Lionel Cardon, né le à Honfleur, dans le Calvados, est un criminel français.
Cardon est connu pour avoir été l'ennemi public numéro un en France en .
Biographie Jeunesse et délits Lionel Cardon est né le à Honfleur, dans le département du Calvados. Son père est garde-pêche et sa mère standardiste. Son grand-père avait été déporté dans un camp de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale.
En 1970, Lionel est âgé de lorsque ses parents divorcent. Son père tombe dans une grande dépression et finit par se suicider, en 1974, en se jetant des Falaises d'Étretat. A la suite du suicide de son père, Cardon sombre dans la délinquance et commet alors plusieurs vols et tentatives de vols, lui faisant cumuler six condamnations.
Premiers crimes En 1976, Lionel Cardon semble planifier des braquages en compagnie d'un certain Mohamed Boubaka, , qui s’avérera s'appeler Omar Kadri. Le scénario des deux jeunes hommes s'avère minutieusement préparé, afin de récolter de l'argent facile.
Entre janvier et , Lionel Cardon, , et Omar Kadri, , commettent plusieurs vols à main armée. Il dérobe par la suite une carabine en compagnie d'un nouveau complice, Pascal Debré, rencontré en prison à Fleury-Mérogis.
Le , Cardon et Debré tentent de braquer une station-service à Clamart. Ils s'attaquent au pompiste de la station, mais l'otage se défend. Debré tire un coup de feu sur le pompiste, mais se blesse dans l'attaque. Cardon emmène Débré à l'Hôpital de Créteil, avant qu'ils ne soient repérés. Débré est arrêté et placé en détention provisoire pour vol à main armée et tentative de meurtre. Cardon réussit à prendre la fuite. Il est arrêté quelques jours plus tard, après avoir tenté de se suicider en sautant du troisième étage d'une résidence. Il est inculpé pour vol à main armée et tentative de meurtre placé en détention provisoire, à la Maison centrale d'Ensisheim. Il sera également inculpé pour les autres braquages commis au début de l'année.
En 1981, Cardon, , comparaît devant la Cour d'assises des Hauts-de-Seine. Il est reconnu coupable de plusieurs braquages et d'une tentative de meurtre et condamné à de réclusion criminelle.
Libération et naissance de l'ennemi public numéro un Le , Cardon est libéré de prison, après avoir bénéficié d'une libération conditionnelleÉmission Faites Entrer l'accusé : Lionel Cardon a seulement été condamné pour "complicité" dans la mort de François Xavier Aran..
Dans la nuit du , Cardon s'introduit chez un couple de médecins de Pessac, en Gironde. Il ligote François-Xavier Aran, chirurgien de 37 ans, en reliant un câble électrique à son cou, de sorte qu'il meurt étranglé sans n'avoir pu s'en défaire ; plus il essayait de se débattre, ses liens l'étranglaient davantage. Son épouse Aline, anesthésiste de L’impossible rédemption de Lionel Cardon, de retour devant la justice sur Le Parisien, est emmenée dans sa voiture. Cardon conduit le véhicule du défunt. Cardon la braque et l'emmène dans deux banques, à Bordeaux et Limoges, ainsi qu'une station service de Guéret, pour lui faire retirer l'argent de son mari. Le lendemain, les amis du couple Aran s'étonnent de leur absence au travail. Ils décident de se rendre à leur domicile de Pessac. François-Xavier est retrouvé dans sa maison ligoté et bâillonné dans la baignoire : il a été étranglé avec un câble électrique. Son épouse Aline demeure introuvable. Une information judiciaire est ouverte pour assassinat et . Dès le départ, le crime attire l'attention de la presse et des médias« Un multirécidiviste condamné pour tentative d'évasion », publié le 16 janvier 1997 dans Libération..
Dans la matinée du , Cardon retient toujours Aline en otage dans la BMW du couple et s'arrête à Nevers, à 600 km du lieu du crime. Lorsque Cardon écoute la radio, Aline apprend à la radio la mort de son époux. Voyant Aline paniquer et s'énerver, Cardon sort son pistolet et la tue par balle de 7,65 à bout touchant. Il décide de dissimuler le corps dans un bois voisin puis de revenir sur un parking de la ville pour abandonner la BMW. Le véhicule est retrouvé à du matin, les clés sur le contact. La résidente se rend au commissariat pour signaler cette découverte. La police vérifie le Fichier des cartes grises et découvre que la voiture est recherchée dans l'assassinat de François-Xavier Aran et la disparition de son épouse. Dans l'habitacle, sont retrouvés des papiers d'identités des époux Aran, des traces de sang, des chèques émis par Aline et deux impacts de balles de calibre 7,65.
Le , Cardon se rend à une cabine téléphonique et tente d'appeler Maître Philippe de Caunes, l'avocat de la famille Aran. L'interlocuteur étant absent, l'appel n'aboutit pas. Le lendemain soir, Cardon parvient à contacter le père l'avocat. Celui-ci passe le téléphone à Jean-Marie Aran, le frère de François-Xavier. Cardon affirme qu'Aline est encore vivante et désire une rançon contre sa libération. Jean-Marie répond qu'il souhaite entendre la voix d'Aline pour avoir un signe de vie. Cardon donne alors des détails n'ayant pas paru dans la presse : le pendentif que porte Aline au cou. Il demande ensuite à Jean-Marie de lui donner rendez-vous s'il veut retrouver sa belle-sœur. La police téléphone immédiatement à Jean-Marie pour le prévenir que c'est un piège. L'appel est placé sur écoute téléphonique et est localisé à Bordeaux. Vers minuit, les policiers inspectent toutes les cabines téléphoniques de la ville. Cardon s'éclipse et prend la fuite. Après avoir tenté de l'arrêter, les policiers perdent sa trace, mais parvienne à réaliser un portrait-robot du criminel.
Le , dans une allée proche de Nevers, une passante découvre le sac d'Aline Aran, dans un fossé, et décide d'appeler les gendarmes. Dans le sac à main, sont retrouvés des papiers de couple, des chèques, un soutien-gorge, une tâche de sang et un agenda. Les gendarmes font un rapprochement avec l'affaire des époux Aran. Ils organisent alors une battue sur les lieux afin de retrouver la disparue. Cinq jours plus tard, Adolphe Langlois découvre un corps, alors qu'il promène son chien. La victime est rapidement identifié comme étant Aline Aran. L'autopsie réalisée établit une mort remontant à plus de deux semaines et relève un décès par balle de 7,65 à bout touchant. Le médecin légiste remarque également que la victime porte certains de ses vêtements à l'envers, laissant penser qu'elle a eu des relations sexuelle avec son ravisseur. C'est donc pour assassinat et qu'une enquête est ouverte.
En , un inspecteur bordelais fait un rapprochement entre l'assassinat des époux Aran et une série de cambriolages dans des résidences et voitures de médecins, quelques semaines avant les faits. Dans ces cambriolages, Cardon avait oublié sa carte d'identité l'une des voitures et avait pu être identifié sans être arrêté. Lorsque les gendarmes enquêtent sur l'affaire Aran, ceux-ci découvrent que le cambriolage a lieu dans la maison voisine des deux victimes. La photo d'identité de Cardon se fait remettre au commissariat de Bordeaux. Les policiers ayant tenté d'interpeler le suspect de la cabine téléphonique le reconnaissent formellement. Cardon étant connu des services de police, les policiers comparent ses empreintes digitales à celles retrouvées au domicile de Pessac ; celles-ci correspondent. La voix de Cardon est également reconnue par des surveillants d'Ensisheim, où celui-ci a purgé six ans de prison. La nouvelle de l'identification de Cardon fuite cependant dans la presse. Lorsqu'il se sait recherché, il décide de prendre la fuite, pistolet à la main.
Dans la nuit du 21 au , alors qu'il est en cavale, à moto, et se sait recherché, Cardon est arrêté par deux motards de la police pour défaut d’éclairage place de la Concorde. Il est sans aucune pièce d’identité, et les policiers lui ordonnent de les suivre jusqu’à la fourrière. Il est encadré par un policier devant lui et un autre derrière. Il prend soudainement la fuite et est pris en chasse par le motard Claude Hochard, qui finit par le rattraper dans le bois de Boulogne. Les deux hommes chutent, Cardon lui tire alors deux balles dans le cœur et le tue. Il s’enfuit dans le Bois de Boulogne. En cavale, Cardon contacte l'Agence France-Presse : il revendique la légitime défense en ce qui concerne le meurtre du policier, et se dit étranger à la mort des AranPage dédiée sur la base nominative et circonstanciée des policiers français victimes du devoir.« "Faites entrer l'accusé" : retour sur les crimes de Lionel Cardon » Article publié dans Sud Ouest..
Prise d'otage à Paris, arrestation et première tentative d'évasion Le , il se réfugie au 59 rue Nicolo, dans le , dans le cabinet de l'avocate Nicole Dreyfus, qui avait été partie civile contre lui lors de son procès. Il la prend en otage et l'oblige, sous la menace, à téléphoner à la journaliste Annette Kahn, qui avait écrit un article sur lui, qui lui avait déplu, pour la faire venir dans le cabinet sous un prétexte.. Des voisins qui avaient trouvé Cardon suspect préviennent la police. Un échange de coups de feu a lieu à l'arrivée des policiers devant la porte du cabinet, au cours duquel Cardon blesse grièvement le brigadier Jean-Pierre Molveau. Assiégé et ne voyant aucune issue, l'intéressé songe à se suicider. Après des négociations de plus de sept heures, Nicole Dreyfus finit par le convaincre de se rendre. Il est arrêté et incarcéré à la Maison d'arrêt de Gradignan.
Durant l'instruction, Cardon déclare ne pas avoir tué les époux Aran et rejette la responsabilité sur un couple (« Patrick et Isabelle ») qui ne sera jamais identifié. L'expertise balistique joue un rôle important dans cette affaire, car elle permet de démontrer que la même arme qui a tué le brigadier Hochard et Aline Aran. L'étau se resserre contre Cardon, qui refuse toujours d'assumer sa responsablilté pour le double meurtre de Pessac.
Le , Cardon tente de s'évader de la Maison d'arrêt de Gradignan et frappe un surveillant, à coups de barre de fer. Il est rapidement rattrapé et maîtrisé. Placé en garde à vue, Cardon affirme que l'évasion est son seul moyen de survivre à sa détention. Il dit vouloir échapper aux lynchages de l'administration pénitenciaire, affirmant que l'on veut sa mort, depuis le meurtre du brigadier Hochard. On le transfère dans une haute cellule de sécurité de la Maison centrale, pour éviter tout risque d'évasion.
Cardon est renvoyé devant deux Cours d'assises : celle de Paris pour le meurtre du brigadier Hochard et de la prise d'otages du , ainsi que celle de Bordeaux pour l'assassinat des époux Aran. Son avocat, Maître Pierre Blazy, dénonce une mauvaise gestion de ces renvois, qu'il juge rendu dans le désordre : les crimes de Paris étant la conséquence de ceux de Pessac, celui-ci affirme que les faits de Pessac doivent être jugés en premiers. L'accusation ne le suit pas et conserve l'ordre des deux jugements.
Procès et condamnations Le , le procès de Cardon s'ouvre devant la Cour d'assises de Paris, pour le meurtre du brigadier Hochard, la tentative de meurtre du brigadier Molveau et la prise d'otage d'Annette Kahn, de Nicole Dreyfus et de la secrétaire de celle-ci. Lors de son procès, il est habillé de blanc ; ce qui lui vaut le nom de . Pour l'accustion, cette démarche contribue à se donner un bon rôle ; le blanc étant la couleur de l'innocence. Le , Cardon est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.