Calvinet est une ancienne commune française située dans le département du Cantal, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Le site fut dominé par une imposante forteresse, édifiée par Eustache de Beaumarchais, comprenant huit tours reliées par des remparts, démantelée en 1634 sur ordre du cardinal de Richelieu.
Géographie Localisation Commune située dans le Massif central, dans le sud-ouest du Cantal, dans la Châtaigneraie cantalienne. Communes limitrophes
Géologie et relief La superficie de la commune est de ; son altitude varie de .
Hydrographie La rivière le Célé, affluent du Lot, lui-même affluent du fleuve la Garonne, prend sa source dans la commune, à 713 m d'altitude.
Toponymie Village au cœur de la Châtaigneraie cantalienne, Calvinet semble avoir pour origine le nom de Calvinus gaulois latinisé durant la période gallo-romaine.
Histoire
Moyen Âge
Au cours du Moyen Âge, la France était morcelée en une multitude de seigneuries, châtellenies et vicomtés, chacune exerçant une autorité locale sur ses terres. La vicomté de Carlat, située dans le sud du Massif central, était l’un des fiefs les plus puissants de la région d’Auvergne. Elle regroupait plusieurs seigneurie, dont celle de Calvinet, qui bénéficiait de la protection et de l’administration du vicomte.
Entre 1261 et 1265, Eustache de Beaumarchès, appelé à devenir bailli des montagnes d'Auvergne puis sénéchal du Poitou, épouse Marine de Vigouroux, dame de Calvinet, accédant ainsi à la seigneurie du lieu. Ce mariage le plaçait à la fois sous la suzeraineté d'Alphonse de Poitiers et du vicomte de Carlat. Le choix fut rapidemment tranché, il rend hommage à Alphonse de Poitiers, frère du roi Saint Louis.
À partir de 1265, le couple entreprend un projet ambitieux : s’installer sur les hauteurs du village de Calvinet, dans la paroisse de Cassaniouze, où la famille Vigouroux possédait depuis longtemps des terres ainsi qu’une demeure fortifiée. Sur ce promontoir, ils décident de bâtir une véritable forteresse, composée de huit tours reliées par des remparts, entourée d'un fossé et des palissades, à l'emplacement même de l'ancienne demeure. La construction s’étend sur environ six ans.
Afin d’organiser ce nouvel espace de vie, ils rédigent en 1266 la « charte des habitants de Calvinet », un document comprenant 41 articles fixant les règles et coutumes de la communauté. Pour bénéficier de ce statut, chaque famille devra fournir un jour de travail hebdomadaire pendant cinq ans au service du seigneur, qui en contrepartie leur garantit sécurité et protection pour eux et leurs bêtes. Les activités commerciales sont également réglementées.
En 1268, une imposante forteresse est érigée, flanquée au sud d'un village castral destiné à offrir refuge et sécurité aux habitants.
Formation de la baronnie de Calvinet : entre 1273 et 1284, Eustache de Beaumarchais, seigneur influent et reconnu tant localement qu’auprès du pouvoir royal, entreprend l’acquisition de nombreux domaines et territoires. En 1289, ses possessions sont structurées en une baronnie officiellement établie, regroupant quatre châtelleries principales : Calvinet, Roussy, La Vinzelle et Ginouillac. Les magistrats ainsi que les principaux officiers chargés de l’administration de ces terres résidaient alors à Calvinet.
« Le samedi après la fête St-Vincent de l'an 1322 [eut lieu la vente], moyennant , de la terre et baronnie de Calvinet, membre attaché au Comté de Carladès, par noble et puissant seigneur Jean Hughes de Chambly, chevalier comme marié [sic] de dame Marie de Beaumarchais, fille et héritière universelle de noble seigneur Eustache de Beaumarchais, à noble et puissant seigneur Pierre du Chemin, chevalier seigneur de Ver »extrait du parchemin original en latin, traduit en français en 1674.
C'est Pierre II de Via, alias de Vie, seigneur de Villemur et neveu du pape Jean XII, qui fut nommé, en 1323, seigneur de Calvinet. Il s'attacha alors à accomplir les dernières volontés d'Eustache de Beaumarchais, qui avait légué une somme destinée à la construction de l'église de Calvinet. Il sollicita pour cela l'intervention pontificale afin que Calvinet soit érigé en paroisse. En 1330, les consuls et les habitants obtinrent du pape Jean XXII l’autorisation d’édifier une église et de constituer une paroisse distincte de celle de Cassaniouze ; l’édifice fut achevé dès l’année suivante.
Calvinet est ensuite acquis par Jean de Bourbon (1381-1434), 4e duc de Bourbon & d'Auvergne, comte de Clermont Pair & Chambrier de France, Capitaine général des pays de Languedoc & Duché de Guyenne. Défait à la bataille d'Azincourt, prisonnier des Anglais, il mourut en Angleterre à 53 ans après 19 ans de prison.
Ancien Régime
La place forte est incorporée au domaine royal sous François .
Henri de la Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne, duc de Bouillon, marcha en 1576 sur Périgueux, pour secourir cette ville assiégée par les catholiques; sitôt après cette expédition, il prit Figeac « par escalade » (sic), puis s'empara de Calvinet (D'après M Marsollier, Histoire de Henry de la Tour d'Auvergne, chez Francis Barois Libraire à Nevers, 1719)
Le roi Henri IV concède, par brevet du , aux Huguenots du haut-pays, afin de garantir leur liberté de conscience, une seule place de sûreté en Auvergne : Calvinet, défendue par une garnison de treize soldats. Elle dépendait jusqu'en 1620 du « Haut-Querci, dioceze de Caor » (sic), puis, en 1621 de la « Haute-Auvergne, Généralité de Riom ».
Cette place forte eut pour gouverneurs successifs trois membres de la famille Giou, illustre lignée huguenote de chevalerie, distinguée tant par ses alliances et sa naissance que par les services rendus au roi Henri IV :
Lévi (dit Louis) de Giou de Cailus, † 1622 ?, nommé gouverneur le , était écuyer de Catherine de Bourbon, duchesse d'Albret et sœur du roi, depuis le . Il se distingua notamment par la défaite infligée au duc de Joyeuse à Montaudran, exploit qui lui valut une lettre élogieuse du souverain. Les archives de la maison de Giou conservent plusieurs lettres du roi adressées à Lévi en son gouvernement et château de Calvinet, dont l’une l’invitait à assister au sacre royal.
Jacques II de Giou, chevalier et familier de Jacques d'Armagnac, exerça ensuite la charge de gouverneur. Il fut adjudicataire de la démolition des places fortes de Murat et de Carlat.
Henri de Giou, chevalier, seigneur de La Roque-Arnals, fils cadet de Lévi, succéda à son frère à la tête du gouvernement après le décès de celui-ci.
M. Du Bousquet (1613-1660), autre gouverneur, fut lieutenant du Roi et s'était distingué par sa valeur au siège de la Rochelle où Louis XIII, de qui il avait déjà l'honneur d'être connu, lui dit un jour : « Du Bousquet, est-il vrai que vous êtes Huguenot ?, Oui Sire, répondit-il à ce Prince, mais mon épée est Catholique ». (Abrégé de la Vie et des vertus de Marguerite Aimée Du Bousquet (sa fille), Ste Marie de Mâcon, 1736)
Le château est démantelé en 1634 sur ordre du cardinal de Richelieu, en application de l’ordonnance royale du 8 novembre 1633 prescrivant la destruction des forteresses situées en Auvergne.
Vers 1895 est construit le presbytère selon les plans dessinés par Maurice Sizaire alors âgé de 18 ans, lequel deviendra plus tard un constructeur d'automobiles réputé (il subsiste une superbe Sizaire-Naudin de 1913 dans le Cantal).
Associé au titre de comte de Carladès, le titre de baron de Calvinet fut porté par les princes de Monaco à partir de 1643. Ces titres de noblesse français, transmissibles uniquement par la filiation masculine légitime, sont considérés comme éteints depuis 1949, à la suite du décès de Louis II Grimaldi.
Epoque contemporaine
Le , elle fusionne avec Mourjou pour constituer la commune nouvelle de Puycapel, dont elle est le chef-lieu.
Politique et administration
Population et société Démographie
Manifestations culturelles et festivités
Sports et loisirs La commune propose plusieurs infrastructures dédiées aux activités de plein air : le camping municipal Les Érables, une piscine municipale, divers terrains de sports, un lac destiné à la pêche ainsi que plusieurs parcours de randonnée.
Vie associative La commune de Calvinet dispose d’un tissu associatif. Plusieurs associations locales organisent tout au long de l’année des animations.
Économie
Entreprises et commerces
Entreprises L'entreprise Interlab, filiale d'Interscience., spécialisée dans le matériel de laboratoire pour analyses micro-biologiques, est leader dans son domaine. Elle exporte, à partir du village de Mourjou, dans le monde entier. 80 % de son chiffre d'affaires est réalisé hors de France.. Elle emploie une trentaine de personnes, ce qui est beaucoup pour une commune de quelques centaines d'habitants. Elle contribue à faire revivre le Cantal dépeuplé par l'exode rural.
Autres activitès La commune dispose d’une supérette, d’un garage avec station‑service ouverte en continu, ainsi que d’un bureau de poste. L’offre de soins comprend un médecin, une pharmacie, un vétérinaire et un dentiste. Un coiffeur et une boulangerie artisanale complètent les services de proximité. L’association Serfouette organise par ailleurs un marché biologique.
Agriculture L’agriculture représente un secteur économique important de Calvinet, dominé par l’élevage bovin. Elle contribue à l’entretien du paysage et participe à l’identité de la commune.
Culture locale et patrimoine Lieux et monuments La commune compte plusieurs éléments patrimoniaux remarquables : Le Château de Lamothe, inscrit au titre des monuments historiques. Les vestiges de l'ancien château de Calvinet, ainsi que ceux du noyau primitif du bourg, situés sur les hauteurs et traversés par l’ancienne voie dite « le pavé ». L'église Saint-Barthélemy de Calvinethttps://annie-couderc.pagesperso-orange.fr/Pages/histoire/eglise.html L'église Saint-Barthélemy de Calvinet. La chapelle du Puy Capel, édifiée en 1880 sur le plateau éponyme ; elle n’a jamais été ouverte au culte. Le cromlech de la Rouquette, témoignage mégalithique.
Personnalités liées à la commune Eustache de Beaumarchais (v. 1235-1294) : officier royal ayant exercé les charges de bailli des Montagnes d’Auvergne, puis de sénéchal de Poitou, de Toulouse et de l’Albigeois. Ces responsabilités firent de lui l'un des plus fervents artisans de la création de villes franches ou bastides, souvent dotées de noms évoquant des villes espagnoles ou italiennes — telles que Fleurence, Valence-d'Albi, Pampelonne ou Grenade — fondées en Languedoc au nom du roi. Il est également le premier gouverneur français de Navarre (1275-1277) et prit part aux campagnes militaires menées en Espagne et commanda notamment la défense de la place forte de Gérone en 1285. Jean de Bonnefon (1866-1928) : poète et polémiste. La place centrale du village porte son nom. Louis II (prince de Monaco) (1870-1949) : dernier baron de Calvinetsource: "les titres des Grimaldi de Monaco"'. Raymond Lavigne (1922-2014) : résistant, journaliste, grand reporter, scénariste et auteur de romans policiers.
Héraldique
Voir aussi
Articles connexes Liste des anciennes communes du Cantal Vicomté de Carlat
Liens externes
Notes et références Notes
Références
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