Les Forces armées de Madagascar (en malgache : ) sont constituées des forces armées populaires fondées le , divisées en une armée de terre () comptant , une marine nationale () comptant 500 hommes, ainsi qu'une armée de l'air () comptant 500 hommes et la gendarmerie nationale (Zandarmariam'pirenena) comptant , selon les données de l'International Institute for Strategic Studies en 2017. vignette|La villa Poina, ancienne résidence du prince Ratsimamanga à Antananarivo, résidence du chef d'état-major des armées.

Missions Les Missions de l'armée malgache sont les suivantes : Soutenir la population en cas de catastrophes (cyclones tropicaux, inondations, catastrophes naturelles) ; Défendre le pays contre toute attaque extérieure (piraterie, menaces extérieures) ; Assurer la sécurité dans les zones les plus reculées du pays (DAS) ; Déployer ses forces pour les opérations internationales de maintien de la paix et les opérations de coopération avec les forces extérieures.

Historique vignette|gauche| vignette|

Avant l’intervention française de 1881-1882, le royaume de Madagascar ne subit que peu d'influences européennes. Sous les règnes des reines Ranavalona II (1808-1883) et Ranavalona III (1883-1895), du royaume Merina, alors hégémonique sur l’île, le Premier ministre Rainilaiarivony tente d’utiliser les tensions entre Européens pour protéger l’indépendance du pays et de le moderniser avec des cadres occidentaux. On retiendra le rôle de Jean Laborde, un naufragé devenu très sollicité à la cour royale d'Antananarivo, la capitale du royaume Merina, et qui créa des manufactures, entre autres, de fusils, et de canons. Une armée de conscription a été mise sur place pouvant comprendre théoriquement de 20 à .

En 1892, le parti colonial français demande l’application du protectorat sur l’île. le gouvernement français, qui hésite encore, ne fait que renforcer les garnisons des comptoirs français comprenant des soldats malgaches et envoie une escadre navale, tentant une dernière démarche diplomatique pour établir un véritable protectorat. Après le refus de la reine le , la France procède à l’évacuation de ses ressortissants le 25 ; la guerre est déclarée.

Le gouvernement envoie une expédition de . Le , l’escadre de l’amiral Amédée Bienaimé occupe Tamatave et débarque à Majunga. Le corps expéditionnaire débarque à Majunga le . L'armée malgache commandée par Ramasombazaha, commandant en chef des armées du nord-ouest, Razanakombana, Rasanjy, Rabanona, Rakotondravoavy, Ralambotsirofo, Ramangalahy, Rainianjahaly et Andriantavy offre peu de résistance et, si le Corps Expéditionnaire de Madagascar ne perd que 25 hommes au combat, autres meurent de maladie.

L'absence de résistance organisée des Malgaches ainsi que la prise de Tananarive le permettent la mise en place d’un protectorat le , mais au prix de la naissance d'un fort mouvement anticolonial. Ce protectorat ne convient pas aux Réunionnais et au parti colonial, qui réclamaient l’annexion. Par décision unilatérale, par décret du et la loi du , Madagascar est annexé et rattaché au ministère des Colonies. L’île s’embrase alors dès et Paris envoie le général Gallieni, investi de tous les pouvoirs civils et militaires, afin de rétablir l’ordre. Il devient gouverneur général. Grâce à sa tactique de la tache d’huile, il pacifie la région et, début 1897, l’insurrection est considérée comme vaincue.

Durant la Première Guerre mondiale, sont mobilisés au total dans l'armée française, principalement dans les unités d'infanterie. d'entre eux partent en Europe. sont portés morts ou disparus. autres Malgaches sont recrutés pour travailler en France.

Durant la Seconde Guerre mondiale, dans l'armée française en 1940, 2 Régiments d'Artillerie Lourde Coloniale Mixte Malgache sont intégrés dans 2 divisions d'infanterie coloniale en métropole tandis que stationnent à Madagascar

Les forces françaises fidèles au régime de Vichy, présentes lors de la bataille de Madagascar qui voit les forces britanniques envahir l'île sont d'environ , dont environ et Sénégalais. L'affrontement militaire entre Britanniques et Vichystes, puis les trois mois durant lesquels l'île échappe à tout contrôle français, atteignent durement le prestige de la France auprès des Malgaches.

Une insurrection commence en 1947, elle est violemment réprimée par l'armée française : au minimum, plus de sont tués.

Le , la France accorde une première autonomie. L'indépendance totale est signée le ce qui permet la constitution d'une armée nationale. Une force de répartis en 2 régiments interarmes et d'une gendarmerie est alors constituée.

Le , les responsabilités de défense commune exercées depuis le avec la République française sont désormais totalement prises en charge par la République malgache. Les dernières unités françaises quittent l’île.

À partir de , les militaires s'engagent dans la vie politique. Conformément à la nouvelle Constitution de 1975 établissant la République démocratique de Madagascar, le rôle des Forces Armées Malgaches, leur organisation, leurs missions sont révisés : baptisées « Forces Armées Populaires », elles devaient défendre la Révolution et ses acquis. Un décret du institue un Ministère de la Défense nommé Ministère des Forces Armées en 1991.

Dans les années 1970/1990, la République démocratique de Madagascar bénéficie du soutien matériel du bloc de l'Est puis de la Russie qui fournit entre autres blindés et avions de combat.

Le changement de régime en 1991 change la donne, les forces armées qui étaient relativement bien tenues jusque-là ne sont plus une priorité. Les équipements n'ont pas été renouvelés, ni entretenus, les pouvoirs civils ont pris de haut les militaires. Ce qui explique en partie la participation d'une partie de ces derniers dans la crise politique de 2009 à Madagascar.

Des liens subsistent entre la France et Madagascar, ainsi du 3 au se tient l'exercice militaire Betsiboka entre l'armée malgache et les Forces armées de la zone sud de l'océan Indien (FAZSOI), unités de l'Armée française stationnées à La Réunion et à MayotteBetsiboka : exercice militaire franco-malgache 2013, Madagate, 6 février 2013.

Présentation des écoles Centres de formation initiale ou de perfectionnement : Académie militaire (ACMIL) - Antsirabe École nationale des sous-officiers de l’armée (ENSOA) - Antsirabe Centre de perfectionnement des officiers (CPO) – Fiadanana, Antananarivo Ecole d’état-major (EEM) – Fiadanana, Antananarivo Ecole militaire nationale des enfants de troupe (SEMIPI) – Fianarantsoa Centre de formation spécialisée : Ferme école de l’ENSOA – Antsirabe, site de Tandrokomby

Équipement La plupart des véhicules et équipements de l'armée malgache se résume à des blindées russes datant de l'époque où Didier Ratsiraka se procura du matériel russe et/ou nord-coréen. Ces équipements , pour la plupart vieillissant , ne sont que peu utilisé. La majorité est stocké près de la Base aérienne 213 Arivonimamo , à une trentaine de kilomètres de la capitale. Armée de terre Véhicules blindés vignette||alt=Un blindé BRDM-2 Malagasy lors d'un exercice 12 PT-76 ; 35 BRDM-2 ; 10 Daimler Ferret ; 8 M8 Greyhound ; 30 Halftracks ; 2 BMP-3

Défense anti-aérienne 50 ZPU-4 en service.

Infanterie Les fantassins malgaches utilisent un armement datant de la guerre froide et fournis majoritairement par la France, la Chine populaire, la Corée du Nord : Pistolets Tokarev TT 33 et Makarov et leurs versions chinoises (Norinco Type 54 et Type 59, Pistolet MAC modèle 1950, remplace le TT 33 Pistolets-mitrailleurs MAT-49, Carabine chinoise Type 56 et SKS (son modèle soviétique), Fusils Type 63/68 et Type 56 (RPC), MPi-KM et Type 68 (RDA et RPDC), fusils de précision soviétiques SVD ou chinois NDM-86 lance-roquettes RPG-7, mitrailleuses légères soviétiques RPK et PKM.

Enfin, ces deux types de mitrailleuses lourdes équipent la flotte des pick-up armés : DShK russes ou Norinco Type 54 chinoises Browning M2 US. Il y a aussi des armes vcd 10 fusil de précision et vcD15 fusil d'assaut

Armée de l'air vignette| Le premier élément aérien de l’armée malgache est créé le et s'installe dans la base aérienne 181 sur l'aéroport international d'Ivato.

Elle a disposé de 4 MiG-17 et d'une dizaine de MiG-21 d'origine nord-coréenne et russe à partir de 1978, stockés à la fin des années 1990 ainsi que de 8 hélicoptères Mil Mi-8 et de plusieurs Antonov de la Société Malgache de Navigation Aérienne affrétés à l’armée malgache dont une partie a été détruite début 2009. vignette|Hélicoptère de l'armée de l'air malgache lors du défilé du 26 juin 2026. En 2019, un CASA CN-235 est acheté à crédit à la société française Sofema. Il est repris en 2021 par cette entreprise car l'état malgache n'arrive pas à payer l'appareil. Il s'agit alors du seul avion de transport tactique de ce pays..

Les appareils en service en 2016 sont les suivantsInternational Institute for Strategic Studies; Hackett, James (ed.). The Military Balance 2016. London: Routledge. . : vignette|150px| AéronefsOrigineTypeEn serviceVersionsNotes Avion de transport Antonov An-26 Transport tactique6Retiré du service actif en 2005 (Reg: 5R-MUG, -MUK, -MUL, -MUM, -MUN, -MUO and -MUP). Seul 5R-MUP a été conservé à Ivato pour la formation des mécaniciens de l'armée. Cessna 172 Avion d'entrainement4172M (un a été détruit dans un incendie Nov.2024) Cessna 310 Communications1310R Cessna 337 2 Cessna 402B at least 2 (2 ont été détruits dans un incendie, Nov.2024)Journal du 20 Novembre 2024) Cessna 421 at least 1 (1 a été détruit dans un incendie, Nov.2024) 2 Humbert Tétras 1 Premier remis par la France en août 2002. Troisième exemplaire remis le 10 avril 2013 Piper PA-23 Communications2PA-23-250 Aztec D (1 a été détruit dans un incendie Nov.2024) Yakovlev Yak-40 Transport VIP2 retiredPremière livraison en 1978. Arrêt d'exploitation en 2002 (5R-MUA & 5R-MUB) Boeing 737 Transport tactique2 737-300 & 737-700BBJ Ex-Air Shamrock (5R-MRP) vendu à Las Vegas Sands en 2012 Transférer chez Madagascar Airlines en 2011 (5R-MRM) Hélicoptère Bell 206B Hélicoptère au moins 1 (détruit dans un incendie Nov.2024)Bell 407États-UnisTransport Présidentiel1Opéré par Saphire Air entre 2001 & 2008Aérospatiale AS350 ÉcureuilFranceHélicoptère multi-rôles3AS350 B2Acquis en 2019 .Ex Sud Africain .Un accidenté en mer le 21 décembre 2021 Alouette II Hélicoptère multi-rôles4SA318C Ex-armée belge. Revendus à une société privée,arrivent fin 2009 dans le pays, intégrés dans l'armée malgache le 27 mars 2010 sans autorisation belge. Un accidenté a terre le 28 janvier 2019..

Marine de guerre vignette|droite|Patrouilleur RC Trozona en 2016 aux Seychelles lors de l'exercice Cutlass Express

Gendarmerie nationale La gendarmerie nationale (Zandarimariam-pirenena en malgache) est une force militaire chargée de faire respecter la loi. Contrairement aux autres pays, à Madagascar la gendarmerie est la plus active par rapport à la Police et aux Armées puisqu'elle est la plus sollicitée (notamment parce que Madagascar est majoritairement rural). La Gendarmerie Nationale a été formée par la Gendarmerie Française et dispose de moyens de transport d'origine allemande (Mercedes-Benz Unimog, Mercedes-Benz Atego, Daimler Ferret), Soviétique (BRDM-1 et BRDM-2) ou encore d'origine française (Peugeot P4, Sovamag), japonaise (pick-up Nissan Hardbody , Toyota Hilux) et chinoise (tout-terrains Dong Feng). vignette Elle dispose aussi d'éléments d'intervention : le FIGN (Force d'Intervention de la Gendarmerie Nationale) et le GSIS (Groupe de Sécurité et d'Intervention Spéciale) qui est l'unité d'élite équivalent du GIGN, qui l'a, d'ailleurs, formé.

Implication internationale

Avant l'entrée dans la crise, l'Armée malgache participait à des opérations dans le cadre de maintien de la paix des Nations unies et de l'Union africaine ainsi qu'à des opérations bilatérales avec les Forces armées françaises.