Le marais d'Hurtebise est un marais situé dans le haut du village de Thimougies, à la rue du Moulin.

Étymologie

Les marais d'Hurtebise sont situés dans le hameau qui avait pour dénomination la Haute Bise (1850). Avec le temps son appellation a été modifiée pour devenir le lieu-dit : Hurtebise.

Localisation

Thimougies est un petit village rural qui se trouve dans la commune du grand Tournai en Province de Hainaut, en Belgique. Le site est placé sur une prairie en pente avec dans le bas un petit étang où demeure une faune extraordinaire.

Le rieu (ruisseau) de Thimougies prend sa source à une centaine de mètres du marais. La nappe phréatique affleurant le sol, le rieu traverse le bosquet qui constitue le site, et ce, sur une centaine de mètres pour enfin se jeter à Béclers dans le rieu d'Amour.

De ce fait, une flore et une faune adaptées aux milieux humides constituent une véritable richesse naturelle. Le bois est également alimenté par les eaux de drainage. Les marais d'Hurtebise font partie intégrante d'une « Zone d'Intérêt Paysager ».

Histoire

Dans le temps, les agriculteurs ne s'évertuaient pas à cultiver le moindre mètre carré, car il aurait fallu assécher les parcelles de terre au moyen de drains qui demandaient à l'époque une main d'œuvre conséquente. Les enclaves comme les marais étaient destinées et réservées à accueillir les eaux en surplus, et servaient en quelque sorte de bassin d'orage. C'est en fait la marne (argile bleue imperméable) située à environ un mètre de profondeur, retenant les eaux de surface, qui en a fait le site marécageux que l'on connaît.

Comme le saule pousse facilement en milieu humide, les anciens en plantaient pour que ces arbres leur fournissent du bois de chauffage ou des fagots pour cuire le pain. Le site accueillait quelques colonies de grenouilles rousses ou de crapauds. Mais, en été, les mares étaient asséchées.

Ce n’est qu’en , lorsque Luc Delannay et Charline Derouf, son épouse, passionnés de nature, décident d’acquérir le site marécageux, source du rieu de Thimougies que la faune aquatique est revenue en force. Ils seront vite rejoints par leur fils Thomas, spécialisé en batraciens, animateur nature pour l’occasion. Dans la même année, le site dans un état déplorable est débroussaillé et partiellement déboisé, non sans mal.

Évolution du site marécageux aux marais d’Hurtebise : installation d’un pavillon forestier et également deux étangs y furent creusés sur fonds propres. : installation du rucher. : creusement d’un étang de et renforcement de ses berges. Pose d’une clôture en bois de châtaignier d’une longueur de .

Entre-temps diverses animations ont été organisées : Une démonstration de taille de saule têtard, avec distribution de plants de saules. Opération nichoirs. Journée Découverte Village, en collaboration avec l’ASBL « Moulin à Vent » et la Province de Hainaut. Accueil de 450 élèves des écoles primaires et maternelles.

Légende du site Lorsque le moulin s'est écroulé, un vieux coffre en acier complètement rongé par la rouille fut découvert à la base du moulin, dans lequel ne se trouvait pas un trésor mais un vieux parchemin miraculeusement bien conservé. Il était écrit en vieux français et sa traduction disait en résumé ceci :

Quinquin, meunier du moulin de Thimougies, en 1691, et bossu de son état, perdit sa bosse en la cognant fortement, tout en ramassant du bois, sur un frêne têtard et se vit pousser simultanément une bosse de la même taille que celle du bossu. Le bossu, libéré de sa bosse, devint un homme jovial, qui se maria par la suite avec la fille du Seigneur Cornez de Grez d'Elzius, avec laquelle il eut neuf enfants. Sur ces enfants, aucun ne fut bossu. Depuis lors, à chaque visite des Marais d'Hurtebise, jeunes et moins jeunes caressent la bosse du frêne séculaire en y faisant un vœu. Dans les neuf mois qui suivent, le vœu en question se réalise très souvent... mais il faut y croire !

Objectifs

Espace de reproduction pour les batraciens Les étangs insiste Luc Delannay. Certains sont plus propices aux plantes aquatiques, d'autres aux batraciens ou à certaines sortes de poissons, il y en a pour le plaisir de la beauté, et même pour se baigner... Étang à batraciens, mare aux grenouilles, vivier-biotope Ce type d'étang est celui du protecteur de la nature. Il s'agit d'une mare petite ou grande, destinée à servir de refuge et de lieu de reproduction aux grenouilles, crapauds, salamandres et à toute autre vie aquatique dont l'existence est menacée. L'aménagement d'un tel étang est simple et peu coûteux, mais demande une attention particulière au niveau de la nappe phréatique, ce pourquoi ce type d'étang est souvent rendu étanche artificiellement.

Les plantations sont constituées de plantes indigènes que l'on laisse retourner à l'état sauvage. Dans un tel étang, il ne faut installer aucun poisson, ou alors des espèces qui restent très petites et ne constituent pas une menace pour les œufs de batraciens. Il est fortement déconseillé d'introduire des épinochettes car ces prédateurs féroces s'attaquent à tout ce qui bouge.

Au fil du temps toutes sortes de formes de vie apparaissent et cela devient un véritable biotope naturel. Étang d'ornement, étang mixte de jardin, pièce d'eau végétale , voilà à quoi correspond ce type d'étang, que l'on rencontre le plus fréquemment dans les jardins privés. Ce type d'étangs est souvent visité spontanément par les amphibiens. Afin d'obtenir un biotope équilibré, il est préférable d'alterner plantes, animaux et eau car un tiers de la superficie de l'étang recouvert de plantes favorise le bon équilibre de l'eau.

Le soleil procure, en réchauffant les couches superficielles de l'eau, un environnement idéal aux nénuphars et aux petits hôtes aquatiques. Il est conseillé d'installer un filtre si on y introduit des poissons rouges, car ils ont tendance à se multiplier rapidement, aboutissant à un étang surpeuplé.

Utilité et la protection légale des batraciens Quatorze espèces de batraciens (aussi appelés amphibiens) vivent en Wallonie. On ignore souvent leur présence mais ils jouent pourtant un rôle indispensable dans l'équilibre écologique de notre environnement, puisqu'ils sont un maillon important de la chaîne alimentaire. Les batraciens adultes sont les prédateurs de tous les petits invertébrés: limaces, vers, cloportes, fourmis et autres insectes sont leurs mets quotidiens, pour le bien de nos cultures. Les batraciens sont eux-mêmes la proie de quelques oiseaux et mammifères (héron, corneille, chouette, putois...), tandis que leurs larves et têtards sont une nourriture de choix pour les poissons et pour bien d'autres animaux aquatiques (notamment les larves de libellules).

On remarque que la plupart des espèces disparaissent de nos régions. La cause principale est la destruction des milieux qu'ils habitent, ainsi que la mortalité sur les routes.

Pour tenter de protéger nos amphibiens, diverses dispositions légales ont été prises dans les trois régions du pays. Il est par exemple interdit de chasser, tuer, capturer, détenir en captivité ou perturber intentionnellement les batraciens et reptiles à tous les stades de leur développement. Chaque animal a besoin d'un milieu qui lui est propre et ne survivra peut-être pas s'il est placé dans un milieu improvisé. Signalons que les opérations de sauvetage de batraciens le long des routes, lors des migrations, ne nécessitent pas de demande d'autorisation puisque l'une des dérogations vise les animaux menacés par les activités humaines. Il existe aussi certaines dérogations, permettant de contourner les lois. Les batraciens indigènes Une autre mesure de protection consiste en l'interdiction d'introduire des espèces non indigènes, car certaines de ces espèces peuvent s'acclimater dans nos régions et concurrencer dangereusement celles de chez nous. Le Conseil Supérieur Wallon a dressé une liste des amphibiens indigènes autorisés chez nous pour la Conservation de la Nature. Voici une petite description sur chacun d'entre eux : Triton alpestre (Triturus alpestris) Le triton alpestre est un urodèle d'une dizaine de centimètres de long. Il est aisément reconnaissable à son ventre orange à rouge vif uni. Seule la gorge peut être ponctuée de points noirs. La queue est comprimée latéralement. Les doigts et les orteils ne présentent ni franges ni palmures. Chaque année, les tritons alpestres quittent leur gîte terrestre pour rejoindre un milieu aquatique, site de reproduction pour lequel ils peuvent montrer une certaine fidélité. Triton crêté (Triturus cristatus) Il s’agit d’un grand Triton, atteignant 14 à . Les mâles arborent une grande crête dentelée noire sur le dos et la queue alors que les femelles n’en ont pas du tout Le ventre est toujours orange vif avec des taches noires réparties parfois de façon inégale. La peau du dos est granuleuse et possède des glandes qui libèrent une substance nauséabonde et provoquant des inflammations sur l’agresseur. Triton palmé (Triturus helveticus) Son corps est allongé, assez élancé, le museau est arrondi. Les pattes postérieures sont palmées et la queue est prolongée par un filament noir. La peau est lisse, de couleur brunâtre, maculée de petites taches noires. Une bande longitudinale brunâtre traverse l'œil et se prolonge vers l'arrière. Le ventre est jaune ou orangé, parfois tacheté de petits points noirâtres. La gorge n'est pas tachetée. Il peut atteindre une longueur totale de 8 à , la femelle étant plus grande que le mâle. Triton vulgaire (Triturus vulgaris) Aussi appelé triton ponctué ou commun, mesure généralement entre 7 et . Son ventre est blanchâtre, jaunâtre ou orangé, avec des taches noires circulaires également visibles sur la gorge à l’aspect souvent sale. Le bas de la queue est bleu-orange, et les orteils sont frangés de replis de peaux. La femelle a quant à elle le bas de sa queue est orangé et non nuancée de bleu. Les œufs sont petits et pondus dans la végétation aquatique. Crapaud commun (Bufo bufo) Cette sorte est très grande ; la femelle peut atteindre (voire dans le sud de l'Europe) et le mâle atteint tranquillement 8 à . Il est muni de forts avant-bras dont les trois doigts internes sont munis de coussinets rugueux et noirâtres nommés callosités, en période de reproduction uniquement. On peut également reconnaître celui-ci en le saisissant, il émettra alors quelques coassements alors que la femelle restera muette. Grenouille rousse (Rana temporaria) Elle possède de grands yeux globuleux placés au sommet de la tête qui lui permet de voir dans toutes les directions. La peau de leur dos est lisse et sans verrues, elles sont de couleur rousse, parfois verte, jaunâtre, grise ou brune, avec des taches foncées. Elles peuvent faire des longs sauts, pour cela elles ont des longues pattes postérieures, de plus, elles sont très bien adaptées à la vie aquatique et ont donc les doigts entièrement ou aux trois quarts palmés. Par contre, leurs pattes antérieures sont courtes, costaudes et non palmées. Grenouille verte (Rana esculenta) Les grenouilles vertes ont une taille de 7 à pour les mâles et de 8 à 12 pour les femelles. Elles ont le dos de couleur verte ou brune, ponctué de taches noires chez certains individus. On peut parfois apercevoir une ligne vertébrale plus claire. Le ventre est blanc jaune parfois tacheté de sombre. Les pattes sont rayées de bandes sombres et les orteils des pattes postérieures sont palmés jusqu’au bout. Grenouille agile (Rana dalmatina) La Grenouille agile est un amphibien élancé qui se reconnaît à sa tête au museau allongé. Elle est plutôt de couleur brune avec des variations allant du brun clair, grisâtre au brun rougeâtre. Ses membres postérieurs sont longs et barrés de brun sombre. Le ventre est plutôt blanc jaunâtre uniforme. Le tympan est très proche de l’œil et est presque aussi gros que celui-ci. Elle mesure environ et peut parfois atteindre jusqu’à .

Conservatoire de plantes Plantes de marécage