Le Corps de Volontaires pour la Corée () est le nom donné au corps expéditionnaire belgo-luxembourgeois envoyé en Corée du Sud pour combattre la Corée du Nord par le gouvernement de Joseph Pholien. Le bataillon sert en Corée entre 1951 et .
Durant cette période, et 78 Luxembourgeois ont été engagés sur le théâtre des combats en Corée..
Contexte Le , l'armée de la Corée du Nord, communiste, envahit le territoire de la Corée du Sud.
Le , au Conseil de sécurité des Nations unies, les États-Unis, profitant de l'absence de l'Union soviétique (politique dite du « siège vide », pour dénoncer le refus américain d'admettre la Chine communiste au Conseil), font adopter la résolution 83 qui condamne l'agression nord-coréenne sur la Corée du sud. Le , la résolution 84 leur confie le commandement d'une force onusienne. Seize pays acceptent de venir en aide à la Corée du Sud. Parmi ceux-ci, les plus importantes contributions sont celles du Royaume-Uni et des diverses forces du Commonwealth dont celles du Canada, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande. Parmi les autres participants à la force des Nations unies, les Philippines, la Turquie, la France, la Belgique, la Grèce, la Thaïlande et la Colombie envoient plusieurs milliers de soldats. Les autres pays participants se limitent à fournir équipes médicales.
Quand la guerre de Corée débute en 1950, la Belgique sort d'une période trouble. Elle a subi l'occupation allemande entre 1940 et 1944 durant la Seconde Guerre mondiale et la reconstruction du pays est en cours. Au point de vue politique, la Question royale occupe le devant de la scène.
Quand les Nations unies lancent un appel à fournir une aide militaire à la Corée du Sud, la fonction de premier ministre est occupée part Joseph Pholien (PSC). Celui-ci est certes, en pleine guerre froide, un anticommuniste convaincu, mais il souhaite aussi gagner le soutien des États-Unis, pour pouvoir faire bénéficier son pays de l'aide à la reconstruction du plan Marshall. Conjointement au gouvernement du Luxembourg, il décide, au nom du gouvernement belge, de répondre à l'appel de l'ONU et d'envoyer un contingent de soutien à la Corée du Sud.
Formation Plus de se portent volontaires pour servir dans le corps. Parmi eux, seuls 700 sont sélectionnés pour la formation à Bourg-Léopold. Ceci permet la création d'un bataillon divisé en 3 compagnies de fusiliers (A et B francophones, C néerlandophone) et une compagnie d'armes lourdes (A.L.). Après l’entraînement, les volontaires reçoivent un béret brun. Les soldats luxembourgeois sont formés aux côtés des Belges et constituent le de la compagnie A du bataillon.
Le corps belgo-luxembourgeois embarque à Anvers le sur le Kamina et arrive à Pusan le .. À l'arrivée en Corée, des troupes sud-coréennes sont adjointes au contingent belge pour satisfaire aux exigences numérairesL'armée américaine fixait à l'effectif minimum des unités alignées., de la même manière que les Américains le font avec le programme KATUSA ou le britannique. L'unité est subordonnée à la 3 division d'infanterie des États-Unis.
Sur le front En , les Belges combattent dans une des batailles clefs de la guerre de Corée, la bataille de la rivière Imjin. En août, le bataillon est relevé par un bataillon fraîchement arrivé de Belgique, qui reste sur le terrain jusqu'en 1955.
Lors de la bataille de la rivière Imjin en 1951, le contingent belge tient une position clef aux côtés du Gloucestershire Regiment britannique. Pour ses actions sur la rivière, les Belges reçoivent une . Durant la bataille, le lieutenant-colonel Crahay, commandant l'unité, est blessé par une grenade au phosphore chinoise et doit être évacué vers un hôpital au Japon.
Le contingent continue à participer aux opérations. Il obtient plusieurs citations à Haktang-Ni en , quand il prend position sur une colline isolée et repousse d'incessantes attaques chinoises, tuant plus d'une centaine de soldats chinois, en ne perdant qu'une poignée d'hommes.
Le dernier combat d'importance mené par le contingent belge est la bataille de Chatkol en . Les forces belges tiennent une position défensive sur le Triangle de fer et subissent plus de 55 assauts nocturnes chinois.
Après le cessez-le-feu, la présence de la totalité de ce contingent ne semble plus être considéré comme indispensable. Il est ramené à le , mais, comme pour les autres contingents de l'ONU, il est jugé nécessaire de conserver une présence en Corée durant les négociations de paix à Panmunjon. Les derniers soldats belges quittent la Corée le .
Commandement
Commandants belges
+Commandants belges.. Période de commandement Nom du commandant (tous ont le rang de lieutenant-colonel) Évènement 28 septembre 1950 - 21 novembre 1951 Albert Crahay premier commandant du contingent; Bataille de la rivière Imjin. Blessé par une grenade au phosphore Termine sa carrière avec le grade de lieutenant-général. A également commandé l'armée belge d'occupation en Allemagne. 21 novembre 1951 - 23 février 1952 Norbert Cools remplacé pour raisons de santé. 23 février 1952 - 13 février 1953 Georges Vivario Bataille de Haktang-ni Devint commandant du Joint General Staff et termine sa carrière avec le grade de lieutenant-général. 13 février 1953 - 12 juillet 1953 Robert Gathy Bataille de Chatkol 12 juillet 1953 - 19 décembre 1953 Bodart Armistice 19 décembre 1953 - 27 mai 1954 Brichant (Major) (temp.) 27 février 1954 - 17 août 1955 Pirlot Raymond Corps des volontaires dissout
Commandants luxembourgeois
Période de commandement Nom de commandant (tous ont un rang de lieutenant) Évènement important octobre 1951 - 30 septembre 1951 Joseph « Jos » Wagener luxembourgeois, Opérations aux environs de la rivière Han, Bataille de la rivière Imjin Plus tard, promu lieutenant-colonel 4 février 1952 - 3 février 1953 Rodolphe « Rudy » Lutty luxembourgeois, Bataille de King Post
Belgians Can Do Too! Belgians Can Do Too! était le slogan inscrit sur le pare-brise de la jeep de l’aumônier de l'unité, le père Vander Goten (dit le Padre), durant la bataille du triangle de fer. Voyant l'épuisement des troupes, l'aumônier recopia la devise du d'infanterie US, Can do, aux côtés desquels les Belges combattaient pour tenter de leur remonter le moralBelgians Can Do Too! The Belgian-Luxembourg Battalion in Korea, Musée royal de l'armée et de l'histoire militaire, Bruxelles , p.53.
Pertes 101 soldats belges, 2 luxembourgeois et 9 sud-coréens attachés au contingent belge périssent durant la guerre. 478 Belges et 17 Luxembourgeois sont blessés durant les combats et 5 Belges portés disparus. 2 Belges décéderont dans les camps de prisonniers de guerre nord-coréens. D'autres moururent en Belgique des suites de leurs blessures.
Citations thumb|Le secteur de la Brigade britannique durant la bataille de la rivière Imjin le 25 avril 1951. Les positions du bataillon belge sont situées en bas
Le Corps des Volontaires de Corée fut honoré de 2 sud-coréenne et d'une américaine.
Le texte de la américaine à la bataille de la rivière Imjin :
Le bataillon belge et le détachement luxembourgeois des forces des Nations unies en Corée est cité pour l'accomplissement exceptionnel de ses missions et pour son héroïsme remarquable dans son action contre l'ennemi sur l'Imjin, près de Hantangang, en Corée, pendant la période du 20 au 26 avril 1951. Le bataillon belge et le détachement luxembourgeois, l'une des plus petites unités des Nations unies en Corée a infligé à l'ennemi des pertes trente fois supérieures aux siennes par ses actions agressives et courageuses contre les communistes chinois. Durant cette période, des forces ennemies considérables, appuyées par le feu des mitrailleuses, des mortiers et de l'artillerie, menèrent des assauts furieux et répétés contre les positions tenues par le bataillon, mais les Belges et le détachement luxembourgeois repoussèrent vaillamment et continuellement ces attaques fanatiques en infligeant des pertes considérables aux troupes ennemies… Le courage extraordinaire montré par les membres de l'unité au cours de cette période fait rejaillir un grand honneur sur leur pays et sur eux-mêmes.
Sur ordre du général Van Fleet.
Mémoire Le parachutiste basé à Tielen maintient les traditions (dont l'étendard et l'insigne de béret).
Musées Le Musée national d'histoire militaire situé à Diekirch possède un mémorial sur la participation du Corps en Corée. Il y a un petit musée attaché à la garnison du parachutiste belge à Tielen qui met l'accent sur la participation belge à la guerre de Corée. En 2011, le Musée royal de l'armée à Bruxelles, organisa une exposition temporaire nommée Belgians Can Do Too!.
Monuments 2 monuments identiques en l'honneur du bataillon existent, un en Belgique sur l'avenue Jules César à Woluwe-Saint-Pierre et l'autre en Corée du Sud à Dongducheon-si dans la province de Gyeonggi-do. Un petit monument à l'extérieur du Freedom Protection Museum, également à Dongducheon-si, en Corée du Sud. Un monument de petite taille au Grand Quartier général des puissances alliées en Europe à Mons.
Membres connus Étienne Gailly, médaillé de bronze aux Jeux olympiques de Londres (1948), servit comme capitaine aux côtés de son frère Pierre. Pierre Francisse, escrimeur olympique et lieutenant en Corée. Albert Guérisse, membre important de la résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Il créa la Pat Line, ligne d'évasion pour les aviateurs alliés. Après la guerre de Corée, il devint le commandant de la composante médicale de l'armée belge avec le rang de général-major. Henri Moreau de Melen, ministre de la défense (PSC-CVP) qui démissionna en 1950 et s'engagea comme volontaire avec le rang de major. Guy de Greef, capitaine dans le contingent, qui combattit à la bataille de Chatkol en 1953, était le fils du ministre de la défense Eugène de Greef qui prit la succession de Moreau de Melen de 1950 à 1954Belgians Can Do Too! The Belgian-Luxembourg Battalion in Korea, Musée royal de l'armée et de l'histoire militaire, Bruxelles , .
Divers Le Sgt. Albert Constant Belhomme, un ressortissant belge ayant émigré aux États-Unis et qui servit dans l'armée américaine en Corée fut capturé par les forces chinoises mais choisit de rester en Chine plutôt que de retourner en Amérique après l'armistice. En 1966, il retourna finalement vivre à Anvers.
Une médaille ronde et bilingue à l'image de la basilique de Koekelberg a été réalisée en 1955 pour le cinquième anniversaire de la création de ce corps.
Bibliographie
Liens externes
Références
Sources
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