L'église Notre-Dame-de-l'Assomption est une église catholique paroissiale située à Auvers-sur-Oise, dans le département français du Val-d'Oise et la région Île-de-France.

Elle a été fondée vers la fin du par Philippe , puis reconstruite sous l'impulsion d'Adélaïde de Savoie qui réside souvent dans le manoir royal au nord de l'église après le décès de son époux Louis VI en 1137. Cette reconstruction commence par les parties orientales et s'achève par la nef, qui présente une élévation sur trois niveaux avec triforium. Elle se fait dans le style roman tardif encore manifeste dans les chapiteaux, basculant rapidement vers le style gothique naissant avec des fenêtres en arc brisé et des voûtes d'ogives. L'absidiole au nord est encore purement romane, mais elle n'est sans doute pas antérieure à 1137. Deux fenêtres du chevet sont remaniées au dans le style gothique rayonnant, ce qui accentue l'écart stylistique de ces deux parties en réalité contemporaines.

L'église Notre-Dame traverse les siècles sans subir de dommages notables lors des guerres, et la seule transformation entreprise est l'ajout de la chapelle de la Vierge peu avant le milieu du . Or, après un premier classement au titre des monuments historiques en 1856, les restaurations de l'intérieur sont si maladroitement entreprises que l'édifice perd beaucoup de son authenticité, et il est donc déclassé en 1874. Un second classement intervient en 1915. L'église Notre-Dame-de-l'Assomption reste un intéressant témoin du style gothique primitif, et son chœur et sa nef sont d'une grande qualité architecturale, faisant preuve d'une harmonie et d'une élégance qui n'ont rien à envier aux grands chantiers de son époque.

Au , l'église acquiert une notoriété mondiale grâce à la toile de Vincent Van Gogh, L'Église d'Auvers-sur-Oise, peinte en 1890.

Localisation thumb|left|Mur de soutènement avec des fenêtres bouchées au sud de l'église.

L'église est située dans le département français du Val-d'Oise, sur la commune d'Auvers-sur-Oise, à l'est du centre-ville, sur un promontoire à flanc de coteau, surplombant la rue Daubigny et la rue de Paris arrivant depuis le pont de l'Oise. Au nord, l'église s'approche de près d'une vieille ferme, issue d'un manoir seigneurial des comtes du Vexin existant déjà au voire avant. Le promontoire, en fait une terrasse aménagée pour accueillir le cimetière entourant l'église jusqu'à sa suppression en 1858, est délimité au sud par un mur de soutènement épaulé par des contreforts de formes différentes. La muraille comporte une saillie importante au sud du chœur et montre des traces de fenêtres bouchées, ce qui indique qu'elle provient d'un bâtiment aujourd'hui disparu, probablement le logis du prieur ou la grange dîmière. Avec le manoir, le prieuré et quelques autres bâtiments, l'église disposait d'une ébauche d'enceinte fortifiée, servant de retraite aux habitants en cas de danger. Après la fin des guerres de religion, les paroissiens décident en 1615 de poursuivre les travaux de fortification entrepris depuis longtemps. L'escalier d'accès montant depuis la rue Daubigny vers le portail occidental de l'église date de cette époque. Le bâtiment au nord de l'escalier est l'ancienne prévôterie. Le presbytère se situe au fond d'une cour dont le portail fait face à la façade de l'église, à l'angle avec le mur de la ferme. La place devant le chevet de l'église a été aménagée en 1875 après l'arasement du mur d'enceinte de ce côté, et plantée d'arbres..

Historique Les origines thumb|upright|L'église d'Auvers, par Vincent Van Gogh. thumb|upright|Vue depuis le nord-est. thumb|upright|Escalier de 1615 (inscrit M.H.). thumb|upright|Vue depuis le sud-ouest.

Au , Auvers-sur-Oise appartient en propre aux comtes du Vexin. Ils possèdent le manoir au nord de l'église actuelle, qui n'existe pas encore : Le centre du village se trouve à l'endroit de l'actuel hameau de La Rue Rémy à près de à l'ouest, et c'est là qu'est implantée l'église paroissiale Saint-Martin. Elle dépend de l'abbaye Saint-Martin de Pontoise. Quand le dernier comte du Vexin, Simon de Vexin, décède en 1081, sa lignée s'éteint avec lui, et ses possessions reviennent au domaine royal de plein droit. Le roi Philippe n'avait toutefois pas attendu ce moment pour s'emparer du Vexin, ce qu'il fit en 1077. Quoi qu'il en soit, Auvers-sur-Oise fait partie du domaine royal à compter de 1081. C'est pour le roi l'occasion de décider de la construction d'une église près de son manoir. Aucun détail n'est connue sur cette église, qui s'élève à l'emplacement exact de l'actuelle église Notre-Dame-de-l'Assomption. En tout cas, le roi Louis VI le Gros (fils du précédent) décide de la donner à l'abbaye Saint-Vincent de Senlis en 1131. Il considère que cette abbaye fondée par son épouse Alix ou Adélaïde de Savoie est encore trop pauvre, et la charte de donation mentionne explicitement qu'il s'agit d'une église royale, devant permettre à l'abbaye d'enrichir ses « maigres revenus ». On peut en conclure que l'église Notre-Dame-de-l'Assomption est déjà achevée et possède une certaine importance. N'en subsistent que les parties basses du croisillon nord du transept, du chœur et de l'absidiole dans leur angle, dont le plan est tout à fait conforme aux édifices religieux du Vexin de la fin du , ainsi que la pile nord-est du clocher. Louis Régnier démontre que l'absidiole ne peut provenir entièrement de l'église précédente. Bien qu'elle soit de style roman, sa corniche est la même que celle des croisillons, et la sculpture des chapiteaux de ses fenêtres est de la même facture que de celles du chœur. D'autres détails indiquent qu'elle ne peut dater du ...

La construction de l'église

Adélaïde de Savoie reçoit Auvers en douaire à la disparition de son époux. En tant que dépendance de l'abbaye Saint-Vincent, l'église s'accompagne sans aucun doute d'un prieuré. L'on ignore si ce sont les moines ou la reine qui décident de la reconstruction du chœur, mais la deuxième hypothèse est plus probable, étant donné que ce soit à la générosité d'Adélaïde que l'abbaye doit sa première prospérité, et que les nouveaux aménagements sont à la pointe du développement artistique de l'époque, en s'inspirant du style de la basilique Saint-Denis même pas encore achevée à l'époque. Par ailleurs, la reconstruction rapide des petits chœurs romans seulement quelques décennies après leur construction est un constat récurrent dans la région. L'analyse stylistique montre que le chœur actuel a dû être entamé avant le milieu du , toujours dans le style roman, comme en témoignent les chapiteaux, mais en passant bientôt vers le tout nouveau style gothique. Les croisillons sont rebâtis en même temps, mais avec une ornementation plus sommaire. Les autres parties de l'église ne sont amorcées qu'après la mort d'Adélaïde en 1154, à commencer par l'élégant clocher en bâtière parmi les premiers beffrois gothiques du Vexin, terminé sans doute avant 1170. La nef et les bas-côtés semblent dater de la période comprise entre 1190 à 1225, tombant dans le règne de Philippe Auguste. L'élévation sur trois niveaux est généralement interprétée comme étant inspirée par la cathédrale Notre-Dame de Paris. Contrairement à d'autres églises Vexinoises qui comportent également un triforium mais pas d'arc-boutant (Ennery, Livilliers et Nesles-la-Vallée, par exemple) et qui souffrent de problèmes de stabilité, l'église d'Auvers-sur-Oise est d'emblée équipée d'arcs-boutants. La façade occidentale est achevée vers 1225. Notre-Dame est ensuite érigée en église paroissiale, au détriment de l'église Saint-Martin, qui continue toutefois de servir au culte jusqu'au , avant d'être abandonnée et tomber en ruines. Plus rien n'en subsiste..

L'évolution de l'église au fil des siècles

La guerre de Cent Ans, qui touche le Vexin français entre 1346 et 1475, mais occasionne des dégâts sur les églises entre 1429 et 1436 essentiellement, laisse parfaitement indemne l'église d'Auvers. Seulement une petite minorité des églises de la région est dans le même cas. Ce n'est donc pas dans le cadre d'une reconstruction que l'absidiole à l'est du croisillon sud, si elle a bien existé, est démolie pour céder la place à la chapelle de la Vierge, mais plutôt pour rendre hommage à la sainte patronne de l'église. Aucun insigne héraldique ne permet de la considérer comme chapelle seigneuriale, et l'historien local Henri Mataigne n'a trouvé aucun document indiquant l'existence ancienne d'un pèlerinage dédié à la Sainte-Vierge. Cette grande chapelle d'une travée carrée, à angle coupé, est de style flamboyant tardif, avec des éléments décoratifs de style Renaissance. Louis Régnier juge utile d'observer que la consécration de l'église en date du par Nicolas de Coquinvilliers, évêque in partibus de Verience, vicaire général de l'archevêque de Rouen, ne corresponde à aucun travail apparent de réfection ou de restauration. La date d'achèvement pourrait se situer autour du milieu du . La construction de la chapelle va de pair avec la reprise en sous-œuvre de la pile sud-est du clocher, dont elle est mitoyenne. Sans que l'on en connaisse la raison, le troisième pilier libre des grandes arcades au nord de la nef est remplacé quelque temps avant par une pilier ondulé flamboyant d'un plan atypique. Au , la pile nord-ouest menace ruine et est remplacée à son tour. Ici, des blocs de pierre remplacent les chapiteaux. En 1733, la seule cloche survivant à la Révolution française, baptisée « Madeleine-Louise », est mise en place. L'impact de la Révolution est plus réduit à Auvers qu'ailleurs : seules les statues et les vitraux deviennent victimes du vandalisme, mais l'on ne touche pas au bâtiment proprement dit, ni aux autels et boiseries...

Les restaurations de l'édifice

En 1828, l'église reçoit une seconde cloche, qui est de petites dimensions. Le classement aux monuments historiques intervient dès 1856, soit seulement seize ans après l'instauration de ce procédé en 1840. L'église est donc considérée à l'époque comme relevant d'un intérêt archéologique de premier ordre. À la suite du classement, l'intérieur de la nef est restauré, mais sans discernement ; les piliers et les chapiteaux sont tellement grattés qu'ils perdent beaucoup de leur substance et les voûtes des bas-côtés sont complètement rénovées. En plus, les fenêtres du bas-côté sud sont refaites et perdent leur caractère. Des fenêtres sont percées dans le bas-côté nord, qui n'en possédait pas car donnant presque immédiatement sur le mur de la ferme seigneuriale. Cette restauration maladroite entraîne le déclassement de l'édifice en 1874. Les arcs-boutants sont également refaits, sauf le troisième au sud, mais cette fois dans le respect du style d'origine. En 1875, la grande rosace à remplage flamboyant de la façade occidentale est défoncée par un violent orage, le même qui détruit la rosace au-dessus du portail occidental de la cathédrale Saint-Maclou de Pontoise. Elle est remplacée par une roue de style gothique primitif, se rapprochant peut-être de l'apparence de la rosace au . La date de la réfection de la bâtière du clocher est inconnue, mais il est certain qu'elle n'a jamais montré l'aspect que Vincent van Gogh lui a donné dans son célèbre tableau. Les abat-son qu'il a représentés ont vraiment existé et ont été démontés en 1891, car ne laissant pas assez de place à la troisième cloche, la plus grosse, installée en cette année. La suppression des abat-son expose la charpente aux intempéries et menace leur substance. En 1891 également, le portail latéral dans la troisième travée du bas-côté sud et l'oculus qui le surmonte sont entièrement reconstruits et perdent à leur tour toute valeur archéologique. Un bas-relief a été apposé sur le tympan, mais il a été vandalisé par un fanatique au moment de la loi de séparation des Églises et de l'État en 1905.. L'édifice est de nouveau classé au titre des monuments historiques par arrêté du et l'escalier menant à l'église sera lui, inscrit le .