vignette|Manifestation du groupe d'extrême-droite polonais pendant la Journée internationale des droits des femmes à Varsovie en 2010.

Féminazi ou féminazie est un terme péjoratif utilisé pour désigner des féministes. C'est un mot-valise composé des termes « féminisme » et « nazi », popularisé par le républicain américain Rush Limbaugh au début des années 1990.

Le terme est notamment utilisé par des anti-féministes dans les médias sociaux, ainsi que par des mouvements pour les droits des hommes. Son emploi peut avoir plusieurs motifs tels que discréditer les arguments de son interlocuteur ou empêcher les femmes de s'exprimer.

Définition « Feminazi ». est un mot-valise composé à partir des noms « feminist » et « nazi ». Selon The Oxford Dictionary of American Political Slang, il fait référence de manière péjorative à une « féministe engagée ou une femme témoignant d'une forte volonté ».

Il ne désigne pas des féministes qui seraient national-socialistes..

Origine vignette|upright|Rush Limbaugh. L'expression a été popularisée par l'animateur de radio conservateur Rush Limbaugh. Ce terme apparait dans les années 1990 dans une des phrases de Limbaugh ; une « féminazi » serait selon lui une féministe pour qui la chose la plus importante dans la vie est de s'assurer que le plus d'avortements possibles se produisent.. Il continue d'utiliser ce terme dans son émission The Rush Limbaugh Show.. La féministe Gloria Steinem explique de son côté .

Bien qu'ayant affirmé en 2000 avoir abandonné le terme, Limbaugh continue à l'employer pour attaquer les féministes, ainsi que certains mouvements pro-choix ou défenseurs de la contraception aux États-Unis... L'expression est vue comme étant sa marque de commerce contre les femmes (Trademark Slur Against Women)..

Selon Moi Toril, Limbaugh s'inscrit auprès de Pat Roberson dans une campagne conservatrice extrémiste des années 1990 contre le féminisme.

Selon l'ouvrage , Limbaugh utilise l'expression pour , et le New York Times indique que le terme est l'un des qualificatifs favoris de Limbaugh pour décrire les militantes pour le droit des femmes. estime que la terminologie de Limbaugh reflète des préjugés répandus et haineux envers les féministes.

Motifs d'usage Pour les sociologues Michael Kimmel et Michael Kaufman, le terme « féminazi », popularisé par la droite, est un bon exemple de réaction à l'encontre des féministes et pour le maintien des « privilèges masculins »Michael Kaufman, Michael Kimmel, The Guy's Guide to Feminism. 2011 - 224 pages.

Réduire au silence L'expression semble avoir pour but de réduire les femmes au silence.

Selon notamment Candi S. Carter Olson et Victoria LaPoe, la tolérance envers un vocabulaire tel que « féminazi » a pour effet de nuire et réduire la présence active des femmes et des personnes LGBTQIA qui se sentent harcelées et brimées de leur droit de s'exprimer par ce trollingCandi S. Carter Olson et Victoria LaPoe. Journal of public interests communications. Vol. 1 No. 2. “Feminazis”, “libtards”, “snowflakes”, and “racists”: Trolling and the Spiral of Silence effect in women, LGBTQIA communities, and disability populations before and after the 2016 election. DOI: https://doi.org/10.32473/jpic.v1.i2.p116.

, auteur et éducateur américain engagé contre la violence, soutient qu'il s'agit d'une expression propagandiste qui vise à harceler et réduire au silence les femmes s'opposant aux violences masculines envers les femmes.

Des critiques du terme au sein du mouvement féministe apparaissent rapidement. Il est relevé que l'effet visé et effectif de l'utilisation de tels termes agressifs envers les féministes et les communautés LGBTIQ est de réduire les personnes visées au silence par autocensure.

Aux États-Unis, l'expression est employée pour décrire certaines femmes comme étant .

Accentuer l'antiféminisme

Le terme est utilisé par des anti-féministes dans les médias sociaux, ainsi que par le mouvement pour les droits des hommes. L'expression évolue pour devenir un terme interchangeable avec celui de « féminisme » dans le discours de certains.

La féministe dit entendre plus souvent des jeunes femmes que des hommes de droite utiliser ce terme, de la même façon, c'est-à-dire pour porter honte et se dissocier des féministes. Les personnes œuvrant dans le soutien aux victimes de viol, sont forcées de se défendre contre les conséquences (financière, refus d'accès à l'aide aux victimes, marginalisation politique) engendrées par l'étiquetage en tant que « féminazis » par des autorités ou des citoyens.

Le philosophe Paul B. Preciado observe qu'en employant le terme de féminazi, les renversent , conférant par conséquent et leur . Il s'interroge : .

Dans son livre , le sociologue Michael Kimmel note que le terme est souvent utilisé pour discréditer des campagnes féministes visant à promouvoir l'égalité salariale et à protéger contre le viol et la violence conjugale, en les associant à des idéologies extrêmes, comme celles du génocide nazi.

En Australie, le terme gagne en popularité à la suite de la publication en 1995 du livre , où il est utilisé dans les médias pour présenter les féministes comme menaçantes, et .

En , le groupe conservateur catholique traditionaliste espagnol lance une campagne de bus contre les « Féminazis », illustrée par une image d'Hitler portant du rouge à lèvres, pour dénoncer ce qu'ils considèrent comme une . Cette campagne est interprétée par García López comme une démonstration de patriarcat et de violence nationaliste.. Le gouvernement de Catalogne intente une action en justice contre cette campagne, arguant qu'elle constituait . Cependant, le juge statue que, bien que le message puisse être jugé , il était protégé par la liberté d'expressionBarcelona judge refuses to stop “feminazi” bus against Spain’s gender violence laws, El Pais, 5/3/2019.

Le parti d'extrême droite espagnol Vox utilise également ce terme lors de la campagne des législatives de 2019...

Analyse Selon la sociologue québécoise Francine Descarries, le terme est un terme parmi d'autres, du discours de l'antiféminisme ordinaire, et de certains masculinistes. Selon Elizabeth Bridges, le féminisme est perçu comme un mot péjoratif dans de nombreuses sociétés contemporaines, tant chez les hommes que chez les femmes. Elle souligne que la lutte pour les droits des femmes et l'équité devrait être mieux présentée pour contrer la perception selon laquelle les femmes seraient autoritaires et détesteraient les hommes. Cette stigmatisation sociale est en partie alimentée par l'utilisation du terme « féminazi ».

Juliette Rennes, sociologue française, souligne que l'antiféminisme a une histoire ancienne, mais que sa version actuelle tend à prendre la précaution de se dire féministe et de distinguer deux formes de féminisme : celui qui serait acceptable (l'ancien) et celui des « féminazi » qui correspondrait au féminisme contemporain..

Pour Francis Dupuis-Déri et Mathieu Jobin, sociologues québécois, le terme s'inscrit aussi dans la lignée des discours antiféministes et dans la version contemporaine de la « crise de la masculinité » cité par ....

Dans un article intitulé « Voyage au coeur de la manosphère » et publié dans le magazine L'Actualité, Marc-André Sabourin estime que l'expression est un exemple de propos haineux visant les femmes et utilisé dans un tel environnement social..

Selon , le terme « féminazi » véhicule avant tout les traits de son utilisateur, de celui qui y a recours, et elle cite Helen Lewis, .

Réactions Gloria Steinem lance l'idée d'un boycott de Limbaugh pour protester contre l'utilisation de ce terme en déclarant ...

Virginie Fortin crée un spectacle humoristique intitulé Feminazie pour offrir une critique humoristique et féministe à cette expression péjorative......

Un groupe de black metal féministe américain fondé en 2020 a choisi pour nom Feminazgûl en détournement de l'expression.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie . .

. . . .

Articles connexes Point Godwin Sexisme Antiféminisme

Masculinisme

Liens externes « Angry Feminazis and Manhaters: How Women Develop Positive Feminist Identities in the Face of Stigma », allacademic.com

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