La Cité religieuse ou sanctuaire Notre-Dame de Rocamadour est une cité mariale construite au flanc de la falaise du canyon de l'Alzou, sur la commune de Rocamadour dans le Lot, en France.

Historique Dès 1105 le pape Pascal II fait mention du pèlerinage « à la Bienheureuse Vierge Notre-Dame de Rocamadour ». Rocamadour est alors l’un des quatre lieux saints de la chrétienté avec Rome, Saint-Jacques-de-Compostelle et Jérusalem. En 1152, pour faire face à la croissance de la foule des pèlerins, Géraud d’Escorailles, abbé de Saint-Martin-de-Tulle, entreprend la construction d’un sanctuaire à flanc de falaise. Sept ans plus tard Henri II Plantagenêt y vient pour remercier la Vierge de sa guérison. En 1166, en creusant la tombe d’un défunt, on découvre un corps en parfait état de conservation à proximité. Attribué à saint Amadour, il est déposé dans l'actuelle crypte qui porte son nom. Les miracles s'accumulent : 126 sont authentifiés et inscrits dès 1172. Les pèlerins accourent de toute l’Europe. En 1244, Saint Louis et sa mère Blanche de Castille y viennent prier Notre-Dame .

En 1562, pendant les guerres de Religion, les huguenots pillent et brûlent le sanctuaire, n'épargnant pas les reliques du saint. Les habitants sauvent des flammes quelques os qu'ils enferment dans un reliquaire resté caché pendant plusieurs années. Réduit à une dimension locale aux siècles suivants et, bien que Louis XIII confirme l’autorité des évêques de Cahors sur le sanctuaire par un jugement d', le pèlerinage périclite et les procès-verbaux révolutionnaires notent la ruine des bâtiments qui ne sont restaurés à l'initiative des évêques de Cahors qu'à partir de 1842. Le chantier est confié à l'abbé Chevalt.

Construite en plusieurs étapes à partir du , la plupart de ses édifices religieux datant du , cette cité englobe l'escalier d'accès et un parvis autour duquel se trouvent une basilique, une crypte et sept chapelles dont l'une accueille une vierge noire du . Elle bénéficie de nombreuses protections : elle est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco et est constituée de plusieurs monuments historiques plusieurs fois classés et inscrits. En 2013, le sanctuaire a célébré son millénaire au cours d'une grande année jubilaire.

center|thumb|upright=2|Plan du sanctuaire.

La Voie Sainte, l'escalier, le parvis

La Voie Sainte et l'escalier

Depuis le hameau de l'Hospitalet part le chemin, appelé « Voie sainte », qu'empruntent les pèlerins pour arriver au sanctuaire : il descend dans la vallée de l'Alzou jusqu'à la ville basse, où se trouve le pied de l'escalier de deux cent seize marches qui mène au sanctuaire. Au Moyen Âge, les pèlerins le gravissaient à genoux. La dernière volée de marches passe sous un porche formé par les bâtiments du sanctuaire, et que l'on appelle la « Porte sainte », pour déboucher sur le parvis.

Le parvis

Dallé de pierre blanche, le parvis occupe le centre du sanctuaire, les chapelles étant disposées sur le pourtour de l'espace aménagé par le remblai des moines au . Il est construit sur deux niveaux : le premier est celui où arrive l'escalier par la porte sainte, et d'où part le tunnel, dit « Porte Saint-Martial », qui permet de sortir en passant sous la basilique. Le second niveau est celui, un peu au-dessus, qui donne accès à la basilique, à la chapelle Notre-Dame et à la chapelle Saint-Michel. Il est constitué de deux plates-formes desservant l'une la basilique, l'autre les deux chapelles, reliées entre elles par un balcon et au niveau inférieur du parvis par un escalier.

La basilique Saint-Sauveur

La crypte Saint-Amadour

Les chapelles Chacune d'elles est inscrite dans le cadre de la protection générale du site.

La chapelle Saint-Jean-Baptiste De forme octogonale, la chapelle Saint-Jean Baptiste abrite la tombe de Jean de Vallon, chevalier de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, les portraits de quelques grands pèlerins de l’histoire de France et un chapiteau remployé en bénitier classé depuis le . Elle est transformée en baptistère au Saint-Jean Baptiste.

La chapelle Saint-Blaise La chapelle Saint-Blaise ou de la Divine Miséricorde est consacrée à un saint guérisseur martyrisé au . De taille modeste elle présente de beaux vitraux et peintures, dont un de saint Blaise inondant le monde de son amour par l'eau et le sang qui coulent de son côté transpercéChapelle Saint-Blaise.

La chapelle Sainte-Anne La chapelle Sainte-Anne est construite au . Elle renferme un retable baroque qui illustre les mystères de la Vierge Noire : « Nigra sum sed formosa » (« Je suis noire mais belle. »)Chapelle Saine-Anne.

La chapelle Notre-Dame

La chapelle Saint-Michel Cette chapelle semi-troglodyte est la plus haute du sanctuaire. Elle n'est pas orientée mais est parallèle à la falaise qui en constitue un mur latéral et une partie du plafond. On y accède par un petit escalier qui part en face de la chapelle Notre-Dame. Sur le mur extérieur se trouve une fresque du classée depuis le représentant l'Annonciation et la VisitationChapelle Saint-Michel. La petite abside en cul-de-four est ornée de fresques du représentant le Christ dans une mandorle, entouré de divers saints et anges.

La chapelle Saint-Louis Situé sous la précédente, la septième chapelle de la cité religieuse est consacré depuis 2011 au monde du rugby par Norbert Turini, évêque de Cahors, sous le vocable de Notre-Dame de l’Ovalie. Elle est un lieu de mémoire pour la famille du rugby fortement implantée dans le Quercy. Des maillots et des objets y sont déposés par des joueurs français et étrangersChapelle Saint-Louis

Composition musicale En 1936, Francis Poulenc composa les Litanies à la Vierge noire Notre-Dame de Rocamadour, pour chœur de femmes ou d'enfants et orgue, FP82. Or, la première exécution fut tenue à Londres, le sous la direction de Nadia BoulangerNotice Bnf .

Voir aussi

Bibliographie Gustave Servois, Notice et extraits du Recueil des miracles de Notre-Dame de Roc-Amadour, Bibliothèque de l'École des chartes, Paris, 1857, tome 18, I ― Notice, , II ― Extraits, .

Ernest Rupin, « Saint Amadour et le Zachée de l’Évangile », dans Bulletin de la Société scientifique, historique et archéologique de la Corrèze, 1893, tome , . . Ernest Rupin, Roc-Amadour : Étude historique et archéologique, préface de Robert de Lasteyrie - Membre de l'Institut, Librairie G. Baranger fils, Paris, 1904, 192 × 280 mm, 458 pages, , et (Wayback Machine de immaterielles.org), . Reproduction en fac-similé, Paris, 2001, Le livre d'histoire, collection « Monographie des villes et villages de France », 416 pages, 28 cm, , , . Reproduction, Cressé, 2016, Éditions des Régionalismes, 304 pages, 16 × 24 cm, , . Ernest Rupin, À propos de Roc-Amadour : mon portrait par M. l'abbé Chastrusse, directeur de « la Croix de la Corrèze ». ( édition avec notes supplémentaires), Imprimerie Roche, Brive, 1904, , . Edmond Albe, « Les miracles de Notre-Dame de Roc-Amadour au , texte et traduction d'après les manuscrits de la Bibliothèque Nationale, avec une introduction, des notes historiques et géographiques »Texte basé sur les manuscrits du fonds latin , et ; la . → Dans Bulletin de la Société scientifique, historique et archéologique de la Corrèze, Imprimerie Roche, Brive, tome , 1906, (Introduction), tome , 1907, (Prologue et première partie), (deuxième partie), (troisième partie). → Tiré à part : Librairie ancienne Honoré Champion éditeur, Paris, 1907, , . Compte-rendu par Gustave Servois, Bibliothèque de l'École des chartes, Paris, 1910, tome 71, . → Réédition avec une introduction et un complément de notes par l'abbé Jean Rocacher (1928-2008), préface de Régine Pernoud, éditions Le Pérégrinateur, Toulouse, 1996, . Ernest Rupin, La légende de Saint Amadour : à propos d'un « Mois de Marie », historique sur Roc-Amadour, Librairie G. Baranger, Paris, 1909, in-octavo, 138 pages, . Edmond Albe, « La vie et les miracles de S. Amator », dans Analecta Bollandiana, Librairie Alphonse Picard et Fils, Paris, 1909, tome , . Tiré à part sans repagination : Société des Bollandistes, Imprimerie Joseph Polleunis, Bruxelles, 1909, , . , , « Notre-Dame de Roc-Amadour en Portugal (Son Culte, Hôpitaux et Hôtelleries) Mémoire historique », Préface et corrections d'Edmond Albe. → Dans Bulletin de la Société scientifique, historique et archéologique de la Corrèze, Imprimerie Roche, Brive, tome , 1911, , tome , 1912, , . → Tiré à part : Imprimerie Roche, Brive, 1912, 124 pages, . Compte-rendu par Jean-Baptiste Sabrié , Revue d'histoire de l'Église de France, Paris, 1913, tome 24, . Edmond Albe, « Analyse critique de quelques documents du cartulaire de Tulle et de Roc-Amadour », dans Bulletin de la Société scientifique, historique et archéologique de la Corrèze, Imprimerie Roche, Brive, tome , 1918, , , tome , 1919, . Edmond Albe, Roc-Amadour, documents pour servir à l'histoire du pèlerinage, Brive, 1926 Edmond Albe, Roc-Amadour : guide du touriste et du pèlerin, Éditions du Pèlerinage, Rocamadour, 1938, (tirage de 1948), . Marguerite Vidal, Jean Maury, Jean Porcher, Quercy roman, , Éditions Zodiaque (collection la nuit des temps ), , La Pierre-qui-Vire, 1979, . Jean Rocacher, Rocamadour et son pèlerinage. Étude historique et archéologique, Association Les Amis de Rocamadour, Privat, Toulouse-Gramat, 1979, 2 volumes ; et 250 planches, , . Jean Rocacher, Découvrir Rocamadour, Éditions du magasin du Pèlerinage, Gramat, 1980, . .

Articles connexes Rocamadour, Liste des monuments historiques de Rocamadour Notre-Dame de Rocamadour Vierge noire Durandal Grand Pardon de Rocamadour

Liens externes

Sanctuaire de Rocamadour Patrimoines Midi-Pyrénées : cité religieuse de Rocamadour Patrimoines Midi-Pyrénées : chapelle Notre-Dame Patrimoines Midi-Pyrénées : ouvrage d'entrée dit Tour-porche Saint-Michel Patrimoines Midi-Pyrénées : églises Saint-Amadour et Saint-Sauveur et donjon Patrimoines Midi-Pyrénées : peinture monumentale de la rencontre des trois morts et des trois vifs Patrimoines Midi-Pyrénées : ensemble des 2 peintures monumentales gothiques Patrimoines Midi-Pyrénées : peinture monumentale de l'Annonciation et de la Visitation Ministère de la Culture - Base Palissy : Rocamadour

Notes et références

Rocamadour Catégorie:Monument historique à Rocamadour Catégorie:Rocamadour Catégorie:Patrimoine jacquaire en France