La maison Ravenscrag (aussi connue sous les noms de maison Hugh-Allan, maison Hugh-Montagu-Allan et pavillon Allan-Memorial) est une maison bourgeoise située dans le quartier du Mille carré doré de l'arrondissement Ville-Marie à Montréal au Canada.
Cette maison est successivement la résidence de Sir Hugh Allan de 1863 à 1882 et de son fils Sir Hugh Montagu Allan de 1882 à 1940. En 1940, cette maison devient la propriété de l’hôpital Royal Victoria. Depuis 1943, l'édifice abrite l’institut Allan Memorial qui héberge le département de psychiatrie de l’hôpital, puis du centre universitaire de santé McGill (CUSM) à partir de sa création en 1997. À la suite du déménagement de l’hôpital Royal Victoria en 2015, l'avenir de Ravenscrag est incertain. En 2023, le CUSM cède la propriété à la Société québécoise des infrastructures (SQI) afin de mettre en œuvre le projet de pavillon universitaire de l'université McGill. Le CUSM reste locataire jusqu'en 2028.
Construite essentiellement entre 1861 et 1863, cette résidence est conçue et réalisée par l’architecte Victor Roy du cabinet d'architectes William Spier & Fils dans le style italianisant en suivant les tendances de l'architecture victorienne. Vers 1865, l’architecte John William Hopkins du cabinet Hopkins & Wily supervise la construction des salles annexes à la maison et de la serre selon les plans de l'architecte Victor Roy. À la suite de la construction des salles de réception vers 1865, la demeure compte 34 pièces, excluant le quartier des domestiques et les dépendances. Souvent qualifiée comme étant , l'intérieur est notamment décoré par l’artiste peintre italien Giuseppe Guidicini, l'équipe de l’artiste peintre canadien John McArthur, l'équipe du menuisier et ébéniste George Roberts ainsi que l’entreprise en décoration d'intérieurs J. & W. Hilton de Montréal.
Hugh Allan baptise sa résidence « Ravenscrag » à la suite de sa construction dans les années 1860. Cette résidence fait partie de l’ancien domaine de Hugh Allan qui comprend également l'écurie, la maison du gardien, le belvédère et le parc. Ce domaine est reconnu par la Ville de Montréal en 1987 et par le gouvernement du Québec en 2005 comme une partie intégrante du « site patrimonial du Mont-Royal ». Il est également déclaré être intégré au « secteur de valeur patrimoniale exceptionnelle Hôpital Royal Victoria » par la Ville en 2004.
Localisation La maison Ravenscrag est située au 835-1025 de l’avenue des Pins Ouest dans le quartier du Mille carré doré de l’arrondissement Ville-Marie de la ville de Montréal. Elle est localisée à environ du Vieux-Montréal. La maison se trouve plus précisément sur le versant sud-est du mont Royal et elle est située en haut de la rue McTavish. On y accède depuis la grille monumentale ou depuis l’ancienne entrée des calèches plus à l’ouest, toutes les deux donnant sur l’avenue des Pins Ouest.
Histoire Avant 1861 : achat de terres et conception thumb|left|Maison McTavish (vers 1850) Le terrain sur lequel Ravenscrag est bâti fait précédemment partie du domaine de Simon McTavish, un riche marchand de fourrure, qui s'étendait autrefois du sommet de la montagne au nord, à la rue Sainte-Catherine au sud, et de la propriété de James McGill à l'est, à au-delà de la rue Drummond à l'ouest. En 1803, Simon McTavish décide de faire ériger un sur ce domaine, en l’honneur de son épouse, Marie-Marguerite Chaboillez. Cependant, en 1804, il décède au cours de la construction et les travaux sont interrompus. La maison à demi complétée est alors laissée à l’abandon jusqu'à sa destruction en 1860. Entre-temps, le domaine McTavish subit plusieurs lotissements par des investisseurs fonciers tels John Torrance, Hugh Taylor ou John Hutchison. Une partie de ces lots est notamment vendue le lors d'une vente aux enchères organisée par le commissaire-priseur John Leeming. À cette occasion, Hugh Allan achète à David Torrance pour la somme de un lot de terrain de 10 acres (environ ) situé sur le versant sud-est du mont Royal, en contre-haut de la maison McTavish et bordant le site funéraire McTavish à l'est. Aucune information ne permet cependant de déterminer l'intention de Hugh Allan sur la vocation qu'il destine à ce lot de terrain lors de son achat. Ce dernier est lui-même un investisseur foncier : au cours de sa vie, il achète plusieurs parcelles de terrain dans le quartier Saint-Antoine de Montréal sur lesquels il fait construire des maisons ou immeubles d'appartements destinés à la locationHugh Allan faisait affaires avec plusieurs notaires du district de Montréal pour notarier les actes d'achat de terrains ou les baux pour la location de ses immeubles, dont notamment les notaires James Smith, William Anderson Phillips, James Stewart Hunter, ou Isaac Jones Gibb.. Toutefois, la construction d'immeubles destinés à la location (maisons en rangée ou immeubles d'appartements) est à cette époque plutôt rare au nord-est de la rue Sherbrooke, entre l'université McGill et la rue Guy. Du fait d'une situation privilégiée, ces terrains voient plutôt l'établissement de domaines sur lesquels sont construites des résidences dans le style d'une maison de campagne anglaise (Country House), suivant la tendance britannique en architecture pour les familles aisées. Par exemple, sont notamment construites au courant des années 1860 les maisons de John Redpath, baptisée (1861), d'Orrin S. Wood, dite Braehead (1861), d'Andrew Allan, dite Iononteh (1865), ou encore de David Lewis (1868). Notons aussi qu'au moment de l'achat du lot de terre par Hugh Allan, le réservoir McTavish n'existe pas encore : il n'est construit qu'en 1856 par la Ville de Montréal.
Le , Hugh Allan et son épouse, Matilda Caroline Smith, voient naître leur quatrième enfant et troisième fils, Hugh Montagu Allan. C’est à cette époque que Hugh Allan décide de se faire construire une nouvelle résidence reflétant sa richesse et son pouvoir. Il décide alors d'ériger une nouvelle demeure sur son terrain situé sur le versant sud-est du mont Royal à l’abri du bruit, de l’agitation et des regards indiscrets de la ville, bénéficiant ainsi de plus d’espace, de confort et d’intimité. La situation choisie du domaine a aussi l’avantage d’être ni trop proche de la ville, ni trop loin, lui permettant ainsi d’y accéder rapidement. thumb|Château d’Osborne (2002) Vers 1860, il fait appel au cabinet d'architectes William Spier & Fils pour la conception et la réalisation de sa future résidence. Victor Roy, architecte du même cabinet, est chargé de dessiner les plans. Il conçoit la maison comme une villa ou une maison de campagne anglaise (Country House) dans le style néorenaissance à l’italienne, ou . Il suit la tendance de l'époque en architecture qui s'inspire de la résidence royale d’été britannique d’Osborne, érigée entre 1845 et 1851 par le Prince Albert sur l’île de Wight. Plusieurs maisons en Angleterre, dans les colonies britanniques et en Amérique du Nord, érigées jusque dans les années 1870, ont pour modèle cette résidence royale. À Montréal même, plusieurs maisons bourgeoises sont construites au cours des années 1850 et 1860 dans le style italianisant, notamment la maison Harrison-Stephens (1857), la maison Joseph-Mackay (1858) ou la maison David-R.-Wood (1859). Aucune information n'indique cependant pourquoi ce style a été choisi pour Ravenscrag, ni s'il s'agit d'une préférence de l'architecte ou du commanditaire. Par contre, la construction de la maison Henry-Lyman sur la rue McTavish en 1859 selon les plans de l'architecte Richard C. Windeyer a possiblement joué un rôle déterminant dans le choix du style architecturale de Ravenscrag. En effet, cette possède le même style architectural que Ravenscrag. Cette maison a cependant été détruite en 1941 pour faire place à un édifice de 24 logements.
1861 à 1863 : la construction