Chaudes-Aigues [].Cette prononciation descend directement de l'occitan local qui possède la particularité de réaliser /g/ intervocalique en /j/. Cette particularité phonétique se retrouve notamment dans le nom de la commune de Laguiole prononcé localement /lajɔl/. est une commune française située dans le département du Cantal, en région Auvergne-Rhône-Alpes. C'est une station thermale réputée depuis l'Antiquité pour ses eaux chaudes. Géographie Localisation Chaudes Aigues est à proximité de l'A75 à l'est à de Saint-Flour, d'Aurillac, de Mauriac, de Brioude, du Puy, de Clermont-Ferrand et vers l'ouest à de Saint-Chély-d'Apcher, de Mende, de Millau et de Béziers.
La commune est située dans le département du Cantal (Massif central), dans la partie de l'Aubrac cantalien. Elle est bordée au nord par les gorges de la Truyère dans lesquelles est établi le barrage de Lanau, et traversée par son affluent, le Remontalou.
Communes limitrophes
Géothermie et thermalisme vignette|gauche|La source du Par. Chaudes-Aigues possède une trentaine de sources d'eau chaude naturelles dont la température est comprise entre et et dont le débit total avoisine les par jour ().
La plus renommée est la source du Par avec des eaux de – soit l'une des plus chaudes d'Europe – dont le débit est voisin de ; elle fournit à elle seule la moitié de la production d'eau de la ville. Le nom de cette source vient du fait que les cochons y était « parés », c’est-à-dire nettoyés, épilés grâce à l'eau chaude « Amélioration de la connaissances des ressources en eau souterraine des sites thermaux en Auvergne », site de Chaudes-Aigues. P. Bérard, M. Loizeau, collaborateurs D. Rouzaire & P. Vigouroux. Étude réalisée dans le cadre des opérations du service public du BRGM 02-ETM-102. .. L'eau servait aussi à parer les pieds et têtes de veau, et à dégraisser la laine de moutonChaudes-Aigues – Inventaire du patrimoine thermal. Association Route des villes d’eaux du Massif Central, ..
vignette|Les thermes. Un réseau de chauffage par géothermie, partagé parmi les habitants, a été mis en place dès 1332. Le rez-de-chaussée d'une quarantaine de maisons était chauffé par différentes sources. Un système de canalisations partageait la chaleur suivant la taille de la maison (conduite en I pour les petites, en L pour les moyennes et en M pour les grandes). Ce chauffage était gratuit pour les habitants le long de ces cours d'eau chaude souterrains, ils devaient cependant se charger de l'entretien (détartrage) des conduites.
Ce système était en place jusqu'à la décision du conseil municipal de construire le Centre thermal CALEDENCaleden - Complexe thermal et thermoludique, sur le site caleden.com, consulté le . et de requérir l'eau chaude des sources publiques pour l'établissement thermal, ouvert en 2009, qui soigne les rhumatismes et l'arthrose. Ainsi on coupa l'eau chaude à la plupart des maisons pour le tourisme. Aujourd'hui seules les maisons sur des sources privées sont encore chauffées comme avant. Du côté public, l'on chauffe en été l'eau de la piscine (indirectement) et en hiver l'église (directement) avec le surplus de la source du Par.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Sud-est du Massif Central, caractérisée par une pluviométrie annuelle de à , minimale en été, maximale en automne. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Flour à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Chaudes-Aigues est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
La commune, bordée par un plan d’eau intérieur d’une superficie supérieure à , le lac du Barrage de Sarrans, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (51 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (49,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (37,1 %), prairies (34,6 %), zones agricoles hétérogènes (13 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (11,3 %), terres arables (3,5 %), zones urbanisées (0,5 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (0,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..
Habitat et logement En 2022, le nombre total de logements dans la commune était de 862, alors qu'il était de 869 en 2016 et de 855 en 2011.
Parmi ces logements, 41,8 % étaient des résidences principales, 43,1 % des résidences secondaires et 15,1 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 67,5 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 32,5 % des appartements..
Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Chaudes-Aigues en 2022 en comparaison avec celle du Cantal et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi une proportion de résidences secondaires et logements occasionnels (43,1 %) supérieure à celle du département (20,6 %) et à celle de la France entière (9,7 %). Concernant le statut d'occupation de ces logements, 69,8 % des habitants de la commune sont propriétaires de leur logement (69 % en 2016), contre 71 % pour le Cantal et 57,5 pour la France entière..
+ Le logement à Chaudes-Aigues en 2022. Typologie Chaudes-Aigues. Cantal. France entière. Résidences principales (en %)41,867,982,3 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %)43,120,69,7 Logements vacants (en %)15,111,58,0
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme latinisée De Calide Aquis en 1130 et sous sa forme occitane ancienne Chadasaygas en 1303Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, , Librairie Droz 1991. .. Le nom occitan actuel est Chaldas Aigas.
La forme moderne Chaudes-Aigues repose sur une francisation des mots nord-occitans chaldas aigas « eaux chaudes ». Ils correspondent aussi à l'occitan languedocien caudas aigas donnant Caudesaigues, nom d'un hameau de Caylus dans le Tarn-et-Garonne.
Histoire Une station thermale antique Chaudes-Aigues était sous l'Empire romain une ville thermale. Vers l'an 450, Sidoine Apollinaire reconnait la qualité thérapeutique des eaux de Chaudes-Aigues, qu'il nomme Calentes Baioe, pour la phtisie et les maladies hépatiques.
Les alentours de la fontaine du Par ont livré aux fouilles deux grottes contenant des vestiges de thermes, deux baignoires romaines en lave volcanique, une piscine et des monnaies romaines. Les invasions barbares passent et ne laissent que les sources.
Chaudes-Aigues au Moyen Âge Le seigneur Bodon, qui possède la villa du Par sous Charles le Gros et sous son fils Charles, la donne en 886 au chapitre de Saint-Julien-de-Brioude avec toutes ses dépendances rurales. Au Moyen Âge, Chaudes-Aigues inclut plusieurs maladreries et des couvents possédant des étuves et des piscines. Les gens du peuple côtoient la bourgeoisie dans la piscine publique du quartier du Par. En 1332, des particuliers s'approprient les sources pour chauffer les maisons. Après la défaite de (1396 - 1450), vend la baronnie au duc Jean de Bourbon, qui la vend en 1443 au mercenaire Jean Salazar, qui la revend à nouveau en 1450 à .
Anciennes familles Famille Babut. On trouve dans un manuscrit de Charles d’Hozier conservé à la Bibliothèque nationaleCabinet d’Hozier, dossier 22, folio 498 une "Généalogie ou filiation de la maison de Babute qui a pris son tour dès l’an 811 et depuis firent bâtir une forte et belle tour près de Chaudes-Aigues en Auvergne, en l’an 994, au temps de Hugues Capet, laquelle a subsisté jusqu’au temps… et du voyage de Godefroid de Bouillon et a été possédé par plusieurs du nom de Babute jusqu’à Raoul de Babute qui vivait en l’an 1002 et se nommait… la maison ou baronnie de Babute"Généalogie des familles Babut du Marès et apparentées..
Seigneurs La ville possède un château. En 1283, le marquis de Canilhac, à qui il appartenait, en rendit hommage au prieur de Saint-Flour. Au , le châtelain était Amauri de Sévérac, maréchal de France sous , et à sa mort ce fut son frère Charles de Bourbon.
Chaudes-Aigues à l'époque moderne En 1495, il passa par don à Charles de Bourbon-Malause, fils naturel de et de Louise d'Albret d'Estouville. Resté dans la famille jusqu'en 1744, il revint à la couronne en 1778Revue de Paris, , tome 7. Ch. Nodier et Taylor. 1832. ..
Le château de Couffour surplombe la ville au sud. On trouve aussi dans les environs le château de Montvallat, possédé par le chevalier Guillaume de Montvallat en 1364. Ce château a été pris par les huguenots en 1593 après un siège.
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L'hydrologue Jean Blanc en 1618 qualifie les sources de très chaudes, sulfurées et bitumineuses (cette dernière qualité sera infirmée par des analyses modernes). En 1671, Du Clos reconnaît la présence dans l'eau du nitre antique. Après une baisse de fréquentation pendant la Révolution, la ville voit un regain d'activité thermale pendant l'Empire.
En 1676, une maison de religieux de Notre-Dame a été fondée. Il y avait aussi un chapitre et un hôpital fondé par Guillaumette de Fontanges, dame de Saint-Juéry. À l'origine simple communauté de prêtres, les chanoines furent plus tard érigés en chapitre collégial.
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