En France, la Police nationale est une administration de l'État qui dispose de la force publique. Elle est intégrée et placée sous l'autorité du ministère de l'Intérieur. Elle a pour mission de protéger les biens, les personnes et les institutions, de lutter contre la criminalité, la délinquance et le trafic de stupéfiants, de maintenir l'ordre public, de lutter contre l'immigration et le travail clandestins et de renseigner les autorités sur les menaces terroristes.

L'institution se compose de trois grandes directions : la direction générale de la Police nationale (compétente sur l'ensemble du territoire national, à l'exception des départements placés sous la responsabilité de la préfecture de Police), la préfecture de Police (compétente sur Paris et sa grande couronne) ainsi que la direction générale de la Sécurité intérieure (service de renseignement spécialisé).

Les prérogatives de la Police nationale sont régies notamment par le code de procédure pénale ainsi que par le code de la sécurité intérieure. Les personnels actifs qui composent la Police nationale disposent ainsi de compétences en matière de police administrative et en matière de police judiciaire.

La Police nationale est l’héritière d’une longue évolution historique de l’appareil policier français. Les premières formes de police sont d'abord apparues au siècle avec la lieutenance de Paris, sous le règne de Louis XIV. Puis, la préfecture de Police est créée en 1800.

Par la loi du , le régime de Vichy crée la Police nationale en centralisant les services de polices municipales des grandes villes sous l’autorité de l’État aux fins de collaboration. Elle est dissoute en 1944 puis réinstituée sous sa forme républicaine par la loi du 9 juillet 1966.

La Police nationale partage ses compétences avec la Gendarmerie nationale. Leurs compétences sont réparties au niveau territorial. Ainsi, la Police nationale exerce ses missions principalement en zones urbaines (zones police) et la Gendarmerie nationale exerce les siennes en zones rurales et péri-urbaines (zones gendarmerie). Par conséquent, la Police nationale est présente à travers 723 commissariats sur 4 % du territoire national, où 49 % de la population vit.

La Police nationale dispose d'unités de secours aux personnes victimes d'infraction, Police Secours, mobilisées après réception d'appels téléphoniques au numéro d'appel d'urgence « 17 ».

Fondement de l'action et missions Fondements de l'action de police Le mot français de police provient du grec pólis (« cité »), politiké (« l'art de gouverner la Cité ») et politeia (« l'ordre établi pour le gouvernement d'une Cité »).. Il donne naissance au latin politia.. Le sens du terme est alors plus large qu'aujourd'hui, car il fait référence aux différentes règles à respecter pour assurer la sécurité et l'ordre dans les villes, désignant à la fois les magistrats et les règlements qu'ils faisaient appliquer par des agents chargés de veiller à leur exécution par la population..

Au siècle, la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789 affirme par son deuxième article que « la sûreté fait partie des droits inaliénables et imprescriptibles de l'homme » et par son douzième que « la garantie des droits de l'homme et du citoyen nécessite une force publique instituée pour l'avantage de tous et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée.. ». Il devient donc indispensable pour la République française de se doter d'une force publique instituée.

L'appellation « Police nationale » est donnée à une administration pour la première fois sous le régime de Vichy par la loi du . Cette loi « nationalise » les anciennes polices municipales qui sont devenues des services de la « police régionale d'État » placée sous l'autorité des préfets au lieu des maires. La police parisienne est déjà sous autorité de l'État depuis 1667, Jean-Baptiste Colbert ayant mis en place la structure de « lieutenance générale de police » dirigée alors par Gabriel Nicolas de La Reynie.

Missions Les missions de la Police nationale sont consacrées par la loi d'orientation et de programmation relative à la sécurité (1995) et la loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (2002). La Police nationale est chargée d'assurer des missions de sécurité et la paix publiques, de police judiciaire ainsi que de renseignement et d'information aux autorité. Son activité se répartit selon cinq axes : assurer la sécurité des biens, des personnes et des institutions ; maîtriser les flux migratoires et lutter contre l'immigration illégale ; lutter contre la criminalité organisée, la grande délinquance et le trafic de stupéfiants ; protéger le pays contre la menace extérieure et le terrorisme et maintenir l'ordre public. Le code de déontologie de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale (2014) reprend ces missions et affirme que

Symboles Devise et saint patron Sa devise : : « Pour la Patrie ils veillent ». Dans son expression latine, cette maxime qui se rattache à l'histoire de la police française, symbolise la mission de ses agents. « Ils veillent » : verbe qui rappelle tout d’abord la mission première de Saint-Martin. Le , la Conférence des évêques de France approuve la proposition qui lui était faite de choisir Martin de Tours, comme saint patron des policiers. Cette décision est entérinée le par le ministre de l’Intérieur Charles PasquaSt Martin, le patron des policiers..

Drapeau Le décret du fixe l’attribution d’un drapeau au « ministère de l'Intérieur - Police nationale »Décret du 26 février 2002..

Histoire

thumb|Agent de police du arrondissement encadrant des marins venus renforcer les forces de l'ordre du département de la Seine (Paris) au mois d'août 1914. Par l'article 16 de la loi du loi appliquée par le premier préfet de police de Paris, une garde municipale se substitue le à la Garde nationale.. En 1815, lors de la Restauration, les structures policières sont placées sous l'autorité des municipalités. Le ministère de la Police générale est alors, en 1818, réduit au rang d'une simple direction du ministère de l'Intérieur. Malgré tout, Paris conserve sa préfecture de police et le préfet est néanmoins placé sous l'autorité directe du roi. En 1829, le corps des sergents de ville appelé également « sergents de Paris » est créé. Ils sont la première force de police patrouillant en uniforme au monde et leur création répond à une hausse de la criminalité due à une situation économique et sociale désastreuse. Il y a 3 sergents de ville par arrondissement, ils sont placés sous les ordres d'un officier de la paix dont la fonction est apparue en 1791 et assistent les autres forces de police dans la capitale. Leur uniforme se compose d'une redingote en drap bleu roi, aux boutons aux armes de la Ville, d'un pantalon et d'un gilet bleu, ainsi qu'un chapeau muni d'une cocarde blanche. Ils utilisent une canne noire à pomme blanche aux armes de la Ville et, pour les rondes de nuit, un ceinturon noir avec un sabreArrêté préfectoral de 1829.. Après la chute de Louis-Philippe lors de la Révolution française de 1848, le corps des sergents de ville est dissous en raison de leur action contre les journaux d'opposition. Le corps des sergents de ville est toutefois rétabli en par une ordonnance du prince-président Louis-Napoléon Bonaparte. Cette même année, les gardiens de Paris sont créés. En 1870, les sergents de ville changent de nom ; ils deviennent des gardiens de la Paix publique, leur uniforme est modifié. Sous la Troisième République, les pouvoirs de police sont répartis entre les maires et les préfets selon le nombre d'habitants ; pour moins de , le maire est la seule autorité de police. Il peut recruter des gardes champêtres, et pour les affaires graves (notamment tous les crimes), il doit recourir à la Gendarmerie nationale, qui est présente obligatoirement dans chaque canton (soit plus de 3600 brigades sur l'ensemble de la France, avec du personnel caserné). Entre et , un commissaire de police, sous les ordres du maire mais nommé et géré par la direction de la sûreté générale du ministère de l'Intérieur, dirige la police municipale. Pour plus de , la police municipale est organisée par décret du président de la République.

À partir de 1882, la police scientifique et technique se développe; un premier criminel est confondu grâce aux relevés effectués par du personnel de la police scientifique et technique en 1902..

Les brigades du Tigre Le , Georges Clemenceau, alors Ministre de l'Intérieur et qui se déclarait comme étant , crée 12 brigades régionales de police mobile (qui deviendront en 1941 les services régionaux de police judiciaire qui seront en 2003 transformés en directions interrégionales de police judiciaire) dites « brigades du Tigre » (« le Tigre » était le surnom de Clemenceau), à l’initiative de Célestin Hennion, directeur de la Sûreté généraleLes brigades du Tigre., qui fut auparavant un des sous-directeurs de la Préfecture de Police à Paris. Au sein des structures spécifiques de la Préfecture de Paris, la Direction de la Police Judiciaire est une direction à part entière dès 1913.

En 1934, la Sûreté générale devient la Sûreté nationale, un corps de police à compétence civile et nationale (hors Paris).

Collaboration et résistance policière sous le régime de Vichy (1941-1944) thumb|Camion « Police - FFI », exposé lors du anniversaire de la Libération de Paris.

La Direction générale de la Police nationale est créée par l'acte pris par le régime de Vichy dit loi portant organisation générale des services de police en France du , publié au Journal officiel de l'État français du . La loi étatise tous les services de police municipale des communes de plus de . Antérieurement, seules quelques communes avaient vu leur police étatisée : Lyon et six communes de son agglomération en , cinq communes en , Marseille en , Toulon et La Seyne en , Nice en , Strasbourg, Metz et Mulhouse en , Alger en , dix-neuf communes de Seine-et-Marne et de Seine-et-Oise en , Oran, Constantine, Bône et quatre autres communes d'Algérie française en , et Toulouse en .

Sous le régime de Vichy, les membres de la Police doivent prêter serment au régime de Philippe Pétain. et s'ils ne le font pas, sont licenciés.

La police procède à des arrestations arbitraires de Juifs, de communistes, de socialistes, de gaullistes et résistants supposés et de toutes personnes manifestant son opposition aux idées politiques du gouvernement présidé par Philippe Pétain.. Sous l'occupation allemande, la Police dispose d'une certaine autonomie, à condition de rendre des comptes aux autorités allemandes du Troisième Reich. : la Police sert les autorités allemandes d'occupation. Toutefois, cela permet à certains policiers d'entrer en résistance, comme les membres du réseau Ajax, du groupe Valmy, du réseau Honneur de la Police (au sein de la police parisienne) et ainsi de mener ainsi des actions diverses (falsification de papiers d'identité, non arrestations de réfractaires, au service du travail obligatoire, etc.), contre les autorités policières allemandes. À la veille de la Libération de Paris, la Police parisienne fait grève après le et se joint aux Forces françaises de l'intérieur (FFI) et aux autres mouvements et réseaux de résistance. Sur la totalité des policiers, il a été compté plus de participants à des actions de résistance et ont été décorés de la Médaille de la Résistance. Environ 1000 policiers résistants sont tués à l'ennemi ou morts en déportation tandis que près de 500 policiers, collaborateurs, seront tués par la Résistance (principalement les Francs-tireurs et partisans)....

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale