Le tombeau du jardin est un tombeau vide qui se trouve dans un jardin à Jérusalem et est reconnu par les protestants, dont les évangéliques, comme le tombeau de Joseph d'Arimathie dans lequel, selon les évangiles, il aurait placé le corps de Jésus de Nazareth après sa crucifixion avant sa résurrection trois jours plus tard. Il est situé en dehors des murs de la ville antique et à proximité de la porte de Damas, près de la « falaise du Crâne ». Le jardin est administré par la Garden Tomb Association, membre de l’Alliance évangélique mondiale.
Histoire
Le tombeau taillé dans la roche a été découvert en 1867 par des archéologues et a été proposé comme le site de l'enterrement et de la résurrection de Jésus, à la place de l'église du Saint-Sépulcre William D. Crump, Encyclopedia of Easter Celebrations Worldwide, McFarland, USA, 2021, p. 103.
La Garden Tomb Association, une fondation basée en Grande-Bretagne, a acheté pour sterling le Jardin de la Tombe en 1894 dans l'optique de préserver le site qu'elle considère être le jardin de Joseph d'Arimathie dans lequel Jésus aurait été enterré après la Crucifixion, c'est-à-dire le tombeau du Christ. . La fondation a aménagé un jardin fleuri de géraniums et de lauriers-roses en référence à celui de Joseph d'Arimathie qui selon les évangiles possédait le jardin où se trouvait le tombeau où Jésus a séjourné pendant un ou deux jours avant de ressusciter.
Les protestants, dont les évangéliques, considèrent le site comme le tombeau de Jésus Wesley G. Pippert, Jesus Christ's resurrection: Garden Tomb or Church of Holy Sepulchre?, upi.com, USA, 7 avril 1985.
En 1992, le jardin et le tombeau recevaient chaque année près de et pèlerins.
Le jardin est administré par la Garden Tomb Association, membre de l’Alliance évangélique d'Israël et de l’Alliance évangélique mondiale Garden Tomb Association, Partners, gardentomb.com, UK, consulté le 8 mai 2021.
Origines Dans la Bible, le Golgotha est le site où a eu lieu la crucifixion de Jésus de Nazareth. On en trouve l'évocation dans les évangiles qui expliquent que le terme signifie . Le terme grec des évangiles () vient de l'araméen gulgūltá signifiant « crâne »Étymologie de Golgotha, par le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNTRL). qui se dit calva en latin, d'où dérive le mot « calvaire ».
La localisation se fonde sur la référence de l'Évangile selon Jean, qui relate que Jésus aurait été enterré dans le tombeau de Joseph d'Arimathie, dans un jardin :
vignette|Tranchée creusée devant l'entrée du tombeau lors des fouilles menées par Conrad Schick en 1889 Conrad Schick, Gordon’s Tomb, Palestine Exploration Fund Quarterly Statement, 1892, p. 120–124.
Identification des sites chrétiens Au thumb|200px|right|Le plan de la nouvelle ville d'Aelia Capitolina, avec deux paires de routes principales : cardo (nord-sud) et Decumanus (est-ouest) dans Aelia Capitolina. Les deux cardines convergeaient sur une place semi-circulaire près de la porte de Damas. Le Temple de Vénus situé au centre de la cité sera détruit pour y construire l'église du Saint-Sépulcre sur le lieu supposé du Golgotha. Après la crucifixion de Jésus, Jérusalem a connu plusieurs bouleversements. Notamment d'importantes destructions ont eu lieu pendant le siège de Jérusalem et surtout la ville a entièrement été rasée à l'issue de la défaite de la révolte de Bar Kokhba (135), en représailles à cette révolte. . Les sources juives et chrétiennes mentionnent qu'après la destruction de la ville le légat romain a fait passer une charrue pour labourer la surface de la nouvelle cité. Une nouvelle ville appelée Ælia Capitolina est alors construite sur l'emplacement de Jérusalem dans des dimensions plus petites que la ville juivePeter Schäfer, The Bar Kokhba War Reconsidered, 2003, Mohr Siebeck, Tubingen, Allemagne, ., sur le plan d'une colonie romaine. Les Juifs, toutes tendances confondues sont expulsés de la ville comme de l'ensemble de la Chôra, qui s'étend sur une partie importante de la Judée. Les survivants du mouvement nazôréen créé par Jésus ont été expulsés de la ville avec les autres juifsSimon Claude Mimouni, La tradition des évêques chrétiens d'origine juive de Jérusalem, in Studia patristica vol. , publié par Frances Margaret Young, Mark J. Edwards, Paul M. Parvis, éd. Peeters, Louvain, 2006, .. . Ils se replient vers le nord et s'implantent en Galilée dans la région de Nazareth et de l'autre côté du Jourdain sur le Golan. et en Bathanée. Les Juifs sont désormais interdits de droit de cité à Ælia sous peine de mort, sauf le 9 Ab du calendrier hébraïque Cette interdiction est maintenue, jusqu'à ce qu'elle soit renouvelée par les empereurs chrétiens. . La localisation des sites mentionnés dans les textes juifs a ainsi été perdue et par exemple le mont Sion cesse de désigner l'Ophel et le mont du Temple pour se transférer sur le site actuel. . .
Au
Après la conversion de l'empereur Constantin (313), les autorités chrétiennes et impériales cherchent à identifier les grands lieux de la vie de Jésus pour y installer des églises chrétiennes. C'est à ce moment que le Golgotha est situé sur le lieu où sera construit l'église du Saint-Sépulcre et où se trouve alors un Temple dédié à Vénus qui sera démoli pour la circonstance.. Aucun lieu de culte chrétien, pas même le Golgotha, n'est historiquement attesté à Jérusalem avant le .. Il existe plusieurs traditions contradictoires qui expliquent comment le site a été identifié. Dans l'une d'entre elles, l'évêque Macaire de Jérusalem révèle à l'empereur Constantin l'emplacement où fut crucifié et enterré « le Christ », lors du premier concile de Nicée Peter Walker, « Jerusalem in the Early Christian Centuries » P.W.L. Walker ed., Jerusalem Past and Present in the Purposes of God, Tyndale House, 1992, . (325). Des légendes ont aussi été construites qui font jouer un grand rôle à Hélène, la mère de Constantin, qui s'est rendue en « Terre sainte » vers 326-328 K.G. Holum, « Hadrian and St. Helena: Imperial Travel and the Origins of Christian Holy Land Pilgrimage », dans R. Ousterhout (éd.), The Blessings of Pilgrimage, Urbana, 1990, . L'évêque métropolite de Palestine, Eusèbe de Césarée, qui écrit sa Vie de Constantin, avant que les légendes impliquant Hélène n'apparaissent, donne une troisième version. Selon lui, la plupart des travaux pour la construction de la Basilique avaient déjà eu lieu sur l'ordre de Constantin lorsque Hélène est arrivée à JérusalemCharles Odahl, Constantine and the Christian Empire, . Sur la base des écrits chrétiens de l'époque et notamment ceux d'Eusèbe, plusieurs critiques estiment que Constantin a choisi de construire sa Basilique dédiée à la crucifixion de Jésus sur le site qu'occupait le temple de Vénus, car celui-ci se trouvait au centre de la cité à l'endroit le plus glorieux pour commémorer l'événement le plus important du christianisme.. Le fait que la construction de cette basilique à cet endroit impliquait de détruire un temple païen ne devait pas déplaire aux autorités chrétiennes, le Temple de Vénus ayant été construit en 135-150, lors de la construction dÆlia Capitolina
Arguments avancés Le premier qui semble avoir proposé de situer la crucifixion de jésus sur le plateau au-dessus de la « falaise du crâne » semble être un théologien allemand nommé Otto TheniusOtto Thenius, Anhang. Das Vorexilische Jerusalem Und Dessen Tempel. qui fit cette proposition en 1842The Garden-Tomb, Jerusalem, Brief history.. En 1881, le lieutenant Conder, en mission archéologique pour le compte du Palestine Exploration Fund a ensuite repris cette proposition. Lorsque le major général Charles Gordon, s'intéresse à la question en cette fin du , cette proposition est ainsi connue des spécialistes et notamment des occidentaux présents à Jérusalem. Lors des fouilles, en 1883, Gordon découvre une tombe taillée dans la roche..
Le Golgotha proposé est situé au-delà de l'enceinte de la vieille ville de Jérusalem et clairement au-delà du « deuxième mur » et donc à l'extérieur de la ville de Jérusalem à l'époque de Jésus. Sur place, Gordon fut frappé par la ressemblance qu'offrent les reliefs de la roche sur la falaise avec un crâne. Il adopta alors l'hypothèse que cette similarité pouvait constituer l'origine de l'appellation Golgotha, évoquée dans les quatre évangiles. Le plateau situé au sommet de la « falaise du crâne » peut largement accueillir trois croix et même davantage, ce qui n'est pas le cas du site traditionnel.
La colline sur le plateau de laquelle aurait été crucifié Jésus est appelée aujourd'hui El-Edhemîyeh, du nom d'Ibrāhīm ibn Adham. Elle est située à côté de l'actuelle porte de Damas, près de l'actuel dépôt d'autobus de Jérusalem-Est, au-dessus de la « grotte de Jérémie » et la « falaise du crâne » est située juste à l'ouest de l'entrée de cette grotte.
Une immense citerne souterraine a été retrouvée en 1890 à l'ouest de la « falaise du crâne » qui semble avoir été une citerne agricole. . La taille importante de la citerne indique que c'était probablement dans ce secteur que se trouvaient les jardins dont parlent plusieurs sources dont les sources chrétiennes. Ce qui renvoie à l'éventuelle localisation des jardins de Joseph d'Arimathie et de Gethsémani. Dans les Actes de Pilate, le gouverneur romain dit en effet à Jésus . Or, les trois évangiles synoptiques indiquent que Jésus a été arrêté dans le jardin de Gethsémani et qui serait donc situé au nord de Jérusalem, à côté du lieu d'exécution de Jésus, là où se trouvaient les jardins, alors que le lieu retenu au pour ce jardin, se trouve très loin du Golgotha, de l'autre côté du Cédron, sur le flanc du mont des Oliviers. L'évangile attribué à Jean indique aussi qu'il Selon les évangiles, lorsque Simon de Cyrène est requis pour aider Jésus , il (qui est aussi traduit par revenant de la campagne), ce qui renforce l'idée que Jésus a été crucifié dans la zone où les habitants de Jérusalem possédaient leurs jardins.
Le phénomène de paréidolie affecte la paroi rocheuse depuis 2015, les orbites restent visibles mais le nez est tombé à la suite de l'érosion de la paroi rocheuse.
Critiques Un militaire anglais de la fin du , le major général Charles Gordon, s'intéressa aux contradictions existant entre la localisation traditionnellement admise du Golgotha et sa description par les évangiles Geoffrey W. Bromiley, International Standard Bible Encyclopedia: E-J, Wm. B. Eerdmans Publishing Co, Michigan, 1982, .. Il profita alors d'un voyage à Jérusalem en 1883-1884pour rechercher un site plus cohérent avec ces derniers.
Le rocher retenu par les autorités chrétiennes au et qui se trouve désormais à l'intérieur de l'église . Or toutes les sources antiques et de nombreuses représentations indiquent que Jésus a été crucifié entre deux « brigands ». Ce rocher est aussi . Or selon les évangiles, Jésus avait subi préalablement le supplice de la flagellation (Mc 15:15) et était tellement affaibli que le légionnaire romain qui commandait l'exécution a dû demander à Simon de Cyrène de l'aider à transporter « sa croix (Mc 15:21) » (probablement le seul patibulum).