René Auguste Émile Boutegourd, né le à Lambézellec et mort le à Brest, est un général français, qui a notamment commandé lors de la Première Guerre mondiale.
Biographie
René Auguste Émile Boutegourd est né à Lambézellec dans le département du Finistère le . Il est le fils d'un d'ancien marin, chevalier de la légion d'honneur, devenu propriétaire à Brest et maître entretenu de la marin en retraite rue Branda.
Choix d'une carrière militaire René Boutegourd choisit la carrière militaire et s'engage à , en 1876, à Brest au d'infanterie de marche de marine.
Promu caporal le , il intègre l'École spéciale militaire de Saint-Cyr la même année, et revient à son régiment comme sous-lieutenant le . Il est promu lieutenant en Cochinchine le .
Campagnes de Cochinchine
En ce début de la décennie 1880 la Cochinchine est une possession française où la population autochtone conserve une certaine autonomie. Durant ces années, la France cherche à consolider ses positions plus profondément vers l'intérieur du pays qui formera la future Indochine. Les forces armées dont les régiments d'infanterie de marine sont mis à contribution pour faciliter la conquête de ces nouveaux territoires. C'est donc avec le qu'il se distingue en Extrême-Orient entre 1881 et 1886 notamment en menant une colonne au Cambodge. Le , il reçoit une nouvelle affectation et passe lieutenant au régiment de tirailleurs annamites..
Promu capitaine le au , il est blessé au combat le lors de l'assaut du fort de Swai-Méas. Durant les années 1886-1887, il est toujours en Cochinchine avec le . Il est fait chevalier de la légion d'honneur le puis officier de l'Ordre royal du Cambodge le . Cette décoration fut décernée par le roi du Cambodge Norodom Ier. Cet ordre avait pour but de récompenser les services civils et militaires. René Boutegourd reçoit également la médaille du Tonkin durant cette période.
En 1887, il rentre en France et prend la fonction de capitaine adjudant-major au . Sa première place au classement de de l'École normale de tir en 1888 avec prix d'ensemble et citation au Bulletin Officiel lui vaut d'obtenir une place de capitaine de tir à Brest.
Campagnes du Dahomey En 1890 et 1891, il sert au Dahomey (aujourd'hui Bénin) lors des opérations de guerre de l'automne 1890 comme chef d'état major, rattaché au . À la fin du les grandes puissances européennes se lancent dans une compétition aux colonies en Afrique. Les armées rencontrent la résistance des populations locales, c'est le cas de la France qui engage l'infanterie coloniale. Il est chargé de former le bataillon de tirailleurs haoussas.
Retour en France métropolitaine De retour en France, il est promu chef de bataillon le au à Brest. Il passe ensuite au avec le grade de major à Rochefort avant de passer en Corse au 61e régiment d'infanterie.
Ses aptitudes au tir lui valent d'être détaché à l'École normale de tir du camp de Châlons comme instructeur de 1896 à 1900.
Le , il est promu lieutenant-colonel au de tirailleurs algériens en Algérie. Il reste peu de temps à ce poste car il passe le au 123e régiment d'infanterie.
Le décret du le promeut colonel et il doit partir commander le étranger à Sidi Bel Abbès.
Campagne du Maroc Il fait partie du corps expéditionnaire du Maroc à partir d'octobre 1907. Malade et obligé de rentrer en France, le général Drude lui confie le commandement temporaire des troupes présentes au Maroc fin . Il se distingue lors du débarquement à Casablanca le où il cité. Il est encore cité le pour son attitude au combat de M'Quarto.
Grande Guerre En , il est promu général de brigade et dès le mois de septembre, il commande la brigade. Le , promu général inspecteur des formations de réserves et de la préparation militaire de la .
Le , il est nommé commandant par intérim de la d'infanterie. Il se distingue lors de la bataille de Charleroi.
Peu après le début de la bataille de la Marne, survient l'affaire des fusillés du où le général Boutegourd fait fusiller sept soldats pour abandon de poste sans aucun procès ni jugement. Cet événement sera passé sous silence et pour la suite de la bataille de la Marne, le général Boutegourd se distingue pour avoir repoussé la garde allemande dans les marais de Saint-Gond et pour avoir réussi à reprendre plusieurs villages à l'ennemi.
Le , il est blessé à Saint-Léonard et est placé en disponibilité. Il retrouve du service vers la fin de la guerre en prenant le commandement des subdivisions militaires de Tours et Châtellerault. Le , il est admis au cadre de réserve mais en 1919, il est affecté au sein de la militaire (Tours). Il meurt le à Brest.
Affaire des fusillés du Le , après un mouvement de panique d'un régiment, sept soldats isolés du 327 sont arrêtés par le général Boutegourd. Ce dernier, sans aucun procès ni jugement, donne l'ordre de les détenir et de les fusiller pour l'exemple pour abandon de poste... Sont exécutés : Barbieux, Clément (décédé le « de ses blessures »), Caffiaux, Désiré Hubert (réhabilité douze ans plus tard et inscrit au monument aux morts de la commune de Trith-Saint-Léger (Nord)), Delsarte, Dufour et Waterlot. Ce dernier sort indemne de la fusillade et meurt sur le front le . L’affaire dite « des fusillés du » a fait l’objet d’une campagne de réhabilitation très importante de la Ligue des droits de l’Homme mais qui n’a pas aboutiNicolas Veysset, Fusillés de la Grande Guerre. Campagne de réhabilitation de la Ligue des droits de l’Homme 1914-1934..
Décorations Légion d'honneur Chevalier () Officier () Commandeur () Grand Officier () sans_cadre|50x50px Officier de l'Ordre royal du Cambodge ()
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
. .
. .
Articles connexes 327e régiment d'infanterie (France) Soldat fusillé pour l'exemple Liens externes
Catégorie:Naissance à Lambézellec Catégorie:Militaire français de la Première Guerre mondiale Catégorie:Élève de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr Catégorie:Naissance en septembre 1858 Catégorie:Décès en mars 1932 Catégorie:Général français du XXe siècle Catégorie:Général français du XIXe siècle Catégorie:Décès à 73 ans Catégorie:Commandeur de l'ordre de l'Étoile noire