François-Joseph Cazin, né le à Samer et mort le à Boulogne-sur-Mer, est un médecin français.
Auteur d'un imposant Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènesFrançois-Joseph Cazin, Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes, reprint de 1868 avec préface de P. Lieutaghi (édition 1997), : la troisième édition de 1868 est encore aujourd’hui une référence en phytothérapie : , F.-J. Cazin est considéré comme Julien Pierre, F.-J. Cazin ou comment l'absorption de melon contaminé fait un grand phytothérapeute cité par L. Lagriffe, F.-J. Cazin, médecin de campagne du Boulonnais et grand phytothérapeute, in Journal des médecins du Nord et de l’Est, Revue d’histoire de la pharmacie, 1969, , ..
Il est le père d'Henri (1836-1891), médecin ayant joué un rôle important dans le développement des hôpitaux de Berck et de Jean-Charles (1841-1901), peintre.
Biographie François-Joseph Cazin entre comme aide en chirurgie, à l’âge de seize ans, à l'hôpital militaire de la Grande-Rue, de Boulogne-sur-Mer, puis devient chirurgien militaire, puis médecin de marineÉtats de service : document de son dossier dans la base Léonore..
Là, il fait preuve de dévouement pendant l'épidémie de choléra de 1832 mais contracte la maladie. Il est donc contraint de retourner à la campagne, dans son village natal, à Samer.
Il découvre dans la campagne une population pauvre, malade, ne pouvant accéder à la même médecine qu'en ville. Il décide alors d'essayer de leur offrir des soins à portée de main, par les plantes.
Pour permettre à ses fils, Jean-Charles et Henri d'étudier dans de bonnes conditions, il quitte Samer pour s'installer à Boulogne-sur-Mer. Il y exerce jusqu'en 1846, partageant son temps entre le soin des malades, les recherches botaniques et l'expérimentation pharmacologique et thérapeutique.
Carrière militaire Le , il est nommé chirurgien sous aide au de réserve au camp de Boulogne pour l'hôpital militaire de Saint-Omer, puis gagne le les hôpitaux de Boulogne-sur-Mer comme officier de santé de .
Le , il est commissionné pour le de dragons. Il est détaché en au service des ambulanciers à la campagne d'Autriche et participe en particulier à la bataille de Wagram. Il devient ensuite chef de service à l'hôpital militaire du collège de Linz jusqu'en . Cet hôpital étant supprimé, il retourne au de dragons. Désirant poursuivre ses études médicales, il démissionne le .
En , c'est la Campagne de France durant laquelle Napoléon Ier tente d'éviter ou arrêter l'invasion de la France et conserver son trône. Le , FJ Cazin est réquisitionné pour rejoindre l'hôpital militaire de Calais. Il y reste 9 mois et assiste peut-être au débarquement de Louis XVIII à Calais le (Le roi se rendait à Paris où il entrera le pour reprendre le pouvoir après que Napoléon en a été chassé et envoyé à l'Ile d'Elbe).
Environ 9 ans plus tard (le ), il est nommé médecin de marine au port de Calais.
Carrière médicale thumb|right|Planche de la belladone, 1856 Le , il est nommé médecin du bureau de bienfaisance de Calais. Il y reste jusqu'en 1832, année où il fait preuve de dévouement pendant l'épidémie de choléra, comme l'atteste le maire de Calais : . Mais contaminé lui aussi, il quitte la ville le , pour rejoindre sa maison natale à Samer.
Son intérêt pour les plantes médicinales, ressources dont l’emploi est simple et économique, est motivé par sa volonté d’offrir un meilleur accès à la santé pour les gens des campagnes et les pauvres. Il réfléchit aussi à l'organisation d'un service rural de soin gratuit, couronnée par l'Académie de Reims
Il s’illustre à Boulogne-sur-Mer durant l’épidémie de choléra de 1849Dans le document 9 de son dossier Léonore , il cite le témoignage d'un de ses amis : .
Fonctions municipales et administratives François-Joseph Cazin a exercé divers mandats municipaux, durant 18 ans. Il a ainsi été conseiller municipal de Calais du au , date de son départ pour raison de santé. Ayant regagné Samer pour s'y rétablir, il en devient l'adjoint au maire le , puis le maire de 1836 à 1840. Après avoir à nouveau quitté sa ville natale, cette fois pour Boulogne-sur-Mer, il y est élu conseiller municipal en 1848, pour 3 ans ½, avant d'être adjoint au maire pendant 2 ans ½.
Il a également été membre correspondant du Service départemental de salubrité pendant 10 ans.
Membre de sociétés savantes François-Joseph Cazin a été secrétaire de la Société d'agriculture, des sciences, lettres et arts de Boulogne-sur-Mer, de 1846 à 1853.
Le prix qu'il a obtenu de l'Académie de médecine de Paris lui a attiré les faveurs de nombreuses sociétés savantes qui le nommèrent membre correspondant, tant en France qu'à l'étranger : académie impériale des sciences et des lettres de Montpellier, académies de Reims, Rouen, Amiens, académie de médecine de Ferrare, société impériale des sciences et des arts utiles de Lyon, société académique de Saint-Quentin, société des sciences naturelles et médicales de Bruxelles, société médico-pratique de Paris, sociétés impériales de médecine de Marseille, Lyon, de Toulouse, sociétés de médecine de Strasbourg, Metz, Nancy, Nîmes, Caen, Dijon, Gand, Poitiers, Angers.
Distinctions thumb|Page de titre de la du Traité des plantes médicinales de François-Joseph Cazin.
Il est lauréat de nombreuses sociétés savantes.
En 1847, la Société royale de médecine de Marseille ouvre un concours sur les ressources que présente la flore médicinale indigène aux médecins de campagne. Il remporte le premier prix. Son mémoire sert de base au Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes, dont la première édition paraît en 1850 ; également récompensé le par le prix Itard de l'Académie de médecineBulletin de l'Académie de médecine page 217..
Son mémoire sur la chlorose reçoit la médaille d'honneur au concours de 1849 de la Société des sciences naturelles et médicales de Bruxelles, la mention honorable (prix non décerné) par l'académie de médecine de Ferrare et la médaille d'or de l'Académie de médecine de Gand en 1850.
Il est lauréat (médaille d'argent grand module) de la Société nationale et centrale d'agriculture de Paris pour un mémoire sur la maladie de la pomme de terre.
Il reçoit en 1850 une médaille de bronze de la Société académique de Nantes pour un mémoire sur Des moyens les plus efficaces et les plus économiques de faire la médecine des pauvres dans les villes et les campagnes.
La Société académique de Saint-Quentin lui décerne la médaille d’argent, la plus haute distinctionLa médaille d’or n’a pas été attribuée comme le précise le dossier Léonore., au concours ouvert en 1852 ayant pour sujet « Des moyens de faire produire à la bienfaisance les meilleurs efforts possibles et d'arriver progressivement à l'amélioration matérielle et morale des populations ouvrières principalement dans les centres industrieux ».
L'Académie de Reims le couronne en 1852 pour son ouvrage sur l'organisation d'un service de santé pour les indigents des campagnes.
Le , il est nommé chevalier de l'ordre impérial de la Légion d'honneurLettre du grand chancelier : document de son dossier dans la base Léonore..
Il est également décoré de la médaille de Sainte-Hélène pour ses états de service en tant qu'officier de santé au de dragons en 1809..
Il est inhumé au Cimetière de l'Est à Boulogne-sur-Mer.
Publications Des Vers ascarides lombricoïdes et des Maladies que ces animaux causent, accompagnent ou compliquent, considérés sous le point de vue médico-pratique, 1850 , Monographie de la chlorose, 1850, Monographie médico-pratique et bibliographique de la belladone, 1856 , Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes ( considérablement augmentée, et entièrement refondue, avec un atlas de 200 plantes soigneusement lithographiées), 1858,
Notes et références Notes
Références
Annexes
Bibliographie
Articles connexes Jean-Charles Cazin Henri Cazin Phytothérapie Ethnobotanique Pierre Lieutaghi
Liens externes
Texte de la éd. (1868) en ligne sur Pl@ntUse Photo de François-Joseph Cazin
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