Le Terril des Viviers est un ancien site de charbonnage s'étendant à l'est de Gilly, section de la ville de Charleroi. Le cône du terril a récemment été arrasé dans le cadre de la construction du Grand Hôpital de Charleroi - Les Viviers.
Évolution récente
Depuis 2017, le site a vu la construction du Grand Hôpital de Charleroi - Les Viviers. Les aménagements ont porté sur la création d'un vaste parc boisé, la mise en place de voiries et le nivellement du cône résiduel du terril des Viviers constitué en grande partie de schiste. Les terres noires du terril des Viviers ont été mises en évidence dans l’aménagement du parc pour mettre en lumière le passé industriel carolorégien et rendre hommage aux nombreux mineurs qui ont travaillé aux Viviers. Lors de l'annonce du projet de construction de l'hôpital, ses concepteurs ont manifesté leur volonté de respecter la biodiversité de l'endroit, et notamment la présence de crapauds calamites, sous la supervision de la Faculté d'Agronomie Gembloux Agro-Bio Tech (ULg), avec pour objectif de diriger les crapauds et leur descendance vers une partie du terrain qui ne sera pas affectée par les travaux.
Le site s’étend sur 17 hectares. Dix ont été aménagés en parc afin de pérenniser cette biodiversité et pour faire bénéficier patients et visiteurs d’un espace naturel, sain et ressourçant.
Description générale
Site de grand intérêt biologique (SGIB) Le site de grand intérêt biologique des Viviers est répertorié et possède le code 2638.
Les sites de grand intérêt biologique (SGIB) sont de véritables « hotspots » (points chauds) de biodiversité. Il constituent le cœur vital de la structure écologique principale. Ceux-ci abritent des populations d'espèces et des biotopes rares ou menacés ou se caractérisent par une grande diversité biologique ou un excellent état de conservation. Véritables noyaux de diversité biologique, ils sont indispensables pour organiser l'ossature du réseau écologique et pour établir les bases d'une politique volontariste de conservation de la nature. Depuis plus d'un siècle, les naturalistes les identifient, les décrivent et ils tentent de les protéger.
Avant 2017, ce site présentait un petit terril conique ainsi que de vastes zones ouvertes constituées principalement de pelouses pionnières et de friches. Il comprend aussi un plan d'eau ainsi que des mares temporaires, et quelques zones boisées sur les bordures ouest et nord. Ces biotopes particuliers présentent un grand intérêt biologique et jouent le rôle de refuge pour une faune diversifiée. La vaste roselière entourant la mare accueille la rousserolle effarvatte (Acrocephalus scirpaceus), passereau spécifique de ce type de végétation. On y observe plusieurs espèces d'amphibiens, dont une population de crapaud calamite (Bufo calamita), ainsi que certains insectes, comme le criquet à ailes bleues (Oedipoda caerulescens).
Zone centrale Le site de grand intérêt biologique des Viviers est une « zone centrale ».
La politique de conservation de la nature, tant au niveau européen qu'en Région wallonne, a pour objet de tenter de préserver, gérer et restaurer notre patrimoine naturel, par l'adoption de mesures visant à favoriser la conservation et la gestion durable des espèces de flore et de faune sauvages et des habitats naturels. Elle se fonde aujourd'hui de plus en plus sur le concept de « réseau écologique ».
Celui-ci peut être défini schématiquement comme l'ensemble des biotopes qui permettent d'assurer la conservation à long terme des espèces et des habitats naturels sur le territoire. Pour le mettre en place, il importe de définir sur ce territoire une structure cohérente comportant : des « zones centrales », c'est-à-dire des zones de grand intérêt biologique affectées prioritairement à la conservation de la nature. Ce sont des zones vitales, riches en biodiversité où les individus peuvent réaliser l'ensemble de leur cycle de vie (reproduction, alimentation, abri...). des « zones de développement », où les activités humaines restent compatibles avec le maintien d'une certaine diversité biologique, et les « zones de liaison » (ou corridors ou couloirs écologiques), qui permettent aux espèces de se déplacer dans le paysage et qui favorisent les échanges génétiques.
L'ensemble constituent les continuités écologiques, permettant de préserver la vie associée.
Cette stratégie de conservation de la nature, fondée sur une approche scientifique et intégrée aux activités humaines, est préconisée tant par le Schéma de développement de l'espace régional (SDER) que par le Plan wallon de l'environnement et du développement durable (PEDD).
Plan communal de développement de la nature (PCDN) Le site de grand intérêt biologique des Viviers fait partie du Plan Communal de Développement de la Nature de Charleroi ().
L’étude d’actualisation du réseau écologique de la Ville de Charleroi a été réalisée dans le cadre de la relance du PCDN de Charleroi. Cette étude a été réalisée par le bureau Service Pédologique de Belgique et publiée en juin 2010.
Les bases du PCDN sont le « sommet de la Terre » de Rio de Janeiro en 1992. Il constitue une réponse aux cris d'alarme au niveau des pertes importantes de la biodiversité.
En 2012, une charte a été signée par différents acteurs qui se sont, par là même, officiellement engagés à préserver et à développer la biodiversité dans la commune, en partenariat avec les communes avoisinantes.
Zone d'espaces verts Le site de grand intérêt biologique des Viviers est en majeure partie en "zone d'espaces verts" au plan de secteur. Une partie est en "zone d’aménagement communal concerté".
Chemins des Terrils : Le GR412 à travers la mémoire industrielle de Charleroi Le GR412 est un sentier de Grande Randonnée qui traverse la Wallonie d’Ouest en Est et qui effectue le lien entre l’ensemble des sites industriels, estampillés Unesco ou non, le long de la dorsale wallonne et du sillon Sambre-et-Meuse. Long de près de 400 kilomètres, il s’élance depuis Péruwelz, pour suivre la chaîne des terrils du Hainaut, en passant par le site du Grand Hornu, le Pass de Frameries, les terrils de l’Héribus et du Levant, le site de Bois-du-Luc, le canal du Centre historique, et plus loin, du côté de Charleroi, rebaptisé la Transterrilienne, vers le Bois du Cazier, en passant par le magnifique site du Terril des Viviers pour finir sa course à Blégny-Trembleur. Il représente à lui seul, près d’un dixième de l’ensemble des sentiers de Grande Randonnée de notre pays (5000 kilomètres). Il tient son nom de la date du , jour de la Sainte-Barbe, sainte patronne des mineurs. Ce Chemin des Terrils, le GR412, longe actuellement le Site de Grand Intérêt Biologique des Viviers. Autrefois, le GR412 traversait le SGIB grâce au sentier Baltard. À la suite de travaux d'égouttage mal conçus, celui-ci a finalement été déclassé par l'administration communale. Le sentier Baltard du GR412 a ainsi été remplacé par le sentier de la Ferme et la rue des Mottards pour permettre aux randonneurs de rejoindre le RAVeL. Le sentier de Grande Randonnée GR412 permet donc de contempler le Terril des Viviers par son côté sud.
Accès par le RAVeL Le RAVeL « La Houillère » (qui relie Châtelineau à Gosselies, en passant par Jumet et Roux) longe le terrain des Viviers et une jonction y a été greffée pour rejoindre l’entrée de l’hôpital.
Visite guidée "Entre Nature et Histoire" En 2007, une visite du terril des Viviers, "Entre Nature et Histoire", a été organisée par la Ville de Charleroi en compagnie de guides touristiques qui y ont retracé l’histoire de la bataille de Gilly entre l'armée impériale de Napoléon et les troupes prussiennes à Gilly en en prémices de la bataille de Waterloo à partir des hauteurs du terril. thumb|Vestige dans le prolongement de la rue de l'Observatoire, au pied du Terril des Viviers
Délimitation du SGIB des Viviers Le SGIB des Viviers est entouré par la Rue des Mottards, le Sentier de la Ferme, la Rue de l'observatoire, le Sentier Baltard, la Rue des Hayettes, la Route de la Basse Sambre et le RAVeL 1 La Houillère Châtelet - Gilly - Jumet - Roux L119. Cartographie des sites de grand intérêt biologique - : http://observatoire.biodiversite.wallonie.be/Sites/sgib/Cartesgif/2638.gif Délimitation du SGIB des Viviers (vue satellite) : http://observatoire.biodiversite.wallonie.be/carto/sites/carte.aspx?type=sgib&id=2638
Biotopes Code WalEUNISNomValeur patrimoniale C1 Eaux stagnantes Oui (habitat rare, menacé ou protégé) C3.21 Phragmitaies (roselières « vraies ») Oui (habitat rare, menacé ou protégé) C3.23 Typhaies Oui (habitat rare, menacé ou protégé) C3.26 Phalaridaies Oui (habitat rare, menacé ou protégé) E1 Pelouses sèches Oui (habitat rare, menacé ou protégé) E5.6a Végétation nitrophile sur sol sec F3.1c Fourrés rudéraux G5.6ba Colonisation forestière feuillue spontanée de milieux ouverts non forestiers J3.3 Carrières et sablières abandonnées
Espèces Ce paragraphe reprend les points suivants : Une présentation des espèces de valeur patrimoniale répertoriées à ce jour sur le SGIB "Les Viviers". Une liste non exhaustive mais plus complète de l'ensemble des espèces répertoriées sur le site de grand intérêt biologique des Viviers.
Liste des espèces répertoriées Les paragraphes "faune" et "flore" ci-dessous décrivent une partie (liste non exhaustive) de la faune et de la flore que l'on peut rencontrer sur le Site de Grand Intérêt Biologique des Viviers. Les espèces de valeur patrimoniale sont en couleur.
Faune