Gény, en latin Huginius, est un saint des églises catholique et orthodoxe, de la fin du , né et mort à Lactora, aujourd’hui Lectoure (Gers). Son culte est local et il ne doit pas être confondu avec des homonymes ou paronymes tels saint Genès de Rome (Genest, Genis) ou Genès de Lyon. Il est fêté le .
Légende Huginius naît au sein d’une famille noble chrétienne. Avant même sa naissance, un prêtre nommé Celse prédit à sa mère, Claire, qu’il aura un destin de sainteté. Il vit en ermite sur les hauteurs de Sainte-Croix, au sud de la ville actuelle de Lectoure, dominant à l’est la cité gallo-romaine.
Devant son influence grandissante, le préfet d'Augusta Auscorum (aujourd'hui Auch) s’inquiète et envoie une escouade de soldats pour l’arrêter et le ramener enchaîné. Les soldats se rendent chez lui, ils sont arrêtés par une crue soudaine du Gers. Quand les eaux permettent enfin le passage, ils s’approchent de Gény. ils l’écoutent, et au lieu de l’arrêter ils se convertissent tous. À leur retour à Auch, ils sont tous mis à mort, au lieu qui s’appellera plus tard la croix des Innocents : c’est aujourd’hui la « Patte-d’Oie » (place de Verdun). Le préfet ne désarme pas : il envoie un nouveau groupe de soldats. Quand ils arrivent enfin à l’ermitage de Gény, il vient de s’éteindre paisiblement. Son tombeau est à l’extrémité de la grande nécropole de la ville : l’évêque Heutère célèbre les funérailles. Des miracles ont lieu : des aveugles recouvrent la vue, de pauvres veuves indigentes trouvent des pains. Sur l’emplacement du tombeau s’élève probablement la première église de la cité, puis le monastère Saint-GényMonastère de Saint-Gény.
Cette légende, solidement implantée, aurait été créée à partir du X siècle avec l’implantation du prieuré de saint-Gény. Le saint en question serait d’origine landaise et non locale, et son nom même, du pape Hygin ou Hyginius (136-140), aurait été attribué au premier évêque supposé du diocèse de Lectoure, Heutère, Heuterius ou Hyginius, sur lequel il n’existe aucune source fiableJ. Pandellé, Histoire des évêques de l’ancien diocèse de Lectoure, Auch, Bulletin de la société archéologique du Gers, 1 trimestre 1965 Gallica].
Culte
Le saint patron de Lectoure y était fêté le , et la fête locale traditionnelle avait lieu le deuxième dimanche de maiAbbé J. Camoreyt, La Cathédrale de Lectoure, Bulletin de la société archéologique du Gers, chap. VIII, p.44, janvier 1942, avant d’être fixée, devenue uniquement une fête profane à une époque récente, aux premiers vendredi, samedi et dimanche de mai.
Monastère Saint-Gény Le monastère est fondé au . L’église actuelle remonte au . Abandonnée depuis la Révolution, elle est rachetée par l’abbé de Cortade, supérieur du Collège ecclésiastique de Lectoure, qui la restaure en 1876 et la dote d’une façade à fronton galbé et tourelles à poivrières de style . Il fait restaurer le sarcophage supposé de saint Gény, retrouvé dans la crypte de l’église, jusqu’à le rendre méconnaissable.
En 2000, l’église passe dans une communauté orthodoxe serbe qui lui redonne vie.
Notes
Sources
Jean-Marie Bénac, Les saints du calendrier diocésain d’Auch, 3 vol., Auch, Impr. Cocharaux, 1916-1923 Histoire de Lectoure, sous la direction de Maurice Bordes et Georges Courtès, Lectoure, 1972
Gény Lectoure Catégorie:Saint catholique et orthodoxe de France Catégorie:Ermite du IIIe siècle Catégorie:Personnalité liée à Lectoure Catégorie:Antiquité en Gascogne Catégorie:Naissance en Gascogne Catégorie:Décès en Gascogne Catégorie:Ermite de l'Antiquité tardive Catégorie:Saint catholique fêté le 12 mai Catégorie:Saint orthodoxe fêté le 12 mai