L’indépendance de Guayaquil est un processus indépendantiste qui a eu lieu le avec pour objectif de rompre les liens coloniaux existant entre le et l'Empire espagnol et qui a donné naissance à la province libre de Guayaquil. L'indépendance de Guayaquil marque le début de la guerre d'indépendance de la Real audiencia de Quito dans le contexte des guerres d'indépendance en Amérique du Sud. Parmi les facteurs les plus influents dans son déclenchement se trouve la volonté des créoles, qui avaient déjà un statut social et économique élevé, d'obtenir le pouvoir politique.

Dans l'historiographie traditionnelle équatorienne sont présentés comme des précédents de l'indépendance de la ville plusieurs soulèvements populaires comme la « Crise des Alcabalas » en 1592 ou « Rébellion des Estancos » en 1765. Toutefois ces évènements n'ont que peu à voir avec les réclamations indépendantistes de l'Espagne. Le premier soulèvement demandant un gouvernement créole de la Real audiencia de Quito fut celui du , conduit par certaines catégories éclairées de la population Quito suivant les idées du héros Eugenio Espejo. Traditionnellement cet évènement est connu comme le « Premier Cri de l'Indépendance », cependant, les dirigeants de la cause n'ont jamais parlé d'indépendance mais d'une plus grande autonomie politique avec un respect de la métropole et la capitale de la vice-royauté. En effet, ils prêtèrent serment d'allégeance au roi Ferdinand VII, s'opposant ainsi à l'invasion des troupes françaises de Napoléon qui à l'époque menaçait l'Espagne et à la proclamation de Joseph Bonaparte comme le nouveau roi. Les troupes envoyées par le vice-roi du Pérou, José Fernando de Abascal y Sousa, dont dépendait alors de la Real audiencia de Quito, mirent fin à la résistance populaire le .

Une des autres causes qui ont influencé de manière significative l'indépendance de Guayaquil furent les campagnes émancipatrices du nord de l'Amérique du Sud, dirigées par Simón Bolívar. Ces évènements ont sensiblement affaibli les forces espagnoles de l'Audiencia de Quito.

Les grandes figures de la révolution d'indépendance sont notamment le José Joaquín de Olmedo, le héros , le militaire et le général José de Villamil.

Antécédents Premiers soulèvements dans la Real Audiencia de Quito

vignette|redresse|Felipe V, roi d'Espagne.

À l'époque coloniale se produisent plusieurs rébellions contre le régime espagnol. Dans la Real audiencia de Quito a lieu entre et la « Crise des Alcabalas », une confrontation entre les créoles soutenus par les cabildos et la Couronne qui défend les intérêts de l'audiencia. La principale raison de ces évènements est que les impôts alcabalas qui sont imposées aux créoles dans toute la vice-royauté du Pérou mais dont les autochtones sont exemptés. La raison de ces taxes est le soutien des guerres coûteuses que l'Espagne livre dans le nord de l'Europe. Les troubles conduisent à des affrontements violents qui sont réprimés par une troupe envoyée par le vice-roi du Pérou. À la suite de ces soulèvements, les cabildos sont sanctionnés et l'autonomie dont jouissait la ville de Quito est diminuée.

Les changements politiques, administratifs et économiques, que mettent en œuvre les Espagnols en 1765, conduisent à un nouveau soulèvement connu sous le nom de « Rébellion des Estancos ». Le but de cette révolte est l'aspiration du peuple au retour d'un gouvernement décentralisé mis en œuvre auparavant par les monarques espagnols de la maison de Habsbourg et les premiers monarques de la maison de Bourbon, avec la participation des secteurs locaux dans les décisions de l'État. Le roi d'Espagne Philippe V, par voie d'ordonnance, a étatisé la production et la distribution d'aguardiente. Les rebelles protestent car la vente de ce produit avait été libéralisé en 1738 CervantesVirtual.com - Historia - La Monarquía Hispánica Los Borbones Felipe V. Cela renforce le pouvoir de l'élite créole LaHora.com - Historia del Ecuador - Enfrentamientos entre españoles e indígenas .

Rébellion quiteña du 10 août 1809 vignette|Eugenio Espejo. Le Eugenio Espejo commence à inculquer les premiers sentiments indépendantistes dans la société créole de Quito avec des publications telles que El Nuevo Luciano Quito et plus tard avec la création du journal Primicias de la cultura de Quito. Il est persécuté par les autorités espagnoles et emprisonné à plusieurs reprises.

L'un des plus influencés par Espejo est , , qui, avec plusieurs autres quiteños éclairés comme et Manuel Rodríguez de Quiroga, planifie le renversement du président de l'audience, Manuel Urriez, , avec le prétexte d'imiter le comportement que le peuple espagnol a adopté à l'époque pour rejeter les autorités qui avaient pris le parti de la nouvelle administration française et demeure fidèle au roi Ferdinand VII.

La révolution quiteña se produit le et établit rapidement la première constitution créole, qui libère la ville de Quito et sa province de la domination espagnole et de la dépendance administrative de Lima. Cependant, le caractère de la rébellion n'est pas indépendantiste car les chefs de la rébellion prêtent serment d'allégeance au roi d'Espagne, à l'image que plusieurs autres juntes qui se forment par la suite dans les pays voisins. La principale revendication est la mise en place d'un gouvernement créole à la tête de l'audience.

Presque un an plus tard, les forces envoyées par le vice-roi du Pérou rétablissent le contrôle Espagnol sur la ville le . Il s'ensuit une forte répression sur la population de Quito qui se termine le de la même année. La plupart des dirigeants de la révolution sont tués par les troupes commandées par Toribio Montes.

Contexte

Idéalisme révolutionnaire et facteurs internationaux

vignette|redresse|Déclaration d'indépendance des États-Unis.

Les idées révolutionnaires contre le colonialisme européen dans les Amériques commencent à prendre forme après la lutte pour l'indépendance des Treize colonies, au cours de laquelle l'Empire britannique connait une révolution qui commence en 1775 avec la formation d'armées continentales dirigé par George Washington, et se prolonge jusqu'en 1783, après la Déclaration d'indépendance des États-Unis en 1776.

L'indépendance américaine a des conséquences qui non seulement affectent les autres pays américains, mais ont un impact sur le continent européen, où la plupart des pays avaient des rivalités historiques, économiques et militaires. De fait, plusieurs autres empires européens ont aidé économiquement et militairement les révolutionnaires américains dans le but d'affaiblir les forces britanniques, générant ainsi une déstabilisation internationale de sa puissance. La conséquence européenne la plus immédiate de cette Révolution américaine est la Révolution française de 1789, à laquelle de nombreux français ayant combattu pour l'indépendance américain prennent part, à l'image de La Fayette.

Ces deux révolutions, tirant leurs idées des Lumières, agissent comme des exemples marquants parmi les peuples qui, sans forcément être opprimés, aspirent à la liberté.

Guerres d'indépendance en Amérique du Sud

vignette|redresse|Napoléon sur son trône impérial, par Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1806.

En Amérique latine, et en particulier dans les colonies espagnoles, la figure de est fondamentale. Au début du , les guerres napoléoniennes font rage en Europe. En 1805, l'Espagne, alliée de l'Empire français, subit la rude défaite de Trafalgar et, privée de flotte, perd tout contact avec ses colonies. En 1807, le Portugal refusant d'appliquer le blocus continental, Napoléon décide d'envoyer ses troupes dans la péninsule, officiellement pour envahir le Portugal qui représente une faille notable dans son dispositif destiné à asphyxier l'Angleterre. L'invasion française déstabilise la Couronne espagnole, aggravant la crise de succession qui couve entre Charles IV et son fils Ferdinand. En 1808, l'empereur français en profite pour nommer son frère Joseph Bonaparte sur le trône, ce qui provoque le soulèvement du peuple espagnol contre ce qu'il considère comme une usurpation.

Tandis que l'Espagne s'affaiblit à cause des guerres en Europe à partir de 1808, des conflits commencent dans toute l'Amérique espagnole. Au Mexique commence la et le à Caracas ainsi qu'en plusieurs autres endroits par la suite sont mises en place des juntes d'auto-gouvernement, donnant naissance aux guerres d'indépendance en Amérique du Sud Pastranec.net - La independencia de América del Sur.

vignette|gauche|redresse|Portrait de Simón Bolívar.

Parmi les dirigeants indépendantistes, également appelés « libérateurs », figurent la plupart des « pères fondateurs » des actuels pays d'Amérique latine, tels que Simón Bolívar, José de San Martín, José Gervasio Artigas, Francisco de Paula Santander, Bernardo O'Higgins, Antonio José de Sucre, Miguel Hidalgo et José María Morelos.

Bolívar, l'un des chefs les plus éminents de l'émancipation sud-américaine, commence les guerres d'indépendance dans la capitainerie générale du Venezuela et la vice-royauté de Nouvelle-Grenade. Parmi ses actions les plus remarquables sont la Campagne Admirable et son passage par la Jamaïque et Haïti. Dès 1818, la situation de l'armée espagnole au Venezuela devient intenable et plusieurs généraux espagnols sont contraints de retirer une partie de leurs forces de Nouvelle-Grenade pour vaincre Bolívar. La situation politique et militaire des indépendantistes est assez bonne de réfléchir à l'organisation d'un État, ce qui est réglé en 1819 lors du Congrès d'Angostura.

La libération de la Nouvelle-Grenade, la proclamation de la Grande Colombie et la présence des armées indépendantistes près de ses frontières force la mobilisation des armées royalistes de la Real audiencia de Quito. L'attention de la présidence de Quito se concentre sur le contrôle militaire des frontières septentrionales, ce qui laisse certains secteurs non protégés.

La révolution

Préparatifs La Fragua de Vulcano

150px|vignette|redresse|.

L'un des précurseurs de l'indépendance de Guayaquil est qui, après avoir vécu en Europe et côtoyé des personnages avec des idéaux d'indépendance comme Francisco de Miranda, est de retour à Guayaquil durant l'année 1814 et établit rapidement des amitiés avec des partisans de l'émancipation comme José de Villamil et José Joaquín de Olmedo.

, et , d'origine vénézuélienne, appartiennent au , mais leurs idées sont en faveur des révolutions émancipatrices. Ils sont expulsés et renvoyés à leur patrie Efemerides.ec - Personajes del 9 de octubre de 1829 - Capitán León de Febres Cordero y Oberto. Le navire, qui devait débarquer au Venezuela, arrive à Guayaquil et y reste pendant plusieurs semaines, période pendant laquelle les militaires rencontrent plusieurs dirigeants ayant l'idée de libérer la province de Guayaquil.

Le , Villamil et Antepara visitent la maison de Pedro Morlás, et après une conversation au cours de laquelle ils présentent leurs idéaux, Isabela Morlas, la fille de l'hôte, propose d'organiser un bal dont l'accès serait contrôlé par doña Ana Garaycoa de Villamil, épouse de José de Villamil. Tant Antepara que Villamil voient la proposition de la jeune fille comme une couverture parfaite pour préparer une révolution qui mettrait fin à la domination de l'Espagne, c'est pourquoi ils invitent plusieurs personnages qui partagent leurs idéaux d'indépendance, parmi lesquels José Joaquín de Olmedo, , le docteur Luis Fernando Vivero, Francisco de Paula Lavayen, José Rivas, Manuel de Fajardo, José Correa et les vénézuéliens Febres Cordero, Urdaneta et Letamendi Edufuturo.com - Día de la Independencia de Guayaquil.