« », en français « La promotion sur laquelle les étoiles tombèrent », est une expression utilisée pour décrire la promotion d’officiers de 1915 de l’Académie militaire de West Point. Dans l’armée des États-Unis, les insignes des généraux sont composés de une à plusieurs étoiles. Sur les de cette année-là, 59 (36 %) atteignirent le grade de général, soit plus que n’importe quelle autre promotion de l’histoire de West Point, d’où cette expression. Deux atteignirent le grade de général de l’Armée (). Il y eut aussi deux généraux (), sept lieutenant-généraux (3 étoiles), vingt-quatre major généraux (2 étoiles) et vingt-quatre brigadiers généraux (1 étoile). Dwight D. Eisenhower, l’un des généraux 5 étoiles, devint le président des États-Unis.

Précédemment, l’expression « la promotion sur laquelle les étoiles tombèrent » servit à désigner la promotion de 1886, dont sont issus de nombreux officiers généraux de la Première Guerre mondiale. Dans cette promotion, qui inclut notamment John J. Pershing, et , 25 des 77 (32 %) diplômés devinrent général.

À propos de la promotion vignette|L’équipe de baseball de West Point en 1914. Omar Bradley est le second en partant de la gauche. Chaque membre de l’équipe qui restera dans l’armée est devenu général. 287 cadets entrèrent à l’académie militaire de West Point à New York en 1911, soit la plus grande promotion de l’école à cette époque. Cette année, le Congrès des États-Unis changea les règles de parrainage à l’académie. Auparavant, les membres du Congrès était autorisés à parrainer un cadet tous les 4 ans. À partir de cette année, ils purent en parrainer un tous les 3 ans. Quatorze cadets supplémentaires reçurent leur nomination à l’Académie, qu’ils rejoignirent avec six semaines de retard, en , manquant ainsi la tristement célèbre période de bizutage de l’école connue sous le nom de Beast Barracks. Ils seront surnommés les « Augustines » après leur arrivée. Omar Bradley était l’un d’entre eux. Seulement 164 cadets obtinrent leur diplôme et le grade de sous-lieutenant le . C’était toujours, à ce moment-là, la plus grande promotion de diplômés de l’académie, et l’US Army avait seulement 105 postes disponibles à leur proposer. Le Premier Capitaine (le commandant de la brigade des cadets) était . Le premier de la promotion était , qui battit de peu Edwin R. Kimble. Covell devint général pendant la Seconde Guerre mondiale. Kimble servit pendant la Première Guerre mondiale en tant que major en France, où il mourut le d’une septicémie après une opération chirurgicale. Le plus jeune diplômé de la promotion était Clyde R. Eisenschmidt, né le . Il prit sa retraite en tant que lieutenant-colonel le .

Robert B. Lorch, né le , était le plus âgé de la classe. Après avoir servi en France pendant la Première Guerre mondiale, il fut honorablement libéré de l'armée le . Rappelé pendant la Seconde Guerre mondiale, il atteignit le grade de lieutenant-colonel en 1950. Dans une promotion avec beaucoup d’athlètes excellents, remporta le concours de conditionnement physique et fut désigné « Homme fort » du Corps. Le dernier du classement de la promotion, surnommé la « chèvre », était Charles C. Herrick. Après avoir servi en France en tant que major, il fut honorablement libéré le et devint banquier d'investissement. Rappelé au service actif pendant la Seconde Guerre mondiale, il atteint le grade de colonel. Membre de la promotion, Luis R. Esteves fut le premier Portoricain à aller à West Point, et le premier à obtenir son diplôme. Il devient lui aussi général.

Seize membres de la promotion étaient les fils de diplômés de West Point. Trois étaient à la fois fils et petits-fils de diplômés. Alexander P. Cronkhite était le fils du Major Général , de la promotion de 1882, et le petit-fils du Brigadier général , de la promotion de 1860. Classé 7ème de la promotion, Cronkhite mourut dans un mystérieux accident de tir le . était le fils du Colonel John Conklin de la promotion de 1884. Son grand-père maternel était le Major Général William H. French de la promotion de 1837. Oscar Straub était le fils du Colonel Oscar I. Straub de la promotion de 1887, et le petit-fils du Brigadier Général E. Van A. Andruss, de la promotion de 1864. En outre, le père de John R. Mendenhall, John Ross Mendenhall, avait fréquenté l’académie mais avait abandonné ses études en 1881. Son grand-père, le colonel John Mendenhall, était diplômé de la promotion de 1851. Pearson Menoher était le fils du Major Général , qui était membre de la promotion de 1886, et fut le premier chef de l’United States Army Air Service.

droite|vignette|450x450px|L’équipe de football américain de 1912 de West Point. Dwight Eisenhower est le troisième en partant de la gauche; est le huitième en partant de la gauche, et porte le pull-over avec A; Omar Bradley est à l’extrême-droite. Pour les autres : Douglas H. Gillette était le fils du commandant Cassius E. Gillette de la promotion 1884 ; Stafford LeRoy Irwin était le fils du général de division George LeRoy Irwin de la promotion 1889 ; Sydney Graves était le fils du camarade de promotion de Irwin, William S. Graves ; Vernon Evans était le fils du lieutenant-colonel William Pierce Evans de la promotion 1878 ; John E. Rossell était le fils du Colonel William T. Rossell de la promotion 1879 ; Donald A. Davison était le fils de Lorenzo P. Davison de la promotion 1885 ; Henry McE. Pendleton était le fils du camarade de promotion de Rossell le Colonel Edwin P. Pendleton ; Blackburn Hall était le fils de William Preble Hall, un récipiendaire de la Medal of Honor de la promotion 1868 ; était le fils du Colonel Millard F. Harmon Sr. de la promotion 1880. Harmon a été précédé par ses frères aînés, Kenneth B. Harmon, de la promotion 1910, et Millard Harmon, de la promotion 1912. Hubert Harmon a été expulsé de l’académie quand il a été découvert que ses deux frères étaient à West Point. Il avait été estimé qu’il n’était pas admissible que le contribuable finance les études de trois fils de la même famille. Il a été réadmis en , après que son père ait fait pression sur de nombreux fonctionnaires du gouvernement. À ce moment, il n’avait plus qu’un seul frère à West Point, Kenneth étant diplômé l’année précédente. Les deux frères Millard et Hubert devinrent par la suite lieutenant-général.

En raison de ses origines d’écoles d’ingénieur, le programme d’études de West Point mettait l’accent sur les mathématiques et sur d’autres sujets techniques liés à cette matière plutôt que sur les matières militaires. Une grande partie de la formation militaire concernait la parade militaire et l’équitation. Parmi les 25 meilleurs diplômés de la promotion de 1915, 24 ont choisi le Corps du génie de l'armée des États-Unis. James A. Lester, qui était classé , a été l’exception et rejoignit l’artillerie de campagne. Il deviendra général de division.

Carrières Sur les 164 diplômés de la promotion, 102 (62 %) servirent à l’étranger durant la Première Guerre mondiale avant l’armistice du , bien que seulement 56 (34 %) assistèrent aux combats. Ce n’était pas inhabituel ; près de 60 % des officiers réguliers de l'armée ne servirent pas à l'étranger. La croyance répandue comme quoi ceux qui avaient servi à l'étranger recevraient un traitement préférentiel, y compris une promotion plus rapide, ne fut pas confirmée par les événements ultérieurs. La promotion se faisait à l'ancienneté et était extrêmement lente. Les officiers recrutés entre et représentaient 55,4 % des officiers de l'armée en 1926. Cette « bosse » constitua un problème majeur de personnel qui ne fut résolu que par l'expansion rapide de l'armée après 1940 en réponse à la Seconde Guerre mondiale. Une grande partie du succès de la promotion est attribuable à la coïncidence d'être juste avant la bosse, mais sans que ses membres soient trop âgés pour assumer des postes à haute responsabilité pendant la Seconde Guerre mondiale.

Omar Bradley, par exemple, fut promu premier lieutenant le , capitaine le et major le . Il fut ramené au grade de capitaine le et de nouveau promu au grade de major le , seulement pour être réintégré une nouvelle fois au poste de capitaine le . Il fut promu au grade de major une troisième fois le , et le restera pendant 12 ans avant de devenir lieutenant-colonel le . Il passa complètement le grade de colonel et fut directement promu brigadier général en .

Durant l’entre-deux-guerres, les officiers menaient une vie mondaine. Ils avaient une position sociale élevée et appartenaient à la classe moyenne supérieure. Ils travaillaient normalement 30 heures par semaine, ce qui leur laissait beaucoup de temps à consacrer à leur famille et au sport. Ils avaient, eux et leurs familles, accès à des soins médicaux et dentaires gratuits. Ils bénéficiaient d'une assurance-vie gratuite et d'un salaire, qui pouvait être amélioré grâce aux restaurants et magasins militaires qui vendaient de nombreux biens de consommation courante en franchise d'impôt. Ils vivaient dans des logements de qualité dans les bases militaires et dans des collectivités soudées et solidaires. Lorsqu'ils étaient en poste à l'étranger, ils emmenaient leurs familles avec eux. Un emploi sûr et stable était très prisé pendant la Grande Dépression, de 1929 à 1939, et les démissions étaient rares.

Il y avait deux niveaux de formation avancée. Le premier était le Command and General Staff College à Fort Leavenworth, qui enseignait aux officiers le commandement et la gestion des états-majors des corps d'armée et des divisions. Bien que considérée comme une formation sélective, la majorité des officiers ont été reçus. Une enquête de 1937 a montré que 97 % des colonels de l'armée et 95 % de ses lieutenants-colonels étaient diplômés. Le deuxième niveau était composé de deux écoles pour les officiers expérimentés, l’United States Army War College et l’Army Industrial College. L’Army War College enseignait le commandement des formations supérieures de l’armée. L'Army Industrial College enseignait la gestion logistique et industrielle militaire.

Le programme de formation de l'armée suscita des critiques, dès les années 1930. En 1937, le brigadier général George C. Marshall estimait qu'en fusionnant les enseignements de commandement et de gestion d’état-major, le Command and General Staff College avait négligé les premiers en faveur des seconds, si bien que les officiers étaient préparés à la gestion du personnel en temps de paix plutôt qu’au chaos du commandement en temps de guerre. Le brigadier-général Lesley McNair mena une enquête auprès des diplômés en 1939, qui révéla que la plupart d'entre eux estimaient trop marqué l’enseignement de certaines matières obsolètes comme l’équitation. Pour cette raison, les exercices de étaient détestés. Alors que considéraient les exercices de cartographies comme les plus importants du programme, notèrent que les élèves passaient du temps à découvrir par eux-mêmes des choses qui auraient dû leur être enseignées.

En 2011, Jörg Muth conclut que « À Fort Leavenworth, les solutions scolaires étaient toujours la norme. Les cours inefficaces étaient dirigés par des instructeurs qui manquaient parfois de connaissances dans leurs domaines, et généralement de didactique et de pédagogie. Il semble, en général, qu’il n’était jamais une bonne idée de contredire les instructeurs à Leavenworth, si l’élève-officier voulait quitter l'école avec une note respectable. ». Si le système éducatif a sans aucun doute échoué dans certains domaines clés, il a cependant créé un corps de commandants de division et de corps compétents.