Crime d'État est un téléfilm historique français, réalisé par Pierre Aknine et diffusé le sur France 3. Il traite de l'affaire Robert Boulin et soutient la thèse de l'assassinatRobert Boulin en savait long sur les circuits financiers opaques de notre république, sur telerama.fr, consulté le 31 janvier 2013. ou d'un dérapage se terminant par un meurtre.

Synopsis

Le film commence par dire : « cette œuvre est une œuvre de fiction qui s'inspire de faits réels et les interprète librement tant du point de vue des personnages que des événements ».

La première scène montre le héros du film, Robert Boulin qui est mort, mais qui parle en voix off : « j'ai froid, je n'ai jamais eu aussi froid de ma vie, je suis comme un bloc de glace, je sais bien mon cœur a cessé de battre, mais je respire de toute mon âme ». Robert Boulin, , flotte dans cinquante centimètres d'eau, la tête et le dos dépassant de l'eau.

La seconde scène, intitulée « deux heures plus tôt », montre trois hommes portant le corps de Robert Boulin et qui le mettent dans un étang.

Enfin, la troisième scène explique comment a commencé l'histoire de l'assassinat, cinq ans plus tôt, en 1974, par une trahison, quand le gaulliste UDR Chirac a permis la victoire à la présidentielle d'un non-gaulliste, le républicain indépendant Valéry Giscard d'Estaing, en menant un barrage avec quarante-trois députés contre le gaulliste UDR, Jacques Chaban-Delmas, dont le directeur de campagne n'est autre que Robert Boulin. Au second tour, Giscard avait gagné face à François Mitterrand. Le président du conseil général de la Corrèze, Jacques Chirac, forme le premier gouvernement avec un grand nombre de ministres qu'il n'apprécie guère, mais imposés par Giscard, comme Michel Poniatowski, Jean-Pierre Fourcade et Jean-Jacques Servan-Schreiber. Le ministre sortant des Relations avec le Parlement, Robert Boulin, ne figure pas dans ce gouvernement Chirac : il reprend sa robe d'avocat et fait partie d'un conseil d'administration. Giscard se débarrasse du réseau Françafrique de Jacques Foccart, un des fondateurs du Service d'action civique (le SAC), et conserve auprès de lui René Journiac, le plus proche collaborateur de Foccart, dit « le Sphinx », pour qui Journiac devient un traitre. Ainsi, Journiac va être conduit à recevoir des menaces de mort venues d'Afrique.

Peu après sa nomination en tant que Premier ministre, Chirac signe un contrat de vingt milliards de francs à l'occasion de la visite du chah d'Iran le , puis le Chirac signe un contrat de quinze milliards de francs avec l'Irak où il s'est rendu ; le suivant, il se déplace en Iran et obtient la signature d'un autre contrat, cette fois-ci de trente-cinq milliards de francs.

Lors d'un repas entre Henri Tournet, un promoteur immobilier et Robert Boulin, le député-maire de Libourne (Gironde), ce dernier dit que Chirac n'est pas un gaulliste, mais un « opportuniste », et qu'il ne se rallierait jamais à lui.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Robert Boulin, résistant du réseau Navarre, échappe aux Allemands et policiers du régime de Vichy qui réclame son internementGuy Penaud, Pour en finir avec l'affaire Robert Boulin, L'Harmattan, 2015, . Boulin a connu Henri Tournet, un ancien résistant lui aussi, douze ans plus tôt en 1967, quand ce dernier est venu s'installer dans le même immeuble de la rue de Rémusat du . L'épouse de Tournet, Monique Guix de Pinos et celle de Boulin, Colette Lalande, sont des amies d'enfance originaires de Barsac en Gironde. Ce serait Jacques Foccart qui avait ordonné à Tournet de s'installer près des Boulin pour les prendre en main. Mais entretemps, Monique Tournet qui ne supportait plus les supercheries de son mari, avait divorcé, mais elle restait amie avec Colette Boulin. Monique Guix était même devenue la secrétaire personnelle des Boulin. Henri Tournet, de son côté, était aussi resté ami avec Robert Boulin et le reste de la famille : Collette et leurs enfants, Fabienne et Bertrand.

Tournet avait acheté en 1965, trente-cinq hectares non constructibles à Ramatuelle (Var), et en espérant que Boulin l'aide à les passer en constructible, il lui propose d'acheter deux hectares pour . Colette aimerait beaucoup ce terrain situé à seulement deux kilomètres de leurs amis Sanguinetti qui habitent à Gassin. Robert Boulin se méfie de Tournet, mais Colette lui dit que tout le Paris le fréquente.

Ce que Boulin ne sait pas, c'est que Henri Tournet a déjà vendu le même terrain en 1973 à deux chefs d'entreprise normande, qui ont réglé 2 millions de francs chez Me Groult, notaire véreux à Pont-Hébert (Manche). Ce notaire, négligeant d'enregistrer l'acte de la transaction au Bureau des Hypothèques de Draguignan sera radié plus tard. Henri Tournet, administrateur du casino de Saint-Amand-Les-Eaux avait reçu 2 millions de francs français et 1,7 million de francs suisses de la propriétaire, Suzanne Rachez (mère de Rolande qui est l'épouse d'Hermann Stromberg) qui décèdera en dans des conditions bizarres.

Enfin Henri Tournet et son ami Jacques Foccart, avaient créé pendant la Seconde Guerre mondiale, une société qui fournissait du bois de construction pour l'Organisation Todt qui construisait le mur de l'Atlantique.

Jacques Foccart et Pierre Debizet s'entraînent au tir au pistolet dans le QG du SAC, quand Henri Tournet vient voir Foccart pour qu'il lui signe une demande d'appui de prêt de 500 millions de francs à un banquier ami de Foccart en faveur de Henri Tournet, afin de racheter la majorité des parts d'une SSII appartenant à une vieille femme suisse. Jacques Foccart signe puis Tournet lui dit qu'il va vendre un terrain à Ramatuelle à Boulin.

La DDE accepte d'autoriser la constructibilité d'une villa sur le terrain de Ramatuelle à Robert Boulin. Tournet qui souhaite que par conséquent les trente-six autres terrains deviennent constructibles demande à Robert Boulin de venir avec lui à la préfecture du Var afin de solliciter un passe-droit en usant de son influence. À la préfecture, le préfet répond à Henri Tournet que la loi interdit ce genre de procédure. Robert Boulin qui ne souhaite pas bénéficier de disposition appropriée et d'être complice d'un contournement de la loi, demande qu'on suive la législation en vigueur.

Pour enfumer Boulin, Henri Tournet, qui a créé une société au Liechtenstein en 1962, la société Holitour (dans laquelle Tournet détient 419 parts, les 81 autres parts appartenant au fils du directeur de la banque suisse Imefbank, Arnold Schlaepfer, demeurant à Genève), Ernst Siegrist rachète à Tournet les terrains de Ramatuelle pour la société suisse Holitour le , par l'intermédiaire du notaire Long à Grimaud.

Le , la préfecture du Var certifie à Boulin que la construction d'une maison basse de est conforme au coefficient d'occupation des sols.

Le , le notaire Maitre Long (Court dans le film), notaire à Grimaud, certifie à Robert Boulin, que Henri Tournet n'ayant pas obtenu la constructibilité des terrains, a vendu dans les règles les vingt-six terrains à la société suisse Holitour. Le notaire certifie à Boulin que Henri Tournet ne possède aucune part dans la société suisse Holitour. Boulin achète à Holitour le terrain non viabilisé de deux hectares à Ramatuelle (Var) pour . Josephe Pichot apporte le chèque de à Tournet. Mais l'architecte ne pouvant réaliser le plan dessiné par Boulin, ce dernier échange sa parcelle avec une autre de Holitour, devant notaire. C'est alors qu'un notaire de Caen écrit à son confrère de Grimaud que Holitour n'a aucun droit sur les terrains Ramatuelle, qui appartiennent à ses clients normands. Les deux actes de Grimaud sont nuls. Le , le notaire de Grimaud écrit à Robert Boulin qui demande qu'une plainte soit déposée auprès de la Chambre des Notaires. Le , un arrêt de la Chambre d'Accusation de la Cour d'appel de Caen dessaisit le juge sommeilleux de Coutances et confie l'affaire au jeune juge Renaud Van Ruymbeke.

Le , à la réunion du comité central de l'UDR, le secrétaire général Alexandre Sanguinetti remet sa démission en échange de la présidence de l'Office de recherche scientifique et technique d'outre-mer (ORSTOM, IRD après 1998). Chirac et Alain Devaquet présentent leur candidature, Chirac est élu et devient le chef de l'UDR, ce qui ne fait pas l'unanimité comme le rappelle Robert Boulin, qui qualifie son arrivée à la tête du parti de « hold-up et coup de force scandaleusement antidémocratique », de pantalonnade, et accuse Charles Pasqua de ne pas avoir respecté la procédure. Jacques Chaban-Delmas, l'ami de Boulin, accuse l'élection d'être un traquenard : « Chirac n'a découvert le gaullisme qu'en comptant les sièges de l'Assemblée ». Jean Charbonnel saisit le tribunal administratif pour « violations graves, répétées, délibérées des statuts de l'UDR », mais tout est verrouillé, il n'y a que des chiraquiens à la commission des conflits. Boulin démissionne de l'UDR et rend sa carte de militant avec Olivier Guichard et Antoine Rufenacht.

Boulin rentre à la maison où se trouvent Colette et Monique. Les Boulin ont tracé les plans de leur future maison de Ramatuelle. Robert Boulin tape sa lettre de démission « Le 14 brumaire » qui est publiée dans le journal. Jacques Foccart, Pierre Debizet et Henri Tournet lisent son article et le commentent en se promenant autour d'un étang près du QG du SAC (près de Montfort-l'Amaury). Le SAC a un loyer et du personnel à payer et a donc besoin d'argent. Chirac a les fonds secrets de Matignon, mais ça ne suffit pas. Jacques Foccart demande à Tournet s’il est au courant qu'une famille dans la Manche a déposé plainte. La famille dit que Tournet leur a déjà vendu le terrain de Ramatuelle. Tournet répond que la vente est nulle étant donné que l'acte n'est jamais passé à l'enregistrement.

En , pour payer les travaux de viabilisation du terrain de Ramatuelle, Marcelle Boulin, la mère de Boulin donne à son fils Robert en espèces (Elle lui signera une lettre de quittance datée du , mais le juge de Coutances refusera d'y croire). Le , Colette dit à Monique que la mère de Boulin a donné pour payer les travaux de viabilisation du terrain. Colette lui montre les billets. Monique le dit à Tournet qui lui donne le chèque de de Robert BoulinEnquête sur les "Affaires" d'un septennat - Jacques Derogy et Jean-Marie Pontaut, éd Robert Laffont 1981. pour qu'elle l'encaisse à la banque « Banco Popular Espanol ». Monique ressort avec en liquide et les donne à Tournet qui compte sur Boulin pour le sortir de ses problèmes avec la justice. Trois jours après, Robert Boulin dépose les de sa mère à la banque, et ainsi il construit sa résidence secondaire (un mas de ) de à Ramatuelle.

En 1975, le juge François Renaud est assassiné parce qu’il allait dévoiler que des membres du grand banditisme alimentaient les caisses du SAC, une association destinée à financer les campagnes électorales gaullistesFrancis Renaud, Justice pour le juge Renaud, victime du gang des Lyonnais ?, Édition du Rocher http://www.gregoiredetours.fr/xxe-siecle/guerre-froide/francis-renaud-justice-pour-le-juge-renaud-victime-du-gang-des-lyonnais/.

En , en conflit avec Giscard, le chef du gouvernement, Jacques Chirac ne se sent qu'un simple « huissier de la présidence » et remet sa démission à Giscard qui lui demande d'attendre le . En attendant, Chirac se rend au QG du SAC et annonce à Jacques Foccart qu'il a donné sa démission. Il va rendre la vie impossible à Giscard pour le dissuader de se représenter afin que ce soit lui, Chirac qui se présente en 1981. Mais Giscard risque quand même de se représenter. Foccart répond : « et d'être battu ». Chirac répond : « tout à fait, et pour cela, j'ai besoin de rassembler autour de moi la vieille garde gaulliste, pour construire un parti dont le seul but sera la reconquête de l'Élysée ».