L’opération Serval est une opération militaire menée au Mali par l'Armée française. Lancée en et menée dans le cadre de l'intervention militaire au Mali, elle s'achève en lorsque les forces engagées dans le pays intègrent un dispositif régional : l'opération Barkhane.
L'opération a pour objectif de soutenir les troupes maliennes cherchant à repousser une offensive des groupes armés islamistes qui ont pris le contrôle de l'Azawad, la partie nord du pays. Les buts de cette intervention tels qu'exprimés par le président français, François Hollande le , sont d'arrêter l'avancée des forces djihadistes en direction de Bamako, de sécuriser la capitale du Mali et de permettre au pays de recouvrer son intégrité territoriale.
Contexte
Depuis le , un conflit armé oppose dans le nord du Mali l'armée malienne aux touaregs du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) et au mouvement salafiste Ansar Dine, alliés à d'autres mouvements islamistes..
Le MNLA revendique l'autodétermination et l'indépendance de l'Azawad qui correspond aux trois régions maliennes de Kidal, Tombouctou et Gao.. Le gouvernement malien refuse ces revendications, défendant l'intégrité du territoire malien.. Le mouvement Ansar Dine de l'ancien combattant touareg Iyad ag Ghali défend, lui, l'instauration d'une république islamique avec l'application de la charia..
Le , François Hollande, président français, reçoit le président nigérien, Mahamadou Issoufou à l'Élysée, pour discuter d'une intervention française et de la protection des exploitations françaises des mines d'uranium, au Niger, à la frontière avec le MaliLe Mali et l'uranium au cœur des discussions entre les présidents français et nigérien à Paris sur Radio France International.Niger : les forces spéciales protégeront les mines d'uranium d'Areva, Le Point.fr..
Forces engagées Forces spéciales vignette|gauche| de la brigade Serval. Basé sur celui de la mécanisée avec sa devise : Un seul but, la victoire auquel a été rajouté la carte du Mali et les insignes d'armes ayant participé aux opérations au Mali en 2013. vignette|gauche|Les hélicoptères Gazelle du RHFS sont les premiers aéronefs français à cibler les colonnes Djihadistes.
vignette|gauche|Troupes françaises à Bamako dans le cadre de l'opération Serval en 2013.
Les premières troupes françaises à intervenir sont celles des forces spéciales du COS prépositionnées au Sahel dans le cadre du dispositif Sabre qui se déploie dans le secteur de l'aéroport de Mopti-Sévaré..
Lors de cette opération d'entrée en premier, le lieutenant Damien Boiteux, pilote du 4e RHFS a été touché par un tir d'arme légère et a succombé à ses blessures le en étant parvenu, malgré sa blessure, à ramener son hélicoptère à sa base.
Ensuite, les forces spéciales continuent d'assurer des missions de reconnaissance et d'appui de l'armée malienne« Les forces spéciales françaises entrent en action », Nouvel observateur, .. On estime, selon certaines sources (les détails des opérations spéciales sont classifiés secret défense), que plus de deux cents commandos, appartenant aux trois armées, ont été impliqués dans l'opération Serval, ce qui représenterait l'une des plus grosses opérations jamais menées par le COS..
Elles sont notamment déployées dans l'Adrar des Ifoghas afin de mener des missions de renseignement humain et vraisemblablement de guidage de frappes aériennes..
Forces terrestres Forces terrestres françaises vignette|Ordre de bataille initial des forces de l'armée de terre française engagés dans l’opération Serval. vignette|gauche|Débarquement de soldats français à l'aéroport international de Bamako-Sénou depuis un C-17 américain le .
vignette|gauche|Des véhicules français transportés au Mali à bord d'un avion C-17 américain, le 31 janvier 2013.
À partir de la nuit du 10 au , des éléments de forces spéciales sont engagés dans la région de Mopti puis sont rapidement renforcés par la projection à Bamako, par avions C-130 Hercules et C-160 Transall, de deux cents militaires du prélevés sur le dispositif Épervier, basé au Tchad., ainsi que d’un peloton de légionnaires du d’Orange..
En métropole, les légionnaires du 2e REP qui sont d'alerte Guépard, sont mis en alerte le . Ils forment un groupement parachutiste avec l'état-major, la compagnie (quaternaire) renforcée d'une section anti-char (SAC), un groupe de commandos-parachutistes ; deux compagnies (tertiaires) du RCP elles-mêmes renforcées d'une section chacune du 17e RGP. Le REP quitte Calvi quelques jours plus tard pour la Côte d'Ivoire afin de préparer le saut sur Tombouctou. La du , déjà projetée à Bangui en , est mise en alerte à son retour sur Libreville (Gabon) et rejoindra le régiment dans les Ifoghas pour la deuxième phase de l'opération.
La montée en puissance des effectifs de l'armée de terre se poursuit avec le déploiement d'une compagnie du , stationné à Auvours, qui rejoint Bamako au cours du week-end du 12 au . Parallèlement, un renforcement des moyens aéromobiles de l'ALAT est décidé avec l'acheminement à partir du d'hélicoptères d'attaque Tigre HAP, offrant des capacités de protection supérieures aux Gazelle mises en œuvre par le COS. Les moyens terrestres se voient également renforcés par l’acheminement en partie assuré par des avions C-17 Globemaster III mis à disposition par la Royal Air Force, d'engins de type véhicule de l'avant blindé (VAB) et de chars légers de type ERC-90 Sagaie et AMX-10 RC, en provenance du Tchad et de France.
Une soixantaine de véhicules blindés prélevés sur le dispositif Licorne déployé en Côte d'Ivoire est acheminée à l'aéroport de Bamako par voie terrestre dans la nuit du 14 au afin de renforcer les moyens français luttant contre les forces djihadistes. Ces engins, notamment des blindés légers de type ERC-90 Sagaie, VBL et VAB, sont dans un premier temps cantonnés dans la capitale malienne avant d'être engagés dans les combats qui opposent l'armée malienne, appuyée par des soldats des forces spéciales et l'aviation française, aux islamistes armés.. Les renforts humains associés se composent d'un sous-groupement tactique interarmes (SGTIA) de deux cents militaires armé par les , et , détachés en Côte d'Ivoire..
L’ensemble de ces effectifs supplémentaires est commandé par un état-major tactique mis en œuvre par le du colonel Paul Gèze. Au total, au soir du , les effectifs des forces terrestres françaises engagées au Mali s’élèvent à huit cents hommes. Ces effectifs au sol sont portés à le ., puis le , selon le ministère de la Défense., faisant de l'opération Serval la première opération extérieure de l'armée française du point de vue des effectifs engagés, devant son engagement en Afghanistan..
Le commandement des forces terrestres, dirigé par le général Bertrand Clément-Bollée, organise le déploiement des forces dans le cadre de ses missions qui sont la préparation opérationnelle des forces, le suivi de leurs capacités et le soutien organique de leur engagement opérationnel..
En 2013, l'armée française engage , dont plus de 450 blindés avec notamment : 216 VAB, 36 VBCI, 25 AMX-10 RC, 9 ERC-90 Sagaie, 58 PVP, 127 VBL .. Les effectifs en véhicules non blindés sont de : 12 PEB, 16 CLD, 22 LOT 7, 9 KERAX, 79 VTRL, 36 TRM 10000, 22 CCP10, 305 GBC 180, 36 TRM 2000, 13 VLRA, 205 P4, 20 SURFELD, 37 VLTT. Pour les pièces d'artillerie, 4 CAESAR et 8 MO 120 sont engagés. Pour les aéronefs, l'armée déploie 6 hélicoptères Gazelle, 6 hélicoptères Puma, 4 hélicoptères Tigre et 1 Pilatus.
Forces aériennes Forces aériennes françaises vignette|Un Mirage 2000D de l'escadron de chasse 3/3 Ardennes ravitaillé par un KC-135 américain au-dessus du Mali, le . Ce couple d'aéronefs est employé pour les premières frappes de l'armée de l'air au Mali. vignette|gauche|Un drone MALE Harfang à Bagram, en 2009. L'armée de l'air déploie à Niamey deux Harfang pour des missions de renseignement, de désignation d'objectifs et de visualisation des combats. vignette|Rafale B 113-HO de l'Escadron 2/92 "Aquitaine" de l'armée de l’air française à la sortie d'un ravitaillement en vol lors d'une opération au Mali le 17 mars 2013.
Dès le début de l'opération, l'armée de l'air place en alerte ses moyens aériens basés à l'aéroport international de N'Djaména dans le cadre du dispositif Épervier et décide de les renforcer.
Ces moyens comprennent des aéronefs, du personnel de soutien, notamment, leurs mécaniciens, ainsi que des forces spéciales, en particulier, le Commando parachutiste de l'air n°10 et le Commando parachutiste de l'air n° 20Une femme commando parachutiste de l'air https://www.defense.gouv.fr/operations/rubriques_complementaires/dans-la-peau-de/dans-la-peau-d-une-femme-commando-parachutiste-de-l-air-au-mali..
Appareils de combat Trois Mirage 2000D et un C-135FR du GRV Bretagne qui devaient rentrer en France restent sur place, s'ajoutant au dispositif identique qui venait les relever. Ce sont donc, en plus des deux Mirage F1 CR, six Mirage 2000D, trois C-135FR, un C-130 Hercules et un C-160 Transall qui arment le groupement air de la force Épervier dès le .
Le détachement Rafale à N'Djaména compte, à partir du , six appareils, dont deux biplaces qui effectuent des missions d'interdiction aérienne, d'appui aérien rapproché mais aussi de reconnaissance, à l'aide de la nacelle Reco NGAir et Cosmos , 15 février 2013, .. Ce dernier est armé par une quinzaine d'équipages en provenance des escadrons de chasse 1/91 Gascogne, 1/7 Provence et 2/30 Normandie-Niemen, constitués chacun d'un pilote et d'un navigateur officier systèmes d'armes (NOSA), qui effectuent une moyenne de quatre sorties par jour. Sur les 100 militaires que compte le détachement Rafale, 80 techniciens mettant en œuvre un lot technique de assurent le maintien en condition opérationnelle des aéronefs.
Le , les deux Mirage F1 CR de l'escadron de reconnaissance 2/33 Savoie basés à Ndjamena sont transférés à l’aéroport international de Bamako-Sénou.. Ils sont rejoints le par trois Mirage 2000D et leur groupe de soutien, également en provenance de Ndjamena.. Dans un souci de ménagement des avions ravitailleurs français et afin de maximiser l'allonge des aéronefs, les six Mirage 2000D mobilisés opèrent tous de Bamako depuis début .. Ce sont ensuite deux C-135FR qui viennent renforcer le détachement aérien à Bamako dans le but de faciliter le soutien des opérations aériennes.
L'Armée de l'air engage, à compter du , le plot CSAR de l'opération Serval. Il est composé de 2 Puma de l'escadron d'hélicoptères 01.067 Pyrénées. Par cette présence, l'Armée de l'air assure la sécurité des équipages survolant le territoire hostile. Également intégrés au GAM de l'Armée de terre, les équipages du « Pyrénées » interviendront au plus près des zones de combats pour extraire les blessés français et africains.
À partir du , l'armée de l'air déploie à Niamey, capitale du Niger, deux drones MALE Harfang mis en œuvre par l'escadron de reconnaissance 1/33 Belfort., afin d'apporter un soutien en matière de renseignement d'origine image (ROIM). Réalisant sa première mission opérationnelle au-dessus du Mali dès le . et effectuant aussi des missions de désignation d'objectifs, l'Harfang bat, au cours de son engagement sur le théâtre malien, son record d'endurance, réalisant un vol de ..
L'armée de l'air stationne au Sénégal un AWACS Boeing E-3F Sentry de la base aérienne 702 Avord. Cet avion radar est déployé au-dessus du Mali afin de coordonner les opérations aériennes françaises, notamment lors des opérations aéroterrestres aboutissant au parachutage du REP sur TombouctouLes avions radars Awacs mobilisés pour la guerre au Mali.Un Awacs de la BA 702 d'Avord dans le ciel du Mali..