vignette|Calligraphie arabe en style de « ». vignette|Prononciation de « » par un locuteur égyptien. vignette| sur un panneau de , quartier arabe de Jérusalem-Est. vignette|redresse| sur un mémorial à Dessouk, en Égypte. vignette|redresse| au-dessus d'un du mausolée de l'imam Ali, à Najaf, en Irak. vignette|redresse| au sommet du minaret de la à Büyükçekmece, près d'Istanbul en Turquie.
, parfois transcrite « », est une expression arabe, utilisée dans l'islam, qui signifie littéralement « Dieu est plus grand », ou compris absolument, « Dieu est plus grand [que tout] ».
Cette formule s'appelle , (nom verbal) signifiant « magnification », « Prière et invocation dans le Coran », dans ., ou encore « amplification », « accroissement », « augmentation » et qui, dans le contexte de la formule « », prend le sens de « proclamation de la grandeur [de Dieu] »..
Construction grammaticale
Dans la grammaire arabe, le mot « », comme tous les substantifs, se décline et se prononce donc différemment selon sa fonction dans la phrase (notion de ). Ici, « » étant sujet de la phrase « est plus grand », il prend donc la flexion du nominatif, qui se marque par l'ajout de la voyelle brève « u » (prononcée « ou ») à la fin du mot. Il est donc préférable de transcrire l'expression « »., « » ou . (graphies qui correspondent à ce qu'on entend). Dans les textes dits vocalisés (c'est-à-dire qui notent les voyelles brèves), la voyelle se transcrit par le signe ḍammah () sur la dernière lettre du mot.
L'expression est souvent mal traduite par « Dieu est grand », qui se dit en arabe « » (, ). Mais ici, est la forme élative de l'adjectif (« grand ») et peut donc être traduit par « plus grand » (comparatif) ou « le plus grand » (superlatif) selon le contexte. On obtient donc « Dieu est plus grand », ou « Dieu est plus grand [que tout] », le verbe « être » étant, lui, sous-entendu.
À strictement parler, la forme superlative étant toujours définie., « Dieu est le plus grand » correspondrait à , .
Origine et signification
L'expression en elle-même ne figure pas dans le Coran, mais elle y trouve son origine, dans une expression tirée du de la : , , « proclame sa grandeur » (c'est-à-dire la grandeur de Dieu)...
Dominique Urvoy relève que pour le croyant qui prononce , la formule ne signifie pas seulement que Dieu « est le plus grand » mais bien que Lui seul est grand..
Le sens du diffère dans l'islam chiite et dans le sunnisme. Le sunnisme insinue par cette expression « est plus grand que tout » ou simplement « est le plus grand », impliquant une supériorité absolue mais comparative à la Création. Dans le chiisme, la seule traduction acceptable mais incomplète serait « est plus grand », insinuant « est plus Grand que toute description »., puisqu'Allah est considéré comme étant indescriptible par l'intellect humain. Le concept d' étant différent dans les deux branches, le sens du qui en découle diffère aussi.
Utilisations
Le (à savoir l'action de dire « ») est employé par les musulmans dans de nombreuses circonstances.
Pratique religieuse
Le est récité à deux reprises lors des appels à la prière ( et ). Puis, au cours des cinq prières quotidiennes et des prières non obligatoires, il introduit chaque unité de prière () ; dans ce contexte, il est appelé , car il permet à l'orant d'entrer en état de sacralisation ()..... Lors de ce , l'orant se tient debout et .. Le est ensuite prononcé presque à chaque changement de position dans la prière, mais les savants musulmans ne s'accordent ni sur le fait que cette répétition soit obligatoire, ni sur la nécessité de lever les mains à chaque fois.
Vie profane Hors de la sphère sacrée, le peut également exprimer la joie et la louange, ou au contraire l'inquiétude dans les situations de détresse. Elle sert encore à souligner les « miracles » ou la grandeur de Dieu face aux bienfaits tirés de la nature, ainsi que la soumission de tous les hommes aux lois naturelles. Elle a aussi été utilisée dans le cadre de mouvements de contestation sociale et politique, comme pendant la révolution iranienne (), le au début de la guerre d'Afghanistan ()., le mouvement vert () ou le printemps arabe (). Enfin, elle peut également servir de cri de guerre ou de cri de victoire. Selon certains auteurs, elle était déjà un « slogan de guerre » du temps de Mahomet, qui l'aurait lui-même utilisée lors de la bataille de Badr, en .. Ainsi, comme le note Pierre Lory, la formule est reprise par les musulmans radicaux lorsqu'ils commettent des actes de violence, et plus particulièrement des attentats islamistes.
Des chercheurs de l'université Ferdowsi de Machhad en Iran ont identifié neuf circonstances concrètes dans lesquelles elle peut être utilisée dans les sociétés musulmanes contemporaines. : pour manifester une opposition publique, pour exprimer sa colère ou sa haine, pour appeler à la vengeance, pour montrer sa joie et sa gratitude, pour déclarer son approbation et son soutien, pour afficher sa perplexité, pour célébrer une réussite ou un succès, pour stimuler sa propre exaltation et intimider l'ennemi, et enfin pour se redonner le moral à soi-même et à ses soutiens.
La princesse saoudienne Ameera al-Taweel, s'exprimant en à l', a tenté de rappeler le « vrai sens » de cette phrase, trop souvent associée selon elle au terrorisme islamiste.. Le journaliste Wajahat Ali en a fait autant dans un éditorial publié par le en ...
Vexillologie La phrase est inscrite sur un certain nombre de drapeaux musulmans, armoiries et insignes militaires :
Autres était également le titre de l'hymne national de l'ancienne Jamahiriya arabe libyenne, le régime de Mouammar Kadhafi.
La phrase est si courante en arabe que le système Unicode a prévu un caractère unique (ligature) pour représenter le mot : (U+FDF3).
Le est aussi utilisé par certains chrétiens arabes...
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie .
Articles connexes
Dieu le veut
Liens externes
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