Le Groupe des Commandos d'Afrique, qui deviendra le de choc, est issu des Corps Francs d'Afrique (). C'est une ancienne unité parachutiste de l’armée de terre française, créée en et dissoute le afin de constituer le du d'infanterie de choc aéroporté de la aéroportée.

La promotion 1994-1995 du et bataillon de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr regroupant des élèves-officiers d’active, élèves-officiers de réserve et polytechniciens prend le nom de « promotion Commandos d'Afrique ». Le chant de promotion, considéré comme l'un des plus beaux chants militaire français, est depuis devenu un classique du répertoire.

Création et différentes dénominations 12/12/1942 : constitution du corps franc d'Afrique. 26/07/1943 : constitution du groupe de commandos d’Afrique. 04/09/1944 : constitution du groupe de commandos de Provence. 05/01/1945 : le Groupe de commandos d'Afrique devient le de Choc. 18/01/1945 : fusion du Groupe de commandos d'Afrique, du Groupe de Commandos de Provence et des commandos de Paris/Bataillon Désiré dans le Groupement des Bataillons de choc ou Chocs, le Groupe de Commandos de Provence devient le de Choc ou . 01/10/45 : devient le du RICAP qui deviendra par la suite le parachutiste de choc.

Note : créées en en Algérie, les formations dites de choc, aptes à mener des actions de guérilla ou de commandos et chargées d’apporter leur aide aux organisations de résistance en France, sont regroupées début 1945 en trois groupements de bataillons de choc ou groupements de choc comportant deux bataillons chacun : groupement de bataillons de choc commandé par le lieutenant-colonel Gambiez le de choc composé du bataillon de choc (qui prend le numéro 1) le de choc composé des commandos de France de bataillons de choc commandé par le commandant Quinche le de choc composé du bataillon Janson de Sailly (ou bataillon de Gayardon) le de choc composé du commando de Cluny de bataillons de choc commandé par le lieutenant-colonel Bouvet le de choc composé des commandos d'Afrique le de choc composé des commandos de Provence

Composition Le Groupe de commandos d'Afrique est composé d'anciens du Corps Franc d'Afrique, d’éléments des troupes d'Afrique du Nord, d'évadés de France et de tirailleurs indigènes d'Algérie et du Maroc. En , il comprend un commando de commandement, 3 commandos de choc comprenant chacun 206 hommes (5 officiers, 29 sous-officiers et 172 commandos) et un commando d'accompagnement pour un effectif théorique de Paul Gaujac, L'armée de la victoire, Lavauzelle, 2004, Tome 3, : commando de commandement : capitaine Aquilina de choc (Européens) : capitaine Ducournau de choc (Marocains) : capitaine Thorel (mort le 17 août 44) puis Métivier de choc (Algériens) : capitaine Bonnard commando d'accompagnement: capitaine Farret

Ce qui caractérise ces commandos, écrit Patrick de Gmeline, « un désir commun, se battre, reprendre la lutte au sein de cette armée d'Afrique, la seule à leurs yeux capables de ramasser le flambeau que de moins vaillants ont laissé tomber voici déjà trois ans. Mais quel mélange ! Il y a d'abord les musulmans, Marocains et Algériens. Leurs motivations sont complexes, mais nobles ; il se battent à la fois pour la France, pour son empire et pour eux-mêmes. [...] Puis viennent les pieds-noirs, nombreux, des Français évadés d'Espagne [...] ; on trouve aussi des Yougoslaves, des Italiens, un Suisse [...]. Les Espagnols sont superbes comme des hidalgos [...]. Quelques Juifs et Libanais complètent la palette... » In Commandos d'Afrique de Patrick de Gmeline, page 27.

Seconde Guerre mondiale

Le Groupe de Commandos d’Afrique est créé à Dupleix (Algérie) le à partir du Corps franc d’Afrique. L'unité, aux ordres du chef de bataillon Bouvet, stationne à Noisy-les-Bains, Mercier-Lacombe et Dupleix (Algérie). En septembre, le groupe s'installe à Staoueli où il subit un entraînement intensif et est mis en route vers la Corse en décembre.

En , les effectifs qui cantonnent à Bastia, Saint-Florent et Ajaccio poursuivent de l’entraînement. Un élément de recrutement et d'instruction est installé à Zéralda en Algérie.

Après l'échec d'un raid contre l’île de Pianosa dans la nuit du 18 au , une nouvelle tentative des commandos finit par aboutir les 18 au . Le 20, l'unité subit un nouveau revers lors d'une opération sur le littoral italien (vedette disparue).

Du 17 au les commandos d’Afrique sont engagés dans les combats de la libération de l’île d’Elbe. Après un nouveau stationnement en Corse, l'unité fait mouvement le vers Civitta Vecchia en Italie. Du au elle cantonne à Agropoli dans le golfe de Salerne et subit un entraînement spécialisé en vue du débarquement de Provence.

De retour en Corse depuis le , les commandos sont acheminés par bateau sur les côtes de Provence où ils participent à l'opération « Dragoon » dans la nuit du 14 au en débarquant au Rayol-Canadel et au Cap Nègre. Se succèdent ensuite une série d'actions : le 17 libération du Lavandou au cours de laquelle le capitaine Thorel, à la tête du , et son ordonnance marocaine, sont mortellement blessés au moment même où l'ouvrage de La Fossette tombeDébarqué au Lavandou dans la nuit du 15 août 1944 à la tête du , le capitaine Thorel meurt des suites de multiples blessures reçues lors de l'assaut de la pointe de La Fossette. Son ordonnance Mohamed Ben M'Bark est tombé à ses côtés. Ils sont enterrés face à face dans le virage surplombant la pointe de La Fossette. Une avenue du quartier de La Fossette porte le nom de "Capitaine Thorel"., le 18 prise de la batterie de Mauvannes, le 21 celle du fort du Coudon et le 24 enfin c'est l'entrée dans Toulon.

Du au , l'unité stationne à Marseille. Un second bataillon aux ordres du commandant de Courson est alors constitué avec l'apport des FFI du groupe des Commandos de Provence rassemblés dans la région d’Aix-en-Provence.

Le les commandos font mouvement vers le Jura et cantonnement à Salins-Authusson. Du 16 au 26 ils prennent part aux combats dans les Vosges à Grosse-Pierre, Haut de Tomteux et dans l'est de Cornimont.

Après une nouvelle période d'entraînement à Salins les Commandos de d'Afrique sont engagés du 18 au dans les combats pour Belfort : 17 au 20 : Chagey – Chalonvillars ; 20 : prise du fort de Salbert et combats à Cravanche, Belfort, Valdoie ; 21 : combats du carrefour du Martinet (à l’entrée d’Offemont) et d’Offemont. ; 22 : combats du Bois d’Arsot.

En l'unité prend ses cantonnements à Giromagny.

Début 1945, l’amalgame des Commandos de Provence et des FFI parisiens du bataillon Désiré se poursuit. Le , le groupe de Commandos d’Afrique forme le de choc aux ordres du commandant Ducournau tandis que les Commandos de Provence deviennent le de choc (Commandant de Courson). L’ensemble, aux ordres du lieutenant-colonel Bouvet, constitue le de Choc.

Du au , les chocs sont engagés en Alsace dans les combats de réduction de la poche de Colmar : : attaque de Cernay ; 25 au : libération de Guebwiller et de Buhl.

De retour à Giromagny le , un détachement s'entraîne sur le Doubs puis sur le Rhône entre le et le , en vue du franchissement du Rhin. L'unité effectue dans la nuit du 17 au un raid de commando dans le secteur de Kembs (va-et-vient sur le Rhin), puis à nouveau, le , dans celui de Nambsheim et de Kembs.

Le groupe de Commandos entre en Allemagne et franchit le Rhin à Kehl et Neuf-Brisach le . Il est engagé dans un nouveau raid le 24 en face d’Istein (60 hommes), puis, le 25, les hommes combattent à Eizenbach et au col de Wieden Eck. Les 27 et l'unité est impliquée dans le nettoyage des régions de Belchen et du Feldberg, et le dans celui de la région de Schushsen.

Le , le commandant Ducournau prend le commandement du de choc et entame les opérations de démobilisation. Le , le de choc est dissous et devient le du RICAP qui deviendra à son tour le parachutiste de choc.

Les pertes des commandos d'Afrique durant le conflit sont évaluées à 300 tués au combat et une soixantaine de disparus. Bouvet en donne la liste à la fin de son ouvrage Ouvrier de la première heure.

Traditions Devise « Sans pitié »P. de Gmeline (op. cit. 1980) . Elle figure sur le fanion.

Insigne Fond bleu, France jaune, voile rouge chargé d'une étoile chérifienne noire liserée de jaune, croissant rouge avec lettres jaunes. Le croissant de l’islam et la voile marquée de l’étoile chrétienne forment une nef symbolisant la vocation aux opérations de débarquement.

Fanion

Le fanion qui va servir de drapeau est en . En fin de campagne, l'avers a reçu la mention « Commandos d'Afrique Belfort ».

Citations

Splendide unité qui, sous l'énergique impulsion de son chef le Lieutenant-Colonel Bouvet, a pris une part éclatante à toutes les opérations qui ont conduit la Française victorieuse de l'Afrique du Nord au Rhin.

Issue du Corps Franc d'Afrique, après s'être distinguée en Tunisie par la prise de Bizerte, s'est méthodiquement et énergiquement préparée en Afrique du Nord à des missions spéciales de commandos. Envoyée en Corse en , a d'abord effectué plusieurs coups de main sur la côte italienne et sur l'île de Pianosa, puis a pris part au débarquement et à la conquête de l'île d'Elbe en .

Le 15 aout 1944, débarquant en tête des troupes françaises sur les côtes de Provence, a conquis une tête de pont au cap Nègre puis, par des actions vigoureuses et énergiquement menées, a participé à la prise de Toulon en s'emparant par surprise de la batterie de Mauvannes intacte et du fort de Coudon, clé de la défense allemande.

Engagée dans les Vosges en dans des conditions atmosphériques très dures contre un ennemi tenace, a réussi, malgré des pertes sévères, à pousser profondément dans les lignes allemandes du Haut de Tomteux.

Lors des opérations de rupture de la Trouée de Belfort en , a pris une part brillante à l'enlèvement du fort de Salbert qui couvrait les avancées de la Place. Enfin en , chargée de la garde du Rhin à Neuf-Brisach, pendant que la Française franchissait le fleuve au Nord et remontait le long de la rive droite, a effectué et réussi, pour aller à sa rencontre, une traversée de vive force du fleuve, dernière et glorieuse étape d'une marche victorieuse au cours de laquelle 400 hommes du groupe de commandos sont tombés pour la France.

Chants « Commandos d'Afrique » : Ce chant est celui de la promotion Commandos d'Afrique de 1994 du IIIe et IVe Bataillon. de l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr. Il ne fut jamais chanté par le groupe des Commandos d'Afrique dissout en 1945.

Chefs de corps : commandant Bouvet, commandant en second Ruyssen : chef de bataillon Ducournau : chef de bataillon Farret

Faits d'armes faisant particulièrement honneur au bataillon Ces noms figurent sur le fanion. Les Commandos ont ouvert la route au débarquement de Provence avec : l'ilôt de Pianosa ( et 18-) ; l'île d'Elbe (17-) ; le Canadel (14-) ; les batteries de Mauvannes () ; le fort du Coudon () ; les Vosges : Cornimont (), Hauts-de-Brûleux (16 au ), Belfort (), Cernay (Alsace : -) ; le Rhin (17-) et le Danube (Bade-Wurtemberg) ; la Forêt Noire.

Le groupe reçoit, en , à Giromagny, le drapeau du régiment d'infanterie exhumé le et rapporté en zone libre par Bouvet.

Personnalités ayant servi au sein du bataillon

Jean Lartéguy, écrivain et journaliste français rejoint les commandos d'Afrique après les combats de Provence. De son vrai nom Jean Osty, il compose son pseudonyme avec les lettres de son nom et celles de son ami Louis Laguilharre qui sert également aux commandosIn Commandos d'Afrique de Patrick de Gmeline, page 207..

Monuments et plaques commémoratives vignette|gauche|Stèle en mémoire des Commandos d'Afrique, à Pramousquier (partie Rayol-Canadel). 180px|droite|Stèle en mémoire des Commandos d'Afrique, à Pramousquier, détail. Le Rayol-Canadel-sur-Mer () Il existe au Rayol-Canadel deux stèles (à Pramousquier, le long de la RD 559, et au-dessus de la plage du Canadel) et une plaque sur la plage du Canadel.