975, « Pourquoi ? » en avant-propos.. Il met quatorze ans pour rassembler la documentation et les preuves nécessaires à son Nobiliaire de France. Il écrit individuellement à tous les chefs de famille et chefs de branche, mais moins de dix pour cent répondent aux demandes de renseignements concernant leur familleJérôme Duhamel, « Panique dans les châteaux : un médecin publie la liste des faux nobles – Du rififi dans les châteaux », dans Paris Match, Paris, N°1273, 29 septembre 1973, l’événement ..

En 1972 et 1973, paraissent successivement les deux volumes de la première édition de ses recherches, sous le titre Le Nobiliaire de France P. M., « El doctor Dugast Rouillé depura a la nobleza francesa », dans Revista Miss, Madrid, N°352, 28 de diciembre de 1973.. Face aux critiques, aux omissions et aux nécessaires corrections, il publie trois ans plus tard une seconde édition corrigée et exacte (sans prétendre être complète) : un gros ouvrage en deux tomes qui fait état de quatre mille familles qui constituent le dernier carré de la noblesse en FranceF. Bernard-Beaumaine, « Le Nobiliaire de France recense quatre mille familles », dans Le Monde, Paris, 28-29 novembre 1976.Jean Fayard, « Qui t’a fait noble ? », dans Le Figaro, Paris, 1 novembre 1977..

Il complète son travail en 1978 et 1979 par la publication des Notables ou la "Seconde noblesse"« Les faux nobles », dans Le Monde, Paris, 24-25 septembre 1978.Ph. B., « Le deuxième tome des Notables. Les 'Chimères généalogiques' », dans Le Monde, Paris, 8 août 1979.. Ces troisième et quatrième tomes de la collection présentent la « noblesse d’apparence », les noms de famille sans titre, sans existence juridique prouvée de noblesseJean-Dominique Boucher, « Le docteur analyse le sang bleu », dans Ouest-France, Rennes, 16-17 août 1980.. Après les deux premiers tomes qui ont déclenché l’offuscation des familles non répertoriées, ces deux nouveaux ouvrages déchaînent de nouvelles passions dans les milieux de la noblesse française. Ils lui valent même quelques procès devant les tribunauxJean-Paul Cruse, « Chassez la particule, elle revient au galop », dans Libération, Paris, 6 juillet 1982, enquête . Ian Murray, « Jacques all right if the de is proven », dans The Times, London, 10 july 1982. Jon Swain, « France’s ex-President Giscard proves to be just plain 'Mister' », dans The Observer, London, 12 july 1982.. Les ouvrages de la collection du Nobiliaire de France sont précieux aux chercheurs et aux passionnés de généalogie et de noblesse française.

En , Michel Dugast Rouillé est candidat à la succession du duc de Levis-Mirepoix à l’Académie françaiseMichel Déon et Félicien Marceau, De Marceau à Déon. De Michel à Félicien. Lettres 1955-2005, Paris, Gallimard, 2011, .Michel Guillet, « Un habit vert pour la bête noire de la noblesse », dans Le Journal du dimanche, Levallois-Perret, 10 octobre 1982.. Il ne sera pas élu.

L'historien et l’Autriche Passionné d’histoire depuis ses années à Science Po, Michel Dugast Rouillé est membre de la Société française d'héraldique et de sigillographieMichel Dugast Rouillé, Les Grands mariages des Habsbourg, Saffroy, 1955, couverture avant. et de la Société des études historiquesLa Revue des deux mondes, Paris, 1 novembre 1961, .. Il publie en 1955 Les Grands mariages des Habsbourg, préfacé par S.A.R. le prince François-Xavier de Bourbon-Parme, en collaboration avec Hubert Cuny et le baron Hervé Pinoteau : œuvre à la fois historique, généalogique et héraldique, elle liste le récit des fiançailles et des mariages des grands empereurs d’Occident, la généalogie complète de la famille des Habsbourg depuis l’an 550 (preuves à l’appui) et les quartiers de chaque empereur. Qu’il relate l’histoire du romanesque mariage de François-Joseph avec Élisabeth de Bavière, Sissi, ou celle du mariage de Maximilien avec Anne de Bretagne, cet ouvrage, dont le prince Xavier de Bourbon dit en introduction « qu’il constitue un livre de fonds auquel les chercheurs de l’avenir devront se référer »Michel Dugast Rouillé, Les Grands mariages des Habsbourg, Saffroy, 1955, préface., montre combien cette grande famille comprit l’importance de la 'politique des mariages' et avec quelle diplomatie elle la pratiqua au cours des siècles, assurant ainsi la puissance de sa Maison.

Ce livre est le début d’une longue série sur l’Autriche et l’histoire de l’Europe. En 1960, paraît l’Histoire de l'Europe en tableaux de l'an 1 à 1960, puis les planches successives de l’Encyclopédie généalogique des maisons souveraines du monde. Lignées souveraines jusqu’en 1966. L’année suivante, Michel Dugast Rouillé publie Les Maisons souveraines de l'Autriche. Babenberg, Habsbourg, (Habsbourg d'Espagne), Habsbourg-Lorraine, (Lorraine).

Amoureux de l’art baroque, il anime de nombreuses conférencesPrincipalement dans le grand Ouest de la France. pour présenter l’architecture baroque en Europe. En 1983, il donne une conférence au Sénat.

En 1985 paraît L'Ombre de Clemenceau à Mayerling. Michel Dugast Rouillé y développe et démontre la thèse de l’assassinat politique (par des puissances étrangères) du jeune archiduc Rodolphe d'Autriche au drame de Mayerling, sur la base de ses longues recherches et des confidences de l’impératrice Zita qu’il rencontra personnellement à plusieurs reprisesMichel Dugast Rouillé, L'Ombre de Clemenceau à Mayerling, CID Éditions, 1985, .Jean Prasteau, « Les brouillards de Mayerling », dans Le Figaro, Paris, 10 septembre 1989, le livre du jour..

Michel Dugast Rouillé meurt accidentellement le , avant d’avoir vu paraître ses derniers travaux sur Charles Ier d'Autriche.

Ce n’est qu’en 1991 que paraît sa biographie de Charles de Habsbourg : le dernier empereur, publié à titre posthume, la première biographie de Charles Ier en langue française. Nourrie de ses fréquents entretiens avec la famille des Habsbourg et avec plusieurs témoins de la fin de vie de l’empereurMichel Dugast Rouillé, Charles de Habsbourg : le dernier empereur 1887-1922, Éditions Duculot, 1991, « note de l’éditeur » , et Michel Dugast Rouillé, Carlos de Habsburgo : el ultimo emperador, Ediciones Palabra, 2005, « prologo » de Rodolfo, archiduque de Austria, ., cette biographie conte la vie du dernier empereur d’Autriche-Hongrie, tenace, courageux et intelligentNathalie Rivière, « Charles de Habsbourg, le dernier empereur », dans Historama, N°95, janvier 1992., qui n’aimait que la paix et ne régna que sur des États plongés dans la guerreGeorges Basta d’Hust, « L’empereur pacifiste », dans Point de vue, Paris, N°2235, 30 mai 1991, les livres du gotha .. Après la béatification de l’empereur en 2004, la biographie de Michel Dugast Rouillé paraît l’année suivante en espagnol avec un prologue de S.A.I.et R. Rodolphe, archiduc d’Autriche, fils de Charles Ier.

Les œuvres du docteur Dugast Rouillé sont disponibles dans plusieurs bibliothèques (trouver un de ses livres : (interface en allemand) dans le Karlsruher Virtueller Katalog (KVK) de l’Université de Karlsruhe), notamment à la Bibliothèque nationale de France à Paris et à la Bibliothèque du Congrès à Washington.

Publications Collection du Nobiliaire de France Le Nobiliaire de France, Tome I [A-K], Nantes, Dr. M. Dugast Rouillé (Lyon, Impr. Réunies de Lyon), 1972La reliure est de couleur rouge. . Le Nobiliaire de France, Tome II [L-Z], Nantes, Dr. M. Dugast Rouillé (Lyon, Impr. Réunies de Lyon), 1973 . Le Nobiliaire de France, Tome I [A-K], (En appendice, liste des familles de la noblesse belge actuelle), Nantes, Dr. M. Dugast Rouillé (Lezay, Impr. G. Pairault), 1975La reliure est de couleur bleue. . Le Nobiliaire de France, Tome II [L-Z], , Nantes, M. Dugast Rouillé (Dôle, Impr. Presses jurassiennes), 1976 . Les Notables ou la "Seconde noblesse", Tome III [A-K], , Nantes, Dr. M. Dugast Rouillé (Guérande, Impr. de la Presqu’île guérandaise), 1978La reliure est de couleur verte. . Les Notables ou la "Seconde noblesse", Tome IV [L-Z], , Nantes, Dr. M. Dugast Rouillé (Guérande, Impr. de la Presqu’île guérandaise), 1979 . Le Nobiliaire de France et les Notables, Addenda et Errata, Nantes, Dr. Dugast Rouillé, 1981.

Ouvrages (hors Collection du Nobiliaire de France) La Faculté de médecine de Vienne à travers l’histoire, Dr. M. Dugast Rouillé, .