Berre-l'Étang est une commune française située dans le département des Bouches-du-Rhône, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Elle fait partie de la métropole d'Aix-Marseille-Provence.
Géographie Localisation Berre-l'Étang est située sur une plaine alluviale formée par l'embouchure de la rivière Arc. La ville est située en bordure de l'étang de Berre, sur la face est d'une pointe avancée qui sépare le petit étang de Vaïne de l'étang principal. Toute la rive droite de l'Arc est agricole, alors que la rive gauche est largement occupée par les installations pétrochimiques qui entourent la ville. À l'exception d'une ligne de collines allant de la tour de Bruni à la colline des Barjaquets (altitude ) à l'est, la quasi-totalité du territoire communal est à moins de d'altitude, et plus de la moitié à moins de source IGN, carte Top 25 au 1/25000 n° 3144OT.
Le climat, de type méditerranéen, est plutôt doux, mais le mistral est souvent présent et les gelées possibles en hiver. Les sols, autrefois pierreux, ont été amendés et drainés par des canaux, et Berre-l'Étang est devenue l'une des huertas du Midi français, particulièrement dans les années 1970 aux années 2000., devenant le premier territoire français de production de fruits et de légumes sous serre.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards. Elle est en outre dans la zone H3 au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Marignane à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Berre-l'Étang est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Marseille-Aix-en-Provence, une agglomération inter-départementale dont elle est une commune de la banlieue.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Marseille - Aix-en-Provence, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...
La commune, bordée par la mer Méditerranée, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (56,7 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (58 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : cultures permanentes (31,1 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (15,3 %), terres arables (13,1 %), zones humides côtières (9,7 %), zones agricoles hétérogènes (8,6 %), zones urbanisées (6,7 %), zones humides intérieures (5,7 %), prairies (3,9 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (3,3 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (1,3 %), eaux maritimes (0,8 %), forêts (0,6 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Voies de communications et transports La pointe de Berre est quelque peu à l'écart des axes de circulation, mais est proche : de l'autoroute A7 (échangeur de Rognac à ), qui met Marseille à , Lyon à , Montpellier à ; de l'autoroute A8 (échangeur de Coudoux à ), qui met Aix-en-Provence à , Nice à ; de l'aéroport de Marseille Provence (à ), qui met Paris-Orly à de vol par jour. La gare de Berre n'est desservie que par quelques TER Marseille - Miramas, mais de la gare d'Aix-en-Provence TGV, à de Berre, on joint Paris (gare de Lyon) en , Toulouse en , ou Lille-Europe en .
Toponymie Son nom est en provençal selon la norme classique ou Berro selon la norme mistralienne / phonétique.
Histoire
Faits historiques Christianisation de Marignane et de Berre-l'Étang. « Berra », cité au . Aux , la seigneurie appartenait à la famille des Baux (Guillaume (1225-1265), seigneur de Berre, et al) dont l'un des membres accorda l'établissement de foires et marchés en 1291. Érigée en baronnie au en faveur de Charles du Maine. Lors des guerres de Religion, la ville fut assiégée par le duc de Savoie de à . Un procès opposera la communauté de Berre au couvent royal des Dominicains de Saint-Maximin de 1608 à 1688 sur les revenus d'une bourdigue (sorte de vivier permettant la pêche des poissons). Passant au au duc de Beaufort auquel succéda le duc de Villars en 1715, elle demeura dans les mains des Galliffet de 1770 à la Révolution. 1978-1979: mobilisation contre l'installation par Shell d'une usine de PVCCaty Gilbert-François. « La rumeur de Berre-l'Etang. Etude de cas sur la création d'une unité de polychlorure de vinyle à Berre-L'Etang par la société Shell-Chimie ». In: Revue Juridique de l'Environnement, n°3, 1980. pp. 222-235. DOI : 10.3406/rjenv.1980.1565 . Soutenue par le maire Roger Martin (PCF), une manifestation a lieu le . L’État signe toutefois l'arrêté autorisant l'installation en . En 1998, l'usine est revendue au groupe japonais Shin-Etsu.
Projet d'aérodrome de l'Arc L’étang de Berre possède une riche tradition aéronautique. Dès la fin de la Première Guerre mondiale, le site de l’Arc, situé en bordure de l’étang, devient un centre d’entraînement pour pilotes d’hydravion. C’est également sur l’étang de Berre que, le 28 mars 1910, Henri Fabre réalise avec succès l’essai du premier hydravion qu’il a lui-même construit. Après un vol d’environ 600 mètres au-dessus de l’eau, son appareil, le Canard, parvient à amerrir sans encombre : il s’agit d’une première mondiale.
Le centre d’entraînement disparaît en 1926, mais l’hydrobase demeure en activité. À partir de novembre 1942, celle-ci est occupée par les Allemands dans le cadre de l’opération Anton, nom de code de l’occupation militaire de la zone dite libre de la France de Vichy par l’Allemagne et l’Italie, lancée le 12 novembre 1942 en réaction à l’opération Torch, c’est-à-dire le débarquement allié en Afrique du Nord.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement de Vichy envisage la création, sur le territoire de Berre-l’Étang, de ce qui devait devenir le plus grand aérodrome du sud de l’Europe. Ce projet prestigieux d’après-guerre devait remplacer l’aérodrome existant, jugé trop exigu, par une vaste infrastructure intercontinentale couvrant environ 900 hectares. Sa réalisation aurait entraîné l’expropriation de 229 propriétaires, dans une zone s’étendant de l’embouchure de l’Arc, au nord, aux hameaux de Mauran et de Saint-Estève, à l’est, ainsi qu’aux abords de l’étang de Drignon, au sud, jusqu’aux confins des salins, le long de la route du Grand Port.
Le 4 juin 1943, la Chambre de commerce de Marseille sollicite l’entreprise Hersent pour des travaux liés à ce vaste projet d’aéroport à Berre. Quelques semaines plus tard, le 29 juin 1943, l’ingénieur Georges Chedal-Anglay, représentant Hersent, demande à François Giacomini et à Jan Ackermans, d’Ackermans & van Haaren, s’ils seraient disposés à collaborer à la construction de l’hydrobase de l’Arc. Leur réponse est clairement négative. Jan Ackermans avance notamment des arguments juridiques et commerciaux destinés à faire échouer le projet.
" Ordonnance expropriation pour cause d’utilité publique du tribunal civil d’Aix-en-Provence le concernant la création dans la plaine de l’Arc, sur le territoire de Berre-l’Étang de , environ, englobant la totalité du hameau de Mauran. Avec appartenant à différents. Il s’agissait des quartiers les plus fertiles de la région de Berre : étaient plantés en vigne, en prairies arrosables, en terre à labour pour céréales ou vergers d’oliviers et en lande inculte ou marais. à usages d’habitation ou agricole existaient. L’ordonnance fut affichée en mairie et publiée dans le journal Petites affiches marseillaises du , mais pas notifiées aux parties intéressées ni « transcrite ». L’État ne prit jamais possession des biens expropriés ; les indemnités ne furent jamais fixées ni payées. En fait, la procédure d’expropriation fut « suspendue » dès le prononcé de l’Ordonnance « sur l’Ordre des Allemands » (?).
Par la décision n° 127 57 DBA/2 du le ministre des Travaux publics et des Transports ordonna l’abandon du projet d’aérodrome. En 1950, furent acquis afin de construire une radiobalise pour l’aérodrome de Marignane. Les autres terrains et immeubles restèrent en l’état. Trois propriétaires seulement (M. Aguillon lieu-dit « le clos de Calleigue pour et MM. Pin et Capra) avaient accepté de vendre leurs propriétés dès 1942, mais des lenteurs administratives retardèrent les opérations de ventes qui n'avaient pas été effectuées à la Libération.