L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) est une organisation intergouvernementale d'études économiques, dont les pays membres — des pays développés pour la plupart — ont en commun un système de gouvernement démocratique et une économie de marché. Elle joue essentiellement un rôle d'assemblée consultative« » sur l'Encyclopædia Britannica (version en ligne du 30 novembre 2008)..

L'OCDE a succédé à l'Organisation européenne de coopération économique (OECE) issue du plan Marshall et de la Conférence des Seize (Conférence de coopération économique européenne) qui a existé de 1948 à 1961. Son but était l'établissement d'une organisation permanente chargée en premier lieu d'assurer la mise en œuvre du programme de relèvement commun (le plan Marshall), et, en particulier, d'en superviser la répartitionOCDE..

En 2021, l'OCDE compte 38 pays membres et regroupe plusieurs centaines d'experts. Elle publie fréquemment des études économiques et sociales — analyses, prévisions et recommandations de politique économique — et des statistiques, principalement concernant ses pays membres.

Le siège de l'OCDE se situe à Paris (), au château de la Muette. L'organisation possède également des bureaux dans plusieurs autres métropoles, notamment à Berlin, Mexico, Tokyo et Washington.

Histoire

Fondée en 1948 pour mettre en place le plan Marshall, l'Organisation européenne de coopération économique (OECE) voit son rôle économique diminuer lorsque celui-ci arrive à son terme, en 1952. L'OCDE qui lui succède en 1961 se tourne vers les études économiques et s'élargit au-delà de la dimension européenne, en ajoutant aux 18 membres européens, les États-Unis, le Canada, puis le Japon en 1964..

En plus de l'approfondissement de sa structure interne, l'OCDE crée progressivement différentes agences rattachées : le Comité d'aide au développement de l'OCDE (CAD, 1961), l'Agence pour l'énergie nucléaire (AEN, 1972), l'Agence internationale de l'énergie (AIE, en 1974, à la suite du premier choc pétrolier), le Groupe d'action financière sur le blanchiment des capitaux (GAFI, 1989). Par ailleurs, le Centre de développement de l'OCDE assure l'interface entre l'OCDE et les pays en développement depuis 1962.

À la suite des révolutions de 1989, l'OCDE commence à aider les pays d'Europe centrale (en particulier le groupe de Visegrád) à préparer des réformes d'économie de marché. En 1990, le Centre pour la coopération avec les économies européennes en transition (auquel succède aujourd'hui le Centre pour la coopération avec les non-membres) est créé, et en 1991, le programme « Partenaires en transition » est lancé au profit de la Tchécoslovaquie, de la Hongrie et de la Pologne. Ce programme comporte également une option d'adhésion pour ces pays. C'est ainsi que la Pologne, la Hongrie, la Tchéquie, la Slovaquie, le Mexique et la Corée du Sud deviennent membres de l'OCDE entre 1994 et 2000.

Organisation vignette|Grand Salon du château de la Muette où siège le conseil d'administration de l'OCDE.

En 2019, l'OCDE compte un secrétariat général, une direction exécutive, une direction chargée de la communication et douze départements spécialisés sur des thèmes différents : développement, échanges et agriculture, affaires économiques, éducation, emploi, PME, environnement, finance, fiscalité, gouvernance publique, sciences et technologies, statistiques.. Elle emploie environ au niveau du Secrétariat..

L'organisation compte par ailleurs des organes particuliers mentionnés plus haut (l'AIE, l'AEN, le Centre de développement, et le Forum international des transports) et des entités particulières (Club du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest, GAFI, MOPAN., et un Partenariat statistique au service du développement au ).

Le Centre de développement, le Club du Sahel et le secrétariat du Partenariat statistique au service du développement font partie de la direction de la coopération pour le développement., un des douze départements cités ci-dessus, qui contribue aux travaux du Comité d'aide au développement.

Promotion du libéralisme L'OCDE est souvent présentée comme une institution favorable au néolibéralisme...

Études et publications L'OCDE publie des rapports périodiques spécialisés, ainsi que des rapports ponctuels pour certains domaines, des données statistiques, des études-pays, et des documents de travail (, au contenu plus technique).

Au total, l'OCDE publie entre chaque année en anglais. La plupart sont traduits en français (le français est l'une des deux langues officielles de l'OCDE).

Tous les résumés et une partie importante des rapports complets sont disponibles gratuitement en ligne sur le site OECD iLibrary..

La collection de Bibliothèque de t Archives comprend les documents et publications du Comité de coopération économique européenne (CCEE), de l'Organisation européenne de coopération économique (OECE) et de l'OCDE, de 1947 à nos jours.

vignette|Le château de la Muette, siège de l'OCDE.

Les rapports les plus connus de l'OCDE sont publiés à intervalles réguliers (souvent annuellement). Ils mènent chaque année une revue exhaustive de la situation actuelle de tous les pays de l'OCDE, dans un domaine particulier. On compte principalement : les perspectives économiques de l'OCDE () ; les perspectives de l'emploi de l'OCDE () ; les regards sur l'éducation () ; les principaux indicateurs économiques de l'OCDE () ; le panorama des statistiques de l'OCDE (), annuel ; l'OCDE en chiffres () ; l'observateur de l'OCDE () ; données OCDE sur l'environnement, tous les deux ans ; les perspectives des communications de l'OCDE ().

L'OCDE publie, pour chacun de ses pays membres, tous les deux ou trois ans, une « étude-pays », revue exhaustive de la situation économique du pays, des recommandations de politique économique et le bilan des réformes passéesÉtudes de l'OCDE par pays..

En plus des rapports périodiques, l'OCDE mène régulièrement des études sur différents thèmes « à la pointe » de la recherche empirique en économie.

En particulier, l'OCDE est à l'origine du modèle pression-état-réponse, qui vise à modéliser la réponse des organismes aux pressions environnementales. Ce modèle a été élargi par la suite à d'autres domaines.

Le Manuel d'Oslo. de l'OCDE rassemble les « principes directeurs proposés pour le recueil et l'interprétation des données sur l'innovation ».

Alors que l'OCDE est perçue comme une institution prônant une approche orthodoxe de l'économie, le besoin d'explorer de nouvelles voies en matière de recherche a conduit son secrétaire général José Ángel Gurría à mettre en place un think tank interne en 2012, appelé New Approaches to Economic Challenges (NAEC). Une des premières actions de son successeur Mathias Cormann en 2021 est de déplacer cette unité dans le département de l'économie..

Domaines particuliers

La surveillance multilatérale de l’OCDE

L’OCDE exerce une fonction de surveillance multilatérale dans le cadre de ses activités de suivi économique et de coordination des politiques entre les pays membres. Cette fonction repose notamment sur des examens par les pairs, des analyses comparatives et des évaluations de politiques menées au sein des comités de l’Organisation et du Département des affaires économiques.

Une analyse systématique de la surveillance multilatérale de l’OCDE a été présentée pour la première fois par Kumiharu Shigehara dans Multilateral Surveillance: What the OECD Can Offer? (OCDE, 1996), issu de la Global Finance Lecture de 1996 à l’Université de Birmingham, alors qu’il exerçait les fonctions d’économiste en chef et de chef du Département des affaires économiques de l’OCDE (1992–1997); il a ensuite été nommé secrétaire général adjoint de l’OCDE (1997-1999).

Les enjeux de la surveillance multilatérale ont également été approfondis dans les travaux suivants : Kumiharu Shigehara, « Surveillance by International Institutions: Lessons from the Global Financial and Economic Crisis » (Documents de travail de l’OCDE, n° 860, , en collaboration avec Paul Atkinson). https://ecipe.org/wp-content/uploads/2014/12/5kgchzchkvd2.pdf Kumiharu Shigehara, « Multilateral Surveillance: the IMF, the OECD and G20 » (Ligue européenne de coopération économique, Paris, 2011). https://www.dailymotion.com/video/xh5xan Kumiharu Shigehara, « The Limits of Surveillance and Financial Market Failure: Lessons from the Euro-Area Crisis » (Palgrave Macmillan, 2014)..

L’évolution historique de la surveillance multilatérale de l’OCDE, depuis les années 1960 jusqu’à la fin des années 1990, est par ailleurs retracée dans les mémoires intitulés The Bank of Japan and the OECD: Recollections and Reflections, rédigés en japonais par Kumiharu Shigehara et publiés en . Dans une lettre en date du , Donald Johnston, secrétaire général de l’OCDE de 1996 à 2006, soulignait que l’ouvrage de Shigehara . L’édition anglaise de ces mémoires, intitulée The Bank of Japan, the OECD, and Beyond, a été publiée par Palgrave Macmillan en ..

Lutte contre la corruption

L'OCDE est à la pointe en matière de lutte contre la corruption. Elle a créé en 1996 la convention de l'OCDE contre la corruption., qui a été adoptée en 1997. Le groupe multidisciplinaire sur la corruption (GMC) a été mis en place dans ce but.

Son indépendance relative par rapport à ses pays membres lui permet d'y souligner les dangers de corruption ; l'OCDE a par exemple critiqué le Royaume-Uni en 2007 dans l'affaire BAE« ..

Protection de l'investissement

L'OCDE joue un rôle important dans une tentative de réglementation multilatérale de la protection de l'investissement. De 1995 à 1998 un forum de négociations a permis la création de l'accord multilatéral sur l'investissement (accord AMI, ou en anglais ), qui sert de modèle aujourd'hui à beaucoup d'accords bilatéraux. De tels accords n'existent aujourd'hui essentiellement qu'au niveau bilatéral (les TBI : traités bilatéraux d'investissement), que des États établissent entre eux lorsqu'ils en sentent le besoin (par exemple : l'accord entre le Conseil fédéral suisse et le Gouvernement des Émirats arabes unis concernant la promotion et la protection réciproque des investissements RS 0.975.232.5).

Les principes directeurs pour le traitement de l'investissement étranger élaborés en 1992 au sein de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) constituent une autre source d'inspiration pour la rédaction d'accords sur la protection de l'investissement.

Au niveau international il a été jusqu'à présent difficile de trouver un consensus. L'ONU (plus précisément la CNUCED) pourrait jouer un rôle.

Quant à l'OMC (en 2001 à Singapour ou 2004 à Genève), aucun accord n'a pu voir le jour en son sein. Elle continue donc aujourd'hui à réglementer les domaines du commerce, des services et de la propriété intellectuelle sans s'occuper de la protection et du développement de l'investissement au niveau international.

Liste des pays non coopératifs selon l'OCDE L'OCDE publie une « liste noire » des pays non coopératifs pour l'échange d'informations fiscales et pour la transparence..

Dirigeants Secrétaires généraux

Économiste en chef Christopher Dow, économiste britannique., a exercé les fonctions d’économiste en chef de l’Organisation de coopération et de développement économiques depuis la création de l’institution jusqu’en 1973. Il a été remplacé par , également britannique, puis par John Fay. Ce dernier a été suivi par , économiste canadienne, qui est devenue la première femme à occuper le poste d’économiste en chef de l’OCDE. Elle a ensuite été remplacée par , économiste britannique.